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La Way of Life du troupeau d'abrutis

Le rapport au temps

ça y est, je tiens mon nouveau sujet !
Après une discussion de plomberie défaillante, nous constatons d'un commun accord le simplicisme qui consiste à faire observer qu'un travail bien fait, en plus du plaisir d'avoir un beau cadre de vie (surtout dans les toilettes) ne constitue que la cerise sur le gâteau qui consiste à faire de flagrantes économies.

La mentalité propre au capitalisme stipule que si, par chance, le client est assez bête (ou trop pauvre) pour préférer se contenter de petites réparations chroniques ici et là tout au long de l'année, au final, pour le prix d'une salle de bain à la mode DSK (avec cent ampoules allumées, une douche ouverte de 24 mètres carrés, deux lavabos en cristal, des robinets à déclenchement optique, une régulation électronique de la température et une tuyauterie silencieuse), on peut obtenir une vieille salle de bain toute pourrie avec la peinture qui se décolle, du calcaire qui prolifère (parce que c'est d'origine organique, le calcaire), et un tuyau d'arrosage froid.

C'est quand même une bonne affaire ! (pour le commerce). En fait ce sont les riches qui empêchent de faire tourner le commerce, si comme tout le monde ils adoptaient la méthode dite économique à court terme.

Alors je fais remarquer que de l'informatique c'est pareil, il vaut souvent mieux consolider, court-circuiter, et se défaire de la complexité à laquelle le client ne comprend rien, pour simuler l'intelligence à laquelle il est heureux d'adhérer, avec son air plus malin que les autres. Et comme ça on lui serre la pogne en souriant et avec des dollars dans les yeux.

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Ma foi c'est tout le système social mondial contemporain, qui régit les relations interhumaines, qui est emprunt de cette imbécilité. C'est dire si la mentalité s'est imprégnée.

L'évolution prévisible de cette situation consistera, dans le futur, à opter pour des villes faites comme des châteaux forts du moyen-âge où les gens de la cité vivront sous la protection de leur dictateur face aux manants qui vivent dans les interstices campagnardes, prêts à détrousser les voyageurs.

Et encore à ce moment-là la solution qui paraîtra la plus évidente ne sera taillée que pour la satisfaction du plus petit nombre.

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On parle d'économie ? Mais l'économie c'est l'intelligence !
L'intelligence s'exprime par la comparaison entre l'efficacité du résultat obtenu avec celui obtenu par la solution qui paraissait pourtant la plus évidente, où pour un effort équivalent rien n'est produit et le cadre de vie est insalubre.

Ah ils sont pas malin les coachs sportifs qui motivent les employés de la restauration rapide ! "Allez allez, je veux voir du mouvement, personne ne reste en place ! On va y arriver il faut forcer comme des malades si vous voulez gagner votre place !".

Là où l'intelligence aurait tendance à dire, paisiblement, que l'efficacité consiste à produire les plus grands effets avec le moins d'effort. Non pas qu'il faille n'en faire aucun, mais que ceux qui sont faits soient maximisés. Et dans ce cadre (de vie), revient l'adage de la SNCF que j'aime tant "Si tu coures, tu coures à la catastrophe". C'est très pertinent parce que si on s'interdit de courir, on s'oblige à prévoir.

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Le rapport à la qualité

Le clivage (chose émanant du désir d'ordonnancement du monde, premier réflex du bébé qui vient de naître) entre service public / entreprise privée permet de mettre en lumière une autre caractéristique pas moins commensurable à la précédente.

L'innovation.
C'est le truc qui se trouve à l'avant du troupeau.
Il y en a toujours un, parmi les moutons, dont le loisir est de connaître le chemin.
Je pèse mes mots : "le loisir". Il aime ça, ça lui fait du bien, et il est content.

C'est dans le loisir que l'innovation accepte de naître. Elle n'est pas que le fait d'une personne loisiresque ou créative, l'innovation est aussi le fait de la Main de Dieu. Soudain, l'idée jailli. Par contre à l'arrière du troupeau non seulement elle ne jaillit pas, et elle ne jaillira jamais, mais même ils refusent d'en entendre parler.

Et je me souviens que le TGV a été l'aboutissement de recherches puissantes et novatrices, parce que dans leur loisir les ingénieurs n'avaient devant eux que, la contrainte la plus mirobolante, exaltante et hypnotique dont ils puissent rêver : l'histoire en marche, l'idée du futur. Penser en terme de potentiel, et voir surgir tous les possibles.

Il faut bien noter cet avantage à la pourtant tant critiquée institution publique, c'est que leurs contraintes offrent une plans grande plage de liberté à l'innovation et à l'intelligence que dans les étriquées entreprises à but lucratif à court terme, fouettées par leurs actionnaires qui sirotent un cola sur une plage tropicale.

J'ai entendu parler du gars qui voulait apporter de l'innovation et de l'intelligence dans une entreprise et qui s'est fait dégager de là avant de finir sa phrase. Et avec raison d'ailleurs puisque tant de choses entrent en opposition avec cette énergie mal placée. Ce n'est pas tant qu'ainsi, il fait encore monter le niveau des employés, produisant dans son sillage déjà concurrentiel encore plus de férocité, que surtout les industries n'ont pas à accéder à ce luxe tonitruant qu'est l'intelligence. Elles ne savent que suivre, copier, voler s'il le faut, ce qui marche et ce qui est éprouvé, et ce que les gens connaissent et veulent. Même au sein de leur propre structure ils ne peuvent qu'avoir un train de retard sur ce qui est intelligent de faire, en attendant que cela devienne convenu.
Et puis quelle idée aussi, de faire preuve de tant de zèle en n'étant propulsé que par son propre égo ?

Cette idée, le zèle et l'égo, n'est approprié qu'au cadre de l'innovation, qui est l'émergence finale d'un esprit de liberté, lui-même socle de l'intelligence.

On ne va donc pas s'en plaindre, que les industriels soient aussi attardés. Comme je l'ai dit auparavant, ce serait pire si en plus du reste, ils étaient intelligents !

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Le rapport à l'intelligence

Maintenant arrive la question de la contamination idéologique de l'esprit du mouton de la masse au sein de la classe politique.
Les politiciens sont le plus souvent, quoi qu'on en dise, des gens intelligents. Bon OK, il y a 7 niveaux d'intelligence avec un fluide de quantité qui est la même pour tous, qui remplit de façon variable l'un ou l'autre tube. (je l'ai appris en tombant sur une cassette audio d'origine inconnue). Et l'intelligence sans psychoaffectivité est la promesse de la stupidité.

Le court-termisme, ainsi dénommé, est le caractère principal de la politique. C'est à dire qu'elle a abandonné, largué, oublié, scotomisé sa propension pourtant native à s'octroyer la liberté d'être intelligente.

Elle fut native car c'était la principale raison pour laquelle c'était une bonne idée de former une société humaine.

Le client qu'ils ont à satisfaire sont ceux qui génèrent le plus de recettes.
On peut se poser la question, pourquoi tant de bave devant cet argent s'il est sensé servir ce qui appartient au public ? Est-ce du zèle démocratique ? La promesse de voir se concrétiser un idéal humanitaire ? ça n'en n'a pas l'air.

Peut-être, mais je n'y connais rien, que si la gestion des biens communs était confiée au public, cette avidité, et donc par ricochet ce court-termisme seraient coupé.

Comme je le disais le système social mondial contemporain est une tuyauterie qui fuit de partout.

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Le rapport à la dictature

(rajout de dernière minute)
Dring, le téléphone sonne. J'ai de la chance d'avoir un téléphone car j'ai la chance d'avoir un pote qui m'a offert un téléphone.
Il y une semaine j'ai postulé sur "Pôle Emploi", en mettant dans la case "motivation" : "Merci de me contacter".
Je précise que ma candidature n'est pas usurpée, les compétences sont là et les preuves, visibles.
Ensuite "Dring ! Pôle Emploi vous informe que vous avez mal rempli le questionnaire à l'endroit de vos motivations", me raconte le robot, qui appelle sous numéro masqué 00 00 00 00 00.
Alors je lui réponds "mais on s'en fout !". (mais bon c'est un robot).
C'est quoi ma "motivation" ? "Je pourrais très bien être en vacances mais je désire ardemment travailler avec vous". ou "Je suis hyper motivé de nature pour tout et n'importe quoi". Non plus. "J'ai l'habitude des trucs comme ça et j'aime bien stagner mentalement". Ahalala quelle question difficile ! Aucune personne intelligente ne m'a jamais posé la question.

Et là, quelques jour plus tard "Dring ! Pôle emploi vous informe qu'en raison de votre refus de vous soumettre à la dictature votre candidature n'a pas été retenue. Nous vous remercions de votre attention". En gros ça veut dire "mémorise bien ce qui vient de se passer".

Donc, quand je parle de classe politique, de court-termisme, et de contamination idéologique, je ne suis encore loin d'englober toute la réalité. C'est à dire que l'acceptation de cet état de faits fait partie intégrante de l'appartenance au Système.
Bien sûr, s'y plier ne coûte rien, ok ok. Des gens qu'on estime peuvent nous demander ce genre de chose, et on s'y plie en s'excusant. Mais arrive un jour où l'intelligence doit être questionnée, quand même.

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Le rapport à la luxure

Ceux qui souffrent en bas du mur de l'empire de la Déception, ceux qui sont dehors, rêvent de justice et dans le loisir de leurs pensée qui s'incrémente positivement pour trouver des solutions, aboutissent à une intelligence révolutionnaire, du type, comment elle dit déjà Annie Lacroix-Riz, ah oui, révisionniste. (bis repetita, hein !)
Qui est capable de réviser les fondements qui en fait ne sont que des croyances.

Croyances qui elles sont le fond de commerce du capitalisme moderne, celui qui vend du rêve.

Ils peuvent critiquer mais l'intuition les incite le plus souvent quand même à une humilité qui s'exprime par le sentiment de n'être "rien" pour se permettre de donner son avis. C'est une intuition qui trouve sa justification dans ce qui se passe le plus souvent, quand ils se retrouvent de l'autre côté du mur.

C'est leur rêve, mais que se passe-t-il quand ça devient réalité ?
C'est pour ces raisons que Hugo Chavez fut exemplaire.
De la souffrance et la misère, il se promettait qu'un jour s'il était à leur place, il ferait ci et ça, il dirait ci et ça.
Le plus stupéfiant est qu'il l'ait effectivement fait.

Il faut comprendre par là qu'il faut avoir les épaules, la carrure et le courage d'un héro historique pour rester fidèle aux convictions qu'on s'est forgés alors qu'on siégeait dans les interstices du monde.

Le plus souvent ce qui arrive, quand la luxure tombe entre les mains de ceux qui ne se sont pas forgés l'âme sur un désir de justice, est qu'ils en profitent et ne voient plus aucun problème autour d'eux. Ils se baladent gaiement dans les rues où tous les vingt mètres il y a des gens qui font la manche, paralysés d'effroi devant un futur impossible.

Ceux-là même à qui il faudrait dire "oui ce soir et demain tu n'auras rien, mais dans un an, dans dix ans ? C'est ce que tu fais aujourd'hui que tu le récolteras". Un petit message d'espoir en passant.

Et une fois récolté comment se comporter ?
Il se passe que l'observé de la réalité est déterminé par le schéma à travers lequel on l'observe. Avec des billets dans les poches soudain la version du monde à laquelle on réagit est totalement différente.

Si j'en avais, je ne ferais pas comme ces imbéciles qui s'entourent d'objets matériels qui finissent à la poubelle et qui encombre leur mentalité. Il faut acheter ceci il faut acheter cela. Et si je mettais un meuble ici ? Et si j'avais plus de place pour ranger les choses moyennement obsolètes ?

"Moi si j'avais ces billets, je ferais comme les samouraïs sur qui j'ai pris exemple : rien, rien, rien, et aucune poussière."
"Comment est-il acceptable de se procurer des choses rigolotes et amusantes que personne ne peut se procurer ?".
Je me souviens au début des téléphones portables, les gens dans le métro mettaient leur main dessus pour le cacher pendant l'utilisation, et nous les manants on regardait par-dessus leur épaule, l'air de rien.
Ils avaient la culpabilité et un peu peur de posséder ce genre du luxure.

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Le rapport entre le début et la fin

Alors je me dis, et je détermine, que si j'avais ces billets, c'est à l'intelligence qu'ils iraient.
Mais bon c'est surtout devant le fait accompli qu'on voit si on est un vrai révolutionnaire ou si on se laisse embarquer dans la "way of life" du troupeau d'abrutis.