060127 4 min

négligence

{::import from dav by dav date: 27/01/06}
Je repensais aujourd'hui à la génèse du tiraillement psychotique que j'avais observé chez une mère qui infligeait systématiquement des "guilis" à son fils après lui avoir donné un ordre péremptoire et négligent.
A l'époque où j'avais vu ça je n'avais ressenti qu'un vague malaise mais les développements m'ont parfois montré ce que cela construit, ce à quoi ça mène, en fait la douleur que ça répand autour.

Souvent les gens, par exemple ceux qui parlent à la télé reconstituent ce tiraillement et je me demande toujours si les rejouements de telles circonstances ne sont pas une requête désespérée du subconscient qui cherche à comprendre et donc à appliquer pour observer.

C'est parce que la méthode n'est pas la bonne que toutes les injustices apparaissent ; elles tendent à rendre visible ce qu'il faut comprendre pour résoudre ces tiraillements.

C'est sous l'impulsion de cet extrait du zapping d'aujourd'hui que du coup je tiens à rédiger ceci.

A Bagdad, des militaires américains s'en prennent à un civil qui marche à côté des chars. Ce que la caméra montre et ne dit pas, on ose le comprendre, il ne s'agit que d'un civil qui passe.
Il est alors interpellé mais continue de marcher, ce qui pousse le militaire à l'allonger à terre en le tenant par la tête comme on le lui a apprit.
Le civil crie à l'horreur, lorsqu'il sent la mitraillette sur son coup.
Et le militaire assis sur son dos, lui demande "mais pourquoi tu cries ? je t'ai pas fait mal !".

Et voilà de quoi je parle, de quel terrorisme il s'agit, et en quoi il est parfaitement le calque du nazisme, utilise les mêmes incompris et repose sur la même négligence.

La négligence c'est l'oubli volontaire de ce qui constitue une partie importante dans la réflexion ; la plupart du temps cette omission pathologique de la dimension sensible ou affective qui permet de créer des objets d'une valeur suffisante pour constituer un équilibre qui lui même conditionne le comportement, produit un discours terrorisant (qui fait froid dans le dos) de par l'ahurissante absence d'espoir qu'un jour une telle psychologie puisse atteindre le niveau affectif d'un enfant de 10 ans qui aurait vécu dans un société en paix.

Le manquement, est l'enfant des lacunes qui proviennent directement des privations injustes mais scotomisées ; c'est toute une civilisation (celle qui est capitaliste et obsédée) qui entretien et permet le développement de la cécité mentale à l'origine de l'incapacité à moduler son comportement dans des occasions de plus en plus nombreuses.

A aucun moment le militaire américain n'accepte d'admettre la frayeur qu'il provoque chez son captif, et encore moins n'est capable de transposer ce qu'il fait à une rue de New-York par exemple, exemple par lequel il pourrait supposer sa posture d'agresseur.

L'agression, est exactement ce dont l'américain se défend. C'est culturel maintenant, si il n'y a pas de traces de coups il n'y a pas de coups, et les enfants des enfants sont maintenant incapables de discerner si il y a "coup porté".

Comme ce n'est pas physique, l'américain se dit qu'il ne l'agresse pas vraiment, que ce qu'il fait n'est pas grave, il veut juste stabiliser son corps à terre pour être sûr qu'il n'est pas mal intentionné, peut-être, quoi qu'on soit en pleine ville et en plein jour.

En terme de traumatisme, ce qui est un summum pour quelqu'un ne peut qu'en de rares occasions être le summum de l'horreur pour l'autre ; un accord sur ce point porte sur des cicatrices historiques comme la Shoa,
mais cette recherche dans l'union peut aussi se faire au travers de la compréhension des mécanismes de tels drames.

C'est par cette analyse que les américains et n'importe quel autre humain normal comprendrait l'effraction morale définie par des termes qui englobent les nombreuses circonstances où on peut la constater, le plus souvent hélas en se retournant en arrière, trop rarement par anticipation.

C'est que la question est trop vague et possède beaucoup de tenants, mais quand même j'aimerais bien que le débat avance dans le sens de l'agression psychologique que constitue le fait d'inclure dans son discours l'ignorance criminelle qui veut conditionner les comportements à réagir par soumission.

Ce n'est que l'effet du fait que le psychisme du terroriste lui même réagit par soumission aux comportements acquis dans sa société de sauvages capitalistes mangeurs d'hommes.