070429 6 min

Tous ensemble contre Sarkozy

Tous ensemble contre Sarkozy,
ça devrait être possible quand même

Acte 5 : la transposition inévitable : "Sarkozy l'Américain" = "Bush le Français" ?

Quand j'étais jeune je connaissais tous les bons plans et je fis connaissance avec un Gitan dont la culture de musique blues était telle que de ses voyages aux States, il ramenait toujours fantastiques Bands à importer, et on l'appelait "Cuy l'Américain".
Que de souvenirs emplis de joie avec cet homme qui avait fait migrer son âme au pays de la musique, on écumais les bars, avant et après des émissions radio.

Et voilà que rien que pour m'embêter, cet immonde récupérateur de tout bois qui peut prendre feu, s'auto-proclame "Sarkozy l'Américain".

Voyons, non pas : "que c'est faux", comme le veut la tradition aristotélicienne, mais "en quoi c'est vrai".

C'est intéressant parce que chez celui-là, l'amérique est elle aussi présente à un même niveau émotionnel ; Pas en pensant à ce qu'il y a de beau dans l'Americain Dream, à savoir l'espoir quand on vient d'un pays en ruines de se fabriquer une vraie vie (quand même),
mais en se léchant les babines à l'idée du bénéfice que "ce rêve" pourrait lui rapporter, autant financier qu'au niveau du prestige qu'il peut en retirer.

La traduction du rêve américain, Sarkozy l'appelle "l'ascenseur social", et ce terme va avec sa déclaration "Quel bel exemple d'ascenseur social !" (en parlant de lui-même).

Récemment est sorti "Le Rêve Français".
Un nouveau film, un peu comme Israël avait reprit en choeur, souvenez-vous, "Il faut sauver le Soldat Shalit".
C'est très pratique le cinéma, ça crée des ressorts puissants.

Un peu comme un virus informatique, il a besoin d'installer préalablement une sorte de transpondeur dans la machine qu'il va attaquer.

Et donc Sarkozy se présente en porte-parole et témoin du Jéhova-Rêve américain francisé grâce à lui.

Lui qui dans sa jeunesse était tout simplement un bourgeois, qui selon sa mère n'a jamais eu à travailler (vidéo des Sarkonneries : dailymotion.com).

Il dit le genre de chose que les gens opprimés rêvent d'entendre.
Non mieux, il incarne carrément le genre de réussite dont les opprimés rêvent.
Comme une carotte perchée devant un bourricot pour le faire avancer, si je puis me permettre cette image bien française pour le coup.

Il est marrant aussi ce "LE" dans "Le Rêve Français". Il est unique, fédérateur, et bien sûr sans le vouloir, rend caduque toute autre sorte de pensée, par exemple si elle est révolutionnaire...

Le Rêve, c'est de "gagner plus".
Et pour gagner plus, il faut travailler plus.
Allez les gars au boulot, faut que ça rentre !
Et en chantant s'il vous plaît !

Il s'agit de projeter une image de dévouement patriotique, volontairement acquis grâce à la bonne volonté et le fait d'avoir de grands espoirs de la vie, en contre-partie duquel dévouement, une rémunération juste et proportionnée est défrayée de façon égalitaire et sans préjugés, grâce aux lois dont les politiciens sont les gardiens.

Exactement ce que le système social humain capitaliste n'a jamais été, et ne sera jamais.

Toute comparaison avec du nazisme serait purement fortuite.
Ici il s'agit d'envelopper "Tout le monde" (dans le travail à la chaîne), sans discrimination, ne vous inquiétez pas !

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C'était bien connu, la France avait toujours 10 ans de retard sur la mode aux états-unis.
Aujourd'hui cette vision s'est dissipée mais elle est encore présente dans l'esprit Sarkozyste, auquel se rallient ceux qui ont tendance à la soumission à un maître, et qui sont nombreux.

Parce que cette vision est colonialiste culturellement, elle influence grandement la culture théorique qu'aurait eu la France si elle évoluait sans contact avec les états-unis, et du coup la France est "inférieure", "en retard".
Grâce au temps cette illusion s'était dissipée.

Pendant ce temps, de l'autre côté de l'Atlantique, Bush, lui aussi un aristocrate inculte, s'amuse à faire la guerre dans le but de faire du mal dans le but de paraître le plus fort.

L'impérialisme est devenu tellement ancré que bientôt ce sera génétique (effectivement) de toujours vouloir assouvir les autres, pour les mettre au niveau de son inculture toujours grandissante.

Mais Bush n'a pas 10 ans d'avance sur Sarko, plutôt 100, car il est conscient que l'image qu'il fait apparaître de lui est un mirage stratégique.

Aussi quand ce dernier reçoit Sarkozy pour faire la photo, vite fait, Bush comme Blair ont eu comme une sorte de répugnance à serrer la main à ce nabot, qui n'est pas du tout au courant de la combine, mais qui fait déjà pourtant fait preuve d'allégeance.

Et je crois que cette répugnance vient du fait que Sarkozy croit réellement en l'image de marque que les états-unis essaient de véhiculer à des fins stratégiques.

Le "Rêve Américain", c'est le fait que Condolezza Rice ait la peau teintée, malgré le fait qu'elle soit à un poste à haute responsabilité, sous le commandement direct de Bush.
Alors qu'en fait c'est sa mère !! Ahaha

Georges Walter Bush, officiellement, est un bon gars du Texas qui aime les bonnes choses, est vraiment très cool par rapport aux anciens présidents qui étaient très stricts (à part Clinton), sa principale qualité réside dans la capacité à toujours se fier à sa première impression, il est dynamique, réactif, et c'est un bon chef de guerre pour protéger les américains contre la terreur que représente le reste du monde, qui par rapport à eux est arriéré, et dont il n'y a rien à comprendre.

Ce dont on peu le plus gravement accuser Nicolas Sarkozy, ce serait qu'il espère en toute bonne foi correspondre à cette image de marque.

Et pourtant c'est certain, c'est bien le Bush français !
Même pas la peine de remonter dans l'histoire des totalitarisme jusqu'à très loin, il y a à peine 6 ans, les américains élisaient Bush, eux aussi, en toute bonne foi sûrement.

Américain ou Français, le rêve est le même pour tous n'est-ce pas ?
Il est standard, légal, et conventionnel.
Il répond aux exigences de la conservation du pouvoir par ceux qui l'ont déjà, et ne fait qu'apporter des bonnes choses aux gens de bonne volonté.

Sauf les fainéants évidemment.

Et voilà comme sous l'apparence d'unir tous les clivages, on en crée un nouveau encore plus terrible ;
entièrement et sanguinairement motivé par rien d'autre que DES JUGEMENTS DE VALEUR.

Quand, par l'analyse consécutive, on abouti à la conclusion que le chômage est en fait dû au capitalisme lui-même, on observe alors en quoi consiste l'oppression d'un peuple, si on l'accuse des maux qui ne sont qu'une apparence surfaite renvoyée par les lésions qu'eux-mêmes leur auront infligé,
avec une négligence qui dépasse leur entendement.

Et là, on nage dans le nazisme ;
qui n'est qu'une déclinaison de ce qu'on sait aujourd'hui nommer la psychopathologie, la névrose psychotique, la perversion narcissique.

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