Hal

140522 6 min  Système
C'est facile d'entrevoir l'avenir de ce pour quoi notre attention est aiguisée. J'avais disserté sur une hyperhyposthèse (fondée sur d'autres) répondant au doux nom de "politique algorithmique". Bien sûr j'ai croisé les foudres des traumatisés de Orwell qui rétorquaient "PA = dictature", sans avoir vraiment été intéressés pour lire la suite.

L'idée était que la notion de justice s'exprime par la capacité à prendre en compte le maximum de considérations simultanément. Bien sûr en entendant cela on pense aux politiciens et on compte le nombre de choses qu'ils prennent en considération, et avec quel coefficient.
Avec cette optique de "justice", Bigbrother ne fait pas peur, puisque plus on a d'infos sur la réalité mieux on peut la soigner. Mais bon même les propagandistes n'y ont pas pensé (enfin pas encore. merci kiki)

Et en creusant l'idée je l'avais jointe à tout ce qui en découle, le fait que la loi elle-même doit être exprimable algorithmiquement, c'est à dire relative et non absolue.
Ainsi par exemple un excès de vitesse était une faute en fonction des circonstances connues par l'ordinateur (on ne s'embête plus à dire "le logiciel", puisqu'il lui faut sa base de données et son processeur dédié). ça c'est de la vraie justice, et puis c'est rapide.
Et ainsi par extension on pouvait se demander pourquoi tous les revenus n'étaient pas calculés de façon centrale, de façon à ce que l'économie fonctionne "sans but lucratif", et se consacre à ses vrais but, alimentaires, de santé, d'éducation, etc...

Ce qu'il y a c'est que l'idée peut avoir l'air sotte à ceci près que si on mesure les avantages et inconvénients, et qu'on constate une flagrante différence du point de vue de la pérennité de notre faible espèce humaine sur cette temporaire terre, la sottise (qui consiste à récalcitrer) peut s'avérer n'avoir été qu'un jet d'humeur du système limbique soudainement dépassé par le nombre de connexions synaptiques à établir.

Mais l'ordinateur lui, il n'a pas ces problèmes.

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Et puis soudain, apparaît cet article : w41k.com où on apprend qu'un algorithme dont le nom a été rendu plus attractif (VITAL) a été nommé parmi les membres du conseil de décision des investissements dans le domaine de la santé et des biotechnologies.
C'est à dire que la santé des gens va dépendre des décisions de HAL.
(ça fait peur hein ?)

En fait c'est un membre parmi des humains, et l'ordi remet son rapport et ses recommandations, et ensuite les gens décident.
Bon, c'est sûr qu'il faut que les décisionnaires aient une solide culture informatique pour savoir ne pas devenir les esclaves de leur machine, et en faire une base de leur propre réflexion.
Les décisions doivent toujours être humaines, ça c'est important, parce que malgré qu'il soit irrationnel, l'humain est comme la nature et les événements, et le cosmos. C'est le rationnel qui tranche avec le reste, puisqu'il se débarrasse de ce qui lui semble insignifiant. Et c'est à cause de cet insignifiant qu'il bute sans cesse sur de nouveaux obstacles, qui sont l'expression de sa confrontation avec la réalité.
C'est ça la vie d'un logiciel.

D'ailleurs ils veulent maintenant qu'il devienne une vraie IA, et ça va venir forcément. Il pourra être persuasif et même programmé pour persuader n'importe qui de n'importe quoi.

Il existe déjà aujourd'hui des méthodes de travail qui sont assurées par un algorithme, qui répartit les tâches entre différents prestataires informatiques indépendants.

Mais l'idée principale sur laquelle il faut se centrer est la tête de nos politiciens du futur : ils n'existeront plus, ce seront des groupes de milliers de programmeurs chargés de maintenir en vie la Machine.
On pourra même se demander pourquoi on n'avait pensé avant, au lieu de discutailler pendant un siècle, l'activité humaine ne s'est pas orientée dans un sens commun à tous, de sorte que le principal job de la loi soit de résoudre les problèmes, et qu'en amont ces problèmes soient énumérés et classés par ordre d'importance.
Tient en voilà une idée.

A ce moment-là on aura un tableau avec des propositions obtenues par un ordinateur capable de générer des méthodes et des ensembles logiques (on peut même dire, capable de générer d'autres logiciels - et pourvu qu'eux-mêmes se développent jusqu'à ce stade), tout en prenant en compte le maximum de considérations liées à ce qui semble "juste" (toutes autant qu'elles sont étant stockées dans une base de données, et nourries par les peuples eux-mêmes, et discutées publiquement) et finir par return des réponses qui...
- ne feront pas plaisir à entendre,
- n'auront été dites avant que par un très petit nombre de personnes,
- auront comme un air divin clamant l'évidence,
- mais en tous cas qui seront des réponses "optimales".

Alors voilà on y arrive, à l'optimalité, dont la société actuelle nous a presque dégoûtés, alors que c'est une notion primordiale. Si un travail est soigneux alors il est optimal ; et la conséquence immédiate est ce pourquoi on le dit "optimal", c'est la réalité, mesurée, captée et palpée par ce même ordinateur. Dans ce cas elle est mieux. Et réciproquement si notre planète est en perdition c'est bien parce que rien n'est optimal, tout le monde patauge pour survivre.

C'est très "système", quand la machine agit sur la réalité et que la réalité agi sur elle, de sorte qu'elle puisse souffrir de la différence entre ce à quoi elle s'attendait et ce qu'elle avait prévu.
Dans ce cas l'ordinateur se charge d'apporter les phi-corrections (de plus en plus infimes) qui permettent de... non pas atteindre un objectif, parce que ça n'importe quel mobile peut le faire, mais d'adjoindre les causes et les conséquences de façon harmonique.

ça aussi ce sont des notions élémentaires (de la topologie des systèmes).
Tout comme quand on dit que l'ordinateur va évoluer tout seul, il faut entendre que ses développeurs vont se régaler, à créer du beau et du perfectionné,
il faut savoir aussi que l'ordinateur n'est pas reprogrammé en fonction des résultats qu'on a envie de lui voir fournir, sinon c'est de la triche. Il reste conscient de ses différentes évolutions, peut les comparer (et donc, doit se situer parmi elles ou d'autres qui sont inconnues), ce qui s'appelle "la conscience"), et surtout son but n'est pas objectif, mais harmonique. Car s'il est vraiment intelligent, alors il sera un peu irrationnel.
Mais mignonement !