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Estimer l'utilité

Estimer l'utilité de ce qui est produit a l'avantage d'affecter une valeur préalable autre que celle conférée par la simple consommation. Il faut bien comprendre que le marché seul n'est pas à-même de juger de la valeur de ce qui est produit. Tout le monde achète des Cd-ROMs donc on en vend, et il ne reste plus à espérer que les gens arrêtent de consommer du plastique ou du pétrole pour faire cesser la pollution et les guerres qui en découlent, mais en vérité on n'a pas le choix.

La question est de rendre possible ce choix, en créant une marge de manoeuvre, en ajoutant d'autres paramètres que ceux de la consommation pour justifier de l'existant.
Consommer une masse incommensurable de musique gratuite ne pousse pas les gens à la distribuer gratuitement, et en cela on voit bien que la seule consommation n'est pas suffisante pour justifier de l'existant.

Un des paradigmes les plus centraux qui doit être mis en oeuvre pour créer le phénomène de justice, est celui de l'adaptativité. Si on confie à des algorithmes le soin de juger de l'utilité d'une chose, en y incluant des notions telles que la pollution et les dégâts provoqués par une industrie, cela implique cette notion d'adaptativité, et on voit ensuite qu'y compris la loi devrait être adaptative, autant que la médecine, l'éducation, bref tout. C'est purement occidental que de vouloir standardiser les régissements. C'est dû à l'absence d'informatique à l'époque où cela a été établit.

Un algorithme capable de prendre en compte les nombreux effets et conséquences de ce qui est produit dans le but de lui affecter une valeur, risque fort d'agir en tortionnaire si on n'y prend pas garde. La conception même de cet algorithme est un tâtonnement qui doit être calibré de façon à ce que le résultat soit acceptable, et dès lors se pose une nouvelle question, celle des tiraillements.

Dans le cadre du principe du commerce (comme souvent dans le cadre de la justice) ce n'est pas l'équité qui est recherchés mais les intérêts opposites qui s'affrontent. Par exemple si le complexe militaire est très favorables aux guerres et à produire de l'irritabilité entre les pays c'est uniquement dans le but de fabriquer les raisons qui leur permettent de sous-tirer le maximum d'argent aux états afin de faire tourner leur business. C'est pourquoi la recherche d'une équité passe en premier lieu par l'abandon des intérêts opposites, et de conférer une nouvelle valeur à l'intérêt commun, en y intégrant des notions connexes aussi nombreuses que variées.

Si une décision ou l'entrée d'un facteur participant à l'intérêt commun dans l'algorithme d'estimation de l'utilité de ce qui est produit, devient un motif de gratification au niveau du salaire, alors magiquement plus personne n'aura envie de se faire la guerre.

Si par exemple les gens se réunissent dans le but de chercher la valeur la plus juste d'un produit existant en tenant compte des notions qui ont au préalable été mises en exergue par les autres transactions, on produit un effet de justice. Si par exemple l'écologie a dénoncé un produit comme étant nuisible, aucune des parties d'une transaction n'a le droit de le nier ou considérer que cette question n'a pas à entrer en ligne de compte dans l'estimation de la valeur.

Le problème de l'estimation de la valeur des choses doit sans cesse être ramené à ce qu'il y a de plus élémentaire et ne pas être confié aux seuls protagonistes d'une transaction. Une transaction entre deux personnes doit pouvoir tenir compte des intérêts des autres personnes qui peuvent subir un impact de ces décision. Ces intérêts ne peuvent s'exprimer qu'au moyen des algorithmes qui ont été mis en oeuvre pour les autres transaction, étant donné qu'elles ont été avalisées.

La question de l'arnaque est due au fait que les protagonistes d'une transaction ne sont pas réellement sur un pied d'égalité, et qu'il faudrait à chaque fois, à chaque transaction, interroger et prendre en compte un nombre considérable de questions annexes. C'est pourquoi la prise en compte de ces questions doit procéder d'une mécanique institutionnelle, qui prend la forme d'un algorithme.

L'adptativité va donc pousser à trouver sans cesse de nouvelle contraintes qui vont venir s'ajouter à celles existantes au point qu'il doit devenir possible de prendre en compte un nombre illimité de paramètres lors de chaque transaction.
L'activité principale va être d'ajouter les facteurs qui doivent être pris en compte et ce travail est monumental mais en même temps il est incrémentiel, de sorte que au fur et à mesure de nombreux régissements vont devenir standards.

De la même manière la loi doit être adaptative, car il est souvent absurde d'appliquer des lois faites pour ces cas à des circonstances non prévues par la loi. Souvent les arnaques et les magouilles profitent de ce qu'aucune loi n'ai prévu ces cas de figure. Il faut toujours créer après-coup des jurisprudences ce qui laisse le temps de créer de nouvelles arnaques.
Il en résulte que le nombre de crimes restés impunis est tellement grand que les lois on et les tribunaux ont du travail pour plusieurs centaines d'années, au point qu'il vaut mieux en abandonner la plus grande partie en disant que c'est pas de bol.

La question ici est de rendre inutile et impossible par avance les arnaques et les contournements de la loi en créant un système adaptatif capable de prendre en compte une somme infinie de paramètres, et de retourner un résultat approprié à chaque circonstance.

C'est cette même mécanique qui doit être mise en oeuvre pour la fabrication des prix. Il ne s'agit pas d'y intégrer la seule valeur du coût, où se confondent les heures et les matériaux, et les amortissements, et qui du coup sont déterministes. Il s'agit de séparer ces coûts avec différentes sortes de monnaies, ou en tous cas d'échelles de valeurs. Tout finalement ne revient qu'à des heures de travail, pondérées par la qualité de ces heures, avec un coefficient qui inclus le niveau de compétence requit par exemple.

Mais au final il est question d'obtenir un coût nettoyé des profits extraits à chaque point d'une chaîne qui mène à la fabrication d'un produit, étant donné que les salaires eux, sont calculés indépendamment des ventes et du succès commercial, par des notions telles que l'utilité de ce travail.

En fait le succès commercial peut, selon chaque produit, avoir une importance différente dans ce qui justifie la production d'un bien. Ils peuvent être classés dans des catégories qui justifient qu'on prenne plus ou moins en compte le résultat commercial. Ils peuvent aussi être le fait d'algorithmes plus soigneux que le simple classement dans une catégorie avec des barèmes, où de nombreux facteurs viennent construire ces résultats.