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La société qui décolle

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En développement logiciel chaque avènement technologique bouleverse l'équilibre fonctionnel de sorte que ça affecte même les parties les plus éloignées du système. Savoir prévoir tous les cas de figure est ce qu'enseigne l'art de la programmation informatique.

Je commence à peine à me figurer ce que l'avènement de l'antigravité va bouleverser dans la société (du commerce).

L'échelle avec laquelle cet avènement entre en résonance n'est plus le principe du commerce, il ne s'agit plus d'un produit, d'un succès commercial garanti, ou d'un business qui va faire la fortune de leur créateur, elle-même expression d'une grande masse de nouveaux emplois qui se créent.

Dans le cas présent la Science vient à la rescousse des Droits de l'Homme, leur droit de vivre en paix, heureux, libres, de se déplacer, d'évoluer, de errer dans les airs !

C'est dans cette échelle de mesure qu'il faut analyser l'avènement de l'antigravité. Pour l'instant on va s'intéresser à un premier exemple : l'histoire des serrures ! Eh oui ! Vous ne vous attendiez pas hein !

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J'ai toujours pensé que les ascenseurs étaient mal conçus, ils ont pour unique fonction de déplacer vers le haut et le bas un poids fixé une fois pour toutes, genre 250 Kg, même s'il voyage à vide.

Pour que cette limite soit fixée il faut bien un pèse-personne ! afin d'interdire l'usage de l'ascenseur quand il dépasse la limite de sécurité.
Ce même pèse-personne devrait être connecté à un mécanisme robotisé capable de décider le contrepoids le plus approprié à la situation.

Aussi, l'ascenseur est prévu pour les jeunes et les très vieux, il doit accélérer et décélérer graduellement pour ne pas briser les os des vieux, et je le sais pour avoir développé une technique du pliage du genou quand j'avais un lumbago et que j'utilisais un vieil ascenseur életromécanique !

Au moins celui-là était rapide, tandis que le nouveau (dans mon immeuble !) est barbant, voire même donne envie de s'en passer. D'ailleurs il est programmé pour toujours se loger au dernier étage pour savoir si on est vraiment motivé à le prendre !

Un contrepoids automatique permettrait une grande économie d'énergie mais aurait l'inconvénient de devoir faire voyager les contrepoids dans un deuxième ascenseur annexe ; C'est ainsi que s'exprime l'augmentation en complexité (qui rend le projet moins facilement faisable).

Dans l'idéal la vitesse de croisière de l'ascenseur devrait être fonction de la distance à parcourir, de sorte qu'il accélère et décélère en permanence : s'il faut parcourir dix étages, on compte 5 étages d'accélération et 5 pour ralentir. Mieux encore, j'aurais bien aimé qu'il descende en chute libre, et ralentisse progressivement, retenu par un élastique, mais alors il faudrait prévoir des sièges et des endroits où s'accrocher, et il faudrait prévenir les gens !

Les ascenseurs à pèse-personne seraient un bon outil pour les lofts domestiques ou l'aide aux personnes âgées, de façon à avoir une mécanique réduite au minimum, c'est à dire sans faire appel à de gros moteurs électriques.

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Bon.

Maintenant il suffit d'avoir une plaque individuelle, de 50 centimètres de côtés, dix centimètres d'épaisseur, et cette plaque pourrait être notre véhicule de demain. On pourrait rajouter un guidon de trottinette pour se tenir mais pas forcément car le logiciel serait chargé d'incliner le véhicule dans les virages, rattraper les déséquilibres, voire même rattraper quelqu'un qui tombe, s'il s'évanouit par exemple.

Et mieux encore, plus besoin d'ascenseur puisque l'objet irait directement nous déposer à la fenêtre de chez nous.

Et c'est là que je veux en venir... Héhéhé

Tout d'un coup nos fenêtre devraient être pourvues de serrures ! Quelle horreur ! C'est ça aussi le prix du progrès.

N'importe qui pourrait rentrer chez nous pendant qu'on est sorti en laissant la fenêtre ouverte !
Seulement un simple carreau nous protégerait du cambriolage !
Alors va-t-on mettre des portes blindées à nos fenêtres ? Des barreaux à toutes les fenêtres existantes ?
Quelle immense folie !

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L'histoire des serrures est celle d'un business entièrement greffé sur l'apologie de la fortune qu'on ne peut acquérir qu'en la prenant aux autres. A partir du moment où on accepte les règles de ce système barbare et préhistorique, dont on profite pour gagner sa vie, de l'autre côté on a accepté de clouer des serrures à toutes les portes existantes.

Ce n'est donc pas (comme dans le développement logiciel) en continuant d'ajouter des moyens de compenser l'entropie résultante de chaque innovation qu'on peut continuer à avancer. C'est précisément cela qui révèle la faiblesse et l'inanité du système : au bout d'un moment il débouche sur une impasse, les revers de médaille de chaque innovation deviennent si nombreux et encombrants qu'on ne plus rien faire évoluer.
(c'est comme ça que Microsoft Windows se casse la figure, bien que les développeurs aient lutté avec acharnement pour éviter cela).

Au bout d'un moment on est bien obligés de réviser les systèmes existants pour faire de la place aux systèmes naissants.
On en profite pour se rendre compte sur le plan philosophique que l'imagination qu'on s'accorde à avoir dépend surtout du système existant, et si on change le système, soudain les idées nouvelles peuvent s'y engouffrer plus facilement. C'est bien cela l'enjeu d'une révolution !

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Quand j'étais jeune la porte de chez moi ne fermais pas. N'importe qui pouvait entrer et sortir, c'était comme "la petite maison bleue, accrochée à la colline,... ceux qui vivent là, on jeté la clef".

Quand la société avait devant elle encore beaucoup de place pour les développements futurs, à l'époque où capitalisme était fonctionnel, il n'y avait pas de serrures aux portes, c'était une question de légitimité, de morale. Céder aux serrures c'était accepter de les rendre utiles pour tout le monde, et c'est pourtant ce qui a été fait. Les hackers, (les voleurs) se sont empressés de forcer cette évolution, révélant ainsi l'inanité du système.

Je n'attachais pas mon vélo à un cadenas, ça paraissait presque une insulte aux passants. C'était tellement plus joli et grandiose de se sentir libre.
Mais la société a commencé à s'enfermer sur elle-même, son champ du possible n'a jamais cessé de diminuer, au point que c'est dans le crime que le business est aujourd'hui le plus profitable.

Ainsi, le grand gagnant de l'histoire a été le vendeur de serrures, qui est devenu une multinationale qui ne se prive pas de faire payer 1000 fois le prix du métal des serrures de plus en plus solides, dont tout le monde a besoin, et s'il n'en n'a pas, tant pis pour lui !

Le marchand de serrures fonde quand même son commerce sur la garantie que le vol par effraction ne cesse jamais de croître. On imagine les commerciaux en train de faire leur démonstration avec des tableurs, tout contents de constater que le vol et le crime sont en forte hausse, et ainsi, leur business d'autant plus prometteur.
On les entend d'ici dire "Avec la crise économique et la paupérisation globalisée, notre business sera juteux !".

Et tout en haut de cette pyramide de la serrure, on trouve les systèmes antivols des banques et des musées, qui sont des mini-Nasa bourrés d'électronique et de pièges vicieux.

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Et bon, maintenant n'importe qui peut rentrer par les fenêtres ! Quelle drôlerie quand même !
Et on n'a même plus besoin d'ascenseur. Ni de métro, ni de voitures d'ailleurs (mais ça c'est une autre histoire).
D'ailleurs on n'a plus besoin de se déplacer on peut faire venir nos commissions à nous, elles arriveraient par la fenêtre... On serait peut-être obligés de rester chez nous en permanence toute notre vie ?

Enfin ceci pour dire que :
- selon la loi des systèmes, toute innovation engendre son champ d'entropie, et que l'important est de minimiser ce champ, plus que l'innovation elle-même. C'est elle qui détermine le cadre dans lequel l'invention est profitable ou non. C'est la raison pour laquelle le cadre du business est largement moins profitable à l'antigravité que le cadre des Droits de l'Homme, nettement plus grandiose.

- L'avènement d'une technologie aérienne entre en opposition avec une civilisation entièrement appuyée, sans le faire exprès, sur le fait qu'il est inutile de s'inquiéter de ce qui vole, tout comme avant, à l'époque du capitalisme qui marchait, il paraissait futile de s'inquiéter des voleurs et des serrures.

Le système du commerce, le monde, est atterré, appuyé sur la terre, présupposant que la gravitation est invincible, et surtout accablé par toute cette construction sociétale qui n'a de cesse de réduire le champ de la liberté, de l'insouciance, et de l'humanité qu'il y a en chacun.

Il faut toujours se méfier de tout, de tout le monde, tout ce qui est sous-entendu, de ce qui est possible à déduire, de la partie mensongère d'un discours, des conséquences qui veulent nous être dissimulées, des arnaques, et maintenant en plus on y ajoute l'antigravité ! La menace qui vient du ciel !

C'est pourquoi il est grand temps de reconsidérer les fondements de la société, et de mettre en oeuvre les moyens de faire en sorte qu'on n'ai même plus besoin de serrures, car dans le système qu'on veut fabriquer, il sera évidemment inutile, futile ou inapproprié de penser à de quelconques voleurs ou menaces.

C'est tout le système de l'arnaque qui entre en rivalité avec ce que la science vient de nous apporter.
C'est en cela que la Science vient à la rescousse des Droits de l'Homme, elle nous force à repenser l'existant.
La science entre en rivalité avec l'existant, elle est à contre-courant, c'est en cela qu'elle est géniale !
Et la science étant indubitable, c'est le système de l'arnaque, entièrement fondé sur des présupposés qui finalement se trouve invalidés, qui doit céder.
newsnet 12/07/23 00:32
la descente (de l'ascenseur) peut se faire retenue par un élastique tendu robotiquement pour s'arrêter pile à la sortie, mais aussi la montée (je n'y avais pas pensé) peut se faire en propulsant les passagers vers le haut et ralentir à la vitesse du largage, c'est à dire qu'on sentirait la gravité revenir progressivement.