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Les engrenages de l'évolution

Ce en quoi l'évolution telle qu'on se la figure n'est qu'une réduction futile de la réalité (tout est toujours une réduction futile de la réalité) est possible à entreprendre par l'esprit grâce au constat de ce qui s'oublie.

Ainsi les progrès (toute chose) possède une aura de conséquences qui, quand elle s'étend, peut s'avérer le germe d'une grande entropie.
On peut se figurer des feux d'artifice qui vont de plus en plus haut, bien que chacun d'entre eux se dissipe dans la nuit.
Ou le champignon nucléaire dont la vitesse de rotation toroïdale permet à des tonnes de poussière de défier la gravité.

C'est à dire que seul un cadre d'analyse plus global permet de faire le constat d'une progression, car si on fixe l'objectif sur le centre de gravité du toroïde, on ne voit que les choses qui naissent par le haut et meurent par le bas. D'où l'importance d'ajouter des axes dimensionnels à son cadre d'analyse.

On peut même se figurer que dans l'avancée du progrès humain il y ait des phases des progrès à peine équivalentes aux régressions et aux oublis. (comme là)
Une des choses qui n'arrête pas de se faire écraser par le système, qui désir qu'on l'oublie, ce sont les Droits de l'Homme. Il faut constamment y puiser les étincelles de l'évolution. (c'est comme un carburant)

On peut donc voir l'évolution comme une constante progression et régression dont le mouvement total détermine l'évolution globale.
On peut se dire que ça rentre par un oreille et que ça ressort par l'autre.
On peut se dire que des fois ça patine dans la semoule. (comme là)
C'est assez difficile d'obtenir une évolution cristalline comme dans la conception d'un logiciel, où chaque travail fait continue d'être utile presque toujours.

De ce fait on peut se référer aux petits engrenages mayas (avec un système de développement de 1/13), si pour mille petits progrès seul un grand progrès est effectué, pendant que de nombreux "anciens progrès" sont oubliés. On peut aussi se figurer la multitude de ces engrenages et aussi les dimensions auxquelles des séries d'engrenages peuvent s'appliquer.

On peut voir l'âme de cités oubliées où l'humanité fêtait son progrès.

On peut aussi s'imaginer le contact entre les dimensions d'engrenages quand, sans savoir trop pourquoi, une somme d'évolutions dans un domaine obtient un impact déterminant dans d'autres, apparemment disjoints, comme l'influence de la science sur les relations humaines par exemple. Ce contact peut lui aussi être représenté de la même manière, c'est fractal. (grâce aux engrenages tangents)

Ainsi le progrès ou l'évolution est loin de pouvoir se contenter de l'imagerie romaine de la ligne droite.

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J'ajoute en passant que l'image du champignon d'une explosion est fascinante parce que curieusement on y voit une représentation mentale de l'évolution et de l'humanité en marche. Ceci est quand même assez important d'en parler car cette fascination sera moins obsédante quand l'ignorance que ça révèle sera comblée par la petite déduction logique qui suit : en partant d'une entropie maximale au moment de l'explosion, l'entropie est amenée à diminuer du fait de la présence de la matière (l'air et la poussière). De ce fait ce qu'on observe de visu est réellement une activité néguentropique (l'entropie diminue, l'organisation augmente), c'est à dire une représentation de la vie !
Hallucinant non ?
(la recherche du pouvoir est le summum de la vitalité, et voilà à quoi ça mène...)
(alors la question est de savoir si pour défier la gravité il ne suffit pas d'engendrer de la néguentropie)

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Les gens qui voient leur vie défiler devant leurs yeux à l'occasion d'une expérience de mort réelle (puis de résurrection pour ensuite pouvoir le raconter, tel que cela est désormais admit objectivement) oublient de dire que la séquence d'événements qu'ils cheminent n'est pas celle qui a été vécue dans la chronologie des événements.
C'est une suave succession de lieux émotionnels qui s'emboîtent les uns dans les autres pour conformer un sens. ça semble d'une efficacité remarquable, comme si on traçait dans une évolution bouillonnante les seuls éléments déterminants, et que par cette pensée on réalisait le tronc principal de "tout ça". (ce en raison de quoi tout est logique)
Le fait que certains de ces lieux aient été inéluctables pour le bien de ce récit fait drôlement rire.

Plus particulièrement on réalise que dans la vie très souvent il arrive que des événements sont très similaires, avec la petite différence que l'un était la réponse à la question que constituait l'autre, et le plus souvent avec l'inconvénient que la question ait précédé la réponse, apparue seulement plusieurs années plus tard.

Je veux dire par là que parfois certaines situations semblent vouloir nous dire qu'il y a quelque chose à faire ou à dire d'idéal en la circonstance, si bien qu'on mémorise fortement ce "lieu", et un jour plus tard il se passe un petit quelque chose qui renvoie en mémoire ce premier lieu, comme étant ce qui aurait dû être fait ou dit, comme le moyen de résoudre l'énigme que cela constituait.

C'est dommage parce que dans l'éducation on nous fait croire sans faire exprès qu'elle consiste à fournir les réponses aux questions auxquelles on pourrait se trouver confrontés dans la vie en général (mais en fait ça ne concerne que la vie professionnelle, et encore, que sur un plan stupidement technique).
On aimerait bien que les situations qui constituent un enseignement serve à des situations futures et qu'une fois devant le problème on sache comment y répondre.

Mais ça se passe différemment et ce qui est étrange est à quel point nous échappent les leçons utiles, quand on ne sait pas encore qu'elles le sont, là où les situations problématiques percutent la mémoire.

Pour survivre il faut quand même avoir un don de médium (capable d'obtenir les réponses avant les questions), ou au moins on pourrait conseiller de toujours se montrer attentif et bienveillant envers toutes les circonstances que la vie nous propose, afin de ne jamais laisser échapper l'essence qui pourrait un jour servir à se sortir héroïquement d'une situation difficile. (les bonnes résolutions)

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C'est un peu là que se trouve l'humanité en cette nouvelle année mille neuf cent treize, ah non pardon, deux mille treize. (nan parce que douze c'était la loose). Les nouvelles perspectives sont emplies de promesses et on n'a que faire des erreurs du passé. On est à un stade où les problèmes qui nous sont posés vont engendrer les réponses qu'on aurait dû avoir. Pour l'instant la situation est choquante sur le plan historique et elle laissera l'emprunte de son traumatisme aux générations futures. On dira que c'était une époque trouble, où un pouvoir occulte embrasait de noirceur un monde pourtant riche de solutions.

On pourra observer depuis la colline pleine de verdure du futur les causes communes entre la tendance génocidaire de l'époque impérialiste d'avant la révolution industrielle, et la tendance génocidaire de l'époque impérialiste post-industrielle. Un coup ils sont motivés par la richesse et l'autre ils le sont par la peur de la pauvreté.
Mais surtout, un coup ils fondent leur motivation sur une comédie d'idéaux décérébrés, et la fois d'après les idéaux décérébrés ne sont plus que l'affiche publicitaire de motivations qui ne sont que purement techniques, logistiques, c'est à dire tout ce qu'il y a de plus rationnel.
On peut dire qu'il y a eu "évolution".
(celle du Système a consisté à formaliser les raisons de la démence initiale)

Les gens de cette époque se croient supérieurs aux gens d'il y a deux cent ans parce que leur motivation est rationnelle (c'est le Système qui produit cette nécessité sans qu'ils n'en soient conscients), tandis que ceux d'il y a deux cent ans avaient le défaut de se croire des races supérieures qui devaient apporter la civilisation, avec leurs manières de brutes, en kidnappant des sauvages et en les déguisant en civils, et en leur gueulant dessus, croyant qu'ils font semblant de pas comprendre, alors qu'en fait ils étaient en train de se faire torturer, ce que tous auraient nié et considéré comme l'opposé de ce qu'il font.

Si on regarde le schéma toroïde de l'évolution il ne s'est pas passé grand chose depuis l'époque moyenâgeuse.
A un moment les gens ont dit "on veut la république" et le roi a dit "d'accord mais c'est moi le président alors".
Et puis c'est resté comme ça, personne n'a su quoi répondre.
Il fallait répondre "hé mais t'a rien compris à l'histoire !"
"il faut que ça veuille dire quelque chose sur le plan opérationnel, si tu veux".
Mais bon on rigole, mais des âmes tourmentées ne rigolent pas du tout là.
C'est toujours après qu'on sait quoi répondre au tortionnaire qui s'ignore.
Seul le vrai héros sait détecter l'infime nuance qui peut démasquer sa funèbrerie.

Bref, ainsi ce qu'il faudrait répondre à ce monde appartient déjà à un autre monde.