070521 6 min

Droits, Devoirs et Mérite

La « langue dévastée » des grands médias, Prêt-à-dire et prêt-à-penser

Toute cette novlangue confie le sens des mots qu'elle emploie en grande partie à l'entendement collectif (composé des autres idées reçues et imprimées par la force de la répétition), comme si en elles-mêmes elles étaient détenteur de ce qu'elles signifient, comme si c'était le seul moyen de le dire, transportant insidieusement l'unique point de vue valable dans ce cas.

Les "petites phrases" (terme que j'ai "inventé" en 2000 pour signifier "petites phrases qui veulent tout dire") sont, d'après mon étude, la seule ressource linguistique des psychopathes, qui souffrent de cette incapacité à exprimer leurs sentiments, incapacité qui devient, avec le temps, imposée aux autres.

Le but des petites phrases et de faire taire. C'est parfaitement similaire à "Ta gueule".

Il y a danger car le but est ensuite de s'appuyer là-dessus pour faire de la réthorique, en employant les mêmes termes mais cette fois au premier degrès, alors qu'au début, ces petites phrases n'étaient présentées que sous la forme symbolique et amusante, tel un cheval de troie.

En effet, pour le subconscient, il n'y a pas d'association avec l'entendement. Tel que le cerveau reçoit le message, il ne s'agit rien d'autre que d'une instruction, un ordre ou une éducation, contre laquelle aucune résistance psychologique ne peut lutter (= le sens critique ne pouvant pas s'appliquer intelligemment à une métaphore).

C'est pour cette même raison que "la gauche" est sans voix face à une rhétorique armée de petites phrases populaires et non décryptées démontées par les philosophes.
Nul doute qu'avec le recul historique, on sera effrayés d'avoir vécu dans un tel obscurantisme.

Le cerveau enregistre l'information et en y adhérant, autorise tout un ensemble de procédures, primitives, à se (re)mettre en marche.
Le cerveau, imprime la logique que le message contient, et la réplique à tous bouts de champs, de façon démentielle, en s'énervant quand il n'obtient pas l'adhésion promise par la télé.

Et donc je suis ravi, enchanté de lire un article qui met en évidence la tromperie contenue dans le verbiage aromatisé de supériorité intellectuelle que distillent les institutions médiatiques, qui ne sont en fait qu'un ministère qui devrait s'afficher loyalement, le ministère de la propagande pour forcer les gens à adhérer à des idées qui les desservent finalement (les médias).

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Déconstruction de deux de ces termes psychiques inculqués par la force de l'évidence impossible à contredire :

- Le Mérite

- La logique "des Droits et des Devoirs".

Parmi les abrutis au cerveau fatigué qui ont la parole toute l'année, pourquoi 0% (Zéro pourcents) des gens ne se sentent assez d'énergie pour émettre la moindre analyse critique ?
Sans doute parce qu'ils sont déjà complètement pollués de ces idées reçues, qui sont logiques entre elles.

1. "Des Droits et des Devoirs".

En fait cela a été dérivé de l'idée philosophique selon laquelle "toute Liberté s'accompagne de Responsabilité".
Le paradigme correct est celui-ci "LIBERTE & RESPONSABILITE" et non "Droit et Devoirs", ils se sont trompés.

Un "Droit" est déjà une restriction de la liberté. et un déni de la capacité à être responsable. En conséquence alter-égo qui crée une logique de renforcement mutuel de leurs significations respectives, serait l'Ordre qui en découle, l'organisation, la structure de la société.

Tandis que, rien à voir, "les Devoirs" ont pour pendant la Jouissance.

Normalement, au sens le plus strictement logique, (valable pour le cerveau et le reste on s'en moque) si on a "des Droits" alors on devrait avoir droit à une compensation pour cette restriction de liberté, compensation qui est l'ORDRE.

D'autre part, si on travaille, on donne, et en contrepartie on a de l'argent et un pouvoir d'achat, ce qui est litigieux car il faut forcément travailler pour manger, alors que mathématiquement il ne pourra pas y avoir du travail pour tous.
(la technologie aidant, ça n'est pas sensé s'arranger, et ce "problème" n'est ni en voie d'être résolu, ni abordé de toutes manières).

Mais mettre ensemble "Droits et Devoirs" comme si l'un était un don et l'autre l'obligation qui fait que la première fonctionne correctement, n'est ni plus ni moins que du sophisme.

Il n'est pas utile d'argumenter sur les intentions qui se cachent derrière ce genre de réclamation, puisque ça s'appelle comme cela.
Car en fait plus les gens travaillent, plus les riches le restent.

2. On parle de "mérite" pour appuyer l'idée esclavagiste qu'il faut travailler très dur dans la vie en général si on veut être un bon citoyen.

Peu importe pour quoi on travaille, pour qui, et ce que ça construit ou non, le seul paradigme c'est la quantité de sueur.

En parlant avec dogmatisme de "mérite", "salaire au mérite", le but est d'obtenir l'adhésion, et que les gens se disent "Ah oui c'est vrai, IL FAUDRAIT que le "mérite" soit mieux marqué par les revenus, quand on travaille beaucoup, même si c'est pour Total.

Derrière cette idée il faut bien comprendre que dans ce cas, le riche MERITE d'être riche car il a beaucoup travaillé. Ou même, par extension, il n'est pas nécessaire de beaucoup travailler, puisque le nombre de personnes inférieures hiérarchiquement sont considérées comme si c'était son patron qui les avaient travaillées. Et donc tout le mérite lui en revient.
Et voilà la logique.

Les riches, non contents d'être riches grâce au hasard de leur lieu de naissance, s'auto-attribue la notion de "mérite".
Comme Johnny Halliday, qui en a marre de payer des impôts pour des incapables, alors qui lui il n'a pas eu de problème pour devenir super riche.

Et bien sûr, "le pauvre" MERITE d'être pauvre car il est superflu, inutile, paresseux, ou encore pire, mongole, ou encore pire, Arabe.

Alors ceux-là, "méritent" d'être pauvre, et personne ne s'en offusque.

==> Le paradigme concurrent au précédent serait en fait de faire observer ce qu'on appelle "les inégalités".
La seule réalité, dans la catégorie de celles qui sont vraiment observables, est que le résultat du capitalisme en revient au même que n'importe quelle oligarchie, un pouvoir dominateur et une masse largement majoritaire d'opprimés, maintenus dans la confusion mentale, et condamnés à souffrir : il n'y a rien de plus injuste.

Le premier, s'appuie sur l'existence d'inégalités pour créer la notion de "mérite" qui profite à son orateur), tandis que le second, aura pour charge de montrer en quoi l'inégalité peut être constatée, et à quoi elle est due.

Principalement, l'inégalité est due à ce verbiage ostentatoire et provocateur, impérialiste et omnipotent.

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