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Le sixième monde

Les télécoms de France ont attribué aux cinq grandes régions des indicatifs téléphoniques, 01, 02, etc... puis aux mobiles celui de 06, pensant sans doute que ces utilisateurs seraient moins nombreux que ceux d'une région.

C'est ce genre de constat, c'est comme les fourmis, quand on en voit une on les voit soudainement toutes.
L'art qui de dénoncer l'injustice du système consiste à faire voir cela.

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Un autre constat s'est imposé selon lequel la désagrégation du système, ou en fait pour être exact, la mise en œuvre logique d'un système injuste, se traduisait par la division des états en plus petits. L'Europe aurait pu être le début d'un méthode de constitution d'états-unis qui, si elle avait marché, n'aurait pas manqué de s'étendre. C'est ainsi que ça se passe dans l'évolution d'un système normal, les tâches courantes sont mises en commun parce que c'est plus optimal.

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L'inconvénient majeur du système du "je te donne donc tu me donnes" est d'être absolument inapproprié à la majeure partie de l'activité humaine, tout ce qui concerne la bonté, la générosité, le désir de vivre, et sur le plan actif, tout ce qui concerne la santé, l'éducation, la culture, et tous les biens immatériels.

En conséquence de quoi on ne cesse de voir apparaître des "économies parallèles" (ou informelles) et c'est mon plus vif désir de faire que les imprimeurs de billets se retrouvent avec des sacs de papiers ayant perdu toute valeur, dans la mesure où les vrais gens, eux, vivraient dans une de ces économies parallèles, et à fortiori, la plus probante d'entre elles, et je l'estime, ce sera celle qui fera ses évaluations en terme de Droits.

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La région 6 (de France Télécom) est immatérielle, et c'est pourtant là que réside le plus d'utilisateurs. C'est un bon topique pour annoncer l'avènement d'un état immatériel.
L'intérêt de cet état serait précisément qu'il soit régit par un système "de justification de l'activité humaine" qui ait pensé et prit en compte ce qui est immatériel dans l'activité humaine.

Dans l'idéal les gens s'associeraient en coopérative qui prendraient en charge les inactifs de tous ceux qui s'y joindraient, et la motivation pour les inviter serait que plus les actifs sont nombreux, selon la loi des systèmes non-injustes, plus la quote-part de labeur de chacun serait faible.

Dans ce cas on leur dirait : "Vous faites partie du Sixième monde" (c'est très publicitaire, ça fait allusion au tiers-monde), et de ce fait, vous obtenez une internationalité, vous vous engagez à ne plus participer au système injuste, et vous êtes exemptés des lois du pays qui s'est installé chez vous".

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Le désir d'un état palestinien ne fait que conforter la division des états et le fait de subir le système, alors que normalement, d'après ce qui est juste, les richesses des uns devraient aller aux pauvres, les moyens devraient être collectifs, l'énergie humaine devrait focaliser sur les objectifs communs, bref les états devraient s'unir afin de constituer des niveaux qui s'occuperaient de l'équité de la gestion des ressources, de l'équité.

Les gens pourraient même créer des associations qui auraient ses propres coutumes civiles auxquelles chacun serait libre d'adhérer.
Eh oui car souvent les lois ne sont que des coutumes civiles, tandis que dans le même panier du terme de "loi", se trouvent aussi des évidences de la dimension humaine.

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Un état immatériel, mondial, ne jugerait pas rationnel que des états se comportent comme une propriété privée, seule détentrice des richesses qui s'y trouvent. Car en faisant cela elles s'exposent immanquablement au pilage.

D'ailleurs qui a décrété que les états devaient se comporter comme des propriétés privées ? Cet entendement qui date du moyen-age est une bonne démonstration de ce que l'exemple sur lequel se fonde la rationalité peut très bien avoir été échafaudé d'une manière inavouable.

Alors que la bonne méthode pour ne pas être pillé est de participer à un système de répartition équitable des richesses, de partager.

Et quand on voit des chefs d'états se croire PDG d'une société nationale, on se demande de quelle concurrence il s'agit, et si les vertus de la concurrence sont une motivation ou un oubli.

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C'est une autre notion primordiale que de se rendre compte que les états n'ont pas à se comporter comme des propriétés privées parce que cela touche au droit des groupes sociaux. Les groupes ne devrait jamais pouvoir bénéficier des droits civils accordés aux citoyens, sans quoi ils le leur confisquent. Au contraire les groupes sociaux devraient avoir pour obligation de contribuer aux droits des individus.
Il faut se rendre compte que le système du "je te donne donc tu me dois" ne devrait jamais concerner que les transactions d'individu à individu.
C'est à chaque fois que ce n'est pas le cas qu'on se sent frôler le barbelé de l'injustice.

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Tant qu'on rêve il y a de l'espoir,
voici les conditions générales du Sixième Monde :

- Le système social répartitatif est prévu pour générer le monde dans lequel on veut voir naître et vivre les générations futures ;
Tout individu souhaitant s'y engager manifeste son rejet de l'ancien monde et ne souhaite plus y contribuer.

- Le citoyen obtient une carte d'identité mondiale qui l'exempt des lois de son pays, et le soumet aux lois et règles de l'Organisation.

- Il lui sera octroyé une habitation à l'endroit de son choix, qu'il pourra occuper le temps désiré ou bâtir avec l'aide qui lui sera déléguée. Aucun état ne pourra s'y opposer.

- Les citoyens du Monde bénéficient (comme le Vatican) d'un passeport diplomatique leur permettant de voyager librement.

- La charge professionnelle des citoyens est laissée à leur libre appréciation. Leur seule obligation s'exprime en nombre d'heures de travail, qui découle de leur profession et de la répartition des tâches.
Ils peuvent remplir des tâches attendues et s'inscrire sur le site pour choisir un métier disponible, ou faire une demande justifiant l'intérêt de leur activité afin d'obtenir des droits, de telle sorte que ceux qui participent au système aient envie de continuer à y contribuer.

- La rémunération de chacun ne s'exprimera qu'au travers un coefficient, qui prend en compte la qualité, l'expérience, l'utilité et l'efficacité du travail accompli.
Ce coefficient génèrera un crédit-droit qui avalise par avance un certain nombre de transactions courantes ou ponctuelles.

- L'ensemble de la comptabilité de toutes les activités humaines est assurée par l'ordinateur central.
De même, chaque citoyen possède un compte sur lequel est conservé l'état de ses droits.

- Les Droits sont organisés en catégories qui sont plus ou moins compatibles entre elles. Le droit commun concerne les biens et services de première nécessité, ils sont courants, conventionnels, et immuables.

- L'ensemble de l'Organisation a pour objectif primitif d'assurer le fonctionnement normal du droit commun. Il est prioritaire à tout autre.

- Les catastrophes naturelles et autres désastres sont considérés comme une lésion pour le système qui a le devoir d'y dépêcher toute l'énergie disponible pour générer une réparation.

- Tous les citoyens sont suivis par l'ordinateur central qui peut les localiser immédiatement et connaître leur état de santé, de sorte que personne ne soit laissé pour compte.

(et toutes autres idées issues de ce que pourrait être la vie à bord d'un vaisseau spatial)