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La baffe qu'il faut asséner

La plus fulminante des réalités de cette époque trouble est que tout est mensonge. Ils vont bien s'amuser les historiens du futur. Jusqu'à avant cette époque, quand un humain disait quelque chose, personne ne pouvait remettre en cause ce qu'il disait car il était incompréhensible qu'il mente, c'était illogique ; il y avait déjà fort à faire avec ce qu'il croyait bon de dire. Quand les gens partaient en guerre ils disaient, sans s'inquiéter aucunement des raisons et des motifs, sans avoir à se justifier ou à fabriquer des raisons, ils disaient "je pars en guerre". Quand ils aimaient ils faisaient l'observation d'une réalité et ils disaient "j'aime". Quand ils s'indignaient ils se sentaient indignés donc ils disaient "je suis indigné".
Même Rabelais disait "Il y a des grottes dans la montagne qui conduisent à un monde sous-terrain", il n'avait aucune raison de mentir ou d'affabuler, et ne craignait ni ne désirait la posture mentale qui accompagnait cette déclaration. Il voit donc il dit. C'est déjà tout un art en soi. (Les historiens d'aujourd'hui estiment que ce sont les premiers pas de la science-fiction).

L'époque actuelle, qui se définit par la marchandisation de toutes choses, a complètement perverti les esprits. Dans le vocabulaire les mots sont des marques déposées, ils se substituent aux fonctions des choses. Et de la même manière qu'on emploie des marques à la place des mots qui désignent des objets de la vie courante, les mots de la vie courante sont devenus des marques, des produits, recouverts d'une auréole publicitaire, culturellement mensongère ou du moins, qualifiant ces choses d'une manière tellement partiale que ça en est ridicule. Ainsi les puissants disent "je fais dans le social" juste pour récupérer la satisfaction qui va avec cette croyance, indépendamment de tout amour du social, serein dans l'idée que personne ne pourra vérifier ce qu'il a réellement dans le coeur.

Ainsi les historiens du futur vont devoir faire preuve d'une rare sagacité pour décrypter la langue parlée à l'époque de la marchandisation de toutes choses, car il faudra au préalable savoir qui parle, dans quel contexte, en s'adressant à qui et en croyant quoi, pour savoir ce qui est dit, et marquer la distance entre ce qui veut être dit, ce qui est cru, et ce qui devrait être dit en vérité.

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Le genre de culture cinématographique conduit à construire une psychologie puérile du mensonge incroyable, le sur-sur-mensonge qui vient s'ajouter à tous les autres, le délire extrêmiste d'un enfant qui ne sait plus quoi inventer, et qui est parfaitement inconscient qu'il est possible d'observer d'en haut ce qu'il est en train de faire.

Ce qui est bien quand même c'est que ce genre de gens il suffit de leur donner une baffe pour qu'ils s'arrêtent net.
C'est comme au poker-menteur, les gars bluffent abusivement, ils font chier tout le monde, ils parlent tout le temps, et dès lors à la table plus personne ne parle et attend patiemment le moment de la grande baffe. Et quand elle arrive, le gars se fait déposséder de tous ses jetons, de tous ses moyens, et les autres joueurs lui disent "Merci !". "On va pouvoir vraiment prendre du plaisir à jouer maintenant".

J'ai eu besoin d'apprendre ça au poker, et ça marche aussi dans la vie, à chaque fois qu'on a affaire avec une grande-gueule, le genre de gars qui se berce d'illusions et qui bloque toute envie de vivre, qui prend plaisir à faire souffrir tout en prenant la posture du gars impartial et juste, le genre de gars qui contamine les esprits avec des raisons construites à posteriori et auxquelles on ne peut répondre que par un long enseignement philosophique à propos de la morale, dont il ne captera pas un traitre mot évidemment, quand on a affaire avec ces gars-là, rien de tel qu'une grande baffe dans la gueule, et après comme par magie, le gars il devient tout gentil !

On les croit puissants, influents, statufiés, car c'est l'image qu'ils renvoie d'eux-mêmes, et c'est ce qu'ils aimeraient être, mais en fait la moindre grosse baffe et bam, c'est fini, le silence de la paix revient et quand on se réveille le lendemain on a l'impression que ce n'était qu'un stressant cauchemar, et que le monde a changé pendant la nuit.

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La culture de la paix devrait être la plus grande des priorités de notre époque désormais, c'est ce qui manque le plus à ce monde, ce dont il a le plus besoin, ce qu'il ignore avec la plus grande cruauté, le manquement qui déséquilibre totalement son psychisme, le centre principal de ce qui transforme la vie des gens en un enfer sans fin apparente.

Elle consiste à produire l'effet de la paix, et surtout à la cultiver, notamment grâce au pardon au fait de "lâcher prise", mais pas gratuitement, en se fondant sur une raison plus forte que ce qui nous égratigne, en découvrant une vérité qui n'aura plus qu'à être dite, ou du moins qui est suffisante. Car quand on vit en paix on met longtemps à vivre vraiment en paix, c'est comme la poussière qui retombe et que le vent entretient, ça ne se fait pas aussitôt qu'on arrête de la soulever.

L'idée de la mentalité de l'époque trouble actuelle est un peu celle du gars qui croit qu'il peut soulever la poussière sans la craindre, étant donné qu'il se croit dans un monde en paix. Mais en réalité on n'y voit pas à dix mètres, tout a été fait pour rompre, annihiler la paix de l'esprit, depuis trop longtemps, et pourtant les gars croient qu'ils peuvent continuer, qu'ils en ont les moyens.

Outre les politiciens au service des multinationales et qui croient bien faire en commettant des guerres au service de leurs profits, plein de gens de la vie quotidienne cultivent l'esprit de la guerre. Mais surtout ils le font en croyant bien faire, en s'étant accoutumés - c'est de l'ordre de la coutume ou de la culture - à des pratiques guerrières, au sabordage du mental, à écraser les faibles, à faire valoir leurs droits iniques auprès de ceux qui ne peuvent pas se défendre, à l'encontre de toute morale et de tout bon sens, en ignorant absolument complètement tout ce que la science, la raison ou l'expérience aura pu élucider qui n'aille pas dans le sens dans lequel ils veulent aller.

Heureusement on n'a plus aujourd'hui de gens qui font du porte-à-porte, par exemple, mais cet exemple permet de situer le genre de rupture de paix dont je parle, la fabrication des réflexes névrotiques, de l'angoisse de devoir se méfier en permanence. Oh, il y en a toujours qui se font heurter par téléphone évidemment, dès lors qu'on peut observer que les gens ont un peu d'argent sur leur compte ils y passent évidemment.

J'ai vu un truc à la télé c'était très drôle, le moment où une journaliste s'est retrouvée heurtée moralement par une forte odeur de dictature, en allant enquêter sur Mark Zuckerberg, ce gars bien connu pour son affiliation à l'esprit démoniaque enseigné dans les écoles de sales cons de riches.
(d'habitude c'est le journaliste qui n'a que faire de l'esprit de la paix, mais cette ironie n'a pas suffit à être drôle)

La meuf fait la planque devant la maison du gars. Et elle se rend compte qu'elle avait été suivie par un 4x4 noir. Avant ça elle avait obtenu un entretien avec des subalternes désignés pour véhiculer l'image de marque souhaitée, un peu comme quand j'étais allé rencontrer des gens chez "Le Monde Diplomatique, à la dernière seconde on m'avait redirigé sans aucune forme de politesse vers un autre interlocuteur plus adapté selon eux. Les mecs ils sont pas chié quand même ; Rien à foutre de ce que tu veux, c'est eux qui décident de ce que tu dois vouloir.

Et là, bigbrother attitude, en trois minutes il se passe 4 choses :
- 1. Un gars vient la voir en demandant ce qu'elle fait là, c'est un warrior, sa mission consiste à mentir pour retenir la proie dans ses filets, il dit "vous voulez le rencontrer ? Je vais voir ce que je peux faire et je vous rappelle dans cinq minutes" (alors que la réponse est prédéterminée évidemment, si tu n'as pas la badge "diabolical entreprise", tu passes pas.
- 2. Premier coup de fil, trente seconde après : "j'ai appris que vous faisiez la planque ? Je suis extrêmement scandalisée, vous ne respectez pas nos règles, dans ce cas tous nos accords précédents sont caduques", dit (en gros) l'attachée de presse. Elle rajoute "moi on va me faire un deuxième trou au cul". Cette note a son importance on va y revenir.
- 3. Coup de fil d'un gars à Londres alors que là ils sont genre en Californie, pour dire en gros "j'ai appris ce que vous êtes en train de faire, vous êtes éliminé, on n'a plus rien à faire ensemble".
- 4. Le gardien qui avait promit de rappeler : "Je pense qu'on vous a informé, ça ne va pas être possible".

En gros pour résumer ça doit se passer de la même manière pour les gens qui travaillent chez Facebook : au moindre faux-pas, étant désigné comme" faux-pas" le fait de ne pas respecter des "règles" qui sont dictées par des gens qui n'en respectent eux-même aucune de l'ordre de la morale, et qui ne sont basées sur aucune raison discutable, qui n'ont jamais besoin d'être argumentées ou justifiées, les employés à qui on fera "un deuxième trou au cul" non seulement peuvent perdre leur emploi mais également ne plus jamais trouver de travail où que ce soit, même pour le pire des jobs.
Le danger c'est pas la dictature ce sont les gens qui croient en la dictature et qui agissent pour son compte, tout en cherchant vaguement des justifications morales et des raisons construites à posteriori pour justifier leurs actes.

Le réseau est tel que, si en trois minutes tout le monde a reçu l'instruction qui dit "elle, on la met sur la black-liste", on imagine facilement les conséquences et la portée d'une telle organisation : Elle est proprement dictatoriale. Et comme à chaque fois, rien ni personne ne peut lutter contre ça, puisque d'ailleurs toute l'énergie démoniaque de ces grandes firmes repose précisément sur le sentiment d'impuissance ressenti par ses victimes impuissantes. Ne rigolez pas, c'est comme ça que ça marche !

Ecraser la gueule des gens, c'était ça et ça a toujours été ça, le but du principe du commerce.

Et comme je le disais au début, contrairement çà ce qu'on croit, ces gens-là ne sont pas monolithiques, ils font tout pour qu'on croit qu'ils le sont, mais une simple grande baffe dans la gueule et vous verrez après ils redeviendront tout gentils !

En particulier, la grande baffe que les gens de pouvoir ont besoin, réellement besoin de recevoir, qu'il est humain de leur asséner pour leur rendre service, dans l'esprit que leur comportement indique de mettre en pratique, va consister tout simplement ne plus leur accorder aucune crédibilité.

Si la pauvre meuf a peur qu'on lui fasse un deuxième trou au cul, ce dont elle a peur en fait c'est que personne dans la société civile des gens honnêtes ne lui vienne en aide, face à une dictature qui n'ose pas dire son nom mais qui ose allègrement employer les pratiques les plus immorales et brutales possibles. Ce dont elle a peur c'est que les gens soient comme elle. Elle est vraiment bonne pour la psychanalyse. (Les tortionnaires eux voudraient que les gens soient comme eux).

Or précisément ce qui rivalise avec une dictature c'est que les gens soient unis, qu'ils s'entendent, se mettent d'accord sans même avoir à se parler, dans l'esprit de la paix, en particulier pour désormais ne plus jamais accorder le moindre crédit à des gens sur la seule foi de leur compte en banque.

Quand ceci sera fait, la grande baffe sera assénée, et on aura rendu service à toute l'humanité présente, passée et avenir.

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Post scriptum :

Quand même le principe de la baffe est celui de la dictature, mais la faible nuance c'est quand elle est appropriée à la situation ;
si on garde ceci à l'esprit, il y a en qui se perdent. Je suis fondamentalement contre la violence sous toutes ses formes, c'est surtout cela qui prédétermine ce qui est approprié ou pas. ça veut dire qu'on évite toujours au maximum d'en arriver là. C'est ça qui lui donne toute sa force.

Avec les Manouches j'ai appris à distinguer les gens sincères des hypocrites. ça a toujours été ça, plutôt que le compte en banque ou la célébrité, qui déterminait l'estime qu'il est légitime d'accorder à quelqu'un.

Par exemple les jeux olympiques ne sont que du fanatisme de la célébrité et de la fortune, sans tenir aucun compte de ce qui appartient au sport, à savoir le dépassement de soi dans l'esprit du jeu.

Les agences d'info sont au service du mauvais clivage c'est pourquoi ils sont autant à côté de la plaque. Ils se servent de, et donc ne desservent l'esprit de la paix.

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Post-post-scriptum :

Le principe de réseau social a été introduit dans le vocabulaire terrien par des extra-terrestres ayant eu pour mission d'impulser à minima l'évolution (non-ingérence semi-levée pour cause de force majeure) dans le cadre d'une bataille qui a l'air d'appartenir à l'échelle galactique (eh si !). Ce terme signifie "ce qui unit les gens". Les liens sont tissés par une mathématique tétravalente en tendant des liens qui ont différentes forces, natures propriétés et dimensions (certains liens ne sont visibles qu'à certaines échelles). ça inclut les liens télépathiques. Cela est parlant du fonctionnement évolutif du Grand Esprit. Le réseau social est l'émergence de la société humaine. (c'est juste pour info)

Dans le cas de Facebook, le réseau social est un outil au seul service du dominant qui a un oeil sur tout et qui ainsi peut diviser les gens, les isoler, empêcher qu'ils ne se rencontrent, ou activer des réactions sociales dirigées comme on le soupçonne. Le vocable a été approprié par les mauvais de l'histoire. C'est pour ça que j'ai une rubrique "réseau social" sur mon site !

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Ps3

Mon aventure avec le monde-diplo a en commun avec celle-ci le fait que l'information qu'on vient chercher est souvent logée dans l'endroit le plus inattendu.