10 - Le double encéphale de l'humanité

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Le3 de la lune de Zilcadé

Usbek à Rhedi

Israël présente aux expérimentateurs les plus avertis des mésaventures de l'encéphale biphasé de notre espèce les désastres les plus exemplaires dans lesquels les peuples peuvent se précipiter . Apprends donc comment le peuple des prophètes est devenu le meilleur, le plus éloquent et le plus tragique des laboratoires, celui qui permet aux simianthropologues de Paris de scanner la condition à jamais dichotomique des semi évadés du règne animal.

Sache donc qu'il n'est pas de science de notre espèce qui progresse davantage et plus rapidement en ce moment en France que l'anthropologie politique , tellement le naufrage des humanités auquel la folie et l'ignorance de tous les peuples de la terre a fait pousser comme des champignons une foule d'énigmes nouvelles à résoudre. Car si Israël s'étend en ce moment à grandes enjambées sur la terre et dans le ciel de sa divinité; si Israël offre désormais à tout l'univers le spectacle d'un grossissement accéléré de son encéphale biphasé ; si Israël se répand conjointement par la force de ses armes et par la pieuse écoute de ses prophètes, tu n'imagines pas dans quel abîme de l'ignorance, de l'inexpérience et de la sottise la science politique des petits fils de Montesquieu était tombée . Comme ils avaient oublié que toutes les nations de la terre sont élues par l'encéphale onirique qu'elles se sont donné et qui les prend ensuite en otages, ils se trouvaient bien empêchés d'observer la boîte osseuse de l'Europe et la manière dont elle s'était scindée. Elle se trouve désormais exposée comme jamais sur l'autel de l'histoire universelle .

Vois donc à quel prix le monde entier reconnaît à Israël la légitimité de son Etat dans l'ordre temporel ; vois à quel prix toutes les nations demandent, le cœur sur la main aux occupants anciens de la Galilée et de la Samarie de faire place nette aux derniers arrivants et de leur reconnaître le rang de souverains naturels ; et observe, dans le même temps, de quelle façon le cerveau séraphique du monde entier reconnaît aux Palestiniens le droit tout verbifique, d'occuper la terre de leurs ancêtres et de vénérer la divinité nouvelle qu'ils se sont forgée entre temps . Pourquoi ces deux voltages de la terre et du ciel, sinon parce que le cerveau du simianthrope d'aujourd'hui se trouve encore branché en tous lieux sur le même ampérage biphasé que celui du fameux peuple juif que les savants de Paris ont mis en observation dans un titanesque laboratoire de la science anthropologique de demain - celui qu'une bévue politique des fils ignorants du XVIIIe siècle a construit en Judée et en Galilée?

Que s'est-il passé le 29 novembre 1947 ? Une assemblée générale des cerveaux bipolaires de toutes les nations de la terre a déclaré qu'elle " recommandait " la création d'un Etat schizoïde dans cette région du globe. Mais comment faire naître Athéna du cerveau de Zeus s'il n'y a plus d'Hercule pour fendre d'un coup de hache le crâne du dieu? Il fallait s'avouer qu'aucune autorité juridique ou religieuse de la planète ne dispose du pouvoir célestiforme d'enfanter une nation nantie de sa terre et de son ciel, parce que, de tout temps, le droit international public se contente de constater la présence sur le globe terrestre d'un Etat armé de pied en cap et d'en prendre acte.

Pourquoi le crâne de notre espèce souffre-t-il de cette dichotomie, sinon parce qu'il est peuplé d'idéalités oniriques, donc vaporeuses, ce qui le condamne à proclamer qu'un peuple ne prend jamais qu'unilatéralement la décision de se constituer en un Etat , soit qu'il habite une terre depuis longtemps et qu'il a réussi à ensevelir la mémoire de ses prédécesseurs, soit pour le motif qu'il l'a conquise les armes à la main et qu'il impose sa loi aux vaincus. Puisque la force ou un long usage font le droit, l'Assemblée générale des nations unies du 29 novembre 1947 a pris acte de son impuissance à enfanter le personnage qu'on appelle un Etat et s'est contentée de formuler une recommandation privée de toute puissance exécutoire, donc dépourvue par nature de validité en droit international , puisque, depuis les Romains, une décision non exécutoire n'est pas qualifiée de juridique et ne ressortit pas à la science des lois.

12 avril 2007
perso.orange.fr