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Le Combat De La Raison 12 - L'Europe des rats et des ragondins

1 - La politique des enfants
2 - Le regard des anthropologues sur la chute du marxisme
3 - L'utopie religieuse et la politique
4 - Un nouvel empire du ciel et de la terre
5 - Les guerriers vertueux
6 - La chute d'un empire
7 - L'Europe des rats et des ragondins
8- La geôle du mythe de la Liberté

Des citoyens rendus aveugles, sourds et muets par leur placement, depuis trois quarts de siècle, sous le joug d'un Etat étranger et d'une classe dirigeante corrompue ne sont pas près de remporter la victoire des Thermopyles sur les Perses de leur temps. Et pourtant, la solidité de leur cervelle est la seule armure réelle dont disposent les citoyens; et pourtant, la connaissance des règles de la logique est la seule cuirasse fiable des nations; et pourtant, il nous faut garder en mémoire l'évidence qu'une majorité de têtes bien faites demeure le bouclier naturel des Républiques. Souvenons-nous également de ce qu'on ne guide pas un grand pays sur la scène internationale avec des citoyens insuffisamment instruits des pesanteurs de la condition humaine et des obstacles culturels que les Etats rencontrent à chaque pas sur leur chemin quand leur population n'est pas informée des forces qui font la loi sur cette planète.

Redécouvrons donc en toute hâte quelques secrets du pilotage de notre astéroïde autour du soleil de la politique, apprenons rapidement comment les historiens de demain raconteront à nos enfants et à nos petits enfants l'histoire de la folie de ce siècle, découvrons sans tarder que si nous n'accomplissions pas notre devoir de nous mettre au courant de ce qui arrive à la France et à l'Europe d'aujourd'hui, nous nous rendrions coupables de haute trahison.

2 - Le regard de la métazoologie sur la chute du marxisme

Quel est le double jeu que pratiquent nécessairement les empires d'aujourd'hui ? Ils se sont auto-messianisés, auto-sotériologisés, auto-eschatologisés sur le chemin d'une rédemption verbifique à laquelle le mythe sonore de la Liberté sert d'Eglise bavarde, de tabernacle éloquent et de livre d'heures volubile. Chaque fois qu'un Etat aux auréoles langagières surdimensionnées terrasse une rivale dont les fanions sont moins richement blasonnés par l'abstrait que les siens, le vaincu devra plier pour longtemps le genou; et l'on voit monter dans le ciel les montgolfières regonflées de la démocratie mondiale. L'évangélisateur universel de la planète des idéalités chante sa dernière victoire conceptuelle sur le Mal, tellement le vrai champ de bataille d'une Rédemption loquace est toujours, celui d'un vocabulaire béatifié, d'un côté et, de l'autre, celui de la pestifération philologique des mots de la défaite.

Nous aurions donc le plus grand tort de nous imaginer que l'empire des dévots censés en prières devant l'autel des saintes ampoules de leur grammaire déclarera un jour achevée sa tâche de grand convertisseur de notre satellite - au contraire, la piété à jamais insatisfaite de l'apôtre le contraindra de poursuivre sans relâche et de génération en génération son œuvre de sauveteur interminable de tout le genre humain; et cet annonciateur d'un futur toujours fuyant travaillera avec zèle et ténacité à pétrir la pâte de notre apothéose à venir. Voyez comme le boulanger inlassable du pain de notre Liberté met de cœur à l'ouvrage, voyez comme ce vigneron récolte sans trêve ni repos le vin toujours rationné de ses fûts généreux, voyez comme il punit inlassablement une mécréance qu'il proclame stérile. Remarquez également que notre évangélisateur en chef se fait payer précipitamment les tributs que nous devons acquitter à ses labours. Il se vantera de nous avoir fait reprendre le droit chemin, il nous remettra tous les jours sous les yeux le catéchisme qu'il a si hâtivement soumis à son commandement éternel.

3 - L'utopie évangélique

La guerre froide s'est achevée avec l'effondrement définitif d'une utopie politique branchée depuis trois millénaires sur un mythe du salut dont les trois religions du livre se déchirent l'héritage. Mais si une éternité aussi bienveillante vous prend à ses gages, que ferez-vous de la précarité du salaire qu'elle vous versera en partage? Car la pastorale marxiste et son orthodoxie doctrinale ne se sont pas seulement écroulées sous les coups de boutoir des Etats-Unis d'Amérique, mais, tout simplement, parce que le droit de propriété le plus antique, celui que Naoh exerçait sur sa massue, David sur sa fronde et Apollon sur son arc aux flèches d'argent ne saurait se trouver aboli ni par la vertu d'une autre confession de foi, ni sous l'appareil de la torture de ses évangélisateurs les plus zélés, ni dans les goulags du ciel des prolétaires, ni par les soins d'un clergé de galériens pesamment catéchisés, ni par les récitations forcées de la foi dans les séminaires de la dialectique marxiste-léniniste.

Pourquoi l'Eglise romaine du XIIIe siècle a-t-elle soudainement jeté aux orties le saint bréviaire de la virginité et de la chasteté transformantes des chrétiens? On sait qu'une Curie loquace était subitement montée au créneau en apôtre des droits du sexe face à l'hérésie trop ardente des Cathares - les Purs, les katharoï - dont l'annonciation était tombée comme grêle jusque sur la piété génitrice des ménages. Le devoir de toutes les vraies épouses du Christ se résumait de nouveau à procréer abondamment. Mais glorifier le devoir d'un ciel de reproducteurs déchaînés, c'était frapper de plein fouet le devoir tout contraire des époux de pratiquer la chasteté conjugale la plus sévère.

" Attention, disait soudainement un Vatican de casuistes du royaume des cieux, le "péché de chair", comme nous l'appelions, redevient rien moins que le philtre du salut charnel du monde quand il ordonne à la sainteté conjugale de faire preuve d'un grain de bon sens, celui d'une continence modérée et limitée par le commandement tout opposé d'assurer la survie du genre humain sans trop se presser. Que vos dévotions demeurent parcimonieuses: songez que c'est à Vénus que nous devons l'avantage de nous reproduire abondamment. En conséquence, vous serez brûlés vifs sur les bûchers de la sainte Eglise si vous refusez de confesser l'ancrage de notre religion au piton du temporel et du charnel, qui vous condamnent à pratiquer votre "devoir conjugal" en disciples assidus d'Aphrodite." Il en était de même des marxistes chevronnés, ces purificateurs excessifs du capitalisme, dont l'ascèse aurait conduit notre espèce soit à s'éteindre parmi les maigres phalanges de pécheurs invétérés, soit à se rassembler en toute hâte dans l'enceinte de la réhabilitation du "péché de chair".

Aussi les Etats-Unis se sont-ils bien gardés d'avouer au monde qu'ils n'avaient jamais terrassé qu'un évangile en délire - donc une hérésie que son séraphisme exacerbé condamnait à tomber d'elle-même dans l'absurde. Le marxisme était un couvent armé jusqu'aux dents d'une ascèse précautionneuse et impraticable, une annonciation vertueuse à protéger du dévergondage capitaliste, la promesse d'un royaume monastique condamné à se diluer dans la coulée inexorable des jours sexués par le Démon. Le camouflage du rêve d'une purification angélique et universelle qui décrasserait le droit puant de propriété, a permis aux Etats-Unis de présenter la Sainte Russie au monde réel, celui des glaives et du sang: il s'agissait, disait-on, d'un Etat censé régi, comme tous ses congénères, par les lois malpropres, mais immuables du temporel. Il fallait armer ce monde malodorant d'une autre eschatologie délivrante, d'une autre lanterne magique du salut, d'une autre pierre philosophale - celles du mythe d'une Liberté parfumée, mais à mettre au service de la férocité capitaliste. Depuis lors, les démocraties se demandent quelle est la lanterne d'une bête oscillante entre les floralies de l'utopie et la sauvagerie de ses carnages et qui ne quitte les ténèbres de la nuit que pour papillonner dans ses grammaires.

4 - Un nouvel empire du ciel et de la terre

Non seulement l'Amérique victorieuse d'une démence apostolique qui, depuis deux millénaires, culpabilisait les riches et sanctifiait les pauvres n'a pas hésité un instant à annoncer la candidature d'un lessiveur nouveau et qui, dans la foulée, comblerait tout le monde de félicités pécuniaires; non seulement, dis-je, les pasteurs d'un capitalisme de trafiquants n'ont pas dénoncé l'enracinement dans la biologie d'un animal en folie, non seulement cet empire des triomphes de l'argent n'a cessé, depuis trois générations, de vassaliser l'Europe avec l'ardeur des ploutocrates d'un ciel de commerçants, mais nous tomberions à notre tour dans le même infantilisme pieux que toute la zone extra gauloise du Vieux Monde - qui n'a pas eu de Général de Gaulle pour lui remettre la tête sur les épaules - si nous négligions de soumettre nos rêves théologiques à une radiographie politique d'avant-garde et à une anthropologie enfin scientifique. Par bonheur, la postérité véritable de l'évolutionnisme de Darwin entraîne les faux dévots dans un traquenard théologique.

C'est dire qu'il nous faut demander instamment à l'Allemagne et à l'Italie hypnotisées par les stupéfiants célestiformes de la démocratie d'obtenir - et avec quel retard, hélas - le départ négocié ou rapide de leurs catéchètes de 1945 - et donc de redonner aux nations piégées par le mythe américain le statut et les coudées franches des Etats souverains et de bon sens, donc patriotes. Comment acquerrions-nous jamais la stature d'acteurs réels de la politique sur la scène internationale si nous nous glorifions du naufrage des patries? On ne fait pas un pays avec des orphelins de leur terre. Si le sceptre international de l'étranger guide nos drapeaux, que feront les patriotes de ce pain et de ce vin-là?

Les bases militaires américaines aux yeux mi-clos se sont équipées et armées jusqu'aux dents et sans jamais rencontrer sur nos arpents l'obstacle à notre indignation. Comment se fait-il qu'elles se soient incrustées dans nos rangs non seulement sans coup férir, mais sur le mode angélique? Elles étaient censées grosses d'une éternité pacifiée. Leur arrimage perpétuel à un Vieux Monde retombé en enfance couve des centaines de bombes atomiques censées dissuader un ennemi aussi vaporeux que feu le paradis soviétique ; et notre politologie souffreteuse est montée en chaire dans nos universités laïques pour juger que tout cela regarde aussi peu la virginité et l'innocence prometteuses de nos démocraties idéales que la théologie efflanquée de la guerre sacrée ne concernait la monarchie temporelle au siècle des croisades.

5 - Les guerriers vertueux

Que dire de la frime évangélique des messies de leurs goussets? Ecoutez vrombir leurs avions de chasse supersoniques sur nos têtes endormies. Leurs appareils parviendront-ils à nous faire croire que nous nous trouverions en danger de mort dans nos chaumines enfumées et que cette mécanique coûteuse veillerait effectivement sur la sécurité militaire de notre sommeil ? Leurs gesticulations benêtes retardent seulement quelque peu la progression de la rouille qui ronge nos nations. Quelle gigantesque mascarade, quel titanesque attrape-nigauds, mais aussi quel marché industriel perdu pour nous, puisque nous achetons sottement et à prix d'or - mais avec le canon du mythe de la Liberté pointé sur la tempe - tout l'arsenal guerrier dont notre souverain d'outre-Atlantique tire ses plus fructueux bénéfices.

Certes, le territoire d'une France trop tardivement libérée de l'occupation américaine d'après guerre - en 1966 seulement - n'a pas été réoccupé dare-dare en 2009 à la suite du placement intempestif de nos forces armées sous le commandement nominal d'un général américain. En 2014, le Président de l'Assemblée de Strasbourg, M. Schulz, puis MM. Fillon et de Villepin, osaient proclamer que la Russie et l'Europe appartenaient décidément à la même civilisation. Vous avez dit: "Civilisation"? Quelle révolution que la résurrection d'une réflexion sérieuse sur les relations que les nations cérébralisées entretiennent avec leurs armées! Qu'en est-il de la géopolitique superficielle de ce temps?

6 - La chute d'un empire

C'est la tête basse que nous avons franchi le seuil de l'Eden des démocraties décapitées, celui d'un paradis du ridicule. Nous sommes allés jusqu'à faire débarquer l'incompétence politique titanesque de l'Europe dans le saugrenu et le grotesque des vassalités consenties. Et pourtant, voici que l'Italie, l'Espagne, l'Autriche, la Hongrie, la Grèce, Chypre, la Slovaquie refusent purement et simplement d'appliquer à la Russie les sanctions économiques d'une diplomatie acéphale - mais ordonnées par l'Oncle Sam à l' Europe des sots. Sans doute notre apprenti d'au-delà des mers ignorait-on que la Russie est la fille culturelle de l'Europe depuis plus de trois siècles. Comment remettre au pas les chenus que nous sommes devenus si c'est à l'école de notre siècle des Lumières que les Dostoïevski et les Tolstoï ont fécondé ou redonné son élan au génie littéraire de leur nation? Plus les Gessler américains se montreront musclés et de taille herculéenne, plus la servitude d'une Europe aux cheveux blancs et vassalisée par son libérateur de 1945 s'étalera au grand jour de notre accablement et sur toutes les places publiques du Vieux Monde.

Envoyons donc seulement et faute de mieux, un dogue de taille moyenne remettre de l'ordre dans ce troupeau grisonnant, se dit la Maison Blanche, envoyons seulement notre préposée aux affaires dérisoires du Vieux Monde, une Mme Nuland dont les crocs ont fait leurs preuves : six petits milliards de dollars ont suffi à ses griffes pour déclencher une émeute et faire basculer toute l'Ukraine de l'Ouest dans notre giron. Mais combien de dollars faudra-t-il faire dépenser aux contribuables américains pour soumettre à nos ordres les gouvernements italien et espagnol? Car il se trouve que leur carrure leur interdit de rester au piquet dans leurs maisons.

Et puis, comment interdire à Paris et à Berlin de se rendre à Moscou, alors qu'ils y sont déjà allés? Ces deux là ont les dents de plus en plus longues, et il leur pousse même des mâchoires. Par conséquent, ils ne lèveront plus le petit doigt pour remettre en laisse les valets et les gnomes de l'OTAN, qui brûlent déjà d'envie de rivaliser avec l'appétit politique quelque peu retrouvé de Paris et de Berlin. Et puis, les aiguilles des horloges ont avancé sur les cadrans de l'histoire ensanglantée de ce monde. La France et l'Allemagne désavoueraient leur corpulence grandissante - et cela aux yeux mêmes de leur opinion publique - s'ils affichaient derechef et tout subitement une vassalité dépitée par les soixante-dix ans de leur licol et de leurs étrivières. Tous les acteurs de la pièce ont les dents branlantes, toute la représentation s'effondre dans les rires et les moqueries des spectateurs quand l'histoire de l'Europe oscille entre la farandole, la pitrerie et le carnaval politique.

Décidément, comment faire obéir Paris, Berlin, Rome, Madrid, Londres à une Mme Nuland si ces capitales ont aussitôt adhéré à la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures" lancée par la Chine, si l'Australie elle-même, l'un des satellites les plus dociles de l'oncle Sam, y adhère, si la Suisse a déjà franchi le pas, avec son franc fort subitement et opportunément découplé de l'euro des assignats. Le Président de la Tunisie, M Béji Caïd Essebsi, a rudement expulsé l'ambassadeur américain qui a osé lui demander l'autorisation d'installer une base militaire sur ses terres et, au Japon, le gouverneur local a refusé l'extension sur la mer de la base d'Okinawa et l'Amérique du Sud tout entière a dénoncé les foudres de Washington contre le Venezuela, qui n'est pas la petite Grenade envahie par les troupes américaines du temps du Président Reagan.

L'empire américain se disloque sous nos yeux.

7 - L'Europe des rats et des ragondins

Qu'adviendra-t-il demain du rang diplomatique d'une France scindée, hier encore entre l'Amérique et l'OTAN et non guérie des séquelles de son long déhanchement sur la scène internationale? Il nous faudra soulever la question la plus sacrilège, celle de la fausse souveraineté dont le cancer ronge des Etats placés sous la houlette des idéalités vaniteuses de la démocratie mondiale. Les Etats vassalisés du Vieux Monde refusent de plus en plus ouvertement de se partager seulement les restes de leur ancienne fierté. Comment Paris et Berlin retourneront-ils s'asseoir sur les bancs de l'école et mettraient-ils à jour leurs connaissances anachroniques du droit international si une Europe désuète et victime d'un malentendu anthropologique tenace ne dispose plus que d'une souveraineté ambiguë et imprécise?

Car la question la plus simple, mais la plus décisive, est seulement de savoir si des Etats auto-qualifiés de démocratiques demeurent néanmoins légitimables aux yeux de leur opinion publique s'ils remettent ouvertement les apanages de l'indépendance de leur nation entre les mains d'un Etat étranger - et cela sans seulement daigner consulter leurs corps électoraux respectifs. Comment des assemblées législatives régulièrement élues peuvent-elles se placer sous le commandement militaire d'un autre Etat sans trahir leur pays? Quel devoir impérieux, pour l'Europe, de demander du moins aux nations candidates à leur mise dans les fers de ne consentir expressément à leur servage qu'après consultation du suffrage universel. Que diront les peuples de leur classe dirigeante de ragondins et de rats?

Et pourtant, il semble qu'il n'y ait pas encore de quoi fouetter un chat: nous avons appris sur les bancs de nos écoles publiques qu'une armée de valets de pied n'est pas une saine infanterie et qu' il n'y aura pas une ombre d'Europe politique aussi longtemps que les cinq cents bases américaines campées sur nos arpents ne seront pas évacuées. Mais écoutons le silence assourdissant de tous les Etats garrottés et de tous les gouvernements jugulés de l'Europe : ils se cachent à eux-mêmes la question de fond, celle qui se subordonne toutes les autres! Décidément, la vassalité du Vieux Monde est bien cadenassée par notre prétendu délivreur d'outre Atlantique : nous sommes incarcérés à double tour dans la geôle et la besace de notre mythe le plus asservissant, celui de notre Liberté.

8 - La geôle du mythe de la Liberté

Mais il y a pis: la démocratie planétaire se vante de nous avoir sauvés de la dictature de Hitler, puis de celle des fous d'un prolétariat mondial devenu l'otage de ses évangélisateurs au petit pied. Mais quand le fondé de pouvoirs du paradis capitaliste, M. Barack Obama, prétend que nous lui devons la vie sauve, on voit des millions de simples d'esprit s'accrocher aux basques du sorcier géant de notre Liberté. Pourquoi les innocents aux mains pleines adorent-ils un créancier expert à jouer au Tamerlan du mythe démocratique? Quelles sont les abstractions mirifiques que ce magicien tient entre ses mains?

Il faut savoir que les évadés actuels du règne animal ont basculé de la zoologie dans le séraphisme. Ces enfants de chœur sont désormais préfaçonnés par le fidéicommis auquel ils ont confié leurs prérogatives et dont ils ont hissé le sceptre dans les nues. Ce plénipotentiaire à majuscule les masrque et les protège, les menace et les apaise, les sauve et les torture depuis deux millénaires. Chaussez seulement les bésicles du sens commun et vous verrez que cette divinité censée désintéressée et protectrice comme personne brandit un code pénal branché sur deux immortalités, celle des friandises éternelles de la vie céleste dont elle gave ses adorateurs et celle des écartèlements infernaux qu'elle inflige sans relâche à ses anatomistes perspicaces. Quand notre civilisation aura honte du Dieu chocolaté dont nous assurons le double ancrage dans les estrapades et dans la confiserie, nous pourrons commencer de penser la politique avec la tête sur les épaules.

Mais le monde entier ne demeure-t-il pas blotti sous les ailes d'un aigle censé omniscient, omnipotent et bienveillant? Un monothéisme de pâtissiers et de bourreaux a forgé une humanité assujettie aux serres et au bec d'un souverain cruel et patelin du cosmos. Une géopolitique qui refuse de franchir le seuil d'une connaissance anthropologique de l'encagement de la créature tourne le dos à toute science réelle de l'encéphale livré aux pâtissiers et aux potences des semi évadés de la zoologie, tellement la théologie nous présente les clés de l'assujettissement politique du genre humain à ses songes impériaux.

Ce sera le sujet de la semaine prochaine.

Le 20 mars 2015

aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr