Un devoir d'évolution

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Définition de l'évolution

Du sensible au formel, se cristallise une structure faite de chemins et de détours plus ou moins longs et complexes, évidents ou fracturés.
Il faut oublier le concept de ligne droite qui occulte la richesse d'une évolution (ou tétanise une pensée tout le long d'un changement de paradigme, opéré naturellement par le temps). ou encore qui fait régner une opinion surfaite sur toute une personne... (là c'est grave)

C'est (pour donner une image) l'angle prit dans le foetus du sensible qui donne l'orientation (détermine la configuration) de toute la structure qui permet de joindre le réel, le "ce qui est fait". Cela tient compte, évidemment, de ce qui peut être fait, et c'est cela qui oriente la structuration du Système, rétroactivement.

Et évidemment ce schéma se reproduit de façon fractale, pas linéaire, en partant de branches à explorer. C'est cela qui confère sa malléabilité à l'ensemble de la structure, car certaines parties sont plus fragiles.

Ainsi plutôt que de visualiser une succession croissante d'événements qui s'accumulent (chose vraie dans l'idéal, le schématique), il faut aussi voir qu'elles s'interconnectent, peuvent s'interconnecter de différentes manières, et que l'évolution peut devoir se faire de façon latérale, si on doit changer l'angle d'un des facteurs initiaux d'une situation jugée impossible. Parfois même c'est au cours d'une action inoffensive que soudain on redéfinit des facteurs initiaux, sur lesquels se sont greffés des processus, obligeant à tous les réviser en pensant à ce nouvel acquit.

Il y a aussi des schémas où un problème en soulevant un autre, on accumule au long de cette chaîne de problèmes insolubles les informations qui font voir un dénominateur commun, disant la réforme nécessaire pour éviter le problème initial (par exemple).
Il est cependant plus commun de résoudre le dernier problème puis de remonter aux précédents, tout en se trouvant obligé de faire de nombreuses vérifications sur la validité des fonctions environnantes, avant de revenir au problème initial, qui se résout presque tout seul.
Normalement le schéma (idéal) attendu est qu'en résolvant le n-ième sous-problème toute la chaîne s'allume comme une guirlande de noël. Cela arrive des fois...

Le devoir (et les devoirs)

Ben, tout ça procède de l'essence de la vie, de la raison d'être, de notre place dans l'univers.
La raison de le faire est assez évidente, on ne fait que réagir à l'environnement, et en tant qu'humain on a l'avantage très pratique de le faire au sein de structures complexes, et même infiniment complexes.

Ainsi c'est tout un algorithme, notre connaissance du monde, qui filtre chaque perception pour en conditionner la réaction. Enfin en tous cas il peut le faire, mais ça demande un entraînement. L'entraînement lui-même est infini, il vaut mieux s'y prendre dès le début de sa vie.

L'intérêt d'une civilisation est qu'elle a consolidé des paquets invraisemblablement nombreux et puissants de procédures au sein de petites évidences sur lesquelles tout le monde s'accorde dès la naissance. Elles le sont aussi dans les fables, l'histoire, (le Système,) la culture, le milieu social, les lois, les obligations, et enfin et surtout les aspirations.

Chacune découle de la précédente et la pensée est d'autant plus limpide et consciente qu'elle cherche à joindre l'idéal.
Notez en passant que la loi découle du système. et du milieu social... enfin ceci est est faux mais un peu vrai. Cet exemple permet de voir que ma chaîne n'était pas exhaustive, et comment elles peuvent être complexes, si on se demande ce qui conditionne "la loi".

Elle est l'épicentre de toute civilisation.
Je veux dire sur tous les mondes, il y a des lois.

Mais avec cette étroitesse occidentale qui met des barres droites dans la tête des gens personne ne s'est figuré que la loi, bien qu'universellement indispensable, ne devait pas pour autant demeurer statique.

L'évolution de la loi

Alors vient enfin la question, quel est le moteur évolutif de la loi ?
(oui bon, dans la réalité ce n'est pas intéressant, ce sont des groupes égoïstes qui font pression en larguant des miettes époustouflantes)

Quand on se pose une telle question il faut penser en terme de potentiel et d'idéal, si on veut avoir une chance d'être dans le vrai, et que ça sonne juste.
(oui alors ça, pour que ça sonne juste, ils ont des spécialistes. mais pas pour que ce soit vrai.)

Et si on s'en réfère au fait que tout réseau est constitué de réseaux (toute unité est une configuration d'unités), alors on aimerait peut-être l'idée que la loi un objet complexe, modulaire, adaptatif, et même on peut se figurer, un jour peut-être, emprunte d'une intelligence artificielle.
Cette souplesse est ce qui permettrait de garder un contrôle sur la direction qu'elle fait suivre à la population.

Car aujourd'hui on observe bien que les réformes indispensables sont bien au-delà du cadre de compétence de la loi, du droit, de la justice. En clair rien n'oblige les industriels à arrêter le massacre, au contraire ils doivent continuer pour survivre. Il est quand même temps de consacrer quelques secondes à y réfléchir, même brièvement...

S'il n'y a pas (encore) de législation terrestre (à part les trucs internationaux) c'est parce que c'est un travail très difficile et périlleux.
Et puis c'est certain qu'avec leur barre dans la tête ce serait sûrement catastrophique.

Je tiens beaucoup à l'idée des lois adaptatives.
Déjà on pourrait faire un business en vendant à l'état un "conseil d'accompagnement au changement" (non je rigole), je veux dire une procédure qui permet de rendre linéaires les paliers. Il y a des paliers partout, pour la gravité d'une faute, pour les impôts, les tranches horaires, etc... et ceci date quand même de l'époque romaine, on peut faire beaucoup mieux. Et en plus, s'épargner des maux de crânes.

Et donc pour leur vendre ce business, il suffit de trouver un politicien assez intelligent pour accepter une petite valise de billets en échange de son dévouement envers la cause universellement indispensable qui consiste à "réévaluer la législation à l'ère de l'informatique".

Et puis une fois ceci fait, on peut être payés au jour le jour, régler ses dettes en jouant sur une courbe à moyen terme, et plein de sorte d'outils amusants destinés à améliorer la vie des gens.

Enfin bon, je dis cela sans y croire, après avoir vu Nicolas Hulot il y a moins d'une heure, fervent défenseur "presque à 100% d'accord" avec l'idée de "Changeons le Système, pas le climat".. et dont le discours ne peut s'ancrer dans la malheureuse réalité qu'avec des chiffres en dollars et une (préalable) Taxe sur les transactions financières", qui pourrait nous dépanner dans l'instant pour sortir de l'ornière.

Enfin, lui il la présente comme l'aboutissement final de l'idéal utopique rêvé (et les gens lui rien au nez).
C'est assez déprimant en fait.

Il faut aller beaucoup plus loin.

Un devoir d'évolution

C'est très énervant d'entendre les choses estimées en dollars (les surfaces en nombre de terrains de foot), alors que l'effort mental à faire est si minuscule pour plutôt comptabiliser les choses elles-mêmes.

Tantôt l'argent se réfère à des heures de travail, d'un degrés d'expertise, tantôt d'une dette, de richesses naturelles, et enfin et surtout, de Droits humains. C'est là que ça devient franchement gênant.
(Personne n'ose la sentence "il faudrait "tant" pour respecter les Droits de l'Homme".)

Alors comme ça il faut payer "tant" pour sauver la vie des pauvres.
Voilà, c'est clair. Avec leurs conneries de tout polluer, saccager, raser, éradiquer, noyer, piétiner et pire encore, de tout réfuter, ils avaient raison de s'en foutre parce que au final et selon toute évidence, ce sera aux gens de payer, de trimer pour arranger cela, à long terme et avec constance. Tout simplement parce que dans la réalité ce n'est pas l'argent qui peut le faire, mais la main des gens. Et ils le savaient très bien, les profiteurs, que leur crime était si irréparable qu'ils n'en seraient jamais punis dans sa juste proportion, puisqu'il faut des siècles pour le faire. Alors ils rigolent, ha ha ha ils se gaussent. Et lâchent un billet pour que tu te taises.

Les dégâts sont commis, les crimes sont consommés, tout est brûlé, et à la télé (il nous semble que) on nous fait croire que c'est à coup de dollars qu'on va résoudre les problèmes.

Mais quand donc les gens commenceront-ils à regarder les choses réelles ?
Quand on parle de revenu de vie, on ne parle même pas de ce à quoi est sensé servir cet argent, dont le montant est indexé sur des trucs. Est-on obligés de l'envoyer dans les rouages des industries nocives ?
Euh oui en fait puisqu'on n'a pas le choix, il n'y a que cela.

Moi ça me gêne quand ils prélèvent du pétrole dans la terre et que ça ait tellement plus de valeur en argent que le travail des hommes qui ont permit de le faire.
Finalement ce n'est pas une opération coûteuse. C'est quand même trop facile, de n'avoir qu'à se servir dans la terre pour être plus riche que tout le monde !

Et en même temps, c'est vrai, simplement il manque un élément de structuration, une raison : qu'est-ce qui détermine l'identité de celui qui en profite ? A quoi cela sert-il ? Il n'y a rien à ce niveau-là, il n'y a pas "de Système", en fait. C'est la jungle, le chaos, le stochastique, le hasard quoi. Ce n'est pas régit par une loi ou une pensée, ou même pas par une critique. C'est juste "comme ça".
Ben voyons. N'est-ce pas possible de dire dire la phrase "soyons tous égaux", et puis dans l'élan "partageons les richesses".
Ceux qui feront cela auront la main sur le meilleur business de l'univers.

-aparté temporel- En ce moment ils s'amusent même à casser les prix du pétrole pour faire plier Poutine, qui fait d'autant baisser le rouble pour mieux profiter de l'ensemble de tous les autres business que le pétrole... enfin bref ils jouent à la gueguerre dans un enclos fermé, alors qu'au dehors de ce bocal infernal les gens crient que les richesses ne sont pas illimitées ! Que ce qu'ils prennent d'un côté ils le perdent de l'autre ! Qu'on a autre chose à faire que de s'enguirlander comme des gamins inconséquents. Enfin bref, peut-être que c'est pour le spectacle.
-/aparté temporel- Pour en revenir au fulminant essentiel, on trouve de la richesse dans la nature, l'argent pousse aux arbres (pourtant on m'avait toujours dit le contraire), une guerre produit de l'audimat qui permet de vendre de la pub qui permet à l'état de recevoir des taxes pour alimenter cette guerre, l'argent est créé on ne sait pas comment, et en tous cas il manque toujours là où on en a besoin.

Bref, il y a un problème, grave. On ne peut pas évaluer avec un même outil (linéaire) la labeur, l'instruction, la santé, le progrès, les richesses naturelles, l'urbanisme, etc...
Surtout que dans la moitié des cas ces secteurs fondamentaux n'ont pas vocation produire de l'argent, ça c'est aux banques de le faire. Or dans ce système c'est ce qu'on en attend, alors ça retombe sur les gens qui doivent payer, et se regardent en se demandant s'ils ont autant de droits que les autres. Même dans une entreprise on sait pas combien les autres sont payés. Car au final, comme je le radote, l'argent c'est le droit, et quand parle d'inégalités, on voit bien que c'est une injustice que certains puissent avoir, sans en avoir besoin, ce qui pour d'autres est vital. (Hallucinant n'est-ce pas ?).

Et à une plus grande échelle, que tant de gens soient sans emploi alors qu'il y a tant de chantiers à mener, de gens à sauver, et tant de bien à faire.

C'est pourquoi je suis venu jusqu'ici en passant pas une description du concept de "la loi". Elle même souffre du même manque de discernement dans sa définition que le globuleux "argent". Elle doit recouvrir la constitution, des droits de l'homme, les règles civiles et pénales (pourquoi sont-elles forcément exprimées en argent ??? Les pollueurs devraient être condamnés à la Pelle -lol). La loi doit aussi être l'endroit où se décident des principes très profondément systémiques. Et d'ailleurs elle en a déjà le pouvoir.

Mais surtout et enfin, en tant qu'instituions, elle doit être vivante, malléable, de façon à garder un contrôle ce les tournures que peuvent prendre l'histoire.
Car comme j'ai essayé de le schématiser au début, parfois il suffit d'une simple quoi que glaciale acception à un terme populaire pour changer le cours de l'histoire. (ça se passe en permanence en fait).

Ainsi est-il temps de formaliser ce dont nous parlons sans jamais en parler, car exprimé par la seule et misérablement seule manière qu'on aie de le faire.
Le concept de l'argent procède d'une collusion des moyens et des Droits.
Or justement, ai-je envie de dire, faire que ces deux choses coïncident relève d'un exploit digne du lancement d'une fusée.

C'est cela, le rôle d'un système. C'est quand il produit ce résultat qu'on peut dire que c'est un bon système.

Et c'est pas compliqué à imaginer, il faut relier les moyens avec les droits.
Par contre (il est prévisible, et c'est ça qui assomme les gens) que ce sera compliqué à élaborer, difficile à architecturer, qu'il va falloir s'y reprendre à plusieurs fois, repenser les choses au gré des nouvelles certifications, etc etc...

Mais au fond c'est clair, on ne devrait pas demander
- "un revenu de vie" mais "la simple application de nos droits".
- de ne pas polluer, mais de pondérer les moyens offerts à une industrie en fonction de ses résultats, évalués objectivement.
- aux gens des dons humanitaires, mais aux états d'ordonner ses priorités du plus urgent au moins urgent, et de présenter son graphique et son étude de la question.
- à contrôler l'inflation (qui ne doit pas diminuer ou trop vite augmenter), mais plutôt à penser en terme d'efficacité et générer des chaînes qui fonctionnent "à prix coûtant", de sorte que, car finalement c'est tout ce qu'on veut savoir, peut importe "le prix" des produits si ils ne sont pas un prétexte pour générer une richesse intermédiaire sur le dos de ceux qui ne peuvent pas faire autrement que de les consommer.

Parce que ça quand même c'est du chantage, et c'est de ce système dont nous parlons.
Et du coup ça effraie que des gens veuillent le sauver.

Des fois il vaut plutôt mieux penser aux grandes et belles choses.