121212 8 min

Psaume 121212 : Le paradigme de la demi-droite

Dans l'univers il y a des minima et pas de maxima.
La température mini, (l'énergie mini), l'espace mini, le temps mini, (ce sont les valeurs de Planck), mais pas de limite en croissance. Pas d'utilité non plus à aller trop loin. Ou alors l'ultime limite de la saturation maximale du temps de l'espace et de l'énergie, serait un bigbang
Ceci devrait laisser perplexe, c'est une "demi-droite",
Seule la première partie est connue, rationnelle (parmi les nombres rationnels).
L'autre borne ce sont des nombres irrationnels, tels que l'orbite des planètes (c'est une longueur irrationnelle) et en gros tout ce qui dépasse l'entendement. Bien qu'irrationnels ces nombres sont très utiles, c'est Pi, Phi, et à peu près tout ce qui se rapporte aux cycles et aux dimensions.
Et comme l'espace euclidien, trois dimensions définies par des règles graduées de façon monotone, n'est rien à voir avec quoi que ce soit de naturel, il ne reste plus grand chose auquel s'appliquent les nombres rationnels.

Ce qui est intéressant c'est comment se place l'humain sur l'échelle de cette demi-droite. L'humain rationnel, il est de droite, il ne conçoit que ce qu'il peut mettre dans ses poches, pour lui tout le reste est inexistant. Et l'humaniste lui, évoque des dimensions spirituelles sans vraiment de connexion avec la façon dont la société est organisée, et les malheurs qui découlent de cette désorganisation.

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Comment se définit donc, alors, un milieu entre deux bornes, une rationnelle et l'autre irrationnelle ?
La question au fond, "l'homme est la mesure de toute chose", de ce qui pour lui existe ou n'existe pas,
c'est celle du rationalisme crétin, qui se trouve en-dessous de ce qu'est l'humain dans l'échelle de l'ordre.
A l'endroit de la borne rationnelle, l'entropie est maximale, et à l'autre extrémité elle est aussi maximale.

Pour voir ceci on peut se figurer le scientifique qui cherche à comprendre le monde, déduit que sans lumière il ne verrait rien, et s'en va donc fouiller dedans le soleil alors que ça n'a rien à voir.
A l'échelle subatomique les lois n'ont pas la place pour s'appliquer car elles sont l'émergence de la complexité qui les sous-tend.
Et de l'autre côté, dans les entrailles du toujours plus, du référentiel mouvant (comme un sable mouvant), on ne cesse de glisser vers un infini toujours plus incertain.

Alors il est où ce milieu, qu'est l'endroit où nous sommes ?

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C'est assez fascinant comme l'humain est corps et esprit.
tout le système est régit pour et par le corps, tandis que l'esprit n'a jamais été prit en compte.
Quand on sent l'odeur d'une fleur, on n'arrive pas à localiser d'où vient l'odeur, du nez, du cerveau ? C'est impossible à définir, si bien que par commodité, en l'absence de questionnement, on s'imagine qu'elle vient de la fleur, même si on sait qu'on vient alors de dégrader considérablement le sens de la question.

Il est évident que le rationalisme rugueux occidental, cartésien, matérialiste, est très proche de l'irresponsabilité et de la folie. On ne peut être matérialiste ou cartésien qu'à l'issue d'une chose à l'oeuvre, pas pour justifier le commencement de tout et n'importe quoi.

Le point de départ de l'humain n'est donc pas dans le rationalisme, pas plus que dans l'infini. A chaque fois qu'on commet une réflexion, elle doit pouvoir générer un champ assez large pour, partant de l'humain, aller effleurer le rationalisme, et de l'autre côté aller côtoyer les étoiles. Mais elle ne doit pas se centrer sur le rationalisme (il doit être généré).

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C'est normal que tout soit relatif car la distance entre l'humain et les deux bornes dépend essentiellement de ce qui est soumit à l'analyse.
Ainsi un poisson qu'on prélève dans la nature n'aura pas une grande portée symbolique. Tandis qu'un crime nous plongera dans un abime d'incertitude.

Cette échelle de mesure a ceci d'intéressant qu'elle constitue une jonction entre le bêtement rationnel et l'irrationnel, à savoir entre ce qui existe et ce que ce qui existe signifie.

Souvent les gens se contentent de dire ce qui existe pour parler de ce que cela signifie, quand les mots n'existent pas pour transmettre la pensée, et avec le risque d'être le seul à y voir ce qu'on y voit.

Cette échelle de mesure entre le rationnel et l'irrationnel est un paradigme très porteur.

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La Terre se trouve entre le soleil (le zéro) et Pluton (l'infini).
Autour du Soleil la zone habitable ressemble à une sphère à laquelle on aura soustrait une autre sphère plus petite.
C'est la zone de vie. Quand on y pense tous les soleil de l'univers ont une zone de vie.
(Quand on y pense, nommer "soleils" les étoiles permet de mieux les voir)
Et la zone de vie sur Terre, en conservant les mêmes proportions, se résume à la croûte terrestre et la basse atmosphère (une autre sphère à laquelle on en soustrait une plus petite).
C'est l'intersection de ces zones de vies qui la rend possible.

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(bon aller je suis sympa je ne parle pas de la table spi-périodique des éléments chimiques qui respecte scrupuleusement ce schéma)

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Une fois ces concepts à l'esprit on dispose de bons outils pour s'attaquer à des question complexes, comme, par exemple, la plus urgente des questions complexes que l'homme doit résoudre, comment générer une zone de vie sociale ?

Tel qu'il est conçu, le système engendre deux zones de mort, sa sous-richesse et bien sûr la sur-richesse, carrément plus mortelle que la première, bien que la première ne soit pas négligeable.

Vu de l'extérieur un visiteur non terrestre résoudrait notre problème en une seconde et ne comprendrait pas pourquoi on s'en fait, ou même comme on en est arrivés à supporter ça.
Il suffirait d'établir un pont de déversement des sur-richesses vers la sous-richesse. La politique consisterait à décréter les niveaux de sur-richesse qui sont inacceptables.
Dans la pratique tous les biens matériels seraient produits par les états, puisqu'ils ont la structure d'une entreprise, autant se servir de ce qu'il y a (sur cette Terre). Et donc les grosses structures seraient nationalisées (comme ils disent, pour signifier l'intelligente mise en commun des énergies dans une optique de recherche d'efficacité.)

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Sur le plan philosophique, on a pu voir la distance qu'il y a entre l'humain idéal et l'humain dans la pratique. Il s'est créé une sorte de schizophrénie (maladie propre aux gens de la Terre et de cette époque), qui s'observe dans la distance qu'il y a entre ce qu'ils croient faire et ce qu'il font en réalité.
La société possède donc une Doxa, une église, une morale qui positionne l'homme comme supra-humain, parfait, magnifique, déique. C'est comme ça qu'ils se croient tous. Et en passant par une zone de tabous, de non-dits, de secrets, d'us et coutumes d'ordre disciplinaire, on arrive à l'humain pratique tel qu'il est en réalité mais qu'il refuse de se voir, pour qui le crime paie.

Ainsi on assiste au spectacle de politiciens véritablement malfaisants qui tiennent des discours d'autant plus prudes et moralisateurs qu'ils n'ont pas les moyens de se le permettre, et à une société ainsi confortée dans la distanciation qu'elle place entre la pratique et l'impression de vivre dans un monde en paix.

Cela est très certainement le produit de la pensée euclidienne.
Comme elle est incompatible avec une conception cyclique et fractale de l'univers, l'être humain, mi-rationnel mi irrationnel, consacre son énergie à vouloir absolument être rationnel tout en reniant leur propre humanité, et donc, sans comprendre pourquoi, ne cesse de s'éloigner autant de ce qui est rationnel que de ce qui ne l'est pas.

Il s'en suit comme une espèce de maladie mentale qui se transmet et se propage, dont le modus operandi consiste à dire et ne pas faire, faire et ne pas dire.

Pour guérir cette plaie il faut introduire le concept de transition entre le rationnel et l'irrationnel. Il faut visualiser la structure de l'univers où ce schéma est omniprésent. A chaque fois que des dimensions sont mises en relation, qu'on fait des "rapports" (des ratios, des rapprochements, des combinaisons, des réflexions) il s'agit toujours de tracer un chemin entre deux objets rationnel-irrationnels qu'ils sont l'un pour l'autre.

Ce chemin, lui, est réel, c'est la vérité. Elle existe et elle est possible à trouver, bien qu'en son milieu elle puisse s'éclater en une myriade de chemins. Cela est parfaitement opposé à la structure mentale euclidienne qui stipule qu'il n'y a qu'une vérité et Donc, qu'il n'y a qu'un chemin pour y parvenir. Ensuite de quoi tout a été standardisé, aplani, conformé, et régit par des protocoles culturels stupidement indéfectibles.

Les gens sont éduqués pareil, ils doivent penser pareil, ils mangent pareil, ils en viennent même aux mains quand un truc n'est pas "pareil", et tout ça spécifiquement à cause d'un paradigme qui n'a de scientifique que le nom, et dont la conséquence est précisément la cécité mentale qui empêche de confronter ce paradigme imaginaire avec la réalité.

Quand les humains en auront assez de toute cette standardisation de leur vie peut-être qu'ils commettront le vigoureux déscotchage salvateur qui les raccommodera avec leur énergie vitale inusitée jusqu'alors.



schéma de la jonction d'un infini et d'un fini (finitude de l'hyperbole) ça permet de projeter la valeur d'un plan (fini ou infini) sur l'autre.