060521 6 min

Système des brevets

C'est un vrai problème ; et aussi une voie d'accès à un nouveau Système.
On peut essayer de prendre un recul historique.
Dans son idéal, le système capitaliste c'est : "chacun se débrouille pour son propre compte".
Dans son esprit, les gens sont honnêtes, et égaux, si bien que le petit qui arrive dans la vie avec une bonne idée serait félicité, et gagnerait plein d'argent.
C'est sur cette utopie - vraiment de l'idéalisme mensonger pour le coup - que se fonde notre système.

Avec l'évolution vers le regroupement des puissances afin de créer une optimisation (= communisme inavoué), les sociétés ont pu accaparer une place grandissante et inévitable dans leurs secteurs respectifs.

Par exemple, le joyeux entrepreneur qui a eu l'idée de vendre aux honnêtes gens de l'électricité, a eu une bonne idée...
Seulement voilà, un siècle plus tard toute la structure économique est entièrement greffée sur le fait qu'on a tous besoin d'électricité, quelle que soit notre activité ou non activité. C'est devenu du domaine vital.

A partir de là, il m'aurait semblé logique que cette électricité soit de provenance publique, ce qui a été le cas, avant que n'apparaissent le principe de "privatisation", en fait on aurait dû dire "re-privatisation".

Mais ce n'est pas tout parce qu'ensuite se livre un combat sans merci pour conserver la posture de monopole qui pourtant a été définie dès le début comme illégale,.
Dans son utopie capitaliste, on s'est dit : "d'accord pour que des entreprises se conglomèrent en entreprises géantes mais à condition que soient interdis les monopoles".
C'est une sorte d'assurance morale que le leader sur un marché ne devienne pas un tortionnaire injuste et tout puissant.
Mais est-ce que cette règle fonctionne ?
N'est-ce pas contournable ?

Peu à peu il s'est créé deux mondes, celui des dominants et celui des dominés (c'est la sociologie qui l'admet), les dominés étant les gens pour qui deux vies ne suffirait pas pour élaborer un système concurrentiel à celui existant.
D'autant plus comme je l'ai dit, que les entreprises conglomérées possèdent de puissants moyens de sauvegarde de leur posture quasi-monopolistique.

Historiquement, il a fallu créer le principe des brevets et c'est vraiment à partir de ce moment qu'on est rentré dans l'illicite du point de vue de la logique et de la morale, du bon sens.

En effet si soudainement on peut déposer un brevet alors qu'avant ce n'était pas possible, il aura fallu délimiter avec rigueur ce qui n'est pas brevetable, en toute logique les inventions issues de notre histoire comme la roue, la médecine, la construction de bâtiments, etc...

Mais cette limite ne peut être que trop floue.
Parce qu'une seule amélioration ou nouvelle idée, susceptible dans le futur d'appartenir à toute l'humanité, ne peut plus l'être, et appartiendra désormais à un des puissants conglomérats commercial, dont la puissance de feu autorise à eux et eux seuls d'avoir accès à ces inventions.

On a tous entendu parler du complexe militaro-industriel, mais il est moins connu que ce complexe s'étend des Etats-unis à la Chine, et détient les brevets pour les machines à coudre, la confection de vêtements, l'agriculture, pour ne citer que ces petits exemples.
Donc à chaque fois qu'une chaussure est cousue, ça l'aura été en reversant une quote-part (on va dire) à ce complexe détenteur de ces brevets.

Il en va de même pour la médecine, où on abouti à une immoralité sans nom, inhumaine, à partir du moment où le prix des médicaments est régit par les détenteurs des brevets.
On a en tête les scandales des premiers pseudo-médicaments pour soigner le SIDA, à l'époque, les quelques premiers malades devaient à eux seuls alimenter à la fois le coût de la recherche scientifique et à la fois le coût du dépôt des brevets. Qui plus est, en raison d'un effet de racisme envers la gente homosexuelle, les prix étaient encore gonflés davantage.

Qu'il soit possible de soigner un malade et qu'on en arrive à tendre devant lui le médicament en lui disant "si tu payes pas...." est exactement le genre d'ignominie à laquelle conduit le manque de discernement dans la conception des règles du jeu du système social.

Au grand public, on continue de faire croire que déposer un brevet permettra de sauvegarder son invention alors pourtant que le dépôt du brevet est si onéreux qu'il freine le développement technique, de sorte que l'idée puisse être récupérée, modifiée à temps, et que la technologie déposée soit ainsi rendu caduque.

Au mieux quand on signe avec "une major" (on va dire), comme le souligne ffvert2907, en échange un contrat de travail à durée indéterminé contre le don des brevets à ces firmes.

Quand Jean Moreno, au meilleur des cas, a inventé la carte à puce, son invention a été confinée assez longtemps pour retarder son expansion, de sorte que les grandes firmes puissent agir plus tard et sans lui.
Il y a aussi l'inventeur de l'extincteur des puits de pétrole, qui s'est vu tout simplement traité de voleur et de minable, alors qu'il avait déposé le brevet, et eu l'idée dès l'origine.

En fait c'est en comparant le nombre de fois qu'il aura été utile de déposer un brevet par rapport au nombre de fois que cela aura conduit à une impasse, qu'on peut juger de l'utilité d'un tel système, qui pourtant est entièrement greffé logiquement sue les fondements du système économique capitaliste.

Contre-exemple : l'OpenSource.
Ce concept né de l'informatique devient le nom donné au principe selon lequel on désire rendre collaborative et publique une invention et son développement.

Le informatique est le fondement de tous le logiciels qu'il permet de créer.
Alors ça n'empêche pas de se montrer ingénieux et de créer des logiciels innovants, mais d'un point de vue moral et logique, il est difficile d'envisager de breveter un logiciel construit sur un langage dont le développement aura été confié à une collaboration internationale et désintéressée.

Cela opère un retour en arrière si on peut dire, et soulève de nouvelles questions.
Un logiciel est un peu comme de la musique, un paquet de données copiables facilement et d'ailleurs c'est tout son intérêt qu'il soit copié et diffusé, puisqu'il participe à son tour à toute une culture commune.

La tristesse c'est de voir que des lois apparaissent sur le principe de la propriété privée appliquée à des concepts qui sont du domaine publique et qui ont tout intérêt à le demeurer. C'est comme un anachronisme.
C'est un peu la preuve que le système actuel arrive en bout de course.

Mais cela soulève de nouvelles questions et donc un nouvel appel à innovation, du point de vue systémique :
quel système commun faut-il mettre en oeuvre pour rendre licite cette pratique née du simple bon sens ? (la pratique collaborative)
Comment sera-t-il possible dans le futur de motiver l'inventivité si en retour on a rien ?

Toutes ces inventions de cette nouvelle collaboration le sont à partir du temps-libre de chacun qui par ailleurs doivent travailler chez McDo pour payer son loyer. A partir de là débute le questionnement sur les nouvelles règles sociétales qui dans l'absolu restent à mettre en oeuvre.