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La fin de la civilisation commerciale

Le système (injuste et primitif) érigé sur le principe du commerce laisse croire que tout dans le monde est consommable, indistinctement qu'il soit animal, végétal, humain. A l'usage, il en résulte une humanité pour laquelle la Nature est une entité distincte de l'humain-commerçant, et donc, à qui échappe l'essentiel de ce qu'il y a d'intéressant dans la vie, l'importance de ce à quoi on participe.

Ce à quoi on participe conditionne allègrement la qualité du travail, et consolide le désir de vivre (normalement).

La qualité du travail c'est ce qui est requit si on veut obtenir une organisation rationnelle des richesses. Ce résultat ne peut être que le fruit des plus belles intelligences. Un monde nouveau ne peut être le fruit d'un travail fait dans une entreprise.

Pourtant ce serait intéressant que le monde s'intéresse aussi bien à ses habitants et s'attèle autant à ses objectifs que ne le fait une entreprise.

Ce qui se passe (dans le cosmos) c'est que nos actes et nos choix font vibrer des trucs dont la résonance influe sur les apparitions du destin (si on peut le dire comme ça). Dit autrement : (dans l'état de notre civilisation commerciale) les risques qu'un événement ne déclenche une auto-extermination sont-ils possibles à maîtriser ?
(ça, c'est un peu la question que personne ne s'est jamais imaginé devoir se poser)

Or Quand on fait des bonnes choses, de belles choses nous arrivent. Les belles choses qui arrivent à l'humanité sont sa technologie, et elle est le fruit de son travail. Grâce à elle on peut imaginer des solutions bien plus vastes :
On pourrait s'assurer en temps réel que personne ne soit laissé pour compte.
On pourrait confier les prix à un super-ordinateur qui orienterait les flux de richesses en fonction des besoins
Ou encore on pourrait faire varier les prix en fonction des moyens de chacun.
Et tant qu'à faire on pourrait centraliser les ressources de chacun,
Et du coup tous les coûts seraient bruts.

Les mauvaises choses qui arrivent à l'humanité sont dues à ses manquement et ses lacunes, à ce à quoi le système du commerce ne peut prétendre répondre.
En fait on peut dire que la part d'ignorance et d'imbécilité du principe du commerce s'exprime directement par la proportion de malheur et de souffrance dans ce monde.

Le fait de devoir exterminer des humains dans l'urgence des besoins artificiels d'autres humains constitue la même faute philosophique que celle qui place l'homme face à la nature.

Il n'est pas en face, il est inclut dedans.
La nature étant systémique, tout y est si étroitement lié, qu'on ne peut espérer y puiser des ressources sans forcément automatiquement aussi gaspiller sa chance.

Et non seulement le cosmos ne se consomme pas, mais surtout, est-ce bête que personne ne s'en soucie, le cosmos se nourrie, s'entretient, se peaufine et s'améliore sans cesse.
Évidemment le cosmos en lui-même est inaccessible mais dans chacun de nos gestes et paroles, on lui envoie un message, emplit de notre intention. Lui de son point de vue il ne voit que ça. L'intention.

Quelle est l'intention du commerçant ?
Au mieux il pense que le profit qu'il extrait de la transaction se justifie par le fait que tout le monde fait pareil, et montrera une réticence amère à approfondir la question. En fait ils s'interposent entre un bien et un besoin, et en conditionnent l'accès. Ou alors sinon on se débrouille sans eux. Mais ils ne viendront pas nous aider...
Le pire c'est que si tout le monde s'intercale dans une chaîne de production à la fin les prix sont faramineux, ou si on les réduit alors rien n'oblige à réduire les prix, sans qu'il y a plus pauvreté.

En fait une idée rationnelle pour le système injuste (donc vouée à l'échec) serait d'obliger à intercaler autant d'intermédiaire qu'il y a d'humains dans chaque chaine de fabrication. Pour-être que ça condamnerait les humains à fabriquer de l'inutile...

Ah oui l'idée de diminuer les heures de travail fait son chemin aussi, mais sans que la nuance n'ait été avouée, selon laquelle les salaires aussi, du coup, diminueront d'autant.

Il y en a qui croient qu'il suffira que chacun consomme raisonnablement mais l'écriture algorithmique de cette "raison" est-celle débattue ? Attend-on encore que ces motifs naissent de l'expérience accumulée de chacun (au fur et à mesure des millénaires) ?

Le combat contre l'inutile commence par le respect qu'on accorde à chaque brin de chose autour de soi. Si les choses sont faites avec soin, patience et honneur... on peut s'imaginer le monde qui irait avec ce résultat.

C'est lui qu'il faut fabriquer, pour faire que chacun se sente participer à un progrès dont lui-même profite au même titre que les autres.

Ce qui se passe à notre époque c'est que ce résultat (enchanteur) est possible à obtenir car on a des outils pour cela. Il ne manque qu'un peu de dextérité à formaliser de façon fonctionnelle les causes des injustices.