La Révolution D'Octobre, Normale Ou Monstrueuse?

13/10/2017 30 articles 10 min histoireetsociete.wordpress.com #133987

Un article fondamental d'une historienne qui représente l'honneur de sa profession autant qu'elle devrait l'être de la part des militants communistes dont le parti est né de cette révolution d'Octobre (danielle Bleitrach)

Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d'histoire contemporaine, université Paris 7-Denis Diderot

Paru dans Le Drapeau rouge, organe du parti communiste belge, n° 64, septembre-octobre 2017

vendemiaire.over-blog.org

La révolution d'Octobre est aussi logique que la Révolution française, qu'on ne peut expliquer qu'en décrivant, à l'exemple des grands historiens Albert Mathiez, Georges Lefebvre et Albert Soboul, la crise, de long et de court termes, de l'Ancien Régime féodal qui précéda et provoqua ce séisme.

Une longue situation prérévolutionnaire

Un pays arriéré, jeté dans le capitalisme entre l'ukase de 1861 abolissant le servage et la mise en coupe réglée de cette Caverne d'Ali Baba, depuis les années 1890, par les puissances impérialistes développées. La masse des paysans, plus de 80% de la population, fut soit privée de terre, soit enfoncée, plus gravement au fil des générations, dans la dette du rachat obligatoire des terres devenues « libres », à la superficie réduite à quasi rien (les paysans français avaient, eux, arraché en juillet 1793, au terme d'une lutte ininterrompue de quatre ans, l'abolition des droits seigneuriaux sans indemnité). La classe ouvrière issue de ce monde paysan misérable fut surexploitée par la grande bourgeoisie nationale et plus encore par les tuteurs de cette dernière, les grands groupes bancaires et industriels étrangers (français, britanniques, allemands, suisses, américains), qui, depuis l'ère du ministre de Witte, contrôlaient toute l'économie moderne. Concentrée plus qu'en tout autre pays dans les grandes villes ‑ capitale politique, Saint-Pétersbourg-Petrograd, en tête, avec l'énorme usine d'armement Poutilov ‑, elle était combative : 40% des 3 millions d'ouvriers d'avant 1914 travaillaient dans des usines de plus de 1 000 ouvriers, et « la courbe des grèves » enfla sans répit du second semestre 1914 à février 1917, passant de 30 000 à 700 000 grévistes.

La guerre russo-japonaise de 1904, insigne manifestation des appétits des grands impérialismes rivaux pour le pactole russe, s'était achevée, vu l'ineptie militaire du régime tsariste, sur un fiasco aussi cuisant que celui qui avait mis fin à la guerre de Crimée. Avec pour conséquence la révolution de 1905, dans laquelle Lénine, chef de la fraction « bolchevique » (majoritaire au congrès de Londres de 1903) du Parti ouvrier social-démocrate de Russie (POSDR), vit, après coup, « le plus grand mouvement du prolétariat après la Commune » et « la répétition générale » de celle de 1917. L'échec du mouvement fondateur des « conseils » (soviets), nouveau mode d'expression et de pouvoir populaires, fut suivi d'une terrible et durable répression : plus que jamais, l'empire fut une prison des peuples, chérie absolue du grand capital français prêteur de crédits garantis par l'État français et « tondeuse de coupons” » (Lénine, chap. 8 de L'impérialisme, stade suprême du capitalisme). Cet échec retarderait de cinquante ans l'échéance d'une nouvelle révolution, à moins, pensait Lénine, d'une crise ou d'une guerre. La suite raccourcit les délais en conjuguant les deux.

Le système tsariste s'avéra aussi inepte qu'habituellement dans la conduite de la guerre générale. Sa chair à canon ne disposa même pas du minimum de munitions, la Russie fabriquant de 1914 à 1917 9 fois moins de cartouches et fusils que nécessaire. Baisse de la production agricole de près du quart, gabegie des réquisitions, récoltes pourrissant sur les lieux de production, insurmontables problèmes de transport, catastrophe du ravitaillement : début 1917, même sur le front, la ration de pain ne dépassait pas la journée et les soldats-paysans (95% de l'armée) rentraient à pied chez eux. C'était pire en ville, à Moscou et Petrograd notamment. La faim fut « la cause immédiate de la révolution » de février (Michel Laran, Russie-URSS 1870-1970, Paris, Masson, 1973). Celle-ci aboutit à l'abdication de Nicolas II, qui « avait fait l'unanimité contre lui ».

Une révolution logique

Les bolcheviques, exilés, comme Lénine (en Finlande), ou clandestins en Russie, étaient certes alors ultra-minoritaires. Mais ils cessèrent vite de l'être car le peuple russe, avide de réformes profondes, dut constater que son sort ne changeait pas. Il fut au fil des mois amèrement déçu par ceux auxquels il avait accordé sa confiance, tels les socialistes-révolutionnaires qui avaient depuis longtemps promis la terre à ceux qui la travaillaient. Même les paysans finirent par admettre, au tournant d'octobre 1917, qu'aucun autre parti que celui de Lénine, seul à démontrer depuis février sa capacité à tenir ses engagements, ne leur donnerait la terre et ne les libérerait de droit de la boucherie à laquelle ils avaient d'ailleurs commencé à se soustraire de fait depuis 1916.

Les historiens français des années 1970 montraient comment l'évolution de la conjoncture et des rapports sociaux avait en un temps record, entre août et octobre 1917 surtout, érigé les minoritaires de février en délégués exclusifs des « aspirations populaires ». L'universitaire René Girault a décrit ce processus dominé par deux questions, la terre et la paix. « À partir du putsch manqué du général Kornilov (fin août), l'évolution accélérée des soviets vers les bolcheviks, marquée par le passage de bon nombre de soviets urbains, de soldats et même de paysans à des majorités bolcheviques, montre que la constante opposition des bolcheviks à l'égard du gouvernement provisoire (et envers son "incarnation” Kerensky) remporte l'adhésion populaire ».

Le parti bolchevique réalisa dès la prise du pouvoir les réformes promises en « faisa[n]t basculer de son côté la grande masse de la paysannerie », sachant que « la confiance [que lui accordaient l]es masses urbaines était beaucoup plus forte » que celle des paysans. L'analyse de l'historien socialiste rejoignait, soixante ans plus tard (« Les révolutions russes », t. 5 de l'Histoire économique et sociale du monde, Léon Pierre, éd., Paris, Armand Colin, 1977, p. 125-142), celle du grand journaliste communiste américain John Reed, auteur des Dix jours qui ébranlèrent le monde, chef-d'œuvre d'« histoire immédiate » de la révolution d'Octobre et de ses enjeux de classe qu'il faut lire et relire (Paris, 10-18, réédition, 1963).

La coalition impérialiste contre les Soviets

Ce sont ces transformations effectuées avec autant de pragmatisme que de fidélité aux principes, selon Girault, qui assurèrent aux bolcheviques seuls (solitude qu'ils n'avaient pas voulue) la victoire finale dans une « guerre civile » qui, comme pour la Révolution française et toutes les « guerres civiles » depuis lors, fut d'origine et de financement surtout étrangers (comme l'atteste l'actuel cas vénézuelien). Ce n'est pas parce que les bolcheviques étaient des dictateurs sanguinaires haïs de leur peuple que, depuis 1918, « les forces armées de quatorze États envahirent la Russie soviétique sans déclaration de guerre », avec en tête « la Grande-Bretagne, la France, le Japon, l'Allemagne, l'Italie, les États-Unis », tuèrent plus de Russes que la guerre même, 7 millions d'« hommes, femmes et enfants », et causèrent des « pertes matérielles estimées par le gouvernement soviétique à 60 milliards de dollars », montant très supérieur aux « dettes tsaristes aux Alliés » et qui ne donna lieu à « aucune réparation » des envahisseurs, selon « le bilan » de Michael Sayers et Albert Kahn (The Great Conspiracy: The Secret War Against Soviet Russia, Little, Boni & Gaer, New York, 1946, traduit en 1947). Comme les aristocrates d'Europe coalisés en 1792 pour rétablir en France l'Ancien Régime et assurer chez eux la survie des privilèges féodaux, les groupes étrangers qui avaient fait main basse sur l'empire russe et les États à leur service plongèrent à nouveau la Russie dans trois ans de chaos pour conserver leurs trésors et s'en tailler de nouveaux, telle la Royal Dutch Shell, qui comptait à l'occasion rafler la totalité du pétrole caucasien. Comme en France, la Terreur révolutionnaire ne fut que la réplique obligée aux assauts extérieurs.

L'étape actuelle de la démonisation de la Russie soviétique (ou non)

En comparant les révolutions française et russe, le grand historien américain Arno Mayer, professeur à Princeton, a confirmé ces analyses de Sayers et Kahn, futures victimes du maccarthysme (independent.co.uk ;en.wikipedia.org). Si la France, a-t-il conclu, avait été une « forteresse assiégée » avant que la nouvelle classe dominante pût « s'arranger » avec les privilégiés contre-révolutionnaires de France et d'ailleurs, la Russie soviétique demeura un paria assailli de sa naissance à sa mort, et pour des motifs indépendants du caractère et des façons de Lénine ou de Staline (Les Furies, 1789, 1917, Violence vengeance terreur aux temps de la révolution française et de la révolution russe, Paris, Fayard, 2002). Exception, heureusement traduite, dans le paysage historiographique.

Car les historiens « reconnus » présentent aujourd'hui la révolution d'Octobre comme le coup d'État d'un groupuscule anti-démocratique et assoiffé de sang, ou, au mieux, comme une entreprise initiale sympathique, confisquée par une « minorité politique agissant dans le vide institutionnel ambiant » et débouchant, ô horreur, sur « des décennies de dictature » et sur « l'échec soviétique [marquant] l'échec et la défaite de toutes les formes historiques d'émancipation du XXe siècle liées au mouvement ouvrier » : ces jugements respectifs de Nicolas Werth et Frédérick Genevée, dans « Que reste-t-il de la révolution d'Octobre? », « hors-série » deL'Humanité publié à l'été 2017, confirment les regrets officiels du PCF sur son passé « stalinien » dès la publication du Livre noir du communisme de 1997 du tandem Stéphane Courtois (successeur de feu François Furet)-Nicolas Werth.

Écho significatif du tournant antisoviétique et pro-américain des manuels français d'histoire du secondaire négocié dès 1983, qui frappa l'URSS (Diana Pinto, « L'Amérique dans les livres d'histoire et de géographie des classes terminales françaises », Historiens et Géographes, n° 303, mars 1985, p. 611-620) puis la Révolution française : c'était la double obsession de Furet, historien sans archives dont « ceux d'en haut », en France, aux États-Unis et dans l'Union européenne, Allemagne au premier chef, usèrent tant des services (L'histoire contemporaine toujours sous influence, Paris, Delga-Le temps des cerises, 2012). Après la chute de l'URSS et ses suites ‑ l'extension considérable de la sphère d'influence américaine en Europe ‑, la criminalisation de l'URSS s'imposa d'autant plus aisément que presque tous les anciens partis communistes avaient cessé d'y résister.

L'historiographie dominante est alignée sur la propagande antibolchevique et russophobe déversée depuis la fin de 1917. Mais on peut encore confronter la litanie des grands médias et de leurs historiens fétiches aux nombreux travaux scientifiques qui ont décrit correctement la révolution d'Octobre. Les lire sur l'événement majeur du 20 e siècle permet d'aspirer une grande bouffée d'air frais. N'hésitez pas...

histoireetsociete.wordpress.com

 commentaire

articles affiliés plus récents en premier
21/11/2017 8 min #135327

100 ans après certains faits oubliés de la Révolution russe

RÉPUBLIQUE SOCIALE

Il y a cent ans, les Bolcheviks, Lénine à leur tête, prenaient le pouvoir en Russie. Cette révolution populaire allait changer le cours du pays, et du monde, pour les décennies à venir. Le premier pouvoir ouvrier au monde était né, et il entendait marquer les esprits dès le début.

Les premiers décrets, approuvés par le Congrès des Soviets, ne tardaient pas à être promulgués.

18/11/2017 5 min #135232

La Révolution d'Octobre par Alexander Douguine

Par Alexandre Douguine - Le 7 novembre 2017 - Source Katehon

Aujourd'hui 7 novembre est le jour de la Révolution bolchevique d'Octobre - une date terrible et importante.

Il y a beaucoup à dire sur la Révolution d'Octobre. Cela fait indubitablement partie de notre histoire et nous en assumons la responsabilité.

documentaires 14/11/2017 9 min #135096

La Révolution d'Octobre et vous

Dmitry Orlov

Par Dmitry Orlov - Le 7 novembre 2017 - Source Club Orlov

Aujourd'hui, c'est le 100 e anniversaire de la Révolution russe de 1917. Cette révolution a provoqué beaucoup de morts et de destructions, que je n'évoquerai pas ici parce que vous pouvez tout lire là dessus ailleurs. Elle a également provoqué une grande effusion de nouveautés dans l' art, la littérature, l'architecture et la culture en général, propulsant la Russie auparavant quelque peu lourdaude en matière culturelle à l'avant-garde du monde.

13/11/2017 13 min #135043

Le rôle du néo-fascisme dans l'opération Condor

13 Nov 2017

Article de : Alessandro Pagani

Ce texte est issu de l'intervention de Alessandro Pagani dans la Table ronde IX « La guerre froide » dans le cadre du « Deuxième Congrès d'Histoire et de Société Contemporaine de l'Université Autonome de la Ville de México (UACM) : cent ans après la Révolution d'Octobre », qui a eu lieu dans la Ville de México les 23, 24, 25, 26 et 27 octobre 2017.

13/11/2017 7 min #135036

Un historien de renom parle à Spoutnik des événements de 1917

Geoffroy Roberts, l'auteur du passionnant « les guerres de Staline » publié par Delga avec une préface d'Annie Lacroix Riz, donne son opinion sur le déclenchement de la Révolution de 1917 (note et traduction de Danielle Bleitrach)

© Sputnik / Evgeny Biyatov

OPINION

12.11.2017

La Révolution russe, qui a renversé le tsar et conduit à la domination soviétique, a envoyé des échos à travers le monde en 1917 et au-delà.

philosophie 13/11/2017 8 min #135035

L'enjeu de la mémoire et les charniers de la haine...

En ce mois de novembre, on n'en finit pas de célébrer pour mieux déformer l'Histoire, j'ai des moments d'accablement tant la tâche paraît démesurée.

Ne nous faisons pas d'illusion, pas plus que la Révolution française, que Robespierre, la Révolution d'octobre, l'URSS ne relèvent de l'historiographie, mais toujours ces événements parce qu'ils posent l'actualité de la Révolution sont l'objet de la propagande.

Justice 11/11/2017 8 min #134981

100 ans après la Révolution d'Octobre, défendons l'Humanité contre l'exterminisme capitaliste !

Georges GASTAUD

A l'occasion des cents ans de la Révolution d'Octobre, le PRCF a organisé à Paris un rassemblement international le 4 novembre, avec le soutien et la participation de plusieurs dizaines de partis communistes du monde entiers et la présence de 19 délégations venues des cinq continents. A l'issue de ce rassemblement, Georges Gastaud, le secrétaire national du PRCF lance un appel à la mobilisation, à l'action, à l'organisation pour retrouver l'élan révolutionnaire, en France et dans le monde, afin de faire place aux travailleurs

09/11/2017 2 articles 21 min #134894

Jacques Sapir : « En 1917, la bourgeoisie russe est faible et incapable de s'affirmer » (1/2)

Interview de Jacques Sapir
Parue sur Philitt

Économiste et directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), Jacques Sapir est un spécialiste de la Russie contemporaine. Il est également l'auteur de l'influent blog RussEurope. À l'occasion du centenaire de la Révolution russe d'octobre 1917, il a accordé à PHILITT un entretien en deux parties sur les ressorts économiques et politiques d'un événement aux conséquences encore vives aujourd'hui et dont l'analyse fait encore débat.§#e5e4e4

09/11/2017 9 min #134878

Comprendre Octobre, 100 ans après la révolution de 1917

Jean-Christophe SELLIN

Nous vous proposons de lire ici des extraits du livre de Jean-Christophe Sellin : « COMPRENDRE OCTOBRE, 100 ans après la révolution de 1917 ». Ils traitent de la condition féminine et de l'instruction, deux domaines dans lesquels les bolcheviks se sont montrés extraordinairement novateurs, voire audacieux.
LGS.

Conséquence directe de la barbarie de la première guerre mondiale, la révolution d'Octobre est une réponse pour en finir avec le conflit et ne plus revivre une crise aussi dévastatrice.

09/11/2017 10 min #134876

La révolution russe a inspiré et soutenu les luttes de libération nationale

Rebeca Toledo (Telesur)

Lorsque la révolution russe a triomphé en octobre 1917, la majeure partie du monde était colonisée par le Royaume-Uni, la France, la Belgique, les Pays-Bas, l'Espagne et les États-Unis.

Mais sous la direction de Vladimir Lénine, la révolution est devenue la source d'inspiration d'innombrables peuples, non seulement parce qu'elle montrait qu'un État ouvrier était possible, mais aussi parce qu'elle leur a fourni une aide concrète d'abord matérielle et plus tard aussi militaire.

Monde 08/11/2017 4 min #134869

Les partis communistes de Russie et de Chine publient un nouveau livre sur Lénine pour marquer le centenaire de la révolution russe

Effectivement, lors de notre récent séjour, nous avons vu se développer ce tourisme rouge qui fait le tour des lieux historiques mais pille littéralement les boutiques de souvenir et les statuettes de Lénine et de Staline. Cette collaboration entre les deux partis se concrétise dans des actes communs mais aussi par des échanges continuels d'expériences (note et traduction de Danielle Bleitrach)

Monde 08/11/2017 6 min #134856

Une centaine de personnes célèbrent la Révolution d'Octobre devant la demeure de Lénine à Paris

© RT France

Alors que l'on commémore le centenaire de la Révolution russe de 1917, des militants communistes de différents pays se sont retrouvés devant l'ancien domicile parisien de Lénine pour célébrer une figure toujours très controversée.

Ils étaient une petite centaine dans une ruelle du XIVe arrondissement de Paris, la rue Marie Rose, où a vécu durant quelques mois Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine, le leader de la révolution bolchevique de 1917 qui a donné naissance à l'Union soviétique.

documentaires 08/11/2017 7 min #134848

Les 100 ans de la Révolution d'Octobre : les Occidentaux plus sensibles à la nostalgie de 1917

Les Occidentaux et les Russes réagissent diversement aux différents éléments du passé, du présent et de l'avenir de la Russie, probablement parce que les occidentaux la voient à travers des stéréotypes, considère le journaliste Bryan MacDonald.

Par Bryan McDonald - 7 nov. 2017

La toute première fois que j'ai visité la Russie, c'était au début de l'hiver. Il n'y avait pas de vol direct depuis Dublin, ce qui signifiait que je devais passer par Riga où j'ai acheté un «bonnet fourré» en prévision du froid.

documentaires 08/11/2017 14 min #134839

Bruno Drewski: « On ne s'acharnerait pas sur la révolution d'Octobre si elle était morte »

07 Nov 2017

Article de : Grégoire Lalieu

Journaux, documentaires et autres magazines ont abondamment relayé les événements de 1917 à l'occasion du centenaire de la révolution d'Octobre. Presque tout y est passé, des manigances politiques à la violence des manifestations en passant par le profil psychologique de Lénine.

documentaires 07/11/2017 7 min #134825

La révolution de 1917 : un problème pour le Kremlin

Amie Ferris-Rotman Эми Феррис-Ротман

Le centenaire de la révolution d'Octobre perturbe les mémoires dans la Russie d'aujourd'hui

Illustration de Sofo Kirtadze

Le diorama qui montre l'aspect d'Oulianovsk au moment de la naissance de Vladimir Lénine en 1870 fait apparaître un nombre remarquable d'églises orthodoxes.

documentaires 07/11/2017 5 min #134824

La révolution d'Octobre et la russophobie d'Occident

07 Nov 2017

Article de : Robert Charvin

Faut-il détester la Russie], le professeur de droit international Robert Charvin analyse ce regard que l'Ouest porte sur l'Est.

S'est édifiée au fil de l'Histoire en Occident une représentation de la Russie « éternellement » aux marges de l'Europe« civilisée ».

07/11/2017 6 min #134823

Une révolution anticoloniale

07 Nov 2017

Article de : Jean Pierre Dubois

Au début du 19e siècle, partout en Europe, la plupart des socialistes soutiennent la politique coloniale. S'ils défendent les prolétaires de leur pays, c'est sur le dos des peuples exploités dans les colonies. Lénine marque un tournant radical en dénonçant l'hypocrisie de cette gauche coloniale et en exposant les racines capitalistes du colonialisme.

07/11/2017 26 min #134822

La révolution russe de 1917 a voulu établir pour toujours le règne égalitaire de l'espèce humaine

07 Nov 2017

Article de : Alain Badiou

Un échec, la révolution d'Octobre ? À contre-courant de nombreux manuels d'histoire et des médias mainstream, Alain Badiou suggère le contraire. Dans une réflexion inspirante, le philosophe replace les événements de 1917 dans l'histoire de ce bipède sans plume qu'on appelle l'homme.

07/11/2017 12 min #134821

Alors l'art se souleva

07 Nov 2017

Article de : Evelyne Pieiller

Dès avant guerre, la rupture avec les codes de l'art bourgeois avait été consommée. Après 1917, les artistes s'emploient à rendre les enjeux révolutionnaires sensibles, ce qui ouvre sur de nouvelles voies esthétiques. Mais non sans contradictions pour eux-mêmes.

Référencé par