070420 9 min

La révoltes des esclaves mentaux

Dans la série "On peut décidément se fier à personne"
voici ma propre analyse de l'attentat-suicide du Martyr Cho.

Ah ils voulaient la guerre.

L'analyse des témoignages vidéo que Cho a laissé dit "c'est peut-être dans ces 'plus' et 'pas assez' qu'il faut chercher".
Bravo les gars, très fine analyse.

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Moi je suis de tout coeur avec ce garçon. Il a parfaitement raison car il a réagi d'une façon complètement conventionnelle et prévisible, valable pour n'importe quel être humain qui aurait subi les mêmes circonstances. Il n'y a aucune différence entre Cho et n'importe qui d'autre ayant vécu dans une société d'esclavage à but lucratif pour les riches.

Dans un acte de démence la Liberté est nulle, aucun choix n'est possible, le comportement est déterministe.

Comme tout malade, il a dégueulé une méthode injuste qu'on allait lui infliger pendant toute sa vie.

C'est normal que de temps en temps un esclave dont la vie est pourrie d'avance se rebelle. On aura même tendance à dire qu'il a plutôt raison. Il dit tout haut, il réussi à exprimer mieux que quiconque, le malaise qui est le sien et aussi celui de beaucoup beaucoup de monde quand même.

Les gens cherchent à NIER renier dénier refouler tout affectivité pour ce garçon, toute raison. Même après sa mort, vous ne le laissez pas tranquille, et vous continuez à l'accuser d'être lui-même la seule cause du mal qui vous envahi.

Certains osent dire une vérité d'une manière oisive : que cela RISQUE de servir d'exemple à d'autres qui feront pareil sur les Campus.
Et voilà la nouvelle cause de tous vos maux hein ?
Celle qui aura été fabriquée après-coup mais c'est pas grave pour la logique hein ?

C'est justement grâce à cette "analyse" que les gens renvoie cette violence là où elle est, sachant qu'elle explosera à nouveau.
De toutes façons d'autres feront pareil quand même.

Qu'il se considère comme un martyr est une très bonne analyse de sa part, c'est exactement ce qu'il est.
Le martyr est n'importe qui dans la population qui se dévoue pour donner sa vie à l'Histoire. De sorte qu'un jour enfin quelqu'un puisse faire une véritable analyse de la raison qui a motivé ses actes, et du message dont il se fait porteur.

Il remet ce travail à faire à la postérité et s'en désintéresse lui-même. Il a suffisamment fabriqué de documentation littéraire et artistique (mise en scène) pour cette cause, et ensuite il a voulu s'occuper d'autre chose (il s'en est suffit) et en finir avec "tout ça".

Tout ce qui est demandé c'est un minimum d'affection et de gentillesse, qui permettrait à son tour à ses autres facultés de se développer, afin de maîtriser ses émotions ; mais il n'y a jamais eu droit. Son psychisme a donc été mit en déséquilibre par ces lacunes affectives.
(psycho 1ère année et premier mois)

On l'a toujours empêché de faire ce qu'il voulait, démoralisé d'aimer ce qu'il voulait, et récompensé pour ce qu'il ne voulait pas.
Et ce qu'il ne voulait pas c'est aussi ce qu'une certaine partie inéluctable de la population ne voudra jamais elle non plus, de vivre dans un monde esclavagiste mentalement.

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Il remet très précisément en cause le modèle capitaliste, et cela est de prime importance, qui est lui-même, selon sa fine observation, la démonstration d'une dérive mentale.

C'est cette dérive mentale dont est victime la société qui est décrite par :

"Votre Mercedes n'était pas assez..." "Vos colliers en or n'étaient pas assez, vous Snobs" "Votre vodka et votre cognac n'étaient pas assez. Toutes vos débauches, pas assez ! Tout ceci n'était pas assez pour satisfaire vos besoins hédonistes. Vous aviez pourtant tout."

Ceci est très important et connecté de très près avec l'autre phrase "Vous aviez 100 mille milliards de possibilités mais..."

A chaque fois nul besoin de finir les phrases.
En fait il y a "des centaines de milliers de milliards" d'exemples de "pas assez".
Le sujet traité est ce qui est innommable, indicible, et paralysant.

Toute étude de l'effet d'une tyrannie en revient à cela, la terreur qui est une menace obscure et mal définie (vision qu'impose le tortionnaire), et celui-ci pas éducation par reflex-conditionnés (récompense-réprimande) transmet cette frayeur chronique à sa victime.
(qui elle-même ensuite etc...)

Et la méthode de transport de la crainte ayant pour but de contrôler les réactions de la victime (manipulation psychologique inconsciente) se fait précisément par la méthode décrite par Cho, par exemple lorsqu'une mère autoritaire menace sont fils dans une dyade maladive, au moyen de simples intonations de voix, de petites remarques anodines en apparence, mais qui laissent supposer une colère incommensurable.

L'obscur c'est ce qui est resté non défini afin d'être utilisé comme une menace qui pousse la victime à agir d'une façon prédéterminée par le tortionnaire. C'est plus qu'un "ne fais pas cela" c'est un "ceux qui font ça...".

"Ceux qui font cela... RISQUENT".
Alors voilà le risque prit, bah pour vérifier n'est-ce pas ?
Qu'est-ce qu'on risque déjà ? C'est cela la révolte.

C'est avec cette exagération de la brutalité du propos que les gens se font du mal les uns les autres sur des bases logiques qui sont très critiquables en fin de compte.

Mais dans la tête de l'enfant le fondement logique qui pourrait décrédibiliser la menace n'est pas encore accessible, et donc ça reste dans l'obscur et le menaçant.

On peut trop facilement conditionner un enfant à être raciste par exemple, (il développera une peur des autres héritée de ses parents fin d'améliorer la communication entre eux) cela devrait être considéré comme un crime contre l'humanité, et ensuite on pourrait s'apercevoir des autres exemples, comme ceux où on utilise excessivement la peur pour manipuler la volonté des enfants... et en fait des gens, des employés, dans toute la société, de façon culturelle et absurde.

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Quant à la dérive mentale, c'est exactement ce qui se passe quand cette méthode une fois inculquée, a besoin à cause d'elle-même d'être répercutée.
Si l'obtention de la raison a été apprise comme ne procédant que d'une seule et unique méthode qui consiste à agiter un épouvantail d'un côté pour pousser à aller de l'autre, l'enfant, l'humain, conservera durant de nombreuses décennies cette méthode de réalisation de 'toutes-choses-y-compris-de-soi-même' avant de se rendre compte qu'il y en a de plus intelligente, logiques, et efficaces surtout.

Faire peur et faire du mal étant les seules méthodes connues pour "se débarrasser d'un mal", d'une douleur, comme notamment des idées noires, on comprend comment naît le principe de cercle vicieux. Toujours la même mauvaise méthode qui appelle en raison de son dysfonctionnement toujours la même méthode...

Le "Toujours plus" a déjà été élucidé depuis longtemps.
Dans ce contexte de déconstruction de la personnalité, ce qui soulage une névralgie provoquée par une mauvaise méthode-réflex est l'application avec fureur de celle-ci, d'une façon exagérée par rapport à la fois précédente afin d'obtenir les mêmes effets que la fois précédente.

Mais ça n'est jamais "suffisant".
En effet, ça ne résout rien.

Evacuer la haine de ce qu'on ne veut pas admettre en soi par des mots véhéments fera son petit effet de dissipation de la douleur pendant un faible temps, mais très vite réitérer cela devient insuffisant, et c'est ainsi qu'on en arrive progressivement aux actes.
Les mots étaient le commencement, comment ne pas l'avoir vu, que parfois les mots tuent ?

Les études démontrent que la société américaine a dans son ensemble d'extrêmement graves lacunes psychologiques (défaut de méthode, désordre) et cela en raison de l'égoïsme de leur mode de vie, et d'une fantastique quantité de psychotropes chimiques, sans compter un mode de vie laissant aucune place à la bonté et la gentillesse, à la science et à la morale.

Il faut comprendre par là que le riche est dans le même cas, ce sont les riches et les puissants, les tortionnaires, les malades initiaux qui imposent leur maladie aux peuples innocents.

Ils veulent toujours plus, rien ne leur suffit jamais, et c'est clair : existe-t-il une seule corporation (la principale institution capable de réunir des gens ensemble) qui n'ait pas pour objectif d'économiser un maximum sur le confort d'autrui afin d'augmenter au maximum son propre confort.

Ce n'est pas ce pauvre garçon qu'il faut pointer du doigt mais les causes qui ont bousillées sa vie.
Aller cracher sur sa tombe pour l'insulter d'être "un fou" sans autre équivoque et sans aucune explication, ne fera jamais que réamorcer la prochaine déflagration.

Qui selon l'inéluctable déroulement exposé, battra à son tour de nouveaux records.

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Et quant à Bush et sa "guerre contre la terreur", bah voilà maintenant, Moi je l'avais amplement prévu et il fini par arriver exactement ce que le mensonge et la propagande apeurantes faisaient croire qu'il se passa "sur toute la Terre" : "Le terrorisme est partout, il n'a pas de cellule directrice, il peut apparaître spontanément n'importe où, il faut se méfier de tout le monde".
Ce n'était pas vrai à ce moment là et il ne parlait que "des Arabes", en fait, des résistants à un envahisseur agressif. C'est ceux-là qu'il nommait "terroristes" ce qui est un comble du sadisme et du mensonge, de la manipulation mentale, et de tortionnariat psychologique.

Et voilà que par un coup de baguette magique (pression morale, communication de la terreur) cela devient l'exact reflet d'une réalité vérifiable mais légèrement nuancée : une société où des gens sont susceptibles de commettre des crimes sanglants et brutaux, de manière névrotique et soudaine, et impossible à prévoir. (mais macroscopiquement c'est prévisible avec une grande sûreté).

Et ça "oblige" à radicaliser la société, à en faire une prison géante avec des miradors intellectuels.
Ce qui l'enfonce dans la "perte de soi".

Hiter lui, désignait les Juifs comme sanguinaires et ultraviolents, et il expliquait que cette raison rendait logique leur destruction en masse, sans même s'apercevoir qu'ils étaient eux-mêmes "sanguinaires et ultraviolents" les premiers, et conditionnant leurs victimes à le devenir en fin de compte.

Avec un organe de communication de propagande, Hitler aurait pu rajouter aujourd'hui "Et ce sont les Juifs qui nous poussent à être comme eux, sanguinaires et ultraviolents". Alors qu'en réalité à cette époque c'était exactement ce qu'il faisait.

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