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Focalyse

Sans ne rien connaître à ce domaine philoscientifique je soupçonne qu'il doit bien y avoir une discipline à-même d'établir un rapport entre la langue et la civilisation.
Je vois les Indiens d'Amérique (le pays qui existait avant les USA) comme une somme de peuples qui, bien que très distincts les uns des autres, vivaient à-même le sol, avec le sol, du sol, entre cueillette, chasse, confection et chansons traditionnelles.
Évidemment quand une civilisation a un degrés d'évolution si primitif il s'épargne tous les inconvénients de la complexité. Il ne doit pas y avoir de mot pour signifier "le stress" ou "être en retard". Le rapport au temps doit sûrement être bien différent, et mois développé, tandis que d'autres termes peuvent nous parler de choses qu'il nous faut une phrase entière pour expliquer.

Il est possible que parmi eux les jeunes étaient quand même séduits par le déferlement occidental, qui malgré sa violence et sa déraison, laissait entrevoir une grande énergie à laquelle on a toujours envie de se mêler. La guerre d'extermination s'est terminée par l'absorption de ceux qui restaient, et des langues se sont éteintes, comme si elles avaient fait leur temps, parce qu'elles n'étaient pas adaptées aux déroulements des sociétés plus complexes, nerveuses, toujours en train de "compter".
(Une société de conteurs a été remplacée par une société de compteurs.)

Quand je vois les USA qui ont inventé la langue de la war, où une phrase c'est trois mots, où discuter, interroger, l'art du dialogue sont si extraordinaire pour eux qu'ils en font des films (où nous on comprend pas l'intérêt de dialogues qui nous paraissent névrotiques), ça dessine une civilisation qui place son autorité précisément dans ce avec quoi il leur sera toujours impossible de discuter.

Quand je pense à l'hébreu, pour autant que je sache c'était une langue morte, entretenue par des religieux, qui a été ressuscitée pour les besoins de la création de l'état d'Israël sur ordre colonial, ça me semble être un golem de boue revenu des morts à qui on a donné vie par une incantation occulte. Et du coup les gens qui vivent dans cette langue, nous semblent incompréhensibles, et de même on voit bien qu'il y a une énorme somme de choses de l'ordre de l'empathie qu'ils sont absolument incapables de comprendre, sûrement (je sais pas), parce que leur langue le leur interdit, de façon mécanique.

*

J'ai travaillé de façon acharnée pour influer légèrement l'inertie du développement d'un logiciel de sorte à ce qu'il convienne mieux à ce qui fait autorité dans ce domaine, et avec ce langage, à savoir l'esprit de Steve Jobs. C'est dingue quand les gens sont mort on a plus de chance de pouvoir communiquer avec eux. Il a dit "Focalyze" (un Y pour marquer l'accent).

C'est vrai que d'une part, chaque chose qu'on veut créer engendre son lot de routines qu'ils faut d'abord créer et implanter et avant ça rendre participatif à l'ensemble du système, c'est à dire fonctionnel. C'est difficile de focaliser, si à chaque fois il y a d'autres chantiers qui s'intercalent entre nous et ce qu'on veut faire. Et d'autre part si on ne fait pas ça, l'utilisateur lui aussi peut se retrouver dans le même marasme, c'est comme un champ entropique qui ne cesse de s'abattre, comme la résistance du vent, il s'agit de naviguer au milieu des chantiers qui nous interpellent. On peut même se laisser conduire par eux, en tous cas c'est un état d'esprit que j'appelle "Art-déco", qui n'est pas sans intérêt pour la qualité, car pendant ce temps on a le sentiment que tout est en ordre.

Et puis soudain, bon je vous raconte ma vie mais c'est intéressant, un nouveau chantier s'est imposé, comme une douane vers un nouveau stade évolutif, quelque chose qui avait toujours été mis de côté et bâclé en vitesse pour son manque d'intérêt, j'ai nommé la pictographie.

La pictographie n'a de logiciel que le rapport qui peut être établi entre les pictogrammes. On peut s'en moquer de ça aussi, mais c'est important. Focalyse : le but du développement est que toutes les commandes de l'utilisateur puissent être activée par commande vocale.
Dans ce cas il faut dire "fait ceci" et ensuite "oui mais plutôt un peu comme ça", afin d'obtenir son résultat par tâtonnements, qui est la seule méthode existante dans l'univers. Car du premier coup, c'est réservé aux habitants du Royaume.

Et en fait la pictographie est le point de départ, le passage obligé, inéluctable, de tous les autres développements futurs, car quoi qu'on fasse on en aura toujours besoin. Alors bon au niveau logiciel il y a toute une somme de dispositions à mettre en place pour switcher de table de pictogrammes, laisser plusieurs niveaux de réglages, incorporer les cas de figure spéciaux, et une fois que c'est en place, là il faut commencer à s'interroger sur l'usage des pictogrammes.

(ce n'est pas bien compliqué à ce stade, mais l'intérêt n'est pas là)
L'intérêt c'est que les pictogrammes sont une langue universelle. ça prend énormément moins de place, à l'écran, en poids/temps (puisqu'une table est chargée autant l'utiliser, à 15Ko les 100 pictos c'est un bon prix), ça rend le logiciel plus "propre", plus compréhensible, je dirais même que c'est l'émergence de la propreté du code. Tout le logiciel n'en n'est que plus commode et plus clair, plus Focalyse.
Et ce n'est que le début de ce qui incombe ensuite ; ça donne des idées.

C'est un travail créatif aussi parce qu'il n'existe évidemment aucun jeu d'icônes qui réponde à nos besoins, on est toujours obligé d'utiliser des sources hétérogènes, la seule solution, qui fait vraiment la différence, c'est de les créer, et donc de créer une machine pour les créer, c'est à dire au moins mettre en oeuvre un chemin procédural de choses à faire pour en ajouter à notre table. Evidemment chaque contexte possède sa propre table. (C'est quand même un chemin composé d'une séquence de dix activités, c'est pas encore un truc développé pour plaire à l'utilisateur, dont le rêve n'est d'avoir à appuyer que sur un seul bouton.)




Ma machine, j'ai établi que l'icône devait pouvoir s'exprimer sur une matrice de 16x16 points. Comme ça ça s'affiche en taille 16 à absolument n'importe quel endroit. (cette capture d'écran est périmée mais bon)

Mais surtout ça ouvre des perspectives extraordinaires, ça redéfinit la courbe inertielle du développement (si on peut dire ça comme ça).
C'est un langage très proche du subconscient, il y a des "fais ceci" qui sont quasiment inexprimables avec la langue. On cherche la fonction de l'œil sans la nommer, ni vraiment s'en souvenir, et quand on découvre le dessin, on se dit "ah, c'est là".

*

A l'époque où on rêvait d'un autre monde les gens avaient inventé un langage commun une sorte de patchwork des langues existantes, une langue créée ex-nihilo en tenant compte des développements les plus récents des usages conversationnels, je crois que ça s'appelait le indigo ? le florentin ? non l'Esperanto. C'est vraiment une très honorable et humanitaire entreprise. Pour finir cette phrase j'ai fait google -> "langue internationale", les dix premiers résultats sont exactement dans ce que je dis là :
"langues internationales" (il y en a plusieurs, c'est ballot !)
"Une langue internationale est plus que jamais nécessaire."
"impose également sa culture et son style"
"la terre sembla se rapetisser"
"L'anglais est omniprésent dans les médias"
(lol y'a toujours un gars qui vient rompre l'élan du discours)

Focalyse. Comment n'y ai-je pas pensé plus tôt, voilà qui va orienter de façon décisive mes travaux sur ce que la société devrait faire, que ce soit pour se sortir de sa fin de cycle ou en terme général : les pictogrammes sont cette fameuse langue internationale si vénérée par ceux qui, comme je l'ai fais il y a 18 heures, ont établi un lien entre la langue et la civilisation.

Focalyse n'est pas un terme à pictoraphier, il n'est pas fonctionnel, pas logique. Ce n'est pas une émanation du subconscient, c'est un message de l'au-delà qui appartient à la sagesse. C'est pas un truc qu'on peut "faire", lol. Personne ne partira en guerre en disant "eux ils ne savent pas Focalyser".

Mais sur le plan pratique, à condition de trouver les juxtapositions, une syntaxe, une logique, un langage interne, ça pourrait constituer un langage. D'après mon étude furtive mais puissante j'ai établi que la langue grecque ancienne était comme ça, avec son Alpha, Beta, Dzeta, etc... Les voyelles sont des lois (de la nature, de la mécanique), et les consonnes sont réparties en 4 champs, une phrase étant constituée de n'importe lequel de ces champs et variantes, et d'une ou plusieurs lois (devenu ensuite "le verbe").
(j'en parlais dans cet article il y a 27 ans environ, en 2008 philum.info

Il y avait une tension, un lien entre le sens et l'articulation avec la bouche, organe servant à simuler n'importe quelle chose (les dents, la gorge, le palais, la langue etc...) et cette langue-là, on constate que c'est la même partout dans le monde, par exemple quand un enfant dit "gnagnagna" ou "lhhhhh" ou encore "pfff".
C'est donc une langue qui devait sûrement se parler avec ses tripes, comme le fruit d'un grand effort de synthétisation de l'idée (de Focalyse), à l'opposé du bavardage. Un truc clair et net, qui ne laisse pas de place à l'interprétation.
(mais pas comme l'américain quand même car lui, austère, rigide, permet aux autres civilisations de voir de manière flagrante leurs lacunes et leur ignorance sur le plan philosophique et spirituel.)

Ensuite, après le lien avec l'articulation bucale, c'est quand les objets sont joints que ça constitue un langage. Je me suis imaginé que l'évolution improbable et excentrique de ce langage pratique, minimaliste et utilitaire a converti les symboles signifiants en simples lettres vides de sens, les mots récupérant la charge de ce sens, et cela répété mille fois, donnant lieu à des langues incompatibles les unes avec les autres, et ce faisant, des mentalités et des psychologies incompatibles elles aussi les unes avec les autres.
Heureusement le libéralisme est venu à la rexcousse de ces humains infortunés en leur donnant les bases d'une langue universelle : l'argent. ahhhh l'argeeeeent. Money. Thune. International language = dollar. Avec ça tout le monde te comprend. (lol)

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L'ultimement intéressant dans ceci c'est qu'on peut apercevoir un peu mieux ce qu'avait découvert la scientifique émérite Benedicte Ruth, à savoir que la psychologie, l'anthropologie, sont complètement relatifs les uns des autres (observez cette tournure de phrase qui signifie que tout est toujours relatif à quelque chose d'autre, Einstein avait oublié la fin de la phrase, pas nécessaire pour le dicton, mais nécessaire pour la compréhension : "l'espace, l'énergie, le temps sont relatifs les uns des autres, "se tiennent" l'un l'autre).
Des anthropologues de différentes civilisations observant les mêmes indiens d'Amérique, avec leur si grande et belle unité et leur si grande et belle diversité, feraient des constats tous différents les uns des autres.

Je veux dire par là qu'il est tout à fait logique que le jugement que le monde des vivants peut avoir des israéliens qui parlent une langue Golem ne soit pas partagés par eux, et même incompréhensible pour eux. que ça les dépasse totalement. Nous de notre point de vue on a l'impression d'assister à l'époque de l'inquisition, on de n'importe quel moyen-âge obscurantiste et super véner à propos de tout ce qui s'écarte du Dogme officiel, légal, logique, et qui constitue leur plafond ultime.
Combien de fois peut-on voir des gens se sentir comme insultés ou choqués à propos de choses qui ne sont pas sensés les toucher, et d'avoir en retour l'impression qu'ils nous jouent une comédie hypocrite d'un très bas niveau de conviction ? (Le plus souvent je suis dans le cas de celui qui se sent heurté là où personne n'y trouve à redire. Surtout quand on tue des arbres.)

ça ce sont les affres du langage, et surtout de ma super découverte du jour, à savoir de la relativité anthropsychologique.
Mais heureusement une lange va venir nous sauver, puisque par nature elle ne peut qu'être compréhensible, puisque à cause de ceci, elle ne peut que s'attacher à l'existant possible et faisable ; Ce sont les pictogrammes, la langue du futur ! Même plus besoin de "verbe". Just "do it".

L'avantage c'est qu'elle n'empiète pas sur les langues existantes, et pourtant elle peut leur venir en renfort et les recadrer de façon fiable, étant donné que leur rôle est spécifiquement fonctionnel, logique, et surtout le plus important, incompatible avec tout ce qui prête à confusion. Surtout, comme elle appartient à des contextes variés, elle ne dépend que de ces contextes, et ne peut pas être l'objet de duperie ou de sous-entendus énervants. Oh si elle le peut un peu mais sans remettre en cause son pragmatisme.

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Dans les guerres, et après j'ai fini, le langage parlé est tout aussi iconique. Les guerriers n'ont aucun besoin de langue sauf entre eux pour se coordonnér (la langue de la war est taillée pour ça). Un gars amène son bateau, ça veut dire "je suis là". L'autre tire un coup de semonce et dit "tu n'a rien à faire là". Le premier garde le silence et donc, répond "si j'avais rien à faire là je serais pas là, mais je n'ai rien contre toi".
La même conversation en SMS ça donne : "yo", "kes tu fé", "rien". Trois icônes. 48 octets.
Selon la circonstance l'action peut vouloir tout et son contraire, c'est une langue très précise qui dépend explicitement des circonstances ; disons que ces circonstance qui définissent le sens sont dès le départ l'objet d'un consensus, et c'est ça qui change tout.