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Le rapport au travail

Suite à l'article : Un revenu pour travailler

Je trouve intéressant de développer le thème du rapport au travail.
On peut voir que certains aiment considérer le travail comme une souffrance et ceux qui refusent cela, comme des lâches.
Or la question primordiale est celle de l'épanouissement, c'est une recommandation des Droits de l'Homme, et pour l'atteindre il faut aussi beaucoup travailler, cependant, quand on est animé par des motivations réelles et sincères, on ne considère pas comme du travail une labeur parfois beaucoup plus grande que celle fournie auprès d'un patron relou, dans une entreprise relou, à faire un job relou.

Une autre question est celle de travaux difficiles qu'on pourrait ne plus avoir envie de faire, dans le cadre d'un revenu garanti. Mais la vraie question est double,
- d'une part il faut s'apercevoir que la robotisation des travaux difficiles a été stoppée en raison de ce que les gens ne percevaient plus de salaires (en chine notamment) or il serait plus normal que le maximum de tâches soient faites par des robots, étant donné que c'est maintenant possible. Toute la distribution, le transport, la gestion des stocks, énormément de choses, même la compta des entreprises, peuvent être robotisées. Cela libère une grande quantité d'énergie humaine.
- d'autre part il est question de rendre possible l'arrêt d'industries non désirables car polluantes ou pour d'autres motifs. Personne ne souhait se faire virer et préfère continuer un travail qui participe à une grande pollution plutôt que de se retrouver sans emploi. La question est donc de rendre possible l'abandon des activités polluantes (je pense à la fabrication de CD-roms entre autres), grâce entre autres à la promesse d'un revenu garanti.
Mais beaucoup d'autres dispositions doivent s'ajouter à ce revenu garanti pour faire système, et c'est sur ces autres dispositions qu'il faut travailler, puisque d'elles-mêmes elles rendront d'autant plus nécessaires un revenu garanti. Il est notamment question de rémunérer (ou de financer) une grande quantité de travaux qui ont grand besoin d'être faits mais qui ne sont pas faits pour être lucratifs, du moins pas à l'échelle individuelle, alors qu'ils le sont très visiblement à grande échelle, et il n'y a pas peu de choses qui soit concerné par cela, comme la médecine, l'éducation, l'humanitaire, les cabinets d'études, les logiciels, la robotique, la culture, la musique, le cinéma.... Tout cela participe au bien-être général mais il est très difficile de trouver des raisons de rendre ces activités rentables ; C'est pourquoi on a créé les brevets, les droits d'auteurs, etc... alors pourtant que ces éléments sont en même temps autant de freins au travail des uns et des autres.

Notamment il se passe que le travail partagé via internet va rendre possible une répartition des tâches, dans des entreprises coopératives qui confient à ses consommateurs toute une charge décisionnelle à propos de la qualité de ses produits. En fait toutes les entreprises devraient confier une grande partie de leurs décisions à des audits publics, en toute transparence, afin qu'on sache vraiment de quoi relève les produits qu'ils fabriquent.
Mon expérience m'a montrée qu'en distribuant un travail gratuit (des logiciels libres) la responsabilité à propos de la qualité est aussi grande que celle d'un producteur qui prend soin de faire que l'utilisateur soit pleinement satisfait, qu'il en ait "pour son argent" (même s'il n'a rien payé). Il en va de l'utilité de tout le travail accompli que ses utilisateurs soient satisfaits.
Et c'est pareil pour la musique, la culture en général, la formation à distance ou tout autre service et bien immatériel... le fait est que l'humain a besoin de travailler, car c'est ainsi qu'il s'épanouit, et il aime être utile. Le revenu garanti ne pourra pas convertir les gens en richissimes paresseux baignant dans la luxure, même si c'était le but !
On peut spéculer sur les conséquences, par exemple que les entreprises devront adopter un comportement non dégradant envers ses employés, faute de quoi personne ne voudra travailler pour eux. C'est sans doute de cela que les libéraux ont peur, eux qui trouvent normal de souffrir au travail.
Mais je le redis, l'effort sur soi, le besoin d'être utile, les formations qu'on peut suivre pour poursuivre un objectif, les rêves qu'on fait se réaliser sont un effort beaucoup plus grand et beaucoup moins douloureux. Le rapport au travail doit faire que l'emploi soit considéré comme un épanouissement personnel, et quand c'est le cas dans certains métiers, je peux dire que les gens ne comptent pas les heures, et ne refusent aucune difficulté.

Le but au final est de faire augmenter très notablement, non pas la quantité d'énergie humaine consacrée au travail, mais l'efficacité de cette énergie humaine. Si on prend ce paradigme comme point de départ, ça change tout !