Les systèmes d'abondance et la démocratie informatique

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On peut voir sur ce schéma que la simplification ultime de la chaîne de fabrication consiste en l'addition de deux mises en rapport,
1. le temps de travail multiplié par le coefficient de qualité de ce travail,
2. le matériel utilisé divisé par l'usure de ce matériel.
C'est tout ce dont on a besoin.

Les Droits sont affectés en fonction des raisons tangibles issues d'une combinaison de nombreuses sortes d'estimations, autant aux fournisseurs qu'à leurs clients.

1. La valeur matérielle est la seule à être prise en compte dans le coût d'un produit, puisque la valeur en travail est rémunérée de façon centralisée de toutes manières et indépendamment des résultats. Cette dernière comporte autant les droits inaliénables que les droits appropriés à la circonstance. C'est une manière de faire que la chaîne de production soit sans but lucratif, elle ne coûte que ce qu'elle coute, sur le plan matériel uniquement, et sans besoin d'extraire de bénéfices. Ainsi les prix sont le plus possible "réels". Les autres coûts, les salaires, eux sont légiférés de façon globale et équitable. Ils n'ont pas à dépendre de la production tant que cette production est justifiée (c'est quantique). Tout le système repose sur la confiance en le système, et inversement, le système a pour but de produire la confiance. Et donc évidemment il fait que cette confiance soit fondée, réelle et palpable !

2. L'autre valeur de ce produit, son utilité, ce en quoi il participe aux objectifs à différentes échelles (objectifs locaux ou globaux) que le système s'est temporairement fixé, sert à justifier ou non qu'on dépense de l'énergie dans cette activité (ce qui justifie son existence), un peu comme ce qu'est sensé faire "l'offre et la demande". Cela se place en aval. Ce type de valeur sociale est élaborée par une notation qui tient compte d'autant d'échelles de mesure que nécessaire, allant de l'écologie à la dimension affective, qui est jaugée par les utilisateurs qui attribuent un score sur 5 étoiles (par exemple).

Et au départ, toute production se fonde sur ce que j'appelle ici "a richesse collective", c'est à dire ce qui est accessible à tous, autant dans le domaine matériel, quand des droits sont affectés avec raison, que dans le domaine de la connaissance et de la science, qui n'ont aucune raison d'être inaccessibles.

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La notion d'usure est intéressante. On peut subodorer qu'elle est calculée en fonction de la pérennité de ce matériel, que sont à la fois les outils, les matières premières ou encore les immeubles. Cela implique que ces matériaux ont intérêts à être les plus fiables possibles de façon à ce que leur usure soit la moins onéreuse. Déjà on se trouve à l'opposé de ce que produit le principe du commerce qui lui a intérêt à ce que leur obsolescence soit la plus rapide possible.
Mais surtout cela suppose qu'une fois que le matériel a été usé d'un point de vue comptable, s'il est encore en état de marche, il tombe dans la gratuité. Cette notion est très importante puisque c'est de cette manière qu'on peut produire l'abondance. Ainsi les outils ou immeubles qui ont été remboursés sont remplacés par des nouveaux avant qu'ils ne tombent en défaillance, et entre ces deux moments, leur usage est gratuit. Ce sont des surplus. Ils peuvent être transférés pour des projets de moindre importance, du genre de ceux qui n'auraient pas obtenu de crédits ou éveillé d'intérêt.

C'est intéressant parce que ça peut concerner un très grand nombre de biens de consommation courante, de sorte qu'ils soient remis sans aucune contrepartie à qui en a besoin. Cela peut être le cas de meubles, de vêtements, d'ustensiles, bref de toute une quantité de choses qui, une fois rentabilisés tombent dans la gratuité.
Une autre manière de produire l'abondance ou la gratuité est le fait que des biens de consommation courante (ustensiles, fournitures de bureau classiques, vêtements basiques, etc...) ne coûte presque plus rien à fabriquer et qu'ils soient considérés comme désuets dès qu'ils sortent de l'usine.

Évidemment le calcul qui permet l'amortissement des biens matériels sera révisé, comme il le serait s'ils étaient défaillants avant l'heure, mais en gros l'idée c'est que petit à petit toute une somme de biens finissent par tomber dans cette sorte de domaine public. Et donc que l'usure comptable d'un bien matériel précède toujours l'usure réelle, en laissant une marge de sécurité et de confort. C'est en instaurant cette marge qu'on peut produire le phénomène d'abondance.

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Le calcul de la valeur des heures de travail (le coeff) fait référence à la somme de connaissances et d'expérience qui sont relatives au travail. Bien que cela reste assez flou on peut quand même égrainer progressivement les notions les plus fondamentales, telles que le nombre d'années d'études, l'expertise, l'ancienneté. et pourquoi pas une sorte de notation faite par les utilisateurs ou les producteurs, quand ils savent reconnaître la qualité d'un travail, en lui conférant un coeff plus élevé.

Là où je veux en venir ce qui ne peut pas faire que le système des Crédits-Droits devienne comme celui l'argent, où la corruption et les fausses notations permettent de tricher d'une manière ou d'une autre. Il y a deux aspects qui empêchent cela :

1. Le fait que tout le système est conçu par avance dans l'esprit qu'il serve à couper par anticipation tout besoin de tricher ou d'une manière plus large, commettre des crimes et chercher à trouver des failles, puisque dès le départ il a été admit que chaque humain sur la Terre possède de toutes manières l'assurance d'avoir les moyens de vivre en paix sans jamais que sa survie ne soit menacée par ses actes ou les actes des autres. C'est cela qui se trouve à l'opposé de l'esclavage, on a établit que la simple survie n'a pas à entrer dans la balance de ce qui dicte les choix et la liberté, sans quoi ça n'en n'est plus, de la liberté, ça devient du déterminisme.
C'est aussi cela qui transfigure la raison des choix libres, en faisant en sorte que l'activité professionnelle ait la liberté, les moyens, de s'intéresser à ce qui est le plus utile ou appréciable par les autres concitoyens, et se forgeant ainsi un score de qualité ou d'utilité qui fasse office de reconnaissance.

Tout le système repose sur la confiance en l'idée que les crédits sont octroyés en mesure de la raison et de ce qui semble le plus juste.
Quand une transaction a lieu, au final (comme avec l'argent) les biens sont "donnés" à quelqu'un dont la confiance s'exprime par les moyens dont il dispose ; Car personne ne souhaite donner le fruit de sont travail à quelqu'un qui, quelle que soit la manière dont ça s'exprime, ne le mérite pas. (c'est l'odeur de l'argent, cette notion est très importante, car si on ne le renifle pas on peut devenir sans le savoir complice des crimes commis).

2. Le deuxième aspect qui empêche par avance les velléités de corruption est de l'ordre de ce que notre époque vient juste de créer, cette fameuse notion dont j'ai maintes fois parlé, celle qui fait que la prophétie de Jésus "répartition équitable des richesses" était bel et bien une prophétie puisque désormais cela a été rendu possible, c'est l'utilisation démocratique de informatique.

Avec cette sublime magnificence on pourrait presque se passer du système des Crédits-Droits, en fait, tout devra commencer par là et c'est ensuite seulement que par déduction logique on en arrivera à un tel système, afin de parfaire le principe naissant de justice sociale et de transparence.
Le fait que les peuples, celui qui le veut, puisse vérifier, aller fouiller dans les comptabilités, faire ses propres calculs (et vu comme il y a beaucoup de choses à faire, il y a de la place pour des millions d'injustices à découvrir) est le fondement de la démocratie informatique.

Au départ on aura nationalisé (ou mondialisé) les plus grandes firmes et on aura standardisé le format des transports de données en tous genres, ce qui se fait appeler l'Open Data, dans sa phase primitive. On aura remit les clefs des plus grandes firmes au contrôle par le public, plus à-même que leurs obscurs patrons qui cultivent le secret dans un but lucratif égoïste, de sorte que les gens qui le désirent, les chercheurs, puissent isoler et dénoncer les injustices et les incohérences, et trouver des solutions dénuées d'esprit de concurrence. Cela suppose à la base que toutes les données dont on peut avoir besoin soient remises au public, dans l'esprit du logiciel libre. Cela inclut autant les connaissances scientifiques que les plans, les fournisseurs, leurs noms les moyens de les contacter, et ça inclut même les rapports que les employés doivent pouvoir faire lorsqu'ils témoignent de ce qui se passe dans leur entreprise. C'est une somme considérable de données qui doivent pouvoir être consultées rapidement et facilement, En fait, la loi elle-même doit stipuler que toutes les données ayant trait à chaque production doivent être rendues accessibles au public, sans aucune forme de dissimulation, au risque de se voir fortement pénaliser. Si la loi accepte cela, ça signifie quand même qu'elle n'a pas peur du chantage qui est habituellement fait aux états quand ils s'agit de traiter avec ses meilleurs "clients", ceux qui payent le plus d'impôts. C'est quand même pas rien.
En attendant il y a toujours moyen d'aller chercher l'information grâce à la déduction et la jugeotte ; En tout état de cause, ce sont les citoyens qui doivent avoir un contrôle sur ce qui se passe dans ces firmes, si Coca-Cola épuise des ressources d'eau potables qui étaient utiles aux fermiers en Inde (qui se suicident quand ils n'ont plus rien, pour ce qui est de ce fameux exemple), cela doit conduire à une réaction et à des effets, cela ne doit pas rester sans conséquences. Autant dire tout de suite que dans le contexte actuel, c'est au peuple lui-même de faire respecter la loi et de faire valoir ce qui est moral, car ils ne peuvent pas compter sur les états si faciles à corrompre.

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On peut voir dans ce qui précède tout le dégradé de freins qui s'opposent à la production du phénomène de justice entre un système bien portant et un système corrompu et verrouillé, obscur, où il est interdit de fouiller, et où même si on le fait le public n'a aucun pouvoir sur ce qui se passe.

Un bon Système est avant tout un système qui n'oppose pas de freins à ceux qui cherchent à le faire évoluer dans un sens positif et constructif, et à faire valoir les droits moraux fondamentaux.

Le chemin semble tellement long pour obtenir l'effet désiré que j'ai maintes fois préféré prescrire de tout recommencer depuis le début dans des coopératives autonomes où les règles seraient dès le départ pensées sans contraintes, ou en tous cas non viciées par les trop nombreuses contraintes du système actuel.
Il faut que ce soit pensé dans la plus grande pureté de l'Esprit de la Paix !

Ensuite de quoi, devant la qualité des résultats obtenus, ce principe donnera de se voir généralisé.