Les dés son pipés

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Au début on se dit qu'il ne faut surtout pas plier l'échine, contrairement à la masse des soumis, qui s'empressent d'accumuler des points retraite dès l'âge de vingt ans.
On observe que félicités des bancs de l'école sont avant tout ceux qui ont la plus grande tendance à la soumission. Car il faut de l'abnégation si on a un cerveau, pour suivre les directives tracées par la bienséance d'une pression sociale fondée principalement sur un agrégat d'apparences et de superstitions.

On se dit malgré cela qu'il est possible de trouver sa voie, suivre son destin, réaliser ses rêves, au pluriel, en s'éloignant du troupeau, mais c'est sans savoir à quel point les dés sont pipés.
On s'en rend compte quand "réalisez vos rêves" devient un slogan publicitaire ; Alors tout s'éclaire : c'est forcément une arnaque ; eux-même l'avouent, puisqu'ils en font un slogan. C'est donc foutu !

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Au moment où ces choses se cristallisent et deviennent palpables on voit comment les failles du système, où tombent ceux qu'on oublie malheureusement parce que c'est comme ça, se creusent et deviennent un fossé puis une déchirure puis un ravin infranchissable, mettant face à face, d'un côté, ceux dont le métier consiste à avoir un gros cul planté sur un fauteuil mollasson, qui médisent sur les esclaves qui pourtant leur cirent les pompes, et de l'autre côté, ben une fois que c'est cristallisé on peut le dire clairement, ceux qui n'ont pas le signe de la bête, et à qui rien ne sera jamais donné, ni chance ni moyens ni droits. Par contre on peut leur prendre tout ce qu'ils ont, matériel ou immatériel, moral, spirituel, tout.

Et plus ils reviennent vers la table de jeu avec l'espoir de se refaire plus ils perdent, et plus ils se disent que leur chance viendra, plus ils meurent.

J'en reviens souvent à cet épisode de la Quatrième Dimension en noir et blanc de la première époque, où la prison du gars consiste en un signe sur le front qui dès qu'on le voit intime l'ordre à tout le monde de faire comme s'il n'existait pas ; La pire des sentences.
C'est la bave aux lèvres et la lueur du dollar dans le regard qui fait le signe de la bête ; C'est cet air bestial de l'abruti qui se vend pour attraper un peu de paradis publicitaire.

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On croit, à écouter les aveugles, à en croire l'adage de la Ville de New York, à trop regarder la télé, ou même à l'école, que le talent, la qualité, l'inventivité, l'ingéniosité, le dynamisme, la vigueur de l'âme, mêlé à une dose de savoir-vivre ainsi qu'un léger sens de l'humour, ainsi qu'en n'étant pas avare de sa force de travail, qu'on en récoltera les fruits, que finira toujours par marcher, que ça servira au monde et qu'il nous en sera reconnaissant, et qu'au final, un jour ou l'autre, on s'en sortira.

Ben non.
Ce ne sont là que des combustibles pour le Système, dont l'effet premier est la production de misère.

On peut même faire l'abnégation de la révolte en se disant que de toutes manières cette époque passera et qu'ensuite ça ira mieux. Ben non derechef.
Rien n'arrivera car rien n'est possible, car tout est étouffé dans l'oeuf.

Ce seront toujours les gros culs sur leur fauteuil de l'indécence qui en profiteront. Ils seront les premier à s'approprier votre travail, vos idées, et les autres qu'ils ne peuvent pas utiliser, ils s'empresseront de les dénigrer, les retourner, les diminuer, les phagocyter comme disent nos amis d'outre-planète.

Qu'on sonde les raisons au cas par cas ou à l'échelle systémique, on se trouve toujours face à cette même sorte de blocage irrationnel de la Twilight Zone, mis en oeuvre par des gens qui font tout pour ne pas avoir l'air contraints et forcé de faire ce mal.

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Le plus remarquable, c'est cette tendance naturelle qu'on les faibles à aller vers la richesse. Par exemple pour les voitures, les gars ne veulent pas qu'elles soient électriques alors ils font tout pour ralentir l'évolution, tandis que ceux qui y pensent sérieusement sont éliminés. On n'a pas le choix, c'est comme ça.

Mais pour le web, autre exemple, où rien n'empêche de ne plus utiliser Google ou Facebook, ou Windows, où il y a des alternatives qui méritent d'être améliorées, qui sont gratuites, et pourtant il se passe la même chose, c'est comme si la limaille que sont les peuples était aimantée par le désir de ressembler à ses tortionnaires. Pourtant il y a le choix. C'est quand même assez incroyablement flagrant. Et pourquoi cela ? La réponse relève de la psychanalyse la plus pointue et de haute voltige.

C'est assez hallucinant.

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Quand je suis allé présenter mon logiciel chez Smile, je leur ai dit "ainsi donc vous faites du business avec les logiciels libres".
Les "grands comptes" ont besoin d'extérioriser la question de savoir quel logiciel libre utiliser, et donc c'est ça leur business. Et pas qu'un peu apparemment, puisque la multinationale réside dans un château à Paris. Pendant que les logiciels libres sont fabriqués par des gens au RMI (mais bon c'est le but du Libre, que les citoyens puissent disposer des mêmes outils que les puissants).

Il s'agit d'un intermédiaire qui s'intercale entre le citoyen et la multinationale, qui elle refuse tout bonnement de parler avec les individus femoscopiques.
Mais à aucun moment il n'est question par exemple de les financer, seulement de profiter de l'existant.

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Oh oui au fait donc, le sujet du jour c'est comment et pourquoi les gens n'ont même pas la plus minuscule bribe d'intelligence de se demander comment engendrer ce dont ils profitent.

J'ai parlé souvent de la Raison, le premier client à se faire dépouiller de son sens.
En effet elle est utilisée comme argument sophiste, alors pourtant que le sophisme s'exprime par le fait que ces raisons sont fausses si elles ne peuvent pas venir alimenter la Raison elle-même, de par ce qui en découle. Oui on se sert de la raison pour produire la folie et le temps de réagir il est trop tard ; et les gens sont conditionnés pour dire OUI OK dès qu'on semble s'appuyer sur "la raison", et même si ce que ça produit ne peut pas décemment pas être intégré dans une démarche raisonnable.

D'autres ont bien constaté que la Démocratie, ou la Justice ont eux aussi été phagocytés, et voilà pourquoi, c'est ce qui se passe quand on utilise quelque chose comme carburant sans s'inquiéter une seconde de savoir d'où ça vient et comment on le fabrique.

Dès lors ces nobles concepts ne sont plus que des stimuli dont on se sert aux dépends de ceux qui y croient.

De là j'en viens à me dire que tout ce qu'on peut faire de bon ou de mauvais, c'est juste du combustible pour le Système.
C'est pourquoi il est si difficile de s'en défaire, surtout dans cette période où il est de plus en plus affamé, où les Rothschild et les Rockfeller détiennent tous les pays du monde par les couilles, en disant, avec l'accent mafieux italien inventé par le cinéma : "Et-main-te-nant-il-y-a-les-in-té-rêts".
"Si tu payes pas tu sais ce qui va se passer."
"C'est important la famille".

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J'ai nommé "les permutés" la classe du peuple qui, du fait de leur posture, de la rouille cérébrale, et de ce qu'ils considèrent comme la bienséance à laquelle ils vouent un culte quotidien, ont cette tendance extraordinaire à tout inverser dans leur tête.

Ce qui est porteur d'espoir, ne pèse rien pour eux. On leur montre du beau, ils en critiquent le moche. Quand ils regardent une chose inconnue, ils sont incapables de se la figurer sur le chemin de son évolution, vers où elle va et d'où elle vient. Leurs opinions sont bâties à la va-vite, et d'un couplet accusatoire la rende définitive, "auto-figée".
Ils sont faciles à reconnaître si on utilise la formule de Georges Lucas "Seuls les Siths pensent dans l'absolu".
Ben c'est eux, ils existent vraiment, ce sont les permutés.
Ils sont dangereux, ils n'ont aucune conscience. Ils consument à tours de bras.
Ils ont suivi la voie du système et en récoltent les fruits, un peu comme une souris qui a apprit dans quel recoin trouver sa nourriture.

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Devant Dieu je dois n'avoir aucun regret alors quand je discute avec les uns et les autres, j'ai en quelque sorte le devoir d'être le plus possible "moi-même" dans toute la splendeur de ma défiance de l'autorité.

Ah oui évidemment dit comme ça on comprend mieux le problème mais quand même, la question étant celle de ne pas avoir de regrets, la confrontation risque à chaque fois de mal tourner. Ah mais c'est que rien n'est promis, mesdames et messieurs les permutés, si vous obtenez un compliment ou une critique c'est que c'est mérité, pas inventé.

LE tout-confort dont rêve le permuté est aussi l'inaction dans laquelle s'enfoncent les peuples opprimés qui veulent leur ressembler.

A chaque fois les gens dont la personnalité est la posture, et dont l'identité est le grade hiérarchique, s'attendent à recevoir des compliments et des caresses, quelle que soit l'ânerie qui sorte de leur bouche. Evidemment c'est la force de l'habitude. Mais si un jour on leur parle face à face d'homme à homme ou plutôt de cerveau à cerveau, dès qu'ils sont en tort ils considèrent cela comme une agression à laquelle la meilleure réponse est l'expression de leur autorité.

C'est comme s'ils n'avaient pas l'habitude de réfléchir.
comme si on pouvait deviner qu'une simple idée nouvelle allait leur fouler le cerveau à ce point, et qu'on l'avait fait exprès pour leur faire du mal. Et leur réaction au simple dialogue est la déclaration de guerre.

Mais bon, je dis ça, je dis rien, parce que tout ce à quoi ce texte peut au mieux servir c'est de fournir du verbiage pré-pensé pour asseoir une non-raison, une posture, et figer encore plus ce monde dans l'oubliette de son obscurantisme.

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Un truc fulminant est le comportement des employeurs qu'on ne peut contacter qu'au travers des intermédiaires qui font tampon avec les femo-individus, afin de rester à l'abri des critiques.

Quand ils embauchent ils disent "oui mais vous avez d'autres activités, êtes-vous prêts à les abandonner ?" Alors je réponds "Ton job c'est pas ma vie !" et voilà comment on se fait virer dès l'entretien d'embauche.
C'est sans doute une nouvelle étape dans la réponse à la question "les compétences suffisent-elles ?" Des gens plus expérimentés que moi y ont répondu : seuls les incapables développent les qualités pour ne pas se faire virer".

A chaque fois ils veulent avant tout qu'on soit dévoués corps et âme, et en même temps ne peuvent que figer les gens dans un poste rituélique. Et quand le gars veut développer d'autres compétences, le personnage cosmique du citoyen de la dictature de la Twilight zone le regarde avec dégoût en semblant lui dire "ainsi donc tu veux nous trahir !".

Ouais, j'en suis sûr maintenant, on n'arrivera à rien, car tout ce qui est fait est consumé, tout est utilisé comme combustible, et si on a encore le moindre espoir ce ne sera que pour le mettre au service de l'Empire de la Déception.