L'histoire s'en chargera

150205 14 min  Système
On voit la pub "Achètes la figurine pour 1 euro cinquante seulement". Je sais pas, ils pourraient dire "achète du plastique", ou "achète du plastique qui finira à la poubelle" ou encore "Toi aussi, deviens responsable, de la pollution par le plastique !"... "livré avec plein d'emballages prêts à jeter !".
Au moins ce serait une pub sincère. Il y a même des chances qu'elle eût fait plus de ventes.

Les emballages devraient rester la propriété des producteurs. Ainsi ils ne seraient pas payés par le consommateur, et la responsabilité porterait les entreprises à ramasser elles-mêmes leurs ordures.

Mais ce n'est pas comme ça que ça marche. Au lieu de cela c'est le champ social qui s'en charge puisqu'il s'en est rendu propriétaire et responsable.

Avec la petite révolution de la Grèce j'en ai presque oublié de bondir comme d'usage pour ce genre de cas, étant relativement désabusé. Je vois des gars faire et vouloir une révolution, mais rester poli avec leurs tortionnaires, sans remettre en cause les fondements de cette injustice. (Ce que la sagesse leur commande).

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Mais il faut aller plus loin.
On observe que les multinationales sont irresponsables, car débarrassées de cette responsabilité dès qu'elles les vendent, avec leurs produits.
Après pour justifier cela, on dit que c'est "l'offre et la demande" qui va se charger de ce détail.
Et pendant qu'on réfléchit à cela, il se passe un siècle. Mais c'est une fausse question pour faire diversion et laisser le temps à l'arnaqueur de prendre la fuite !

Avant de répondre sur un champ de mine, en réalité cette irresponsabilité est, tout simplement, due au fait qu'il manque que soit établie une relation.
L'activité industrielle n'a-t-elle pas pour vocation de servir l'intérêt commun ? Comment on le mesure ? N'est-ce pas contre-productif de tuer des humains ? Comment ça se calcule ? (ils se posent la question).

Tout simplement (redis-je) il faut penser en terme de réseau où les acteurs sont liés par des vecteurs de différentes natures, et quand un vecteur est manquant, (cela crée une douleur) ça veut dire que rien n'a été pensé pour relier une cause d'un côté, et une conséquence de l'autre. En l'absence de ce lien, point de conséquences pour les criminels biologiques.
C'est à dire qu'il n'y a pas d'idée qui régit ces actes isolés, pas de loi, pas de règle, c'est le chaos.

L'astuce de l'arnaque de ce monde réside ici : on a rendu les victimes propriétaires de leur sort, en leur assénant qu'elles s'y sont mises toutes seules. (Et qu'elles doivent se terrer pour économiser).

Et sur ce terreau fumeux, quand on oppose un désir de liberté, on nous rétorque "ah bien pour l'usage que vous en faites !".
Finalement le Système se comporte comme un tortionnaire avec ses sujets.

C'est toujours le même problème, un objet c'est des objets liés. Un système ne naîtra pas d'une initiative mais d'une vision fédératrice des besoins.

On a besoin de savoir évaluer le GOOD.

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Il y a le même problème avec la démocratie, on rêve d'y être, un pays merveilleux où chacun serait écouté avec le soin qu'il mérite, et on subit la réalité du fait qu'il y en a qui sont plus intelligents que d'autres, et qui donc savent les berner, pour en tirer profit (faisant culture et tradition de ces pratiques).

Et on observe aussi que les rares espoirs d'un futur meilleur se fondent les initiatives courageuses de gens (à la fois) intelligents et responsables, des gens rares.
Cela veut bien dire qu'il y en a qui sont faits pour ce métier et pas la plupart des autres.

On pourrait avoir une démocratie participative sur twitter, avec #rf

Avoir la fibre politique - bon, les ET estiment que c'est une question de santé mentale - est surtout l'apanage de personnes à l'esprit vigoureusement structuré, ayant une vision englobante du monde, créant régulièrement de nouvelles idées et explications présentées comme des hypothèses à explorer, souvent vérifiées ensuite, et au fond d'eux, souvent par réaction à une douleur, un désir inexpugnable (malgré les diverses tentatives de la société à leur encontre de la faire taire) de servir ce Monde, d'exprimer leur bonté humaine.

Bref ce sont des intellectuel, presque des artistes.
(Tout le monde veut se croire intellectuel ou artiste, mais les vrais, ayant les pieds dedans, ne comprennent pas cela).

Pourtant c'est de leurs qualités rares dont nous avons besoin (pas de leur image de marque).
Et pas d'une majorité semi-absolue sur une question bancale.

On n'a jamais eu autant besoin de penseurs, et il n'y en n'a jamais eu autant de vivants en même temps.
Mais ensuite, comment ce qu'ils comprennent se raccorde à la réalité ? Par imbibation paradigmatique ? En forçant les gens ? c'est un peu long.

Est-ce que ce sera possible un jour d'avoir un état dont on puisse être sûrs que toutes ses décisions sont les plus justes possibles ? Où on sait que ce sont les meilleurs qui y travaillent, mieux que personne d'autre ?

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Qu'est-ce que ce Monde ?
Pour les politiciens et pour le système, seule partie utile du monde est possible à prendre en compte, c'est à dire tout ce qui se passe à l'intérieur des murs d'une entreprise à but commercial. Le reste, hors des châteaux, il y a les manants, on s'en fout, l'histoire s'en chargera.
Donc c'est normal qu'ils soient autant des suiveurs plutôt que des guides.

Il n'y a rien à craindre d'eux, ni à en attendre, il faut agir comme s'ils n'étaient pas là. Ils ne servent à rien, ils font perdre du temps et ils nous éloignent de nos devoirs réels. (s'ils envoient des flics il faut tout leur réexpliquer).

Le devoir réel, ce désir inexpugnable d'un monde plus juste, est possible à définir par sa principale propriété : l'amélioration, le perfectionnement, c'est à dire, le sens naturel de la Nature elle-même.
Ce désir profond, le plus souvent condamné au silence chez les humbles personnes, contient une grande énergie qui, quand elle se libère, peut impacter directement le continuum historique du Monde tout entier.
(ceci est quand s'ouvre une connexion entre deux dimensions.)

Cette idée de "devoir réel" est très importante, pour moi qui passe ma journée à faire mes "devoirs", que sont mes diverses activités non professionnelles, mais pleines de sens.
D'ailleurs comme en ce moment j'ai toutes mes journées, je redécouvre chaque jour un peu plus la sensation de Liberté, une chose qui a eu l'air de manquer totalement sur l'expression des visages des gens qui disaient "charlie".

Avoir un emploi, dans ce monde, privé à 90%, c'est subir la douleur de devoir en permanence avoir affaire avec les plus réfractaires barbares que le moyen-âge n'ai jamais connu. C'est une plaie monumentale, personne ne vous fait confiance. On vous empêche de travailler pour mieux vous formater à une façon anticréative, inefficace, et arriérée. Ils sont contents qu'on soit "des passionnés" pour mieux utiliser cela contre nous et faire d'un métier facile et amusant, un esclavage laborieux et dénué de sens.

Si on veut résoudre des problèmes dans la société il faut d'abord observer les entrailles du système, qu'est le monde du travail.
Il y a les petites boîtes et les grosses boîtes. Dans les grosses on a presque droit à ce à quoi devrait normalement avoir droit tout citoyen moyen. C'est considéré comme des privilèges fédérateurs d'une caste qui renie les problèmes des autres. Et tout cela, au service des banques, qui sont les seuls patrons et bénéficaires. Dans les petites au moins on ne sert pas l'ennemi, mais ils se comportent comme les grosses, par mimétisme avec un décalage dans le temps, même si c'est contre-productif. Et ils te forcent, et ils se prennent pour les rois du monde.

Dans les grosses entreprises on voit comment devrait être organisée la Société. Jamais en son sein on ne mettrait les employés en concurrence. On leur apporte ce dont ils ont besoin sans rechigner. Ils partagent le maximum de frais. C'est du communisme, sinon ça ne marcherait pas.

Et en même temps les gens qui y travaillent sont fous, zinzins, déglingués, déconnectés, ahurissants. On peut se faire virer pour utiliser trop ou trop peu d'espaces dans son code.

Ce à quoi conduisent ces diverses observations est qu'il y a deux paradigmes qui combattent, un, on va le nommer l'Ancien, selon lequel :
- L'égalité de chacun devient une impuissance commune : dans ce concept, chaque citoyen a une voix pour voter, la majorité l'emporte, et se crée une structure hiérarchique composée en haut du la somme de ce qu'il y a en bas (quitte parfois à décoller comme une bulle qui éclate ensuite). Le nécessité précède l'action. Les droits sont conditionnés par les moyens.

Et un autre paradigme, le néo on va dire, selon lequel :
- Admettant la diversité naturelle, il est possible d'obtenir un contrôle sur l'hétérogénéité, de sorte à produire des résultats par émergence (par sérendipité). Il se crée alors une structure coopérative, participative, proactive. La pensée précède l'action. Les moyens découlent des droits, et ces droits sont conditionnés par la politique, c'est à dire une vue d'ensemble.

L'éducation vise du coup la compétence au lieu de la connaissance (qui fait mieux de venir naturellement avec l'expérience). Les élèves s'entraident et le prof n'est pas face à eux, mais derrière eux, à les guider dans leurs recherches. Le patron n'est plus caractériel ou symptomatique d'une caricature hallucinante, mais un devoir, une responsabilité et une expertise.

(les néocons veulent que les gens deviennent des entreprises - les entrepreneurs n'ont pas de droits sociaux -, mais pour la paperasserie que ça coûte, non merci, par contre pour ce qui est de prendre en compte la responsabilité et l'expertise, c'est quand vous voulez.)

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Mais le mieux à vouloir c'est que le politique concerne l'humain, prenne en considération des question humaines, et se sente libre de modeler la société comme bon lui semble, dans cet objectif.

Rien dans les Droits de l'Homme ne stipulait que "la commercialisation de toutes choses, bien que hautement contradictoire avec les précédents articles, sera obligatoire".

Le politique doit se sentir libre de faire évoluer la société, en opposant des arguments qui ne vont pas dans le sens du "Pouvoir".
Ah oui parce que le pouvoir c'est l'argent.

On a bien prôné la séparation de l'église et de l'état, mais pas encore de l'état et du business.

Du coup on se retrouve sans état, puisque les sortis-d'écoles préfèrent rester à s'amuser entre eux... (les riches font circuler leur argent en vase clos) ce qu'il faut maintenant c'est créer un état (et des systèmes d'évaluation du réel).
Pas une république numéro n, ou une démocratie numéro 2 ou numéro 1, ou bêta, mais un Monde !

Un monde dans lequel on donne tout ce dont tout le monde a besoin, quelle que soit la tâche à laquelle il se sent libre de s'adonner. Sans jugement de valeur, car ces notions n'appartiennent pas à l'échelle politique. Depuis quand une personne morale pourrait donner son avis ?

Un système, ça doit être diaphane. Comme un code source Libre, il doit pouvoir être consulté et modifié, sous-entendu, amélioré.
Il doit être assez simple pour qu'on puisse l'embrasser entièrement, et riche pour savoir répondre au maximum de cas de figure.
On doit pouvoir se tromper et changer, et évoluer.

Les cas de figure que doit rencontrer un Système, sont de l'ordre des erreurs, illogisme, c'est à dire du sentiment d'injustice ressenti.
Ce sont ces cas qui entrent dans une liste de 'todo', et la seule hiérarchie dans ce monde, c'est la priorité des todo. Et on est heureux de les résoudre, car ainsi le système marche mieux.
Il marche mieux car il n'y a pas de disjonction entre les industries et les conséquences qu'elles engendrent, puisque c'est ce même système qui en est responsable.

Ce que j'explique mine de rien c'est que dans un monde où on part du principe qu'on doit se forger les outils de son amélioration, les relations inter-humaines changent du tout au tout. Il n'est plus question de suspecter chacun de prime abord de vouloir tirer un profit personnel dans tout ce qu'il dit et fait, tel que c'est le cas chez nous. On clame le contraire mais c'est faux.
Dans une démarche coopérative, les fruits obtenus sont un paiement plus que suffisant.

En résumé on peut schématiser en disant qu'il faudrait permuter de 90° nos valeurs, où se font face deux paradigmes, et où l'individuel et le collectif s'opposent comme le contrôle et la liberté, pour des valeurs où l'accomplissement (contrôle de soi) et le coopératif (sans relation de domination) s'impulsent mutuellement.

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Il y a un thème antécédent à ces questions, qui est ce à quoi le Système existant aujourd'hui est une réponse, et qui est Capital. Ok, j'entends déjà les histoires de castes au pouvoir etc...
En fait surtout il y a des problèmes de comptabilité liés à des problèmes dialectiques.

On paye pour l'utile.

Il y a tous ces problèmes dans cette simple phrase stupide. C'est d'une telle stupidité !!!
Qu'est-ce qui est utile ? Comment on le mesure ?
On paye avec quoi, en rapport à quoi, combien pourquoi et qui ? On paye pas les arbres ? Non ? C'est un peu truqué ce jeu !

Bien qu'aucune réponse ne soit possible à cette échelle grandiose de la généralité, c'est là-dessus que s'est bâtit le système du commerce.
C'était une mauvaise idée.
Enfin en même temps pas beaucoup de monde ne s'est senti l'âme du héros historique qui allait réfléchir à ce problème pendant une seconde.

Si on conçoit un système de répartition équitable des biens et services, où chacun profite du meilleur existant sans discrimination, où le but est l'épanouissement, où les robots cultivent et plantent (votre droide perso est votre médecin, conseiller, collaborateur, fait les courses et le ménage), c'est super mais à la base il faut résoudre un problème comptable : qu'est-ce qui appartient à l'échelle individuelle ou a l'échelle collective ?

On ne peut quand même pas continuer à comptabiliser des immeubles ou des investissements en équivalence d'un nombre de tomates, ça n'a rien à voir.
Je veux dire : l'argent et l'investissement sont incompatibles, car l'argent est liquide, tandis que l'investissement demande à être amorti, ce qui génère une comptabilité un peu folle.

Dans la production et les grands projets de société, la science, et même l'éducation l'utilité est juste "utilité publique". Ce n'est pas comptabilisé, ou compté en tomates, juste déclaré ainsi. C'est tout.
C'est ainsi que devraient être comptabilisés les biens communs, non en argent (en tomates) mais en utilité.

Ainsi l'utilité est relative.
Ce n'est pas l'argent qui devrait être l'objet d'une bourse mais l'utilité, qui devrait être possible à faire évaluer par un algorithme. (en tenant compte de plus de paramètres que ne le peut le faire un humain).
Si elle pouvait être évaluée, l'utilité serait une monnaie très significative.
Si on veut connaître la valeur d'une chose, demandez-vous son utilité.

Mais si vous ne voyez aucune utilité à ce chef d'oeuvre, ne vous croyez pas en mesure de l'estimer à sa juste valeur.
Ce n'est pas une personne mais l'histoire qui juge de l'utilité. La valeur doit s'indexer sur l'Histoire.

A cause de ces failles linguistiques la société débouche sur un questionnement du type "quelle est l'utilité des vieux ?". J'ai entendu une folle leur demander de se piquer, dans un pays du nord, pour pas trop coûter à leurs proches. Sympa comme société humaine. Il y a bien un moment où l'objectivité contraint d'admettre qu'il y a un problème.

On ne sait pas toujours répondre à des questions aussi puissantes et transcendantes (tant aimées des tortionnaires hyperactifs), mais ça fait aussi partie d'une mauvaise éducation, que de ne pas savoir rester dans l'indécis. C'est pourtant quand l'esprit flotte qu'il se sent libre, notamment d'avoir de nouvelles idées.

Si on ne se sent pas libres, c'est quand qu'on est frustrés de ne pas faire ce qu'on se sent devoir faire.
Souvent les gens se disent débordés, mais emplis de vide serait le mot. Peu à peu on peut perdre le fil de son identité, et buter sur des mots creux.

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