La cécité mentale

130311 11 min
Hey les mecs on a un problème !
Non pas seulement que le monde, constitué d'humains qui répètent comme des robots des procédures vouées à l'échec, coure à sa perte, mais surtout le fait qu'un mur mental empêche carrément les gens de réfléchir.

Ce mur était pourtant bien signalé dans les Droits de l'homme, en parlant, non pas de liberté d'expression, mais de sensation de liberté de s'exprimer, ô notable nuance !
(C'est comme quand on parle de démocratie, on ne parle pas de voter pour deux personne en alternance années après années pendant cinquante ans, mais de pouvoir choisir dans la population qui est le mieux. Ô notable nuance !)
Qu'est-ce qui a fait perdre tant de substance à des préceptes pourtant aussi vitaux que les Droits de l'Homme ?

Ce sont les réflexes qui sont responsables de la sensation de liberté de pouvoir ouvrir le cadenas de la sincérité. Dans ce monde dès qu'on fait cela, comme avec toute liberté, on prend le risque courageux de se tromper et dans ce cas, si ça a lieu, on doit avoir devant soi des gens aimables et compréhensifs qui nous expliquent avec soin, non pas la bonne réponse, mais l'information qui semble manquer, afin de chercher ensemble une bonne réponse.
Mais ce n'est pas ce qui arrive : la réponse réflexe est celle qui se situe au summum de l'intelligence du cortex formé pendant le paléolithique : la moquerie, l'humiliation.

Il y a donc deux choses :
- L'usage de la liberté est comme emprunter un chemin difficile et on n'arrive à rien sans un minimum d'expérience, de sagesse, de savoir-faire, de pratique, qui eux-mêmes sont le fondement de la modestie, de l'esprit de la paix, et de la capacité à évoluer. Dans un stade primitif on n'ose même pas bouger car quel que soit l'usage de sa liberté qu'on voudra tenter, elle produira d'énormes catastrophes. Et dans une phase avancée, ce même usage de la liberté sera un facteur fondamental de ne serait-ce que la vie elle-même.

- Et deuxièmement, que ce soit lors des premiers pas dans l'usage de sa conscience ou dans les hautes sphères de la philosophie, toute forme d'expression publique de cette liberté ne cesse jamais d'être attaquée par la violence de l'humiliation, les menaces, et des techniques primitives qui consistent à retourner les arguments contre les auteurs, dans le seul but de les faire souffrir et sans aucun respect pour la logique ou la raison.

Et le plus effroyable dans cette affaire est le comportement primitif des masses incultes de spectateurs radiocommandés qui, ne captant rien à ce qui se dit, aux enjeux soulevés, ne procèdent à aucune autre réflexion que celle qui consiste à confier à la tonalité de la voix le soin d'arbitrer un dialogue. Et voilà bien fait pour sa gueule ! (mais il venait pour vous sauver !)

De ces faits parler librement est doublement dangereux, car d'une part on se fait attaquer, et en plus on risque fort de commettre des erreurs, étant donné que l'usage de la liberté et de la conscience sont des choses rares (comme par un manque d'entraînement).

Là, je viens de vous dessiner le panorama du cycle infernal d'une société qui sombre dans l'obscurantisme, où cause et conséquences se confondent (ce qui est souvent le cas quand on écoute bien).
(en fait si on veut bien faire l'usage de la raison doit être producteur de raison, ce qui constitue une responsabilité)

*

Il résulte de ces graves manquement à la paix de l'esprit plusieurs observations :

1 - Premièrement la cause subconsciente : la peur.

Dans la société de l'arnaque où :
- chaque individu n'a besoin d'aucune autre qualité que celle d'être un bon commerçant ;
- les transactions inter-individuelles ont sur elles toute la charge qui consiste à définir "le système", le monde dans lequel nous vivons, alors pourtant que la satisfaction ne provient que du fait de se sentir avantagé par rapport aux autres ;
- la grande majorité des relations interhumaines se résument à des relations de type hiérarchiques : tu fais je paye, tu fais pas je paye pas ;
- les personnes morales s'approprient les droits humains tandis que les devoirs qui garantissent un monde meilleur sont confiés aux individus, (soi-disant) libres d'acheter ou pas ;
- le commerce n'est finalement qu'une méthode idyllique d'asservissement ;
il se produit que les gens, très attachés à leur survie, étant d'autre part très attachés à leurs revenus, finissent par associer "ce qui est bien" avec tout ce qu'ils peuvent faire de mal pour préserver leur vie. Il en résulte une culpabilité qui ne peut se dissimuler que derrière un refus catégorique, irrationnel, impossible à discuter de tout ce qui concerne, en gros "le social", c'est à dire le bien commun.
Il faut les voir (et il faut les accuser ouvertement) ceux qui ressentent de la haine pour le bien commun ne sont rien d'autre que d'évidents psychopathes ; car ils refusent d'admettre qu'en réalité le mal commit sur les autres finit par leur retomber dessus, d'une manière amplifiée, quoi que décalées dans le temps, de sorte qu'on ne sait pas trop d'où elle vient.
Ainsi la défiance de la raison entraine la génération des faits qui viennent consolider la méfiance perpétuelle.

Cette méfiance est l'inverse de l'idée de société ou de civilisation, qui se définit par le fait de pouvoir faire confiance à un inconnu. Cette confiance étant ainsi érodée, le phénomène même de civilisation se désagrège.

2 - Deuxièmement la conséquence pratique : la démence

(la démence c'est pas un mec qui court en agitant les bras, c'est l'enfermement jusqu'au point de perdre l'usage de la parole, de sorte à devenir incapable de s'exprimer, ce qui engendre une grande souffrance.)

Loin de la grâce qui consiste à sortir des vérités qui peuvent être généralisées avec succès, l'expression s'en croit d'autant plus capable. Ainsi le moindre épiphénomène devient une leçon de morale, suite à qui tout ce qui ne s'y réfère pas est considéré comme de la folie. Une des expressions les plus lancinantes est précisément le fait d'accuser de "folie" ceux qui ne font pas coïncider ce qu'ils expriment avec ces fausses généralités, celles qui sont dogmatiques, impensées mais admises avec ferveur, en face des nouvelles, salvatrices mais rejetées d'instinct.

(Je me suis dit qu'un jour on allait mettre les pauvres devant une émission de télé à la con, observer s'ils applaudissent et rigolent quand l'ordre leur est intimé par les applaudissements et les rires du public, et juger ainsi s'ils sont fous.)

Mais je parle aussi de démence dans le sens de la cécité mentale qui en découle. Il faut savoir que ce qui ne figure pas en mémoire ne peut être observé. Et d'autre part il faut savoir que la mémoire peut se faire laver, notamment en inculquant les réactions "officielles" qui se rattachent à ce qui voudrait être mémorisé. Ainsi il est possible de conditionner les gens à ne pas être capables de s'imprégner d'une très grande quantité de vérités, de passer à côté comme on passe à côté des fourmis (les écrasant sans faire exprès).

Et cette cécité mentale est si puissante qu'elle oblige à ne pouvoir accepter du réel qui ce qui concorde avec les deux ou trois micro-paradigmes qui sont encore acceptés.
Dans la pratique ceci s'observe simplement par la confiance qu'on accorde à des propos équivalents selon qu'ils sont dits par l'une ou l'autre personne. Bon d'accord ce à quoi je pense c'est que moi, plus pauvre qu'un clochard, ne bénéficie d'aucune crédibilité, même si j'annonce avoir compris le concept de l'espace par lequel toute la physique quantique n'est qu'une entéléchie. Tout ce que je peux récolter en disant ça c'est, après une belle et soigneuse démonstration, des insultes épouvantées.

3 - troisièmement les hypothèses

Qui ne cesse d'injecter cela dans l'esprit des gens ?
La plupart du temps ce sont les gens eux-mêmes (évidemment) puisque les questions que le subconscient considère comme irrésolues, mais que le conscient remodelé considère comme correctes, se retrouvent dans une chambre de résonance, à être rattachées à tout et n'importe quoi, comme quand les prêtres criaient systématiquement aux Sorcières pendant le moyen-âge. Finalement ce qu'ils craignaient n'existe pas, ou si peu qu'on s'en moque, ce qui montre bien comment une micro-singularité est généralisée de façon disproportionnée, catalysant des peurs venant d'ailleurs.

Ce sont des termes génériques insolvables, qui cherchent constamment l'endroit où ils pourront être proférés à bon-escient, sans jamais le trouver, ce qui ne fait qu'augmenter la frustration. C'est le cas du racisme et de toute la constellation de comportements équivalents, qui consistent en gros à l'expression d'une peurs irrationnelles au moyen d'accusations fallacieuses.

Mais au départ, qui sont ceux qui injectent les premiers les faux-concepts qui sont si aisément acceptés par les caisses de résonances, là où les vrais concepts, issus de l'observation attentive des lois de la nature, n'ont aucune chance de rentrer ?

Une des principales sources de faux-concepts est le passé. Les premiers contacts avec des lois de la nature ont engendré une compréhension nouvelle pour leur époque, dont on n'a retenu que de vagues généralités, qui ensuite font loi. Du pauvre Darwin on ne retint que "sélection naturelle" et donc, le nazisme. Ce n'est qu'un exemple, c'est difficile d'en donner beaucoup, mais il y en a plein, dans le cadre du réflex occidental qui consiste à tout dogmatiser, de sorte qu'il ne reste plus de place pour les nouvelles idées.

Mais moi je soupçonne que des gens font ça expressément. C'est en fait l'idéologie à laquelle les gens ont le réflex d'accorder le plus de confiance (les puissants) qui est la plus insidieuse et malfaisante, tandis que l'idéologie des humanistes, constamment attaquée et décrédibilisée, représente un danger de se tromper dans lequel les gens n'osent pas s'aventurer.

*

L'effroyable cécité mentale dont est victime le monde s'exprime par ce mur de l'impossible. Bien que merveilleusement bien intentionnés, ceux qui tentent de réfléchir à ce monde sont parfaitement absolument incapables d'innover de nouvelles idées, ou de remettre en cause quoi que ce soit. Oui oui, je suis un peu affolé, mais c'est vrai !
Au mieux on obtient une critique cinglante, dont ensuite n'émerge aucune conclusion ni aucune leçon, donc facile à récupérer et à détourner. On nage, on patauge.

Si au moins ils pouvaient tenir en main le paradigme salvateur, la critique pourrait être beaucoup plus efficace, et n'aurait pas besoin de s'étendre en longueur.
On passerait plus de temps et d'énergie à l'innovation de solutions.

Et pour cela il faut qu'en face nous ayons des esprits ouverts et n'ayant pas peur de devoir traiter de nouvelles idées, dans le néant de l'esprit, suffisamment confiants en eux-mêmes pour savoir, par expérience, que les idées qu'ils rejetteront et celles qu'ils accepteront seront les bonnes.
Oui oui, eh oui ! La fameuse sécurité qui est tant vendue, parle en fait de l'insécurité de l'usage de la liberté. La confiance en soi et dans les autres ne peut provenir que la qualité de la philosophie. (La confiance en les autres découle de la confiance en sa propre pensée).

-

Vous savez, non vous savez pas, j'ai passé un lustre entier à répéter article après article que le problème de ce monde se nommait le principe du commerce. C'est un principe devenu système, de façon illégale, au regard de la logique. C'est une broutille qui a tout envahi, et éradiqué tous ses ennemis. Comme ces gens, rappelez-vous à l'école, parmi les plus bêtes et méchants, qui constituent une infime minorité, et qu'on retrouve ensuite, comme dans un cauchemar, devenus présidents de la république, avec autour d'eux toute une mascarade de serviteurs décérébrés, qui parlent en syntonie. C'est ça notre monde ! (ou Biff Tannen dans Retour vers le futur)

Oh je sais, Dieu dit : si ton idée ne trouve aucune résonance, c'est soit qu'ils sont tous fous, soit qu'elle est mauvaise.
Bah les gars vous êtes tous cinglés au possible, des esclaves perdus dans un recoin mental de l'espace, comme une poussière coincée dans un glaçon.

ça vous fait peur hein ? Ben c'est bien !
L'usage de la liberté est jonché de pièges et d'erreurs, c'est à ça qu'on la reconnait. Ce dont il faut le plus se méfier en ces temps occultes, c'est justement tout ce qui est lisse et clair, limpide et bien fini.

Combien de fois vous êtes-vous retrouvés, par la force de l'humanisme qui demeure dans un coin, à poser une question toute bête, et à recevoir une réponse préconçue qui, bien qu'elle ne veuille rien dire, a néanmoins eu l'avantage de vous faire fermer votre clapet, reportant à une mauvaise nuit de sommeil le soin d'y réfléchir ?
Ceci n'est rien d'autre que de la violence, et la seule réponse potable que le système a à offrir, c'est de s'habituer, de devenir hermétiques et inhumains, pour ne plus souffrir.

Ce qui se passe est très flagrant et extraordinaire, c'est comme de l'hypnose, et de mon point de vue les peuples sont sous hypnose.
Et pour les sortir de là il faut les encourager à commettre les erreurs qui sont le fondement de la vraie liberté.

De toutes façon l'humanité s'en sortira toujours, donc inutile d'avoir peur de se tromper en refusant les idées préconçues ; surtout que c'est certain, ceux qui les conçoivent, ces idées, était tous forcément dans l'erreur la plus magistrale possible. C'est pas possible de faire pire !