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Les problèmes à régler avant de pouvoir régler les problèmes

Les problèmes à régler sont ceux qui permettent d'avoir un contrôle sur le devenir de l'humanité. Cela consiste en l'édification d'un véritable système fonctionnel utilisable et qui marche (quadruple pléonasme, mais il faut bien insister !). La méthode que j'ai préconisée à cause de l'intelligence c'est de remplacer le principe du commerce par un système d'affectation des Droits, aux gens et aux sociétés, qui peuvent être de différentes natures, combinables, convertibles, et plus ou moins périssables. ça ou autre chose, tant que le contrôle est rendu possible, ce sera OK, à condition toutefois que les yeux du système soient la démocratie, réelle, au sens où on aura conféré à ce mot une acception toute nouvelle, après avoir sondé son essence, qui dit en gros que n'importe qui peut avoir un effet majeur si ça vaut le coup.
Il faut donc toute une structure d'échanges de point de vues qui soit assez cristalline pour permettre à la vérité de jaillir et de rallier des supporters qui viendront appuyer les idées, les choix et les manoeuvres. ça doit être centralisé, officiel et efficient. Pourvu que ces démocrates agissant le soient de façon libre et sincère, indépendamment de tout intérêt personnel.

Ce dernier point, la structure cristalline d'échanges de points de vues, est préalable à toute recherche de solution.
Il se passe qu'actuellement qu'on a largement suffisamment assez compilé d'informations et de données pour procéder à un choix, prendre une décision, et passer à l'action. J'en ai un peu marre des articles qui dénoncent l'irréalisme et l'irrationalité du principe du commerce, même si ça permet encore à certains de prendre conscience du monde, parce que les problèmes sont connus, et qu'il n'y a plus de temps à perdre à continuer de les connaître encore mieux. N'importe qui peut les deviner sans même accéder à un millionième de l'information existante.
On a l'impression que la foule du monde est posée en cercle autour du principe agonisant du commerce comme devant une bête curieuse qu'ils n'ont jamais vue, dont ils ne savent rien, et qui est en train de mourir. Plein de gens se posent la question "est-il en train de mourir ou quoi ?".
En fait, le système tel qu'il existe est tellement ancré dans la mentalité, les réflex, le subconscient, les fonctionnements et les comportements, la culture, il se situe en haut de l'échelle du raisonnable car toute action ou parole découle du système existant - bien que celui-ci ne soit jamais confronté à la logique ou la réflexion, sans doute par peur de la sanction d'hérésie - que quand on voit le système-bête-curieuse en train de mourir, ce sont les gens eux-mêmes qui sont en train de mourir.
C'est toujours difficile de dire aux résidents d'un asile de fous dont l'esprit est en flammes, qu'il y a le feu.

C'est un effet logique d'une loi des systèmes, quand on a faim on est trop affaibli pour se rendre compte qu'on a faim, quand on a trop froid on ne sent plus ses membres gelés, quand on a trop sommeil la réactivation de l'éveil est de moins en moins efficace sans qu'il n'y paraisse (j'ai vu les éléphants forcer leurs petits à rester éveillés), et enfin quand on est privés de liberté ou de joie de vivre on ne ressent plus aucune utilité à ces choses, on ne leur accorde plus de valeur. Et quand le système meurt, les gens meurent, et leur inaction est mortelle.
Les systèmes d'extinction laissent toujours apparaître le sur-système auquel ils appartiennent ; c'est pourquoi ils affectent tout ; c'est ainsi d'ailleurs que tout est lié (tout est lié par un sur-système).

C'est ainsi que la question du siècle est d'ériger le sur-système des consciences, ce sur quoi doit se fonder l'activité humaine, sa raison d'être, ses moyens et ses lois ; sa règle du jeu.
C'est ainsi qu'on peut proposer que la règle de jeu soit amusante plutôt que mortelle, qu'il s'agisse de faire que le bien qu'on peut faire soit méritoire, désiré, attendu, rendu possible, et encouragé.

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Dans l'état actuel des choses avant de vouloir avoir un contrôle sur le devenir, il faut un système qui marche et avant ça, il faut une alliance démocratique et avant ça, il faut que les gens soient unis de façon fraternelle avec un objectif, une résolution, une détermination, un agenda à respecter, une dead-line, et des moyens d'action qui ne manqueront pas d'apparaître par la pensée sitôt qu'on les appellera de nos voeux.

Observant ce qu'il faudrait on peut mieux voir ce qui est et n'est pas, les lacunes et les problèmes qu'on doit dépasser. Le fait est que ce texte, ces idées, d'autres textes et idées d'autres personnes, les voix, les avis, le génie, rien de ce qui peut être émit par les humains pensants ne semble avoir le moindre impact. Tout rationalité pourtant irréfutable se perd dans le brouillard d'une confusion fomentée volontairement par des vendeurs de poisson à la criée (que sont les politiciens médiatiques, notre ennemi à tous).

Rien d'autre que la médiocrité arrive à percer le stade de la popularité parce que c'est tout ce qui arrive à passer l'ensemble des filtres de ce qui est jugé "bon" pour le système tel qu'il existe.
Pas mal de penseurs agissants abaissent le niveau de leurs prétentions afin de mieux être entendus. Il n'empêche que l'insuffisance de ce qui arrive à l'oreille populaire produit l'effet que rien ne peut se faire ; on assiste à l'érosion d'un monde, d'un système, d'une époque, qu'une sorte de loyauté oblige à devoir rafistoler au-delà de ce qui appartient à la raison. Même la politique telle qu'elle existe, ne concerne plus que des sous-sous-produits du système, des conséquences néfastes qu'il faut atténuer et amoindrir, réellement ou par illusion. Le mieux pour les politiciens c'est que les gens s'habituent à la misère, et ainsi les symptômes gommés, ils ont le sentiment d'être arrivés à quelque chose.
Il n'est ni autorisé, ni habituel, ni possible ni attendu qu'on parle du système lui-même, et ceux qui le font se délectent d'une source inépuisable de réflexions qui conduisent à la découverte des lois des systèmes, qui sont des lois topologiques, de la nature, du cosmos. Plus on écoute ces lois et plus leur bienveillance gouverne les esprits de ceux qui acceptent d'y faire attention.

Mais ça n'intéresse personne, ça reste du domaine du loisir furtif.
On leur dit en les regardant de travers "les utopistes n'ont jamais servi à rien", des trucs comme ça, histoire de leur dire "dégage", se faisant ainsi la voix du système, même si c'est temporaire.

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Pour être entendus il faut être au préalable être écouté, dire des choses atendues, avoir fait ses preuves dans le système actuel, être ancré dedans, et évidemment rien n'en sort à part peut-être chez des vieilles personnes qui n'ont plus à faire leurs preuves et qui s'autorisent à sortir des carcans qui les ont retenus toute leur vie. Et leurs voix s'éloignent dans la nuit.

Il faut monter dans le vaisseau spatial de la raison et prendre l'envol de celui qui pourrait ne jamais revenir, pour atteindre le point de vue, la posture, l'angle et le recul qui sont les plus propices à une réflexion saine et désintéressée, investie et dépassionnée.

Les gens ont des problèmes à régler avec eux-mêmes avant de pouvoir entendre ce qui est vrai, de pouvoir réagir de façon appropriée aux situations, et de discourir sans être affecté par la berlue, le déni, et sans provoquer les troubles qui nuisent à la clarté de ce qu'ils cherchent à dire.

Souvent on en est encore au stade où la parole peut avoir n'importe quelle conséquence, les gens croient toujours pouvoir s'en sortir par des pirouettes, et ça marche parce qu'à la deuxième affirmation la première est déjà oubliée. Peu sont ceux qui osent admettre avoir eu tort, ou qu'on pense différemment, ou qui sont leurs véritables ennemis et leurs rares vrais amis. Peu sont capables de prendre en considération l'impact qu'il risque d'avoir (la plupart des choses dites sont pour tester cet impact), c'est pourquoi aussi il y a tant de filtres entre ce qui est réfléchi et ce qui arrive à transpercer la conscience collective. Ces filtres opèrent de façon automatique, comme des robots avec des mot-clefs, qui permettent d'associer des idées reçues qui iront requalifier tout ce qui pourra être dit, de sorte le plus souvent à ne plus pouvoir l'entendre.

C'est un peu comme l'effet de celui qui hurle trop souvent au loup et qui soudain dit vrai : pas grand chose ne permet de faire la distinction entre une réelle alerte et ce qui fut une farce. C'est pareil au niveau des émotions, avant de pouvoir les ressentir dans leur entièreté encore faut-il en avoir les moyens, l'amplitude spirituelle, la souplesse mentale.
Peu de choses dans cette structure de Monde ne fait travailler ces muscles, au contraire plus ils sont atrophiés, plus les gladiateurs de l'argent (du principe du commerce) sont efficaces.

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Le problème c'est qu'il n'y a pas d'ordre pour régler les différents niveaux de problèmes, les grandes roues activent les petites comme les petites activent les grandes. Ou au moins elles rendent possible leur mise en mouvement.
Pourtant au niveau logique il faut quand même faire avec cette suite séquentielle car c'est ça l'art de la science et de la raison, on ne peut être sûrs que les grandes résolutions sont viables que si les petites sont fiables. C'est pour cette raison que les problèmes de notre société, de cette époque ne peuvent pas prétendre être résolus en s'appuyant sur des principes défectueux, irrésolus, impensés, et encore moins sophistes, c'est à dire appuyés sur des mots dont la signification a tant de jeu qu'aucune mécanique ne peut s'y fier.

Au moins les résidents du vaisseau spatial de la raison seront sûrs d'être nourris logés et blanchis, respectivement, spirituellement, à bonne enseigne et d'une douce lumière !