Nuances vitales

111221 17 min  Système
Socialisation

Pour pouvoir prendre conscience des efforts que l'humanité doit faire afin de passer le cap des contradictions dans lesquelles elle s'est enfermée, je crois qu'il faut se désocialiser.
La désocialisation permet de rendre plus précieux et sacrés les discours qu'on entends, de les analyser avec plus de profondeur, et à la limite, de devenir facile à traumatiser avec des mots qui d'habitude passent par-dessus la tête des gens.

Par exemple quand on arrête de regarder la télé pendant quelques temps, on est frappés d'entendre des phrases telles que « pour passer noël en toute sécurité »... (j'ai entendu ça en mettant TF1 pendant une seconde par erreur avant de changer de chaîne, j'étais pressé de rectifier cette lourde erreur mais le temps de latence a permit de laisser s'échapper cette seule phrase, issue du journal d'infos, qui en dit bien plus long que tous les discours possibles).

Quand on est bien désocialisé, qu'on n'a plus adressé la parole à personne d'autre que sa caissière pendant plusieurs années, que même sa voix commence à s'éteindre et qu'on a banni toute viande, violence, dispute, arrive un moment où on se promène dans la rue avec sa capuche tel le voleur dans la nuit, à faire son festin de moments infimes.

Parallèlement, l'isolement qui plonge les gens qui vivent dans le ventre du monstre de béton où le soleil ne perce pas, ouvre la voie à de nouvelles formes de relations humaines, dans les tuyaux, où les gens apprennent à se coordonner pour travailler ensemble, et réaliser des miracles qu'aucune industrie n'aurait imaginé possible.

Il se passe dans notre monde que les gens coordonnés deviennent capables de rivaliser avec les instances qui se croient supérieures hiérarchiquement, les politiciens, les médias, les industries.
Toutes ces structures humaines sont en réalité très fragiles car les relations interhumaines qui les composent sont faites d'un très petit nombre de liens faibles, principalement la rémunération et peut-être l'habituation, éventuellement le sentiment d'appartenance à un groupe quand on se trouve dans les bureaux les plus élevés et qu'on devient capable de se parler franchement, mais ça restent des relations fragiles et qui doivent résister à l'envie de tout plaquer, qui est permanente et constamment mise en sourdine. Evidemment ils ne peuvent pas (tout plaquer), de nos jours le moindre geste de travers nous met sur une liste noire qui stipule à tout le monde : « ne plus embaucher à vie ». C'est donc une question de survie, pour la plupart des gens qui travaillent, que de fermer sa bouche, ne parler que poliment, ne pas parler de politique à la cantine (seulement des vacances qu'on va prendre), voire trouver son confort psychologique vital dans le fait de se subordonner totalement aux désirs les plus fous des ces industries, comme de venir travailler malgré un lumbago ou malgré un rhume afin de sembler appartenir à la race de ceux qui veulent réellement travailler (c'est du vécu tout ça).

Tandis qu'à travers tuyaux des personnes ne se connaissant pas peuvent co-signer un mouvement de masse et signifier quelque chose d'important, ayant du poids, voire alimenter des révolutions. N'importe quel groupe de petite taille pourvu que les gens soient soudés peut rivaliser avec les plus grands groupes composé de liens beaucoup moins émotionnels.

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Coopération

De plus en plus d'initiatives apparaissent, sur la base de la coopérative, faisant des appels publics pour intéresser des citoyens à devenir des quote-part de ces entreprises naissantes, dans lesquelles elles auront un rôle actif sur ses choix. C'est une des nombreuses manières de faire du client un utilisateur, de confier les choix de société à une micro-démocratie, et ainsi de conférer au produit une identité pluraliste, publique, et non pas une chose qui serait née dans l'esprit tordu d'un actionnaire avide de profit. Même la compta de ces sociétés est rendue publique, afin de justifier ses prix et ses choix. Cela permet de donner à ces produits une légitimité que les producteurs industriels ont largement perdu depuis longtemps, à force de se prendre pour des stars qui décident de ce que les gens mangent, consomment, achètent, ingèrent ou assimilent dans leur tête.

Cette mouvance est née des logiciels libres fabriqués par des associés inconnus qui découvrent le travail à un stade de son évolution et décident d'y apporter une petite pierre en fonction des besoins qui sont les leurs, en gardant à l'esprit que cela devait aussi profiter aux autres. Ceci fait, le logiciel devient comme une propriété, c'est comme quand on nettoie et bichonne un objet, on se met à l'aimer. Et il en sera ainsi de toutes les oeuvres conçues par un public.

Ils nous parlent de démocratie pendant que les gens mettent en pratique la coopération.

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Divisions

Cet exercice de resocialisation ne sera pas suffisant pour prendre en charge tous les maux qui broient ce monde, cependant c'est un très joli début.

La principale critique du système commercial est qu'il divise le monde, entre d'une part ce qui est à l'intérieur de l'entreprise-société, où tout est prévu, planifié pour être le plus économique possible, le plus intelligent possible, le plus efficace, le plus utile, le plus beau, le plus merveilleux, et dès qu'on sort de cette arène, en fait dès qu'on change le cadre d'observation, on constate que tout est prévu pour être le plus cher possible, de la plus basse qualité possible, le plus fragile, le plus moche, le plus inutile, futile, débile, et souvent on s'interroge même de savoir les fabricants sont réellement des utilisateurs de leurs propres produits, ou si ils n'ont pas préféré attendre les retours de garantie pour faire office des tests qui auraient dû être préliminaires, vu que c'est moins cher de procéder ainsi.
En fait, aucun commercial n'agit envers ses clients comme il aimerait qu'on agisse envers lui.

Voilà le problème de ce monde.
Les gens sont capables du beau et du merveilleux, mais la structure « divisante » inverse la polarité et en fait de la laideur et du mortifère.

On pourrait sauver tous ces enfants qui rampent dans le sable, mais cela remettrait en cause tout l'édifice structurel de la société moderne, où « donner » n'est pas possible. Il faut forcément obtenir quelque chose en échange, sans quoi « ce serait le bordel », plus rien ne justifierait l'équité des échanges, et comme disent les japonais, si on fait une erreur une fois, on la fait pour toujours.

C'est donc en restant inflexibles sur les principes de liquidité des échanges (comme dans une sablier fermé où le sable s'écoule d'un côté à l'autre), que se justifie la famine, les guerres d'accaparement, les arnaques à l'échelle mondiale, des politiciens chargés d'occuper l'esprit des peuples sur des questions sans aucun intérêt, parce qu'il ne faut surtout pas qu'il se retrouve dans le silence, où la vase tomberait au fond et l'eau s'éclaircirait, et où ils pourrait voir de façon cristalline les arnaques qu'on fomente contre eux.

Ils pourraient voir qu'on a largement les moyens de nourrir tout le monde, d'éduquer au mieux possible, de soigner sans limitation de budget, d'investir dans le long terme en raison de ce que ce serait plus économique à grande échelle, de se donner du mal là où tout est laissé à l'abandon.

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Berlues

La division de ce monde, on pourra dire qu'elle est un reflet de la division de notre cerveau en deux hémisphères, comme tout dans le monde est toujours divisé en deux, les chiens et les chats, le lion et la panthère, Bill Gates et Steve Jobs, la droite conservatrice et la gauche progressiste, la fédération de boxe officielle et la fédération de boxe non officielle (etc...).
(ps: j'y connais rien à la boxe je trouve ça débile)

Mais une analyse plus poussée montre qu'aucun de ces sous-groupe n'est ajustable avec les autres (Apple est-il progressiste comme la panthère ?), or ce principe de familiarité, qui a trait à l'holistique, repose sur des observations, qui montre que des atomes distants peuvent être regroupés en familles chimiques, et c'est un principe auquel on tient beaucoup, car cela procède de la catégorisation du monde, une des principales fonctions du cerveau, car ainsi, plus c'est facile à ranger dans la mémoire, et plus ça semble logique et juste.

Là où je veux en venir, c'est de mettre le doigt sur la principale fracture qui encapsule toutes les divisions de ce monde, et qui a généré toute cette structure sociale aberrante, où notamment le consommateur n'est pas un utilisateur, n'a pas d'amour pour ce qu'il consomme, ne peut rien faire évoluer ou critiquer car il se trouve confronté à des décisions « professionnelles », et où la famine et les guerres ne peuvent être stoppées car faire cela agirait comme de l'acide sur ce qui permet de lier ensemble les humains-travailleurs, et ferait voler en éclats les raisons qu'on leur a données de faire ce qu'ils font.
Car si soudain on dit « maintenant on peut donner », « ce n'est plus considéré comme du travail au noir », sans attente de contrepartie, imaginez quel usage les industries en place feraient d'un tel paradigme, elles qui accaparent et dérobent usuellement les droits humains.

Cette fracture mentale peut être illustrée par un des premiers graphiques que mon esprit scientifique maltraité a été capable de produire :



A gauche nous avons l'étalon de la lumière blanche tel que projeté par un prisme de lumière, à l'état naturel, et à droite on a d'abord étalonné les mesures de longueurs d'onde en nanomètres et procédé à une répartition mathématique (510, 620 et 730 nm sont à une égale distance). Conclusion il y a un décalage entre l'observé et ce qu'on devrait être normalement observé !
On peut faire parler ce graphique d'une autre manière, pour signifier le genre de disconcordance qu'il y a dans la tête des gens, entre ce qu'ils croient de la réalité et la réalité telle qu'elle est réellement. On pourra extrapoler toute une gamme de berlues qui s'appuient sur le fait que le rouge d'en bas et le rouge d'en haut sont pourtant conformes à la réalité, sauf qu'entre les deux il y a cette distorsion.
Inutile de vous débiner, tout le monde a des berlues, elles sont seulement plus ou moins prononcées selon les cas, jusqu'à des limites franchement rigolotes (d'un point de vue psychanalytique).

Mais il se passe que le subconscient lui, est une machinerie, on ne lui donne pas d'ordres, on essaie pas de le convaincre, on ne discute pas avec lui, c'est lui qui motive la fabrication des raisons conscientes qui justifient des activités impulsées par les centres nerveux, et s'accroche à ces raisons afin de coordonner l'action qui fera le moins de mal au cerveau, qui est un muscle, qui est souvent tellement atrophié et sclérosé que le moindre mouvement provoque une douleur insupportable. C'est là-dedans que vivent les humains. Souvent ils critiquent les désocialisés parce que leur corps se déshabitue de se lever le matin pour aller transpirer des pieds, mais souvent aussi leur cerveau est dans le même état que le corps des désocialisés, fragile, hésitant, articulations qui grincent, muscles qui se déchirent, crampes, sentiment de malaise général. On pourra même observer avec amusement que le pire état de délabrement cérébral est celui des sportifs professionnels, au même niveau que celui des politiciens et des industriels, qui sont comme leurs sous-fifres, à répéter constamment des ordres répétitifs sans aucune analyse et sans plus avoir besoin d'aucune raison pour agir, à part l'habitude et les réflexes.

Il en résulte principalement que plus le muscle-cerveau des gens est atrophié, sclérosé, fragile, et plus ils sont véhéments envers l'évolution, la progression, les nouvelles idées, comme le corps d'un geek se péterait en deux au moindre exercice d'assouplissement.

Alors ils fabriquent des raisons pour justifier leur rigidité, et ces raisons sont évidemment les plus rigides possible, et pour ça, l'intelligence est capable d'aller très loin. Ainsi s'exerce une sorte d'intelligence de la justification qui est dissociée de l'intelligence de la coordination.
La télékinésie, jouer de la musique ou plein de choses de ce type requièrent que les deux hémisphères fonctionnent ensembles. La non coordination entre ces deux hémisphères peut aussi être observée entre le corps et l'esprit (de là découlent les maladies physiques et mentales), puis entre ce qui est dit est ce qui est fait, et enfin entre ce qui est cru et ce qui est réel.
C'est à dire qu'avoir une bonne perception de la réalité relève d'une discipline qui impose que toutes les familles de divisions puisse elles aussi être inter-coordonnées.

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Fonctionnement

C'est vrai que la division en deux camps de l'observé est la plus vraie et naturelle des observations dont le cerveau est capable, car sont principal soucis en tant que pignon de l'évolution de la nature, est de mettre les choses dans des catégories, de structurer l'observé afin de le faire coïncider avec une réalité qui elle, n'est pas observable, mais seulement accessible par la réflexion, la logique fabriquée avec les outils acquits de l'observation du monde, étalonnée sur la connaissance qu'on en a. Je veux dire que la connaissance du monde et l'observation du monde, s'influencent l'un l'autre, sont comme interpénétrés, à ceci près que ces deux notions sont comme le rouge du bas et le rouge du haut, ils appartiennent chacun à une échelle différente. La connaissance du monde est comme une grande longueur d'onde, ça se passe à grande échelle, elle s'acquiert en faisant tourner de nombreuses observations qui ont été déroutées ou assimilées en fonction de la précédente connaissance. La connaissance s'étant imprégnée de ces observations, et la mémoire ayant stocké ce qui est oublié, elle est capable de revenir sur la façon dont a été trié ce qui a été retenu de la réalité, et de rejeter ce qui fut accepté et d'accepter ce qui fut rejeté, pourvu qu'on ne l'ai pas rejeté trop loin...

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Observations

Ainsi on ne peut observer qu'en mesure de ce qu'on est prêt à dire, et l'observé n'est que parlant de ce qui a besoin d'être dit.

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais nos rues sont parsemées de publicités pour des voitures, là où si il devait y avoir une utilité à ces panneaux, on montrerait à tout le monde la puissance et l'économie produite par les moteurs à vapeur, et cette source d'énergie illimitée qu'est le moteur à eau, qui permettrait d'aller où on veut dans le monde avec juste de l'eau et du sel.

Sur internet, les canaux sont de plus en plus occupés par des publicités dont on n'a rien à faire, dont on a peur quand elles sont ciblées, et qui sont la principale source de revenus des sites, même s'ils diffusent des vidéos faites par les utilisateurs eux-mêmes. Les pubs sur youtube sont de plus en plus longues, au début était cinq secondes, puis dix, quinze, j'en ai vu sur d'autres sites où ils demandaient 45 secondes avant le début de la vidéo : à peine le chiffre tombé à 44, j'avais déjà fermé la fenêtre.

Les magasins alimentaires sont devenus des enseignes puissantes qui produisent leurs propres marchandises, en copiant prosélytiquement d'autres produits existants, mais de moindre coût, qui semblent beaucoup moins scrupuleux sur la qualité et plein d'OGM dont on ne veut pas. Aucune source d'information combinée n'existe encore pour noter ces produits et connaître en détail comment ils ont été fabriqués, alors que cette information est cruciale.

Pour accentuer cette différence de coûts ils augmentent les produits dont ils ne sont pas les fabricants, et dont ils se servent pour attirer le client, avant de proposer le même beaucoup moins cher, de leur propre marque, juste à côté. Ces autres produits au prix élevé bénéficient d'un renfort publicitaire qui leur confèrent un meilleur goût, et ce prix, cet argent donné aux médias afin qu'ils puissent mentir impunément et accentuer la dissociation psychique, est compris dans le prix des produits qui ont un meilleur goût, faisant du client le supportaire involontaire de toute cette machinerie monstrueuse.

Ces médias qui refusent de se voir diffusés sur internet de peur que leurs annonceurs puissent observer de façon tangible la perte d'audience conséquente à la diffusion de trop de niaiserie, craignent que les gens ne s'approprient cet outil du changement de chaîne massif pour signifier publiquement un refus, dans le cas où ces audiences seraient rendues publiques. Mais cet outil, n'existe pas, et au contraire, internet est vécu comme un support publicitaire, mais en retour, alors pourtant qu'ils croient si fortement à l'équivalence des échanges, ils n'y apportent rien, ils ne font que se servir et faire payer.

C'est comme Google, qui est un moteur de recherche, qui renvoie des résultats, mais ne permet surtout pas qu'on puisse envoyer des robots pour faire des recherches dans leurs bases de données, et donc, ne permet pas aux autres de faire des moteurs de recherche, qui se voudraient plus adaptés aux besoins de chacun.

On dit généralement que le monde actuel s'est fraîchement rendu compte que les ressources n'étaient pas illimités, que c'était un enclos fermé, surtout depuis qu'on a pu le voir de nos yeux grâce à une image de la planète terre flottant dans l'espace.

Mais la différence entre un système fermé et un système ouvert est une distinction salvatrice qui permet de dire si un système est viable ou non. Le monde en tant que système fermé est voué à l'échec, même les molécules d'eau sont des systèmes ouverts, de sorte que certains liens puissent rester inusités, ce qui se passe à la surface de l'eau. En fait, ce n'est pas tant que le monde soit un système fermé qui compte, mais que toutes les mécaniques de ce monde soient toutes des systèmes fermés, où ne s'opère pas l'équivalence entre ce qui est obtenu et ce qui est désiré, entre ce qui est produit et ce qui doit être fait. Et pire encore, ce sont des systèmes fermés qui se croient ouverts, dans la mesure où leurs bénéfices équivaut leur légitimité, alors que cette légitimité n'apparaît qu'à l'intérieur de leur cadre d'analyse.

Aucun système dans l'univers habitable n'est fonctionnel tant que ne s'établit pas un pont entre ce qu'on peut faire et ce qu'on permet aux autres de faire.
Que voulez-vous, la fortune ne fait rêver que ceux qui croient pouvoir l'obtenir.

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Viabilité

Dans le développement logiciel, quand un process impose la mutation d'une routine, on doit répercuter ces changement à toutes les fonctions qui affèrent à cette routine. Une majeure partie du temps de développement des logiciels qui fonctionnent bien est consacrée à la réforme des anciennes procédures, remises au goût du jour par les nouvelles apparues par simple évolution.
C'est à dire qu'il faut aller informer les autres process de la bonne nouvelle, car cela leur donne de nouvelles possibilités qu'on n'ont pas été explicitement désirées, ensuite de quoi les autres évolutions profiteront de ces nouvelles dispositions, et pourront se faire plus rapidement ou plus simplement.

Ou au contraire, si la plupart des routines se voient souffrir d'une telle mutation, ou si les performances de l'ensemble sont onéreuses, alors la mutation est abandonnée, et le nouveau process n'aura qu'à se contenter de ce qu'il a, à moins de lui dédier une coin tranquille où il peut être satisfait, mais en sachant qu'il ne faut faire cela que si c'est vraiment utile.

Je veux dire par là que dans un système viable, rien ne se fait de façon exceptionnelle, dans des enclos fermés, au contraire tout doit participer à, et profiter de l'ensemble du système. Il en va de la densité du code, c'est à dire de l'industrie du code, de son efficacité, c'est à dire de la facilité qu'on aura ensuite d'y opérer de futures mutations.

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Projection

Et voilà le monde et le cerveau des gens, ça ne fait pas « système », ça n'est pas unifié, c'est un empilement de systèmes fermés, cellulaires, ce qui crée des rivalités et des frictions permanentes.
Et pourtant quand on veut faire un logiciel qui fonctionne on doit oublier tout ce que la vie dans cette société nous enseigne depuis la naissance, on fait s'entendre, rendre compatible, associer, fusionner, unifier, synchroniser, coordonner, mutualiser, créer des noyaux durs ultra-mutuels et des des couches logicielles, des protocoles qui tendent à se rejoindre, ce qui enclenche des réformes permanentes, puissantes et salvatrices. Et en même temps on ne s'interdit pas quelques petites cellules indépendantes dans lesquelles opèrent des processus considérés comme exceptionnels et qui profitent d'une vigueur et d'une liberté détachée de toutes les obligations procédurales, surtout si on sait que c'est de là que naissent les meilleures idées, qui ensuite sont rendues conventionnelles.

Je suis témoin que le monde peut devenir idéal et magnifique, puissant et signifiant, et que pour devenir une danseuse étoile la seule chose à ne pas faire c'est de s'agripper à son trône mental.