120920 8 min

Psaume 120920 : Ce qui est directeur

Comment bien réagir aux situations de stress reste carrément le but de la vie. Si on la considère comme une expérience c'est pour mieux savoir faire usage de la liberté de se dégager des effets de la nervosité. Rester maître, être maître, n'est que l'effet du bon usage de la liberté. (Souvent les gens essaient d'imiter le comportement de la maîtrise, à un stade primitif de l'évolution spirituelle). C'est un grand-écart de parler de liberté pour signifier le droit, la possibilité qu'on a, la voix qui s'ouvre mais qu'on ne voit pas au moment où il faut passer à l'action. Le regret de ne pas avoir fait le bon choix ajoute de l'expérience et donc du contenu à ce qui va ensuite consolider, faire la substance de la sagesse.
Et quand vient un moment de stress intense c'est là qu'on peut la tester.
On en vient même à souhaiter ces moments pour pouvoir appliquer nos réactions idéales mais comme le cosmos ne fait rien deux fois, c'est toujours face à des situations nouvelles qu'on se trouve, et la réaction idéale n'est jamais écrite. elle doit être une création, une improvisation divine, un de ces moments où on agit en toute conscience, où on focalise tout son être sur l'événement, de sorte même à ne pas se trouver prit au dépourvu.
ça se joue dans la seconde, il faut surmonter un tsunami-éclair, et reprendre immédiatement les rênes du déroulement du temps. Il ne doit pas nous échapper. Avoir du pouvoir sur les déroulements temporels est ce qui permet d'échapper au temps ; c'est ça qui confère cet air de maîtrise si reconnaissable.

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L'argent et donc la possession de ce qui a de la valeur aux yeux de l'argent dirige le monde. (Il faudra dire aux riches que leur vie misérable ne vaut pas un copec).

Ce qui fait agir se place toujours au-dessus de soi. C'est pour ça qu'on parle de règle du jeu en parlant du système, il se trouve à un niveau hiérarchique non accessible pour discuter d'égal à égal. En conséquence de quoi ne pas être conscient de ce qui est directeur de sa vie et des événements de ce monde éloigne les humains de leur capacité et de leur liberté de faire usage de leur maîtrise. Pourtant c'est de ce que le temps et les événements soient mis en œuvre avec le plus de conscience possible dont a besoin la Terre, et l'univers. Ne pas nourrir la Création de ce dont elle a besoin constitue une sorte de faute dont les effets se font ressentir en retour, étant donné qu'on y est liés de façon biunivoque.

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Les liens du commerce sont des liens de mise en dépendance c'est à dire qu'il confisquent, en rendant inutiles, les choix qui consistent à obtenir par soi-même ce qu'on obtient ou possède, ce dont on a besoin. On passe nos vie à essayer d'obtenir ce dont on a besoin pour passer à une étape ultérieure où, une fois ces besoins comblés, on pourrait enfin s'inquiéter des grandes questions. En fait l'asservissement est ce qui consiste à éloigner les gens des grandes questions.

Il faut attendre la pénurie alimentaire pour que les gens comprennent qu'ils peuvent (qu'ils auraient pu depuis longtemps) tout aussi bien faire pousser les choses eux-même, et même en abondance. Ce n'est qu'un exemple, l'alimentaire, ça peut être le spirituel et toutes les formes de maîtrise. Il faut que les gens se trouvent personnellement en danger pour vaillamment partir à la rescousse de tous ceux qui sont dans leur situation, comme s'ils saisissaient l'occasion qui se présentait à eux, comme s'ils étaient dépendants des événements et non l'inverse.

Les attaques qui sont faites contre les gens par méchanceté, toutes ces choses qui font les fait-divers de l'actualité, un espèce de flux continu de nouveaux scandales aléatoires, sont autant de fois où l'instant frappe des gens et où leur réaction, leur maîtrise, leur sagesse est testée, évaluée, jaugée. Les gens qui provoquent les scandales sont totalement à l'abri de tout, ils sont hors du temps puisque ce sont eux qui provoquent les événements, l'histoire. Et les victimes, les noyés, les affamés, eux n'ont pas le temps de réagir, ils voient la liberté de leur vie leur échapper des mains.
Ils ne peuvent que subir, geindre, se plaindre, crier à l'injustice, et pour eux c'est perdu d'avance, il faudra attendre la prochaine fois pour avoir une chance de renverser les choses.
Et les choses n'ont jamais lieu deux fois.
Aucune éducation ne prépare à devenir maître de la situation.
C'est tout le travail fait sur soi qui permet de s'en sortir.

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Des fois dans la rue (y'a des jours comme ça) je croise des gens que je connaissais (plusieurs à la suite) avec ma dégaine de clochard, on se croise sans avoir le temps de réagir, sans s'en donner la peine, sans se dire bonjour. Parfois même, comme quand vous regarde l'épaule de quelqu'un elle se retourne 100 des fois, on peut savoir à l'avance qu'un tel événement est le rondin de bois sur la rivière du temps qui arrive sur nous.
Seul un vrai Jedi peut faire une pirouette et se servir de la force du rondin pour aller voler au-dessus de la rivière du temps.

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Le monde a un problème (Allô Houston le monde a un problème vu d'ici), c'est ce qui est directeur.
Dans une entreprise les gens font ce que dit le directeur sur qui repose la charge de faire advenir le temps, mais lui aussi il a ses directeurs.
Dans le supermarché où on fait ses courses c'est le même directeur qui commande nos actes déterministes. Ah ça oui on a le choix, on est libres de se faire arnaquer sans que personne ne nous le reproche (normalement on devrait même nous féliciter), mais tout est régit, dirigé, choisi, décidé, il n'y a plus qu'à consommer les choix des autres.
Et on sait très bien que le choix des autres est comme le sien, dirigé, contrôlé, décidé (choisi).

Au moment de l'instant présent tant désiré qui nourrit l'expérience un peu piétinante de la vie, c'est ce qui est directeur qui détermine les choix. La plupart du temps on le passe à chercher à comprendre ce qui est directeur, afin d'adapter ensuite sa réaction, pour la prochaine fois où on pourra réagir parce que sur le coup, il est trop tard. Il faut choisir entre chercher à comprendre ce qui est directeur ou réagir en conséquence de ce qui est directeur, mais faire les deux est impossible (il faut être un Jedi, ou alors il faut avoir vu venir l'événement).

Plein de gens ont si soif d'action qu'ils ont cristallisé ce qui est directeur et agissent de façon prévisible, systématique. Le risque c'est que pendant qu'ils restent confinés dans leur certitude le cosmos continue d'avance et avec lui, ce qui est directeur. Ainsi n'est pas seulement question de savoir que de deviner ce qui va devenir directeur.
Il y a aussi les moment où on passe à l'action pour la première fois quand on estime qu'on a suffisamment prit connaissance de ce qui est directeur (la goutte qui mouille le bord du vase). Elle est marante cette expression avec le vase (on y pende jamais), elle signifie l'accident qui vient briser la règle arbitraire qu'on s'était fixée, justement pour éviter l'accident.

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Si je fais pousser mes légumes et mes fruits, leur goût m'intéresse d'autant plus. Au moins autant que si j'aime celui ou l'endroit qui les fait pousser. Parce que dans ce cas je suis partiellement impliqué dans le goût du fruit.
Or, quand on regarde la terre depuis le satellite du fantôme masqué qui marche incognito dans les rues, on se demande qui possède la connaissance de ce qui est directeur de ce monde.
On observe des gens qui se battent avec des châtaignes et des épines de pins comme résultat de ce qu'ils ne sont pas d'accord sur ce qui est directeur.

Les crimes commis dans le monde, pour la même raison, échappent à la plupart des gens, sont comme lointains, parce que le nombre de trames d'hyperpropulsion qui les unit à ces événements est très faible. C'est distant, vaporeux. Le goût des aliments fabriqués dans un but de domination, volés à des gens qui n'ont pas le choix, transportés par des gens qui n'y goûteront jamais, est tout autant éloigné de nous. Pour trouver que les aliments ont du goût il faut être un libéral convaincu.
Pour ressentir la douleur des familles déchiquetées par la violence culturelle, invisible, hors du temps, inexcusable et impossible à discuter avec, indépendante de toute raison, impossible à atteindre, il faut soi-même avoir tissé les trames biunivoques qui nous permettent de nous retrouver en eux.

C'est ça qui pend au nez de celui qui aura compris ce qui est directeur en ce monde.
Il faut s'être fondu avec l'indiscutable, or la plus indiscutable des choses dans l'univers est la vérité, et sa principale propriété, comme les choses sont bien faites, est d'abreuver les hommes de liberté. C'est à ça qu'on la reconnaît.
C'est à dire qu'il ne s'agit pas tant de découvrir, et changer ce qui est directeur en ce monde pour lui apporter la paix et la sagesse dont il est capable, que de simplement le prendre en mains, le tenir, le modeler, avoir un oeil et une influence permanente sur lui, l'accompagner et le guider, car on n'accompagne pas sans guider aussi.

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Ainsi tous les problèmes du monde, les menaces qui planent, les deadlines qui pointent à l'horizon, les situations de stress et les causes de souffrance, ne sont rien d'autre que la conséquence de l'absence de l'intelligence pourtant requise pour accompagner la marche du monde, de la conscience, cette fameuse chose agissante.
Il suffit juste de mettre en œuvre ce qui donnera du goût aux aliments, ce qui autorisera à marcher librement, ce qui invalidera l'intérêt du crime comme je le dis souvent.