130212 27 min

La mesure de toutes choses

- le paradigme de l'instrument de mesure
- la gestion rationnelle des richesses
- un système productif
- le crédit de Droits
- La somme de toutes choses

La propagation du terme "changer de système" évoque un appel de détresse exprimé dans un langage minimaliste.

La notion de ce qu'est un système est très vague, en gros c'est le pourquoi des actes malveillants, ce dans quoi on est embrigadés, et même comment ça influe sur l'humanité du comportement.

Bien sûr des actes peuvent paraître mauvais puis, rétrospectivement, s'avérer bénéfiques, mais cette rareté cosmique est l'emblème quotidien du capitalisme et de la pensée occidentale. Car c'est surtout elle qui a besoin d'être rénovée. C'est en pensant à cela, en terme de bénéfice, que les actes malveillants sont commis, en clair, pour l'appât du gain. En cela, ce qu'on nomme "le Système" est ce qui justifie l'existant, qu'il soit bon ou mauvais, ou qu'il soit mauvais déguisé en bon.

1. le paradigme de l'instrument de mesure

Or comment on change de système ?
On a pu observer, par exemple, comment un paradigme simple comme la rondité de la terre a été lent et graduel à être accepté, et encore aujourd'hui "le système" repose sur des fondements qui présupposent que les ressources sont illimitées.
Les paradigmes sont des clefs de voûte de la compréhension du monde, et bien que souvent les disciplines soient déconnectées, si un paradigme permet d'en connecter plusieurs ça paraîtra toujours plus intéressant à adopter. La joie qui consiste à généraliser ou à se sentir capable de déduire le réel depuis une situation donnée, mise en rapport avec le paradigme, est une des conséquence du premier intérêt des paradigmes : clarifier le monde. Après coup, les anciennes discussions circonspectes à propos d'un mystère irrésolu à l'époque, paraissent à la fois désuètes et charmantes, car une fois débarrassé de la vérité à propos de la problématique, il ne reste qu'à observer le caractère qui incombe à chacune des positions.
Et quand il s'agit d'aller contre l'ordre dominant évidemment, les murs à abattre sont des tautologies obstinées et crasseuses.

La plus importante des conséquences d'un nouveau paradigme, avec le fait d'y voir plus clair, est très notable puisque ça concerne directement le niveau de vie moyen.
Bien que ce ne soit que par ricochets, c'est à l'échelle historique qu'un changement de paradigme produit de la richesse.

A l'échelle humaine il reste parfaitement silencieux, puisque la plupart du temps l'idée est entièrement niée, ensuite de quoi c'est ce rejet qui est hypocritement nié, arguant que ça a toujours existé, ayant été éduqué sans le en avoir vraiment conscience.
C'est ce en quoi l'humilité est la promesse de ne pas tomber dans le déni la prochaine fois.
(et c'est pourquoi on parle aussi de propagande quand il ne s'agit que de mettre en oeuvre une certaine "éducation" - débilisante - même si on n'en voit pas l'intérêt et que personne n'en est conscient)

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Récemment j'en ai trouvé un, de changement de paradigme fatal qui peut servir d'exemple, c'est après que Planck ait découvert sa fameuse "constante", dont Einstein pu déduire que E=h*mv (h c'est la constante, * masse accélérée = énergie), alors que si on considère la matière et sa fréquence (tout corps est à la fois corpusculaire et ondulatoire), non pas comme le second découlant du premier, mais les deux comme découlant d'une réalité inaccessible aux instruments de mesure, alors il apparaît logique que le ratio de la fréquence et de la masse soit constant (comme est constant le ratio de l'ombre d'un objet et de sa taille, s'il en change).
(et donc en fait il n'y a plus rien d'étonnant à ce que ce soit une constante)

C'est tout bête mais tout d'un coup ça résout énormément de problèmes*.
En particulier sur le plan philosophique (qui prend de l'importance dans ce qu'on nomme "la science") puisque toute la réalité constatée, mesurée, ne l'est qu'au moyen d'instruments de mesure, de telle sorte que ceux-ci sont directement responsables de ce qui est "observé de la réalité", et non plus "de la réalité observée". En effet c'est ça qui découle de cette compréhension, la réalité n'est plus "observable" ; Tout comme le dernier paradigme a avoir sauté, qui disait que 'rien ne se perd, rien ne se crée", ça aussi c'était entéléchique (car masse, énergie, temps et espace sont interchangeables). En fait ce sont des "trucs" qui s'expriment, dans un instrument de mesure, de la manière dont celui-ci le permet.

* la constante dont je parle met en évidence le fait que la quantité d'énergie qu'il faut pour cogner (les électrons des couronnes successives puis) les protons d'un atome suivent une mesure algorithmique, ce dont émerge la nécessité d'employer des chiffres ronds dans les calculs. Ainsi, si il y a multitude c'est surtout à cause du fait que les énergies de déplacement s'expriment seulement à certains moments très précis, et pas tout le temps ou n'importe quand.
Du paradigme de l'éther découle le prototype de matière qui est l'expression d'un plissement dimensionnel de la trame, qui s'exprime sur n dimensions. Ainsi des dimensions peuvent être pliées indépendamment l'une de l'autre, s'influer ou entrer en résonance, leurs plissements sont invariants d'échelle, les dimensions sont reliées par un angle de 90°, une dimension peut en contenir n autre y compris une parente (activité cybernétique), et l'esprit humain opère une restriction drastique du contrôle qu'il peut avoir sur la trame de la réalité.

Ceci pour dire que "l'homme est la mesure de toutes choses" revêt un sens bien plus que poétique, mais opérationnel, au regard de ce qui peut constituer une société et une civilisation humaine : les instruments de mesure de la réalité sont l'homme lui-même.
C'est à dire que les humains sont les plus légitimes détenteurs des instruments d'évaluation de la réalité.

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Ces instruments de mesure propres à l'humain, sont ses sens. En fait le corps humain (formé d'organismes qui fonctionnent ensembles) est avant tout un super multi capteur de réalité. Sa santé relève surtout de la qualité de l'information qu'il obtient à propos de son environnement. Il est victime et responsable de ce qui lui arrive, car lui seul peut en faire une estimation.

On n'a jamais prit soin de sonder ces sens, les nommer, les étudier, outre les 5 sens habituels. On découvre à peine que l'odorat est capable de déceler des nuances d'ordre quantique, on sait que la vue, la couleur, parle directement du nombre d'emplacements libres sur la dernière pelure électronique de l'atome, on sait aussi que les oiseaux peuvent "voir" le champ magnétique terrestre, tout ça parle de la confiance qu'on peut avoir en nos propres sens.

De la même manière qu'une raie spectrale détermine la température et la composition de la fusion qui en est à l'origine, les sens permettent de sonder très profondément la réalité, mieux par exemple que si on envoyait un thermomètre à la surface du soleil, ou qu'un oscilloscope peut comprendre à la musique...

Le sens de la déduction est très actif lors de la captation de la réalité, en cela l'intelligence constitue aussi un sens, d'où l'intérêt d'avoir l'esprit clair, surtout que 30% (à vue de nez) du temps on oublie de capter la réalité (genre les gars qui pensent à autre choses en lisant ceci).

Chaque situation sociale peut activer des sens endormis et une échelle de valeurs ainsi adaptée en conséquence.
(Un jour lors une grève totale dans les années 90, tout le monde était bloqué dans les rues, mais en même temps il y régnait une ambiance d'entraide et de proximité qui était très surprenante.)
Rien que pour parler du sens moral, qu'on peut estimer plus ou moins développé selon les individus, on a là une échelle de mesure, un cadre de définition du réel qui a lui seul peut invalider la plupart de l'activité humaine.

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Un cadre d'étude est une échelle et c'est un sens, et c'est une dimension.
Quand ça participe à d'autres processus on en attend des résultats solides et cristallins.
Ce qui est observé de la réalité est corpusculaire si on combine trois dimensions pour l'observer, mais si on n'en n'utilise qu'une on ne voit qu'une onde.
On a besoin d'un cadre pour observer, exprimé par des bornes, ce qu'est une dimension.
Il y a des choses qui n'appartiennent pas encore, ou plus à ce cadre ; par exemple la lumière n'est visible que sur une gamme (du spectre spiral électromagnétique).

Mais surtout il est possible de faire appel à ces sens de façon intempestive, on peut écouter un arbre (si les bruits ne sont pas des coïncidences, les chuchotements sont des paroles), on peut voir les déroulements, on peut sentir l'odeur de la dictature, ou simplement avoir une lueur d'intelligence subite, qui casse le rythme de ce qu'on est en train de faire. Ah oui, tout d'un coup un instrument de mesure à sonné une alerte, alors pourtant qu'on ne lui avait rien demandé.

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On peut s'imaginer qu'il existe aussi des sens, ou instruments de palpation de la réalité, qui sont une émergence de réseau, et qui n'appartiennent à personne en particulier, mais dans ce cas, ce dont on parle, c'est de l'argent, l'unique étalon existant d'évaluation de la réalité partagée.
(Ce qui précède était un peu le préambule de cela, c'est un peu bête parce que je trouve ça plus intéressant, mais bon)

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2. la gestion rationnelle des richesses

Connaissant l'importance déterminante de l'instrument de mesure sur la réalité qu'il décrit, on peut s'interroger sur la pertinence du cadre de réalité que constitue la valeur en argent, puisqu'il dépend du bon vouloir des avides.

C'est cette façon d'évaluer le réel qui est responsable de ce qui existe et n'existe pas (dans le monde, du fait du Système"). Et quand on compare cela avec ce qui devrait exister, et ce qui ne devrait pas exister, on voit que personne et tout le monde est responsable de cet échec, et on s'aperçoit en passant que c'est à l'endroit de chaque transaction que le système, tel qu'il existe, trouve sa justification.
En fait ça veut dire que chaque transaction possède la responsabilité à l'échelle collective de faire le meilleur choix. Et évidemment, cette responsabilité dépasse allègrement le plafond de deux personnes qui font une transaction. Et finalement le Système dans son ensemble n'est que l'addition de ces transactions.
C'est ce en quoi ce "système" n'est pas un système mais une croyance, une sorte de convention sociale dans laquelle la civilisation s'est laissée engouffrer (avec plein de conséquences néfastes qui tombent sur la tête). Car au final la pression sociale motorise les pratique les plus efficaces, du point de vue de cette échelle de mesure qu'est l'argent.
Et c'est ce en quoi l'instrument de mesure de la réalité, l'argent, est inepte. Et c'est de cette ineptie, toute philosophique qu'elle soit, que découle la réalité.
C'est pas seulement qu'elle est observée mais elle est surtout fabriquée par l'instrument de mesure.

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On peut aussi s'interroger sur la merveilleuse idée que constitue le fait de vouloir établir une sorte de "sens collectif", une dimension, qui soit une émergence de société.
Je veux dire, cette fois, consciemment.
C'est dans cet esprit que je fantasmais sur un algorithme d'attribution de Droits, et en fait, un "code du Droit" qui soit algorithmique, relativiste, intelligent, capable de prendre en compte une infinité de paramètres simultanément dans l'établissement de "la justice", et constamment nourri par une "politique algorithmique" ouverte au public.
Cela supposait que le Droit devienne relatif, donc possible à exprimer sous forme d'algorithme auquel on injecte des paramètres.
Et surtout c'était sensé garantir la cohérence des lois entres elles, étant donné qu'elles sont adaptées à chaque personnes ou institutions, au lieu d'être génériques, approximatives, et dépassables.

C'est ainsi que j'en avais conclu qu'il fallait séparer l'argent en deux objets distincts, ce qui appartient au Droit, et ce qui ne sont que des Moyens, deux choses que l'argent associe le plus souvent de manière immorale, puisqu'ils sont confondus (le droit dépend des moyens).
Car de cette manière on peut utiliser plusieurs instruments de mesure pour estimer la valeur des choses, et ainsi justifier l'existant.

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Ce qui est opposable au Système de l'appât du gain s'appelle "la gestion rationnelle des richesses".
Les gens posent la question comme si l'air s'était soudainement rafraîchît : Quel autre Système ? Réponse, une gestion rationnelle des richesse. ça casse, c'est cash, ça veut tout dire.

Non seulement "le Système" procède du chantage pour perdurer (ce qu'est le principe du commerce), ce qui produit l'effet (stupéfiant) que plus les industries sont grosses plus elles sont nocives, mais en plus il se substitue à la raison, c'est à dire à ce qui est rationnel.
L'ensemble des activités humaines, aussi démentes qu'elles soient, sont étalonnées sur ce seul et unique instrument de mesure de la réalité qu'est l'argent. Et qui plus est cet argent excite l'avidité.

Vouloir rationaliser le système de répartition des richesse signifie que dès le départ, cette fonction ne sera pas considérée comme une résultante approximative du système, mais comme son but.
Et le terme "rationaliser" du coup, revêt une acception qui a la liberté de s'étendre au champ moral.

Car il apparaîtra évident que l'injustice ne fait que découler de l'inanité d'avoir bâti tout un système autour du stupide principe du commerce. Et qu'elle peut être résolue massivement d'un coup.

C'est à dire que l'ensemble des biens et services de première nécessité devraient faire l'objet de gratuité et d'abondance, car ils sont peu polluants, peu onéreux, et absolument nécessaires pour garantir les Droits de l'Homme, c'est à dire, ce qui justifie qu'un système soit non-injuste.

Si on se mettait à évaluer le niveau de vie moyen (en terme d'homogénéité) comme cadre directeur des activités humaines, automatiquement elles seraient dirigées vers le bien public.

En fait il faut voir cela, cette disposition dont je parle, comme une couche logicielle antérieure au capitalisme.
Il ne s'agit pas de changer de logiciel, car le Système tel qu'il existe tient en joue la vie des gens, et qu'ils y sont attachés par des liens de survie.
C'est donc extrêmement difficile de s'en défaire, et donc impossible d'envisager de simplement "changer de système".

Par contre on peut placer l'appât du gain comme une liberté, qui reposera sur un vrai système, qui lui sera vécu comme une nécessité d'ordre organisationnelle et évolutive. Ce socle serait de conception complètement nouvelle. On l'a dit souvent, les contraintes pour concevoir, imaginer le système tel qu'il devrait exister, sont les Droits de l'Homme (cette question très complexe est ainsi vite réglée).
Son but est d'assurer une vie digne à tout être humain de façon équitable sans qu'aucun argument de quelque sorte que ce soit n'ait la moindre chance de venir contredire cela (à part les limites physiques).

De manière formelle ça revient à ce que les principales industries soient rendues publiques. Le fait qu'une industrie appartienne à ses consommateurs et le plus logique, si leur vie dépend de ce qu'elle produit.
De nombreux biens doivent être considérés comme des propriétés publiques, de façon définitive et organisée, comme l'eau, l'alimentation, la santé, l'éducation, l'électricité, l'habitation, le transport, l'information et la culture.
Le fait des les produire ne doit pas être lui-même ce qui génère les moyens de les consommer (sinon c'est stupide, mais c'est ça notre système). Ils doivent être produits sans but lucratif, puisque le but de la production est d'accomplir le but du système.
Et leur consommation est régie par l'usure de ses Droits.

C'est de ça qu'il est question quand je parle de scinder l'argent en deux objets, les Droits et les moyens, d'une part ce qui est produit est le fruit d'heures de travail * une somme de compétence, et d'autre part ce qui est consommé est le fruit d'une attribution de Droits, mais à aucun moment le travail humain n'est confondu avec la valeur des marchandises. Ainsi un objet devrait être évalué sur deux échelles simultanément, sa valeur en terme de coût matériel, et sa valeur en terme de travail humain, les deux pouvant être mis en rapport lorsqu'on veut optimiser l'une ou l'autre chose. D'ailleurs à l'ère de l'informatique, qui permet l'automatisation des tâches, on est totalement réceptifs maintenant à cette notion de productivité (rapport temps/production) dont on sait comment elle va évoluer : 1 homme suffira à produire les besoins de 1000 autres.
Alors, monsieur le Système pour qui l'humain est un quanta, qui fouette les gens en leur disant que leur salaire leur permet de produire ce qu'ils consomment, comment tu vas faire quand on aura mit des robots partout ? (bah tu iras appartenir au luxe le plus rustique et folklorique qui soit).

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La culture, le dernier dans la liste des choses qui devrait faire l'objet d'une gratuité organisée, est pourtant le premier à bénéficier des nouvelles méthodes nées d'internet. Et l'injustice continue de croître.
(et la presse menteuse fait des appels au donc tout comme les associations humanitaires).

Alors qu'une gestion rationnelle des richesses, qui sont surtout humaines, consisterait à fournir tous les moyens disponibles aux activités désirables, toutes les réparations d'injustices, dans le but de faire du zèle auprès d'un robot qui produit des graphiques, issus de capteurs aussi nombreux que divers à propos de la réalité.
(et c'est pas plus bête que de faire du zèle à un banquier)

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3. un système productif

Je veux parler d'une des choses qui rend capitalisme épuisant, à force d'appât du gain et de récompenser la violence, et faire déprimer les moralistes, c'est cette tendance qu'on peut voir partout de ne rien savoir faire d'autre que de profiter de l'existant, jusqu'à épuisement, mais jamais de créer de l'existant. Enfin si, ils produisent des objets mais la formation des employés revient à l'état, et déjà, on sent l'odeur de l'injustice.

Les employés sont souvent embauchés très en-dessous de leur compétence un peu comme par goût du luxe. Personne ne s'intéresse à ce qu'ils progressent, jusqu'au jour où un petit nouveau débarque avec un meilleur entraînement, et c'est fini. Rmi, télé, clope.
Ou le jour où un indien est payé trois fois moins.

En fait l'entreprise n'a pas une seconde à consacrer à ce que son employé s'améliore, ou alors il faut qu'elle y gagne quelque chose. En terme général rien que l'idée de "long terme" engendre impatience et menaces. Même si c'est pour au final être plus productif. C'est dire si la loi de l'argent est pressante.
On dit que la concurrence favorise la qualité (alors qu'elle se retrouve répartie sur plusieurs objets), mais elle ne favorise pas l'intelligence.

Les entreprises pour elles c'est la belle vie : abondance de main d'oeuvre, usure des richesses existantes, aucun soucis pour les déchets et questions globales... et plus elles sont riches moins elles payent d'impôts, parce que pour elles, l'état ça leur sert à rien. Quelle insouciance !

Et l'innovation reste très faible, et quand il y en a une, c'est toujours malgré que personne ne voulait investir dans cela au début. Ensuite de quoi ils se copient tous les uns les autres, profitant d'un courant, jusqu'à son épuisement.
Il y a énormément de choses qui pourraient ou devraient exister, mais cela ne relève pas de l'industrie, elle ce qui l'intéresse, c'est comment utiliser l'existant, dans l'immédiat.

Même dans le discours des politiciens, autant que des employeurs ou partout, on ne cherche qu'à utiliser l'existant pour en tirer profit.
Pour cette idée on peut prendre l'exemple du mot "démocratie" : il est utilisé pour se servir, dans un discours, du réflex qui lui est associé (une vague fierté), mais en même temps à aucun moment ce mot ne concorde avec quelque chose dont on peut constater l'effet, qu'on peut mesurer. Rien n'est fait pour lui conférer un sens, le renouveler ou l'actualiser, ce mot est juste utilisé et ainsi vidé de son énergie.

Cette notion est très importante, de s'inquiéter de ce qu'on fait ou dit soit générateur du sens sur lequel on s'appuie pour sa démonstration. Ceci est tout ce qui fait la pensée occidentale, vampirisante et dogmatique, et au siècle des lumières qui prônait que la raison précède les actes, succède un siècle de la lumière spirituelle, qui révèle que les actes doivent à leur tour engendrer une Raison.
C'est un thème très fréquent dans la science-fiction, que les actes produisent les situations dans lesquelles apparaît leur justification, ou dit autrement, le destin est fait de tel sorte que tout a une raison.

En règle générale il suffit de multiplier sa démonstration à l'infini pour savoir si elle aurait des effets bénéfiques ou pas. Une voiture à moteur à combustible, une transaction, une banque, ce n'est pas du tout synonyme de "un monde combustible", "la loi du plus fort" et "une dictature mondiale", au départ. Et pourtant ça le devient pendant que les gens continuent à croire la chose au singulier (période de déni avant la mutation).

Bon, et toute cette histoire sur "ce qui est consommé", sert d'illustration où on peut relier la façon dont la société fonctionne et sa mentalité, un peu comme on peut lier le langage et la pensée. Dans la société de l'arnaque, ce qui est consommé, la ressource naturelle qui est brûlée jusqu'à ce qu'il n'y en n'ait plus, c'est la bonté humaine.

Un système qui produit de la bonté humaine ?
Ah bon ? Eh oui. (qui permet à l'humain d'exercer sa bonté)

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Quand on pense à bâtir un nouveau système, qu'on a judicieusement placé comme non contradictoire avec l'existant, on doit déjà avoir en tête qu'il s'agit d'une machine à produire une richesse qui s'exprime en terme de niveau de vie. Cette machine ne fonctionne pas seule de façon fermée, mais elle est ouverte et fonctionne avec et pour l'humain. Ce ne sont pas des châteaux-forts de fortune avec des pouilleux entre les espaces vides, mais un royaume.
Il ne s'agit pas de voir ce qu'on peut consommer mais de se demander ce qu'on doit produire (et pendant combien de temps).

L'idée que l'organisation nouvelle de ce qui existe déjà peut générer de meilleurs fruits, dépend surtout du fait qu'un système social est la seconde moitié de l'humanité, il fonctionne avec elle, et si les humains produisent des biens pour le système, le système doit produire des biens supérieurs pour l'humain. En gros c'est ça le deal, sinon ça ne vaut pas le coup de s'organiser en société.

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Il existe des mouvements tels que ceux qui produisent des aliments de façon surnuméraire, ou d'autres qui génèrent des plans en licence libre de fabrication de machine-outil. De telles organisations devraient se multiplier, de sorte qu'un jour on ait des supermarchés entièrement issus de de chaînes de production à prix coûtant, et entièrement publiques.

Mais pour avancer avec efficacité vers un résultat désiré il faut l'avoir défini avec classe et concision (les Droits de l'Homme), et être tombé d'accord sur le fait que l'appât du gain individuel est opposable à l'appât du gain collectif ; C'est ce en quoi il faut penser en terme d'organisation rationnelle des richesses, et c'est ce en quoi chaque individu doit dès le départ bénéficier de Droits inaliénables.

Ces droits doivent être formalisés, et le plus dur, sans faire référence à un "prix" en argent. Dès lors, devant l'obligation d'estimer des Droits, et sans instrument de mesure existant, le plus gros du travail consiste à construire cet instrument de mesure. Cela pourra s'exprimer en calories, dimensions ou temps, (et être rechargeable, convertible...).

L'organisation des tâches profitera exactement du même logiciel que celui de la redistribution équitable des richesses, en s'assurant que chaque personne ait contribué dans la mesure qui est la sienne au travail qui demande à être fait, là aussi, de façon équitable.

J'ai toujours supposé que si on supprimait les tâches inutiles, ou en tous cas avec l'avènement de l'automatisation à outrance, le vrai but à se fixer du point de vue civilisationnel est l'optimisation du rapport entre énergie dépensée et bienfaits produits à l'échelle globale. C'est en fait le contraire du capitalisme, puisque pour lui il faut toujours créer plus d'activité, au point de désirer produire de la pollution et du chaos, extraire le maximum de l'énergie humaine disponible, ainsi que des ressources (de façon démente et acharnée).

Réduire drastiquement le temps de travail serait possible à obtenir sans passer par un système d'allocation des Droits, il suffirait de forcer tout le monde à travailler à mi-temps maximum, et dans ce cas les richesses seraient mieux réparties. La loi peut faire cela en deux secondes.
C'est comme pour les industries publiques dont je parlais, elles pourraient très bien être créées (en deux secondes !) par l'état.
De même, les industries vitales devraient être nationalisées, mais au risque de rendre fous les détenteurs d'un tel pouvoir (c'est pourquoi le libéralisme est né, au début, avec un désir de non-centralisation).

Mais si des gens font cela, si ils se substituent au rôle de l'état, celui-ci se sentirait obligé d'y prendre une part de responsabilité.
Mieux, si l'activité commerciale à petite échelle n'a rien de nuisible ou mauvais, celles qui répondent à des besoins vitaux devraient considérer comme une victoire, l'ultime récompense, que de se voir nationalisées.

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4. le crédit de Droits

De cette manière on assure une transition suave et délicate vers un système non-injuste, qui prend en charge la survie, et laisse ainsi donc une réelle liberté d'appliquer le libéralisme là où des gens en ont envie.

Pour ce qui concerne les biens et services de première nécessité, ils doivent être produits par des circuits publics (tous les brevets, les moyens, les ressources, la main-d'oeuvre sont du domaine public), et surtout sans but lucratif, tout au long de la chaîne de production.
Cette activité est celle par laquelle il est légitime de vouloir constituer un état (dis-je, au passage). C'est ce qui "fait société".
C'était d'ailleurs ça, la tendance historique avant qu'elle ne soit déjouée par le capitalisme.

Surtout, si ce système est garant de la vie et de la santé de chacun, les candidats pour y travailler s'en sentiront d'autant plus honorés et utiles. (Et avoir de l'estime pour le travail qu'on fait, ça n'a pas de prix)

Les gens, les citoyens, possèdent le droit, à cause des Droits de l'homme, d'accéder gratuitement à ces biens courants, car aucune raison n'est capable de justifier que certains autres n'y aient pas droit.
(les supermarchés, c'est foncièrement de l'injustice !)

Ceci est fondamental, et c'est une idée d'autant plus grandiose, qu'on pourrait être surpris d'arriver à un stade où les choses de la vie quotidienne seront définitivement réglés. Cette idée, de l'utopie paradisiaque, n'est rien d'autre qu'un droit légitime à une vie en paix afin de vivre réellement. A pouvoir s'occuper de choses plus transcendantes, dignes de l'humain, et de ses sens qui ne doivent pas s'atrophier, faute de quoi, c'est la dictature !

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Alors donc, proposais-je, ce Droit devient une monnaie, puisqu'il avalise ces transactions, dans la limite de ce qui permet à chacun de recevoir une part équitable (on aurait un compte et des crédits).
C'est à dire que derrière il y a une machine puissante qui est informée de ce qui est produit, consommé, désiré, ou obsolète.
Si cela n'a pas existé avant c'est parce que ce n'était pas possible avant l'ère de l'informatique. Mais comme ça l'est aujourd'hui, il devient injuste, voire criminel de ne pas s'atteler à cette tâche.
Et puis au fond, toutes les organisations, pour être efficaces, fonctionnent de cette manière (c'est pas aux pompiers d'acheter leurs propre matériel avec un argent qu'ils auraient gagné en allant travailler au McDo !).

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5. la somme de toutes choses

En somme, l'addition de tout ce que je viens de raconter peut se faire en deux alinéas, applicables immédiatement, et qui dépendent l'un de l'autre sans quoi c'est stupide :

  • Redistribution radicale des richesses : tout citoyen reçoit des crédits qui lui donne accès aux biens vitaux, sans condition ;
  • Ces droits ne peuvent concerner que l'acquisition de biens publics : ça implique que toute production d'état, à prix coûtant tout au long de la chaîne, optimisé et robotisé à outrance, et de conception basée sur des modèles publics, partageables et améliorables.


C'est pas dur.
Voilà un usage de l'esprit de la gratuité, qui se définit comme la manière de produire plus qu'on ne consomme (comme dans la nature).

Le fait que les deux soient liés permet de se dégager du cycle commercial, et de s'assurer que l'argent destiné au social reste dans ce secteur.

Quand on y pense, des biens publics plutôt que privés, ça peut changer beaucoup de choses :
- les biens sont fabriqués pour être durables plutôt obsolescents ;
- les objets sont testés avant d'être distribués, au lieu d'utiliser les premiers acheteurs comme testeurs...
- aucun secret de fabrication et totale transparence sur les fournisseurs ;
- biens vendus à prix coûtant (une voiture ça coûte 1000 euros, chaussures 5 euros, etc...) ;
- logiciels : lorsqu'ils sont libres, tous les utilisateurs ont toujours la version la plus récente, le développement de logiciels est allégé ;
- médias : aucun compte à rendre ça doit grandement améliorer la qualité de l'information ;
- médecine : remplacement des médicaments par des plantes médicinales ;
- logements sociaux pour tout le monde ;
- propriété publique opposable à la propriété privée ;
etc...

On peut même se figurer des habitations qui soient des complexes prévus dès l'origine pour le transport des marchandises ainsi que des lieux publics destinés à permettre aux gens d'y vivre ensemble. Même l'architecture peut être bouleversée par un changement de système.

*

Bon...
et avec quel argent, tout ça, demande le frais d'esprit ?
Changer de système, c'est définir prudemment et vaillamment à la fois ce qui justifie l'existence du réel. Si observer le réel nécessite un outil, ce même outil est responsable de la réalité qui est créée.
Et une fois qu'on a défini le réel qu'on veut obtenir (un socle vital) il ne reste plus qu'à ausculter pourquoi c'est ça qu'on veut.
Pourquoi ? (demande le frais d'esprit)
Parce que quand on est petits on ne s'imagine pas que la vie va consister à se faire dépouiller de tout ce qu'on possède dès lors qu'on ose se diriger sur le chemin de ses rêves.

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Le résultat de l'affaire est ce qu'il est légitime de faire quand l'humanité se trouve dans une situation aussi critique que celle d'aujourd'hui, où il est même question de sa pérennité : tout arrêter, et réfléchir.

La majeure partie du business dans le monde (à part le pétrole et la drogue), sont les biens vitaux, alimentation, habitation.
Les plus importants, santé et éducation, sont confiés aux états quand ils veulent bien (et il apparaît de très mauvais goût qu'on y fasse du business).
Les banques et les assurances, ça on s'en fout c'est pour les riches.

Si on rend publiques la production des principaux biens vitaux, qu'on les extrait des lois de l'argent, et qu'on régisse leur fabrication et leur distribution en fonction de besoins exprimés en terme de Droits, on confisque une énorme part des emplois existants.

Si on a décidé de placer le but lucratif comme une liberté, c'est parce que nous n'avons rien contre les petites entreprises, et qu'en terme général, tant que leur travail est orienté vers la satisfaction des gens, elles sont dignes des richesses qu'elles dégagent à titre personnel (si c'est le cas).

Mais ce que ça veut dire c'est qu'on doit passer d'une société qui est très auto-contradictoire,
- où il faut créer de l'activité professionnelle à tout prix, mais le moins cher possible, dégager le plus de bénéfices possible, mais surfer sur la vague de ce qui est criminel ou pas.
- à une ou il est question de justifier l'existant, rendre effectifs les Droits, produire un niveau de vie homogène, et disposer de moyens illimités là où c'est nécessaire, dans le but de garantir la qualité, et cela, pour une simple question morale, dont l'effet produit est le sentiment de justice (qui lui-même se réinjecte dans le moteur sous forme de motivation).