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L'ordre des choses

(brouillon)

Ordre, ordonné, ordonnancement... c'est un terme qui est assez flasque mais dont nous avons beaucoup besoin.

Quand on entend : "sautez, c'est un ordre !" (sautez ou autre chose), alors, c'est le moment de faire stop et d'analyser ce terme patiemment : qu'est-ce qu'un ordre ?
Le mieux (pour cette discussion) c'est d'avoir en face de soi autre chose qu'un gars qui a l'air pressé. C'est très important de mesurer la fréquence cardiaque dans ces cas-là, elle définit le cadre de ce qui est dit. Il rétrécit au fur et à mesure que les battements augmentent.

L'ordre, dans un plan de bataille, ce sont des lignes directrices qui peuvent influer les unes sur les autres, et qui dessinent la direction à suivre. On estime que le Général a une vue d'ensemble assez complexe et aussi (et surtout) qu'il a un plan. Son job consiste à mesurer le différentiel entre son plan et le déroulement effectif des événements sur le terrain. Son génie consiste à rattraper une situation. On dira s'il n'a pas cette tension intérieure, qu'il divague, qu'il est délirant.

(n'est-ce pas instructif de comparer cela à la marche forcée de l'humanité vers sa destruction, ne suivant aucune direction et incapable d'estimer où elle va ?)

Ainsi j'imaginais que quand on entendais de sa voie intérieure l'interjection "c'est un ordre" (pensé avec un battement cardiaque bas et régulier) cela signifiait toute une constellation de sens donnés aux choses de la vie... qui s'orienteraient en un vaste élan de lumière... où il faut faire preuve de foi et de courage, le genre de courage qui consiste à croire en soi, et en ce qu'on s'est dits.

C'est cela un Ordre !

Par rapport au petit chef qui crie "c'est un ordre !", on comprend qu'il fait usage d'une idée grandiose de façon ridicule, dans un but indiscutable, non parce que trop magnifique, mais plutôt parce qu'indicible...

Des fois le langage laisse faire des écarts spectaculaires aux mots (et pour s'en rendre compte il faut parfois des années...).

La langue française a un velouté rebondissant qui fait croire que les mots qu'on entend vienne de nous-mêmes. C'est la langue de l'Esprit !
Ce n'est pas le cas de l'anglais qui est sarcastique, en réduisant les choses à leur identification la plus insignifiante.
(et je pense que l'hébreu, langue Golem, interdit toute émotion humaine.)

C'est tout un état d'esprit qui appartient à un passé inconséquent que de vouloir utiliser la force des mots, ou toute chose, quitte à les dégrader plutôt que de s'en investir et peut-être, les magnifier.

Et soudain une société dictatoriale se dresse contre ses sujets en lui assénant que l'Ordre signifie pour eux une requête à laquelle ils ne peuvent se soustraire, sans résilier d'office le contrat qui les lie à ladite Société Humaine.
Qui est, en fait, plus comme une société commerciale.
Enfin c'est clair que c'est ce que ça veut devenir.

- J'aimerais qu'on puisse voir dans l'Ordre (en tant qu'habitant d'une Société Humaine) ce qui aura été (méticuleusement) établit comme étant le plus intelligent à faire, par des gens (brillants) désireux de mettre leur compétence au service du Bien Commun.
Parce que dans la vie s'il y a bien une chose qu'on aimer respecter, c'est l'intelligence.

On voudrait peut-être, en cet ère trouble, que l'ensemble des gens deviennent tous des politiciens mais ils veulent surtout vivre libre, et sur un socle de problèmes résolus, auxquels ils participent activement (et avec joie).
Mais en fait simplement c'est que les paravents d'intelligence de la politique, qui sont sensés nourrir les dîners, peuvent facilement être démontés par n'importe qui. C'est cela la nuance fatale.

La question du rôle de la politique est de savoir qui s'occupe du bien commun ?
La réponse du libéralisme a été de décentraliser le pouvoir (il y a cent ans), mais en fait après il s'est re-fusionné "de l'autre côté". Mais l'idée de décentraliser reste bonne.
Et n'oublions pas que l'idée de départ était de savoir comment gérer la complexité, et que entre temps l'informatique est apparu. Juste au moment où le pouvoir était en train de se recentraliser.
Il en résulte qu'il n'est plus utile ni de centraliser, ni de posséder. (Pas de bol).

Avant d'en arriver à la frôler l'idée selon laquelle il y aurait des mini-états qui jouent des rôles étatiques limités dans certains domaines, liés à la juste répartition et une optimale coordination, on peut rappeler que ce dont nous avons le plus besoin aujourd'hui c'est seulement d'un État.

(On sait qu'il n'a plus besoin d'être défini par ses frontières, donc ça peut être une confédération.)

- Les industries des biens les plus courants devraient être largement nationalisés.
- Les industrie des biens communs devraient l'être à 50%.
- Le domaine public devrait proposer une "propriété publique" consistant à posséder des espaces de plus en plus nombreux, dont jouissent les citoyens, et affectés à ceux qui s'en occupent le mieux.

Cela, ce serait "normal", bien plus normal, normé, logique raisonnable et "ordonné", que la folle utopie qu'on vit aujourd'hui où 1% des gens possèdent 50% de la planète ! ça c'est le rêve d'un fou !

- Alors voilà comment peut se structurer un modèle de Système qui associer les plus grandes composantes des deux facteurs les plus importants, que sont :

- la production
- la monnaie

La production a ceci de particulier que plus elle est vitale et plus elle doit appartenir au peuple ; ceci afin de garantir :

- sa pérennité
- sa veille technologique
- l'équité de sa distribution

La monnaie a ce problème d'être unidimensionnelle, de confondra valeur humaine et matières premières, ou même des services, ce qui fait qu'un enfant coûte 1000 dollars et qu'une opération médicale vitale 250 000 dollars.

C'est totalement aberrant (assez sidérant), il faut juste découpler la monnaie du cycle des achats courants d'un côté, et celle des investissements de l'autre (qui eux, s'amortissent).

Comme ça déjà on a deux circuits :

- les Moyens (de production)
- les Droits (des habitants)

Les moyens :

Les grands projets et chantiers, la recherche, tout ce qui concerne le long terme, inclus l'éducation et la médecine, n'ont aucun besoin d'être comptabilisés en nombre de tomates. Ils doivent relever d'un circuit monétaire dissocié de celui des tomates, et pensé en terme d'amortissement sur le long terme. Les fluctuations de ce circuit seront ainsi grandement plus prévisibles.

Dans ce circuit tous les échanges se font à prix coûtant, car on a besoin de mesurer la valeur réelles des choses, si on veut les gérer.
Dès qu'il s'agit du long terme, il faut une monnaie fiable et stable. Et en l'absence d'outil adéquat, autant l'exprimer directement en nature (des listes des biens et services - qui peuvent former des packs), et que je nomme "les Moyens".

Car en réalité les moyens doivent toujours correspondre aux besoins des producteurs, simplement parce que ces besoins sont identifiés par l'état lui-même. En effet c'est lui qui reçoit 100% d'impôts (en quelque sorte) sur tout ce que les citoyens dépensent. Aussi il sait très bien où en est "la demande".

D'autant plus que son rôle régulateur consistera à "envoyer de l'énergie" aux activités (jugées) les plus Utiles.
L'intérêt évidemment, c'est que ce soit le consommateur qui se positionne comme "grand patron" de l'activité industrielle, et par ses votes, il ouvre ou ferme des activités.

Et de l'autre côté l'argent citoyen reste dans le cycle des produits courants.
Il fonctionne comme notre argent courant, sonnant et trébuchant.

En découplant deux circuits monétaires, un à long terme et un à court terme, le premier pour les industries étatiques et le second pour les activités commerciales, in intercale un cerveau entre "l'offre" et "la demande".
Au début on s'imaginait qu'ils allaient s'équilibrer tout seuls mais en fait il n'y a aucun contrôle à grande échelle.

De cette manière aussi, l'industrie n'a aucune emprise sur les humains, étant donné que si elle a droit à des moyens énormes d'un côté, elle ne peut pas s'écarter du rôle qui lui a été confié, à moins de repasser par les étapes constitutives d'une activé.

Le but (de tout cela) c'est de faire que les activités humains soient soutenues pour ce qu'elle sont, leur qualité, le bien qu'elle génèrent, sans pour autant, systématiquement, et bêtement, conditionner cela par la quantité d'argent-Moyens qu'elle rapporte.
Faire cela c'est comme refuser d'écouter un poème tant qu'on n'a pas la preuve qu'il est joli. Je veux dire que la majorité de ce que les humains veulent faire est filtré à 99% par "ce que ça rapporte". Et on se retrouve dans un monde où il est presque interdit de subvenir à un mendiant.

Or, entre tout le chômage, et tout ce qu'il y a à faire comme travail, sur le plan écologique, biologique, l'éducation, etc... il apparaît clairement que le but d'un Système est de rendre possible ce que les humains veulent faire !

De leur côté, les humains sont rémunérés en Droits parce que cette notion est indépendante des valeurs. Elle dépend des quantités et de ce qui est possible, mais pas de notions intangibles et sans aucun rapport comme "la richesse individuelle".
(Car évidement tout malade doit être soigné de la meilleure manière possible).

Les Droits peuvent être exprimés sur plusieurs plans :
-- les droits inaliénables (manger, dormir)
-- les droits courants (les revenus par exemple)
-- les droits exceptionnels (débloqués automatiquement)

Le travail est rémunéré par une telle sorte de "caisse", ce sont des Droits qui portent sur l'ensemble des biens de consommation, dans une quantité qui dépend de la valeur de chacun (logique), tandis que l'activité de l'entreprise ne dépend qu'au second degrés du premier rouage.

En effet, de nombreux secteurs n'ont pas vocation à souffrir des variations économiques du moment, au contraire même c'est dans ces périodes qu'elles doivent rester solides.

Un peu comme on distingue les consommables (qui se paient cache) des machines (qui doivent être amorties), ces secteurs doivent bénéficier d'un décrochage du circuit financer, et avoir leur propre circuit de subsistance.

C'est pourquoi elle n'obtient que des moyens (en tant que personne morale), là où l'individu lui, perçoit des "Droits".

Il faut affecter à chaque secteur un niveau de responsabilité publique.
Pour les secteurs vitaux, la responsabilité publique est maximale. Aussi ça revient strictement à "nationaliser" ces secteurs. C'est une urgence tellement évidente...