Deuxième Lettre ouverte à M. Vladimir Poutine, Président de la Fédération de Russie

17 min

Par Manuel de Diéguez

Avant-propos
1 - La balance à peser les têtes
2 - La décérébration politique de l'Europe
3 - Un salmigondis d'Etats
4 - La diplomatie du blocus et la sottise nucléaire
5 - La cervelle du cyclope
6 - Eloge de l'ironie
7 - Le cyclope de la démocratie

Avant-propos

Pourquoi l'Europe assise entre deux chaises est-elle une utopie condamnée au désastre politique, sinon tout simplement parce qu'on ne saurait se vouloir tout ensemble souverain et satellisé, fier à bras et enrubanné, hôte et majordome, harnaché de grandeur et valet d'écurie? Toute vocation exige la fierté d'un élan et d'un souffle solitaires. Il n'y a pas d'ambition sans un ennemi clairement désigné. L'Europe des aveugles tressera longtemps encore des couronnes massives à son vainqueur.

Par bonheur, la Russie rescapée du paradis soviétique occupe un centre stratégique inexpugnable, parce qu'elle a l'expérience du conflit millénaire qui oppose les encéphales célestiformes aux cervelles municipales. Son alliance avec le bolide qu'on appelle la Chine lance un pont géant entre l'Occident des Ames mortes de Gogol et l'Orient de demain, tandis que son voisinage avec l'Iran et la Syrie lui ouvre les portes du monde arabe et de l'Afrique. Ce sera la rivalité "théologique" de Moscou avec les Etats-Unis qui pilotera la vie spirituelle du simianthrope du XXIe siècle, parce que la littérature messianisée par Dostoïevski et Tolstoï hiérarchisera les esprits. Puisse l' alliance du Kremlin avec Rome nous rappeler qu'il n'y a pas de civilisation sous une philosophie de l'ascension des âmes.

Quand l'Europe secouera le joug des affameurs du monde, quand elle sera convaincue que l'avenir de la Russie est dans l'alliance du génie visionnaire qui l'inspire avec les Etats qui auront recouvré leur souveraineté - ce qui exigera qu'ils aient expulsé l'occupant de leur territoire, et cela par la force au besoin - quand nous commencerons de comprendre la chute de la démocratie dans le despotisme, la Russie deviendra le point focal du nouveau Discours de la méthode - celui qui approfondira la connaissance anthropologique de l'inconscient religieux des démocraties messianisées par le vain bavardage de l'occupant.

1 - La balance à peser les têtes

- M. Président,

La semaine dernière, ayant lu et relu avec la plus grande attention votre lettre apostolique du 14 septembre au chef de l'Eglise catholique - vous y traitiez de la paix et de la guerre à la lumière d'une spiritualité de haut vol - ma plume m'a entraîné à vous entretenir de l'inconscient théologique qui sous-tend la politique dite démocratique. Car, non seulement la réflexion anthropologique moderne sur le sacré conduira les gouvernements à s'intéresser aux progrès des sciences humaines du XXIe siècle, mais la révolution intellectuelle qui se prépare à l'échelle mondiale attirera l'attention des chefs d'Etat sur les méthodes futures de la science historique. De plus, l'époque de la Renaissance ressemble de plus en plus à la nôtre, car la découverte de la rotondité de la terre et de la multiplicité des cosmologies mythiques avait conduit l'intelligentsia mondiale à une première centralisation des recherches de la pensée rationnelle et de ses méthodes d'analyse du spectacle de la diversité des religions. Une première unification de l'observation des rouages et des ressorts universels de l'humanité en était résultée.

Puis, la spectrographie du cerveau simiohumain n'a cessé de progresser, au point que nous nous demander maintenant quelle est l'animalité spécifique de la bête que son évolution est censée avoir rendue réflexive; et nous avons découvert qu'elle sécrète des signifiants imaginaires et pseudo-transcendantaux, puis qu'elle les place tous sous une auréole solitaire qu'elle appelle la vérité. C'est dans cet esprit qu'à votre manière vous avez dit aux Etats-Unis d'Amérique : "Dis-moi quel est ton Dieu et je te dirai qui tu es", tellement "Dieu" dresse dans les nues le portrait en pied du chef d'Etat parfait aux yeux de tel peuple et de telle époque. La biographie du Créateur est donc notre rétroviseur politique et le musée des mondes idéaux que nous avons habités.

2 - La décérébration politique de l'Europe

Votre plongée dans le scannage de la raison idéalisée de l'humanité a renforcé ma conviction, qui ne date pas d'hier, que la Russie se trouve dans une position stratégique focale et de nature, précisément pour ce motif, à promouvoir une révolution de la pesée rationnelle des savoirs angélisés par nos rêves politiques. Votre tournure d'esprit et votre culture théologique vous mettent en mesure de donner un premier et puissant élan au décryptage des origines animales et des fondements zoologique des conquêtes censées trans-biologiques dont bénéficie l'encéphale d'une espèce en quête de validations cérébrales de type mythologique. Mais cette proposition, si logique qu'elle soit, exige un examen préalable du déséquilibre des forces politiques actuellement en présence dans le monde, parce que le XVIe siècle n'était pas suffisamment unifié pour comprendre la connexion spécifique qui relie les révolutions cérébrales de type séraphique au destin des Etats sur la scène internationale.

Qu'en est-il, de nos jours, de la grandeur intellectuelle de la Russie sur le théâtre des fabricants de la balance à peser l'encéphale d'Adam? D'un côté, votre nation voit le monde courir dans sa direction à partir de la Chine, de l'Inde et du Pakistan et, à l'Ouest, l'Amérique latine et l'Afrique se rapprocher à grands pas de Moscou. Entre ces deux galaxies aux grandes enjambées, il existe une civilisation fatiguée et vieillie dont le pluriculturalisme acéphale ne répond plus qu'à la bancalité cérébrale qui la ronge. Impossible, hélas, de s'armer d'une musculature intellectuelle à la fois créatrice et satellisée. C'est à l'école d'un décodage anthropologique de la lente décérébration de l'Europe que Clio demande à la Russie de prendre les devants, sinon l'offensive.

3 - Un salmigondis d'Etats

Le salmigondis européen d'Etats privés de vision et de volonté politiques laisse cinq cents bases militaires américaines enracinées sur leur territoire. Un puissant bouclier anti-missiles est censé prévenir la ruée sur Berlin, Paris et Rome des Cosaques dont vous seriez l'Attila. Naturellement, cette sottise n'est appelée qu'à abêtir encore davantage les vastes troupeaux rassemblés dans les pâturages des descendants de Christophe Colomb. Mais pour que ce tocsin anéantisse dans tous les esprits le poids de l'arme, non moins mythologique, de la bombe atomique française, la Maison Blanche tente de remplacer notre foudre obsolète par une autre, dont elle affecte de frotter et de faire briller les cuivres. Mais comment cette cloche serait-elle un peu moins périmée que la gauloise, et cela au point que le souverain de Washington jouirait du privilège exclusif d'en assurer le téléguidage?

Vous savez que tout ce badigeonnage d'une hégémonie de confection ne mérite qu'un haussement d'épaules de la Russie; car elle a fait de grands pas dans le décodage des arcanes zoologiques de la politique mondiale. Si l'arme atomique de la dernière cuvée nous a été arrachée des mains, ce désarmement nous laisse l'esprit plus libre qu'hier pour procéder à un calibrage anthropologique de l'apocalypse requinquée qu'on veut vendre aux vassaux que nous sommes devenus. Pour quelles raisons rejetterez-vous ce hochet, ce fétu de paille, cette faribole, ce simulacre, ce trompe-l'œil, cet attrape-nigauds? Pourquoi vous moquerez-vous de la dernière mouture des vanités militaires de Washington? Parce qu'elles feraient éclater de rire Pierre 1er ou Elisabeth la grande. Mais vous ne rirez des simagrées et des affûtiaux de l'adversaire qu'aux fins de mieux combattre le véritable ennemi, celui qui se présente sur le champ de bataille de la nouvelle connaissance rationnelle du monde. Et pour vous initier au mode d'emploi de cette caméra, il vous appartiendra de changer au préalable la fronde désuète, le lance-pierres d'un autre âge, la flèche de Sioux de l'adversaire en l'arme de l'anthropologie politique post swiftienne qui inspirera le génie de la nouvelle guerre défensive de la Russie.

4 - La diplomatie du blocus et la sottise nucléaire

Dans un texte précédent (La démocratisation de la barbarie, 7 septembre 2013) j'ai démontré que la barbarie démocratique repose sur la torture: la civilisation de la liberté précipite des peuples entiers dans la famine. Et maintenant, l'Iran au ventre creux renoncera à la bombe nucléaire afin, dit-on, de retrouver le droit de s'alimenter. Vous avez d'autant moins besoin d'aider Téhéran à s'armer d'une apocalypse au ventre plein que M. Ahmadinejad avait lui-même reconnu la nature inutilisable de cette foudre et que tous les Etats majors le savent depuis un demi-siècle. Mais la fierté d'une nation de soixante quinze millions d'habitants aura été allègrement piétinée sous les yeux ahuris du monde entier. Voilà un évènement politique d'envergure et qui se gravera dans les consciences ébahies. A ce titre, il montrera son avenir à la Russie de la raison politique de demain, tellement il est évident que l'humiliation publique d'une grande nation marquera le destin de la raison politique sur le long terme. Les démocraties mythologisées par leurs idéalités ne résisteront pas à cet étalage planétaire de leur sauvagerie sur la place publique que le monde est devenu.

Quelles armes de l'esprit de raison ferez-vous débarquer dans la conscience indignée des peuples? Jamais les descendants du quadrumane à fourrure dont vous connaissez l'entêtement n'ont découvert de Zeus plus redoutable que le sourire tranquille des souverains de l'intelligence. A force de faire reluire le canon artisanal de leur entendement, les primates rugissants ont appris à tirer les boulets silencieux de l'ironie socratique. Les premiers exercices de tir de ce genre, que les Romains appelaient dissimulatio, fut précisément de rire sous cape de la folie dont témoignait leur quotient cérébral d'enfants. Tout Platon enseigne un rire de qualité face à la déraison publique et bruyante des Athéniens rassemblés sur une agora chamailleuse. Puis, en 1509, Erasme a appris aux chrétiens à tourner en dérision les prodiges physiques les plus grossiers censés se produire sur leurs autels: l'Eloge de la folie est le chef-d'œuvre d'une dissimulatio souriante et déjà mieux affutée.

Si vos diplomates les plus instruits apprenaient à peser l'encéphale des sorciers américains et à poser toute la pacotille cérébrale du grand magicien des démocraties sur la balance de l'ironie perfectionnée de Platon et d'Erasme, l'empire des idéalités truquées tomberait en poussière avant dix ans, parce que ce sont toujours les mutations qualitatives de l'intelligence qui donnent un éclat nouveau aux lumières de la boîte osseuse fort mal allumée des primates détoisonnés.

5 - La cervelle du cyclope

M. le Président, la grande Catherine vous appelle du fond de son mausolée à donner à la France et à l'Europe de demain les armes cérébrales des vrais héritiers du siècle des Lumières. Car, depuis la mort de Voltaire en 1776, ce continent a égaré la lanterne de Diogène de la lucidité politique. L'auteur de Candide l'avait branchée sur une pensée rieuse et qui, pour la première fois se donnait le genre humain tout entier en spectacle.

L'heure a sonné pour la Russie d'armer les neurones de la démocratie mondiale du XXIe siècle d'un flambeau digne de l'auteur de Micromégas. Dites à la raison assoupie de l'Europe que, de mémoire de simianthrope, on n'a jamais vu un empire s'équiper et garnir le plus gentiment du monde de ses troupes armées jusqu'aux dents le territoire de ses vassaux à seule fin de protéger les chiens rendus obéissants à perpétuité des hordes de loups censés les entourer. Il faut leur faire croire, de surcroît, qu'un ennemi surréel, les menacerait à chaque instant de les précipiter dans l'abîme et qu'ils courent le risque de se trouver tout soudainement jetés à jamais dans les fers. Aux yeux de tous les capitaines au long cours dont l'histoire a conservé la mémoire, il ne suffit pas d'apposer le sceau d'une domination tranquille et aussi durable que possible sur le sol d'un vaincu assagi à l'école salutaire de sa défaite - encore faut-il qu'un mythe victorieux et inamovible apaise les patriotes pour longtemps ou pour toujours. C'est par les dieux de Rome que les Gaulois ont fini par se déclarer terrassés.

C'est ainsi que l'empire romain n'est nullement demeuré campé des siècles durant sur les terres des Gaulois à seule fin d'armer sans relâche les vaincus face aux assauts à venir des Germains. Arioviste n'allaitdb pas renaître tout subitement de ses cendres. Mais le glaive du vainqueur grave le sceau de son ciel et de son acier dans la peau de sa proie. De meme, la présence immuable des légions de l'étranger sur les arpents réduits à la docilité de l'Europe imprègne désormais les populations d'une terreur respectueuse, parce qu'une nation définitivement terrassée paie de génération en génération et le sourire aux lèvres le tribut de la honte au sceptre qui l'écrase.

Vous n'ignorez pas que le bouclier anti-missiles qu'on feint de braquer sur le Kremlin n'est qu'un leurre chargé d'asservir sans cesse davantage des Européens décérébrés, vous n'ignorez pas que vous servez indirectement les intérêts du vainqueur du Vieux Monde à lui demander qu'il vous jure, am stram gram, pic et pic et colegram, que son arquebuse, son chassepot, son mousqueton, son escopette ne sont pas appelés à ébranler les murs du Kremlin, mais seulement à convaincre un continent à la tête coupée et bêtement apeuré qu'il a grand besoin de se placer à jamais sous les ailes d'un Titan à la fois généreux et capable de faire trembler une Russie censée prête à bondir à chaque instant sur l'Europe. Nous ferez-vous bénéficier de votre douloureuse expérience - celle d'un Gorbatchev, qui s'était imaginé que les Etats-Unis tiendraient leurs promesses évangéliques de ne pas mettre la main sur les pays de l'ancien bloc soviétique? Enseignerez-vous à l'Europe des séraphins de la politique que le vainqueur se présente toujours en boulanger de la paix ?

6 - Eloge de l'ironie

Pourquoi, M. le Président, vous êtes-vous quelquefois amusé à paraître piper les dés ? Le 12 septembre la Russie a enfin décidé d'appeler un chat un chat et l'on a pu lire sous votre plume dans le New-York Times: "Il est alarmant de constater que l'intervention militaire des Etats-Unis dans les conflits intérieurs des autres pays est devenue monnaie courante. Est-ce dans l'intérêt à long terme de l'Amérique? J'en doute. Des millions de gens dans le monde entier voient de moins en moins les Etats-Unis sous les traits d'une démocratie-modèle, mais comme un Etat exclusivement fondé sur le recours à la force et habile à concocter des coalitions sous le refrain: Qui n'est pas avec nous est contre nous".

L'Europe ligotée à son pacificateur depuis trois quarts de siècle remercie l'ex-empire des Tsars d'avoir si clairement cessé de jouer au géant que tourmenterait une piqûre d'insecte, l'Europe qui récitait ses prières en vassale d'un ciel étranger salue un homme d'Etat que n'a jamais chatouillé la vaine gesticulation atomique du "protecteur" de l'Europe: tout le monde sait que la solidité de votre conque cérébrale fait enrager le dompteur qui nous broie. Pourquoi aideriez-vous Washington à rassembler ses poussins autour de ses bivouacs et de ses chapelets? Pourquoi joueriez-vous à l'Hercule menacé par un attrape-nigauds? Mais deux précautions valent mieux qu'une: mettez un comble à votre charité et enseignez à un continent que son grand âge a fait retomber en enfance un regard d'anthropologue sur la politique semi zoologique du genre simiohumain. Seul un savoir informé de l'animalité propre à l'espèce simiohumaine nous permettra de frapper l'Amérique à la tête. Nous avons grand besoin de neurones. Nos pharmacies croulent sous des tonnes de vitamines utiles à notre ossature - c'est de cervelles en marche que nous sommes cruellement dépourvus.

C'est pourquoi, M. le Président, nous vous demandons instamment - ut supra dictum est - de nous aider à élever l'ironie politique au rang de la seule arme nucléaire crédible de ce siècle. Tous nos grands hommes, d'Aristophane à Cervantès, de Swift à Molière, de Platon à Shakespeare se sont montrés des rieurs de génie. Platon nous a enseigné que le comique est le plus puissant moteur de la raison, Erasme, que le comique révèle aux aveugles eux-mêmes qu'ils ne sont pas aussi sots qu'ils l'affichent, Voltaire, que le comique réveille en sursaut l'humanité endormie, Molière, que le comique est le flambeau de la profondeur d'esprit, Swift, que le comique nourrit la fierté et le courage de penser droit, Rabelais, que le comique rend joyeuse la lumière de la pensée, Shakespeare, que le comique est la flûte enchantée dont le registre passe du murmure au brutal, du suave au tranchant, du parfum le plus délicat au gourdin du gros rire. Mais avant eux tous, Aristophane nous a appris que le comique couvre de ridicule jusqu'à la bêtise des dieux.

7 - Le cyclope de la démocratie

Si vous susurrez aux oreilles des Européens que l'Allemagne est une servante occupée par deux cents places fortes et qu'elle a bien raison de porter le tablier troué des domestiques du maître de la Liberté, de la Justice et de la paix du monde, si vous dites qu'un ennemi mystérieux de l'Allemagne, le nazisme ressuscite jour après jour de ses cendres et que la Germanie est appelée à servir de valet de pied aux angelots cuirassés du Nouveau Monde, si vous félicitez les Européens de ce que l'Italie se trouve si vertueusement quadrillée de cent trente sept forteresses en dentelles et que ses prosternations ont le mérite de la vieillesse, puisqu'elles ont trois quarts de siècle d'âge, si vous ne tarissez pas de louanges sur un occupant dont la générosité croulant sous les fards est allée jusqu'à mettre la main sur le port de Naples, si vous appuyez cet éloge de vos remerciements de ce que, tout récemment encore, le délivreur de l'Italie ait sorti ses griffes et les ait plantées à Sigonella en Sicile, si vous serrez sur votre cœur les foules attendries qui ont si joyeusement battu des mains au spectacle de la ruée des troupes du ciel sur Bagdad - elles sont parties en fanfare de la base de Ramstein en Allemagne - si vous applaudissez à tout rompre le tintements des clochettes qui ont passé par Pise, Bologne et Florence, si vous déplorez que quelques citoyens mal domestiqués aient tenté d'arrêter ces hordes d'acier à mains nues, si vous rendez hommage à M. Berlusconi, ce Caton craquelé, ce Sénèque de Capoue, ce Cincinnatus sans charrue, qui a envoyé la police et l'armée mâter à coups de trique quelques patriotes rebelles aux agenouillements, si vous remerciez le ciel des pitres et la démocratie des matraques de ce qu'aucun clown de la classe dirigeante n'ait omis de prononcer le panégyrique des pâtres du peuple des moutons, vous prendrez avec une génération d'avance le commandement de la guerre mondiale de l'intelligence et vous monterez à l'assaut d'une forteresse en ruines: la cervelle de la démocratie des prêtres de leur propre servitude.

Mais pour cela, M. le Président, il me faut revenir à vos relations privilégiés avec le pape François, parce que, depuis le 5 septembre, date à laquelle il vous a écrit et depuis le 14 septembre, date à laquelle vous lui avez répondu (Lettre imaginaire de Vladimir Poutine au chef de l'Eglise catholique, 14 septembre 2013) le Vatican a débarqué plus résolument encore sur la scène internationale. Certes, ce pas de géant se laissait présager; mais il pose la question de la rivalité à venir entre "Dieu" et les grands chefs d'Etat. Car si le créateur, comme voudrait le croire François, se met à porter un regard d'aigle sur la politique de sa créature, cela modifiera la place de toutes les autres pièces sur l'échiquier de l'histoire. Du coup, les grands dirigeants vont se colleter avec l'histoire sur le double front de la politique, celui de l'éternité et celui de la terre et ils feront à nouveau parler le ciel de la nature du genre humain et de ses prochaines aventures dans la méta-zoologie.

Je vous entretiendrai de ces nouveaux rebondissements le 5 octobre; ce serait abuser de votre écoute de vous en entretenir dès aujourd'hui.

Le 28 septembre 2013
aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr