La berlue du but lucratif

141024 7 min  Système
Entreprise à but définis

La monnaie est surtout un élément de la dialectique.
L'activité commerciale est une justification suffisante pour expliquer des actes néfastes. On peut penser au fait que ebola.com ait été vendu 100 000 dollars pour illustrer ce propos : le but étant commercial, cela semble interdire que le but était autre. En l'occurrence (pas de conspiration), le but a été de freiner l'ouverture d'un site.
Il y a toujours un but derrière les apparences...

En fait souvent il est involontaire mais ça importe peu, si il est plus important que le but financier. On peut étendre cela à un autre exemple, où on se demande quel est le but des multinationales. J'ai vu que trois quart des entreprises du Cac40 sont en prise avec des affaires touchant les Droits de l'Homme.
On sait bien, car on l'a bien compris, que plus les entreprises grossissent et plus elles sont néfastes. En fait le libéralisme nous condamne à rester des petits villages distants. Il empêche même rigoureusement tout ce qui nuirait à lui-même, comme le progrès, et la paix.
Ce sont ceux qui jouissent (physiquement et moralement) de leur sentiment de supériorité qui font cela.

Ce qui importe est de comptabiliser les effets générés par une activité et de les comprendre comme étant des buts sciemment poursuivis par les entreprises. C'est légitime de penser ainsi car ces effets néfastes sont connus et pourtant ils ne semblent pas rivaliser avec les buts financiers.

C'est alors qu'on se pose la question de ce à quoi sert la finance, qui, dans son imaginaire, se figure qu'elle sert à créer de l'activité.

En fait l'activité grouille d'envie d'être créée mais elle est freinée et triée, avalisée par la finance.
Le problème au départ c'est que dans une société topique (fictive pour l'exemple) où chaque individu serait sa propre entreprise (c'est un rêve absurde mais récurrent) le malade ne peut être médecin, le médecin ne peut fabriquer ses outils, et personne n'a besoin "personnellement" de matières premières à grande échelle.

Chaque acteur est interdépendant et surtout les chantiers peuvent concerner diverses échelles de mesure. Le problème est de lier un fabriquant à grande échelle avec un consommateur unitaire, en s'interrogeant sur la part de l'entreprise dont l'utilisateur est responsable. En fait en tant que consommateur, c'est complètement de sa faute tout ce qui arrive dans le monde, les guerres, la déforestation, puisqu'il consomme tout ce qu'on lui vend, comme un imbécile.

Du point de vue de la loi (qui est du côté de la dialectique), l'activité criminelle est justifiée par les revenus engendrés.
Personne ne se demande si le fait d'engendrer de l'argent n'aurait pas mieux fait de servir notamment à réduire ces effets néfastes, par exemple.
Et évidemment, cette "recherche et développement" aurait le droit de sortir du cadre étroit du bénéfice financier de l'entreprise.

L'entreprise est liée au monde de nombreuses manière, elle engendre des catastrophes, mais on l'a bien compris, uniquement par ricochet et sans responsabilité légale démontrée, alors pourtant que cela tombe sous le sens.
Pour la démontrer il faut dessiner le schéma des dépendances. Ce schéma montrera évidemment qu'au début et à la fin de la chaîne de vie d'un produit, il n'appartient plus à personne, et au milieu à l'entreprise (c'est à ce moment que se font les bénéfs).

Personne ne se demande comment générer du "bénéf" en faisant de belles choses pour la nature, par exemple.
(c'est un marché de niche)

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Le fait est qu'il suffit d'observer les conséquences réelles de l'activité industrielle et de les placer comme s'il étaient désirés, et d'évaluer le "bénéf" que cela représente (il va être négatif).

Il manque selon toute évidence encore beaucoup d'outils d'évaluation du réel pour concevoir ensuite un système d'échanges qui soit capable de prendre en compte différentes échelles de mesures simultanément.

Pourtant, on peut déjà tirer une leçon inévitable d'un tel Système, qui est que les activités, industrielles ou artisanales, devraient distinctement avoir un but poursuivi et mesuré, et d'autre par des moyens proportionnés et justifiés, par les buts déjà obtenus auparavant.

C'est à dire que l'entreprise doit devenir un centre de contrôle et d'agrégation d'acteurs mis ensemble en réseau. Autour d'elle, il doit y avoir des comités périphériques qui partagent les moyens mais pas les buts.

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Cela devrait fonctionner comme cela de façon formalisée.
Il devrait apparaître comme flagrant qu'on ne peut pas déforester une forêt pour des buts aussi minables que ceux poursuivis actuellement.

Cette formulation est intéressante car c'est pareil, par exemple, pour l'expérimentation animale. Ceux qui gerbent leur (légitime) écœurement ne trouvent plus aucun atome crochu avec la réalité, qui est plus composite. Littéralement cela veut dire que les buts doivent être supérieurs aux moyens, mais surtout ça veut dire que nous devons faire une sorte d'opération mathématique avec deux objets parfaitement incompatibles (car sinon c'est du sophisme que de les placer sur une même échelle de mesure).

Les buts et les moyens ont parfaitement le droit de n'être pas évidents à comprendre, compliqués, voire même carrément indéfinis (artistiques).
C'est difficile de les évaluer et de les sous-peser avec les moyens dont ils ont besoin.
Ces moyens sont eux aussi sur plusieurs échelles, les moyens matériels s'additionnent aux moyens humains dont ils découlent pourtant (ça fait un bel algorithme).

Ce schéma est très correct, car il rappelle comment un électron peut être utilisé deux fois pour que deux atomes y trouvent simultanément leur compte en charge électrique.
Dans ce cas l'énergie humaine engendre l'outil, qui ajouté à l'énergie humaine engendre l'objet.

Et ainsi de suite tout au long d'une chaîne de fabrication.
Puis l'énergie humaine fini par détruire l'objet le consommer ou le casser). L'objet final est avant tout la somme de l'énergie humaine.

C'est anormal que le prix final comptabilise confusément les moyens matériels et humains. Les deux devraient appartenir à des circuits différents. D'un côté les humains gèrent leur activité et de l'autre les biens matériels doivent avoir un cycle de fabrication et de recyclage pensé dans un but de pérennité.

Un bien devrait avoir deux valeurs, une matérielle et une humaine. De même, un non-bien peut avoir une valeur humaine.

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Enfin bref ceci n'était qu'une petite projection de comment les choses sont reliées au sein d'un système. C'est un système qui s'engendrera lui-même quand on aura mit la main dessus, et une des idées à explorer serait de lister les effets engendrés par l'industrie et de les mettre à leur compte... pour voir s'ils n'ont pas besoin de se voir administrés par un système moins injuste.

En disant à l'industrie "Voilà à quoi vous servez", on n'attend pas qu'un con de politicien de merde ait l'idée révolutionnaire de décréter que désormais les entreprises doivent avoir des buts identifiés et vérifiés (but alimentaire, but médical, d'éducation, etc...), et qui seraient évalués à la qualité des buts atteints par rapport à ceux poursuivis.

ça c'est l'idée qu'on attend surtout concernant l'alimentaire, que le but soit "alimentaire", donc comestible, donc bon pour la santé, et non pas que cet objectif ne soit qu'un vague paravent pour justifier le vrai but, sauvagement lucratif (et totalement inconséquent).

On peut dire par exemple à une entreprise qui embauche des femmes au Bangladesh, qui doivent dormir entassées sur des vieilles paillassent et se contenter de riz où il y a des vers, que c'est à donner cette vie à ces êtres humains, qu'elle sert.

Elle répondra que sans elle les choses seraient pire (il y a toujours pire), mais en réalité, et non pas dans la dialectique, les buts poursuivis ne peuvent pas piétiner d'autres buts plus nobles, comme le désir de vivre libre et en paix, et surtout dignement. Les buts doivent être superposables, car d'ailleurs la première couche des buts se trouve être "les Droits de l'Homme".

Elle dirait que ce n'est pas de sa faute, alors que si elle s'était organisée rationnellement en poursuivant des objectifs réalistes, ces femmes ne seraient pas en esclavage.
La berlue du but lucratif ne devrait pas occulter cela très longtemps.