070507 4 min

Une incompréhension cruciale

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Vraiment le message allant contre Sarkozy n'est pas passé.
Il n'a pas été entendu, ni mémorisé, tout ce qui reste c'est un brouillard d'hostilité à la limite de la mauvaise foi.

- Tu as voté Sarkozy toi ?
- Oui bien sûr, (dit le militant transpirant dans la foule) je suis vraiment très heureux ce soir ! Je suis content pour lui, qu'il ait gagné, c'est vraiment mérité après les efforts qu'il a fait !".

(- attends mais qu'est-ce que tu appelles "ces efforts" ? - Non, je vais être moins frontal -)
- Et les manifestations anti-Sarkozy qui sont virulentes, qu'est-ce que vous en pensez ?
- Oh vraiment on sait pas pourquoi il y a eu une telle diabolisation, c'est vrai que les gens géniaux soit on les adore soit on les déteste ! Je crois qu'il faut pas qu'ils l'aient trop mauvaise, il a gagné, le peuple français s'est exprimé, et voilà c'est tout !

Alors continuons.
- N'y a-t-il rien qui vous effraie dans son discours ?
- comment ça qu'est-ce que vous voulez dire ?
- Par exemple avant l'élection il défendait le choix des français d'avoir voté Non à la constitution Européenne, et 48 heures après une fois élu il affirme directement son amour pour ce grand rêve, ai en plus tant qu'à faire, créer une autre communauté économique méditéranéenne. N'est-ce pas contradictoire ?
- Vous aurez sans doute mal compris, en tous cas nous on lui fait confiance pour redresser le pays et pour créer une rupture avec l'ancienne politique !

Et pourtant, pourtant, le programme du candidat se veut extrêmement dur, et la façon dont risque de se répercuter ses désirata qu'on sait d'avance péremptoires, a de fortes chances d'attiser les conflits internes à la société.

Ce qui fait le plus peur c'est cette joie qu'il met à parler du "plein emploi" reliée avec la méthode qu'il propose : "on a des droits mais aussi des devoirs", c'est à dire en somme, l'obligation légale.

Comme si le chômage, en fait, était désormais officiellement de la faute des gens eux-mêmes, alors qu'ils cherchent du travail activement mais ne se font pas embaucher.

La chose qui turlupine le plus les gens se sont les pauvres et ils s'imaginent que les forcer à accepter n'importe quel emploi, les emplois non voulus pour des gens non voulus, non seulement leur rendra service, mais aussi rendra service à la société en faisant des économies, et le tout dans la joie et la bonne humeur, ce qui par voie de conséquence apaisera le climat social.

Ça; c'est le plan.
(basé sur une estimation mentale pour tout fondement logique)
Et si le climat social se durcit, bah quoi on dira que le temps presse que tout le monde se mette à travailler pour des entreprises privées !
Et tant qu'on "y" sera pas, la faute en reviendra-t-elle à l'incompétence de ces bougres d'inutiles ?

C'est comme l'autre plan, celui du libéralisme, qui laisse imaginer que s'il était appliqué dans toute sa pureté, le monde lui-même serait idéal.
Alors qu'on voit bien que la répartition des richesses produite par le libéralisme est sensiblement la même que celle créée par un impérialisme moyen-âgeux.

Et à chaque fois, un pouvoir inter-étatique mondial, c'est à dire une idéologie, tient les gens liés par un rêve commun qui si on y réfléchit deux minutes, est impossible, mais dont l'absence de concrétisation suffit à permettre la répression.

Appelez cela comme vous voulez, esclavage,...
Proposons une autre méthode moins méchante en raison de la réalité selon laquelle il est relativement utile, crois-je, que certains soient par exemple musiciens, poètes, peintres, ébénistes, potier, éleveur de chèvres dans la montagne..., et qu'ils estiment avoir déjà choisi librement à quoi ils consacreraient leur vie et donc leur temps.

Pour une "rupture", si c'est une rupture de la liberté de choisir son métier, et si c'est la rupture des allocations RMI afin de "donner une bonne leçon", ça va être une drôle de rupture.
De toutes façons ils ne diffuseront jamais les chiffres des suicides induits par ces "ruptures".

Et donc, encore une fois, force est faite d'obtenir les résultats artificiellement escomptés par une idéologie réductrice et matérialiste. Et la méthode pour y parvenir, c'est la force, (d'où le terme "comme un forcené")
c'est à dire la plus primitive des méthodes.

A part cela rien ne dérange les militants de Sarkozy, alors que pour d'autres, du premier au dernier mot de ses discours, on ne fait qu'entendre la menace de l'ignorance, et le totalitaire des dogmes populaires.

Et surtout, la plus grande source "d'insécurité" désormais, c'est le nihilisme des gens qu'on risque de rencontrer.

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