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Deuxième discours de campagne d'un revenant qui aurait changé de tête

"Interroger les grands philosophes, c'est transformer les questions qu'on leur pose en instruments d'approfondissement de la connaissance du genre humain."
Jaspers

Avertissement
1 - La France ascensionnelle
2 - Chaînes, garrots et camisole de force
3 - Mon combat contre le dollar
4 - Les chefs d'Etat face au cerveau de la bête
5 - L'Europe du sépulcre vide
6 - La pesée du cerveau de l'humanité
Post scriptum

Avertissement

Que communique le second discours imaginaire d'un candidat qui aurait changé de tête, mais que le lecteur jugera néanmoins reconnaissable ? Rien moins que le secret du fonctionnement des mythes verbaux dans la tête de leurs vassaux. Le fidèle attribue aux mots-clés de sa croyance le rôle d'un moteur universel et souverain de l'histoire du monde réel. Le langage de la foi est un Pégase. Il traverse les airs et débarque en divers endroits de la terre, où il accomplit les prodiges attachés à tel ou tel de ses attributs.

C'est ainsi que Mme Mogherini ayant appris que M. Biden avait confié à la super élite cérébrale de son pays - les étudiants de Harvard - qu'il avait forcé les Européens à exercer des sanctions contre la Russie s'est exclamée, en dévote trompée : "Je suis très surprise, je croyais que nous étions en dialogue avec M. Biden".

Le fonctionnement de la piété est inscrit dans la psychophysiologie du simianthrope. On l'a vu à Chicago en 2012 (Honte à une Europe quadrillée de missiles américains - L'Europe et la France à la croisée des chemins , 24 juin 2014) où le verbe incarné s'était mis en bras de chemise au milieu des Etats européens pelotonnés autour de sa personne. On l'a vu à Genève en 2013, quand M. Fabius avait cru traiter des affaires de l'Iran d'égal à égal avec MM. Kerry et Lavrov pour se voir signifier son congé à l'heure des négociations entre les maîtres du jeu. On l'a vu en Syrie, où la petite canonnière française censée accompagner l'armada du géant s'est couverte de ridicule.

Mme Mogherini n'a pas lu les Mémoires de Mme Albright, Ministre des affaires étrangères du Président Clinton, qui écrit: "Au début de chaque cours, j'explique à mes étudiants que le but de la politique étrangère est de persuader les autres pays d'accepter ce que nous voulons. A cette fin, le président et son ou sa secrétaire d'Etat disposent de moyens allant du recours pur et simple à nos forces armées au travail patient du tissage diplomatique." (p. 22)

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Au cours de la mise en scène de son apparent examen de passage devant une Commission de l'Assemblée de Strasbourg censée en charge de valider ou d'invalider sa nomination à la tête de la diplomatie européenne, Mme Mogherini n'a pas prononcé un seul mot du véritable acteur de la pièce et de ses cinq cents places fortes incrustées dans toute l'Europe depuis soixante-dix ans. Le mythe démocratique auréolait toutes les têtes.

Une liberté réelle s'exprime toujours par l'exercice d'un pouvoir effectif, et ce pouvoir est toujours strictement proportionné au poids économique, politique et militaire de celui qui en brandit le totem. C'est pourquoi le Général de Gaulle avait purement et simplement brisé les ailes du mythe en renvoyant les troupes d'occupation américaines campées à Evreux. Si l'Europe ne dit pas tout simplement à M. Biden: "Que faites-vous là ? Qui vous autorise à vous présenter en ces lieux ? Les relations de la Russie avec l'Ukraine et avec nous ne vous regardent en rien. Nous ne sommes pas les esclaves de votre mythe de la Liberté."

Mais si vous relisez l'avertissement que j'ai mis en tête de mon texte du 27 septembre, vous verrez qu'il n'y a aucune chance, hélas, que les démocraties pieuses sécrètent une classe dirigeante qui briserait en plein vol le mythe de la Liberté auquel ils se sont ficelés.

1 - La France ascensionnelle

Depuis 2012, l'urne funèbre de la solitude m'a enseigné à forger mon action publique sur l'enclume d'un sacerdoce politique. Je me suis initié à la logique interne de l'histoire, je me suis exercé à l'ascèse de la pensée rationnelle. J'ignorais que, sans le secours d'une réflexion rigoureuse, l'homme d'Etat n'habitera jamais sa nation. Le 19 septembre, j'ai annoncé que je bouleverserai la sacristie qu'on appelle un parti majoritaire.

On me reprochera mon vocabulaire. On le croira emprunté à la théologie et étranger à la République. Mais, que voulez-vous, la laïcité se trouve entre les funérailles et le sépulcre. Sachez, mes amis que, si la vraie voix de la politique donne corps aux nations ascensionnelles et si la vraie voix des peuples n'est pas celle de leur mécanique administrative, je mettrai ma vocation au service de l'âme de la France - et mon activité de tâcheron des travaux et des jours de la bureaucratie d'Etat ne sera pas celle de ma haute mission. Car si cette civilisation en venait à stériliser la distinction d'autrefois entre le monde terrestre et le spirituel, la science politique y perdrait son ancrage dans une intemporalité féconde. Or, la vassalisation actuelle de l'Europe nous démontre qu'une politique privée d'élan ascensionnel tombe dans la bassesse dont le spectacle s'étale sous nos yeux.

2 - Chaînes, garrots et camisole de force

Vous ne saviez pas - et moi non plus - que la servitude de la France et de l'Europe iraient jusqu'à nous faire prendre les armes de la bêtise contre la patrie de Tolstoï et de Dostoïevski, vous ne saviez pas - et moi non plus - que nous irions à petit trot sur les traces du vaincu de 1812 en Russie, vous ne saviez pas - et moi non plus - que la servitude peut lancer au galop les croisés de la sottise sous le drapeau du mythe de la Liberté. Mais l'heure a sonné, pour la France, de se présenter en pédagogue de l'Europe de la raison; l'heure est venue pour la France, de forger la lance d'un peuple instruit des lois de la géopolitique.

Voyez ce qui manque à nos sorbonicoles : ils n'ont aucune connaissance de la rudesse de l'histoire, aucune science de l'arène des grandes puissances, aucune expérience des règles qui commandent l'expansion et le déclin des empires. L'Europe est devenue le nouveau centre de formation des sophistes et des scolastiques d'une religion de la Liberté - la pastorale qui leur fait admirer le nouveau mythe du salut par la "démocratie" nous renvoie aux sorbonagres du Moyen-Age.

Ne soyez pas les tard-venus de l'Europe d'une nouvelle Renaissance. En 2007, à peine étais-je élu à la Présidence de la République que je suis allé frapper aux portes des principales capitales d'un Vieux Continent américanisé afin de tenter de convaincre les grandes nations nées à l'école d'Athènes et de Rome de se soustraire entièrement et définitivement à la tutelle militaire qui les rassemble depuis quatre générations sous le drapeau de l'étranger. Mais c'est d'une voix dévote et la bouche en cÅ"ur que ces agonisants de leur souveraineté m'ont répondu: "Nous confions désormais et pour toujours notre défense aux armes de notre puissant et bienveillant protecteur."

J'ai tenté d'expliquer à ces enfants en bas âge qu'à ce compte, l'Europe des Sorbonnes ne retrouvera jamais son indépendance et qu'il serait d'un ridicule titanesque de seulement y songer, parce que la bureaucratie qu'un souverain étranger nous aura conduits à sécréter nous placera sous le heaume des cinq cents bases américaines qu'il a incrustées à jamais sur nos labours. Non seulement je n'ai pas été entendu à Berlin, à Rome, à Londres, à Madrid, mais j'ai découvert, à cette occasion - j'aurais dû le savoir depuis belle lurette - que la classe dirigeante de la démocratie mondiale a trouvé son ancrage définitif à mille lieues de toute connaissance réfléchie de l'histoire du monde et que cette oligarchie de cervelles scolarisées nous conduit tout droit au suicide sur la scène internationale.

Dès 2008, j'ai tenté de faire comprendre à Washington que la Russie exerce depuis longtemps et à bon droit l'influence traditionnelle d'une grande puissance sur deux petits voisins, l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie, qui sont moins éloignées du territoire de l'ex-empire des tsars que l'Amérique centrale ne l'est de Washington, ou l'Afrique du Nord de la France d'hier.

Puis j'ai signé avec M. Poutine une alliance stratégique entre la Russie et la France qui a fait grincer des dents au Capitole. J'ai également tenté de conduire à son terme l'Union des peuples riverains de la Méditerranée, mais chacun sait qu'Israël et Washington étaient aux aguets et qu'ils ont fait échouer ce projet. Sept ans plus tard, la livraison à Moscou de deux navires de guerre construits à Saint-Nazaire et dont M. Vladimir Poutine m'avait passé commande se révèlera une étape décisive, donc effrontée, de la course de l'Europe en direction de sa puissance d'autrefois, parce que la pesanteur de la présence politique et militaire des Etats-Unis de Dunkerque à l'Oural est devenue tellement dictatoriale qu'elle commence de faire comprendre aux grands et même aux petits élèves de l'OTAN la solidité des chaînes qui enserrent leurs chevilles, la rigidité des garrots qui les étranglent et la résistance aux déchirures des camisoles de force dont le tissu enveloppe le mythe de la Liberté.

3 - Mon combat contre le dollar

C'est en homme d'expérience, donc en habitué du théâtre des glaives que je vous mets en garde: sachez que si vous demeurez les spectateurs passifs et ficelés de la présence militaire de l'empire américain sur vos arpents, vous avez déjà quitté le temps de la guerre politique pour celui des rubans dorés de votre servitude.

Sachez également que l'empire romain aux quarante neuf faisceaux de notre temps ne dispose pas des mêmes armes que les légions d'autrefois, sachez également que les heures courent cent fois plus vite que sous Auguste ou Tibère, sachez également que le premier empire militaire qui ait jamais étendu au monde entier son réseau de camps retranchés est un géant aux articulations fragiles, sachez également que les ressources de son ossature sont appelées à s'épuiser rapidement, sachez également que les tonnes de dollars qui couronnent sa charpente lui font une tiare plus chancelante d'année en année.

Certes, si vous deviez traîner la patte et tituber dans votre sommeil, l'heure de vous colleter avec votre destin sera définitivement passée, parce que vous vous serez tellement asservis de l'intérieur que le monde réel cessera de se montrer capturable à vos prises. Alors, ce sera un jeu d'enfants de vous faire prendre des tâches subalternes pour des occupations dignes de vos Etats. Les domestiques s'agitent et étalent leurs parures. Vous en avez un avant-goût avec Mme Mogherini, qui voudrait que l'Europe des Machiavel au petit pied et des Talleyrand d'arrière-cuisine interdise à la Russie d'ouvrir un couloir vers sa province de Crimée.

Quel défilé de gâte-sauce et de saute-ruisseau que celui des candidats à un poste de commissaire au sein de la Commission de Bruxelles ! L'Anglais, M. Hill est un agent d'influence de la Shell. Il sera censé défendre les intérêts de l'Europe contre ceux de la City. Le Français, M. Moscovici, jouera l'hurluberlu de service dans la mascarade. L'Espagnol Miguel Arias Canete, autre agent pétrolier, jouera les burlesques grimés. Le Hongrois, Tibor Navracsics sera relativement neutralisé, la Slovène Alenka Bratusek également, parce qu'elle ne comprenait pas un mot aux questions qu'on lui posait, mais tout ce petit monde sera validé en vertu d'un acte secret de non-agression signé en coulisses par les fonctionnaires au service de Washington.

Comment le sauvetage de la pensée et de la culture de l'Europe serait-il confié à ce caravansérail? M. Juncker est trépassé avant de s'être seulement mis un instant à la barre. Les Etats seront-ils mieux lotis que les fantoches d'une Commission de figurants.

J'ai fait mes premières armes en solitaire sur la scène internationale. J'ai tenté de combattre la domination mondiale du dollar à l'heure du scandale des "subprimes". Mais le G20, dont Washington est parvenu d'emblée à exclure l'Espagne, a néanmoins et fort rapidement relégué au second rang le G5, fondé le 1er décembre 1974 par M. Giscard d'Estaing et élargi à la Russie en 1998. Aujourd'hui, seul le G20 présente une ossature de taille à combattre les accords de Bretton Woods de 1944, qui a placé avec une rapidité fulgurante le monde entier sous la domination de la monnaie américaine et qui a permis à Washington d'abolir purement et simplement l'étalon-or.

4 - Les chefs d'Etat face au cerveau de la bête

La question est maintenant de savoir si, cent vingt cinq ans seulement après la révolution de 1789, la connaissance, demeurée si tragiquement limitée, de la nature et de l'étendue de leurs nouveaux devoirs civiques dont disposent les peuples démocratiques actuels, si cette connaissance infirme, dis-je, de la géopolitique, se perpétuera jusqu'à la chute du Vieux Monde dans le gouffre de la servitude. Faudra-t-il attendre des décennies pour que l'information des corps électoraux quitte les bancs de l'école et s'élargisse à la planète? Car enfin, croyez-vous que l'Amérique serait parvenue d'une pichenette à contraindre vos Sorbonne à asphyxier - et au seul profit de votre maître d'au-delà des mers - le commerce et l'industrie des Etats du Vieux Monde, croyez-vous que cette aberration scolastique aurait été possible si les peuples d'aujourd'hui se trouvaient quelque peu déscolarisés et plus instruits des affaires du monde?

Pis que cela: votre maître en sophistique a convaincu vos théologiens de vous prêcher sa catéchèse, selon laquelle la politique doit passer avant l'économie; et vos valets de l'étranger n'ont pas voulu leur répondre vertement: "Ce ne sont pas les priorités de la politique internationale que vous nous conviez à prendre en compte, mais seulement les devoirs économiques que vous attachez à notre domesticité. Depuis quand les tâches de la politique extérieure des Etats souverains se réduisent-elles à perpétuer la présence de vos armes sur leurs territoires?"

Français, votre patriotisme est demeuré si féodalement barricadé dans les forteresses décrépites de vos identités locales qu'il vous faut apprendre les règles qui régiront la guerre de demain. Apprenez donc à étendre votre regard au-delà de vos arpents et sachez que Washington a débarqué jusque sur vos plates-bandes et dans vos jardinets - déjà l'étranger dispose de votre droit de vendre les fruits et les légumes de vos potagers. Si vous refusez de quitter vos jeux d'enfants, si vous refusez de déserter vos préaux, si vous jouez à la marelle dans vos cours d'écoles, si vous laissez les échines pliées de vos classes dirigeantes s'occuper de vos affaires à votre place, jamais je ne parviendrai à faire débarquer le débat de fond sur vos places publiques grouillantes d'aveugles, de muets et de sourds. Contre quel ennemi imaginaire vous êtes-vous laissé entraîner, contre quel guerrier à la cuirasse étincelante et au heaume d'acier vos classes dirigeantes vous demandent-elles de vous ruer? Observez la tenue et la dégaine de l'ennemi imaginaire qu'on vous montre du doigt.

5 - L'Europe du sépulcre vide

M. Biden, ancien Président de la Commission des affaires étrangères du Congrès et devenu vice-Président des Etats-Unis, vient d'avouer que Washington vous à forcés à édicter des sanctions économiques contre la Russie. Vous le savez, puisque Mme Nuland avait confessé crûment, dès le mois de mars 2014, que l'Amérique avait déjà dépensé cinq milliards de dollars pour tenter de mobiliser les "enculés" européens contre les intérêts de la Russie en Ukraine.

Qu'a répondu Mme Mogherini qui, selon M. Renzi, chef du gouvernement de la péninsule était censée aider l'Italie, sa patrie, à rapprocher l'Europe de la Russie et à donner de l'éclat à la présidence tournante du Vieux Continent, qui appartenait à Rome pour six mois? Ouvrez bien vos oreilles et écoutez la réfutation de M. Biden et de M. Lavrov: "Non, Messieurs, l'Europe prend seule ses décisions et à l'unanimité." Pensez-vous faire l'Europe avec des tels pantins, fantoches et paltoquets?

Mais avez-vous entendu M. Barack Obama feindre de hiérarchiser les périls terribles que courrait le monde actuel? Le plus grand, dit-il, est l'épidémie d'Ebola, le second, l'assaut hitlérien de la Russie contre l'Europe en Ukraine, le troisième, l'Etat islamique. Devant quelle instance ces sottises ont-elles été proférées à haute et intelligible voix? Devant l'Assemblée générale des Nations Unies, c'est-à-dire devant l'opinion publique mondiale.

M. Lavrov s'est demandé s'il fallait s'esclaffer. Mais vous voyez à quel degré de puérilité on vous a d'ores et déjà réduits. Si vous croyez vraiment que la reconquête du port de Sébastopol, qui fait partie de la Russie depuis la grande Catherine, est une attaque du nouveau Führer contre l'Europe entière, retournez sur les bancs de l'école. Vous y apprendrez que la dernière intervention de la France à Sébastopol est celle de Napoléon III en 1856. Cette rade serait-elle subitement devenue le centre de gravité de la planète de l'atome? Savez-vous que la Russie du XXIe siècle a d'autres chats à fouetter qu'à jouer soudainement au héros de bande dessinée en Ukraine, savez-vous que vos dirigeants corrompus en sous-main par Washington savent fort bien, eux, qu'ils vous placent sous le joug d'un film de la Metro Goldwyn Mayer.

En réplique à tant d'âneries calibrées, hélas, à votre échelle, les députés de la Douma ne serrent plus la main des membres du Congrès américain. Comment le sauriez-vous? Le mardi 30 septembre, j'écoutais le journal de 13 h sur France Inter, qui était entièrement consacré aux pluies diluviennes tombées sur Montpellier. La Révolution de 1789 aurait-elle enfanté des citoyens à jamais coupés du reste du monde? Les historiens de demain se frotteront-ils les yeux à lire le conte des mille et une nuits de la démocratie mondiale? Se demanderont-ils pourquoi les peuples rouis par la longue histoire de leur mythe de la Liberté se seront laissé vassaliser par leur propre mythe en retour?

Mais sachez que votre folie n'est pas nouvelle. C'est en escadrons serrés que la cavalerie des croisés du Saint Sépulcre a galopé sur des milliers de kilomètres en direction de Jérusalem et pour le seul motif que les propriétaires de leur pauvre cervelle étaient parvenus à leur faire croire que l'éternité de leur vie posthume passait par la conquête d'un sépulcre vide.

6 - La pesée du cerveau de l'humanité

Mais la politique des songes immortels qui vous tiennent en laisse depuis tant de millénaires vous jette maintenant dans une tragédie inconnue de vos ancêtres, parce que ce n'est plus seulement au timon de la politique internationale que vos folies sacrées attellent l'Europe, mais au gouvernail du cerveau sous-développé qui paralyse encore notre espèce. Si vous ne savez pas comment prendre en mains les rênes de vos neurones, confiez l'encéphale endormi de la France et de l'Europe à un coursier de feu. Car nos anthropologues d'avant-garde commencent d'observer de haut et de loin la folie propre au seul animal que la nature ait rendu volubile.

- Voir - La postérité politique et philosophique de Freud, Les rêves sacrés et la paralysie des sciences humaines actuelles, 27 septembre 2014

Savez-vous que notre démence spécifique, seul notre langage abstrait la sécrète jour après jour dans nos têtes et que la bête devenue loquace à l'aube du paléolithique se voit précipitée, dès qu'elle ouvre la bouche, dans des mondes conceptualisés et sanglants? Apprenez à observer les stratagèmes et les sortilèges massifs que votre maître d'outre-Atlantique déverse dans votre tête, écoutez les billevesées que profère votre vassalisateur, désensorcelez-vous de l'emprise des magiciens de la démocratie mondiale. Il est vide, le tombeau vers lequel on vous traîne. M. Biden a dit: "C'est curieux, ils y courent maintenant tout seuls". Il ne sait pas quelle mèche du langage il a allumée dans vos conques osseuses.

La science nouvelle de la politique internationale vous appelle à une connaissance anthropologique de votre cervelle. Elle vous enseigne que les Etats et les nations du Moyen-Age demeuraient impuissants à conquérir une connaissance méta-zoologique des songes qui faisaient délirer leur époque. Sachez que la classe dirigeante actuelle de la démocratie mondiale demeure rebelle à connaître les "hallucinés sanguinaires" qui rassembleront demain un vaste troupeau de croisés de leurs songes. Les sciences humaines étriquées de notre temps ne connaissent pas encore les rouages et les ressorts de l'halluciné suprême que vous adorez et dont vous saluez les rôtissoires cachées sous la terre. Je vous le dis, l'heure a sonné, pour vos vrais chefs d'Etat, de conduire vos Etats au naufrage cérébral ou de prendre une longueur d'avance sur les cerveaux de leur temps.

Post Scriptum

J'écrivais le 25 juillet:
"A partir de cette date, et compte-tenu qu'on ne luttera efficacement contre le naufrage de la langue française que si le Président de la République et le Premier Ministre se voient nommément mis en cause, je relèverai quelques-unes de leurs fautes."

- 1 - M. Valls ignore qu'on ne dit pas mouton noir, mais brebis galeuse.

- 2 - M. Hollande ignore qu'on ne dit pas moins que quiconque, mais moins que personne.

Le 11 octobre 2014

aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr