051122 23 min

expression directe

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http://www.u-m-p.org/site/expression_directe.zip

=> "expression directe" c'est le nom d'un ancien groupe de rap dont les paroles étaient éloquentes et sans ambiguïté.

1. "Je suis prêt, parce qu'au plus profond de moi-même, je sais que la France ne redoute plus le changement, et qu'elle l'attend, et ce changement, c'est nous qui allons l'incarner."

2. "Je sais qu'il faut faire renaître l'espoir parce que dans la société française les peurs sont innombrables".

3. "Je sais qu'un nouveau monde se dessine, qui fait naître chez beaucoup d'entre vous bien des inquiétudes."

4. "En voulant se rassurer à bon compte, on fait que renforcer les peurs des Français."

5. "Alors Oui, il faut dire la vérité, il faut avoir le courage de garder les yeux ouverts, pour garder, regarder les problème de notre pays en face."

7. "Ce qui (des)fait peur aux Français, ce n'est pas le changement, c'est l'absence d'alternative prédite."

8. "Ce qui désarme les Français, ce n'est pas la force des nouveautés, c'est l'impression que plus personne n'est en mesure de dominer, et encore moins, de maîtriser ces évolutions."

9. "Ce qui exaspère les Français, c'est ce fatalisme qui s'est abattu sur tant de responsables politiques."

10. "Ce n'est pas la politique qui ne passionne plus, c'est la façon dont nous la concevons qui n'intéresse plus ! Voila pourquoi il faut changer."(clairon)

11. "Je sais que les français attendent de nous un projet mobilisateur, qui leur redonne confiance, à la fois sur le plan politique, et sur le plan individuel.

Un grand dessin, pour la France du 21ième siècle, pour Tous les Français, voilà la première mission".

12. "La France est une république, qui croit depuis l'origine qu'on ne peut pas `Vivre sans règles, sans valeurs, et d'une certaine façon, sans Morale.

13. "Oui ! nous croyons au mérite, qui seul légitime les ambitions".

14. "Nous croyons au travail, sans lequel on fait rien, de sa vie"

15. "Nous croyons à l'effort, qui donne du sens à l'existence.

Nous croyons à la justice, qui permet de respecter un ordre, sans lequel il n'y aurait que la loi de la jungle !"

16. "Nous croyons en l'ouverture, et la tolérance, sans laquelle nos sociétés sont mortelles, car repliées stérilement sur elles-mêmes."

17. "Au fond, ce qu'il nous faut maintenant, c'est de redonner à la France et aux français le goût de réussir, le goût de la réussite. Ce ne sont pas des mots suspects, ce ne sont pas des mots coupables.

Vous avez le droit de réussir, pour vous et vos enfants".

18. "Nous devons inventer et incarner un nouveau modèle de réussite français, qui ne s'inspirera d'aucun autre modèle, mais qui aura vocation à inspirer les Autres."

19. "Nous ne parviendront pas à bâtir un nouveau modèle de réussite, si nous ne réhabilitons pas le travail, parce que qui compte dans la vie, ce n'est pas d'échouer ou de réussir, c'est d'essayer de se mesurer et de faire en sorte qu'à la fin de sa vie, lorsqu'on se retourne sur son parcours, on puisse se dire "j'ai fait quelque chose de mon existence".

20. "La France qui travaille, doit être encouragée, doit être récompensée, doit être remerciée, doit être montrée en exemple." (la phrase apparaît à l'écran textuellement)

21. "Pour relever tous ces défis, la France a besoin d'un grand mouvement populaire, qui réconcilie durablement les français avec la politique, "

22. "J'appelle à nous rejoindre, toutes celles et tous ceux, qui pensent qu'il n'y a pas de fatalité, qu'il y a toujours des marges de manoeuvre, pour celui qui refuse de subir."

23. "Nous avons besoin de tout le monde ! Et nous sommes prêts, à faire une place à chacun."

24. "Nous allons développer le nouveau parti populaire dont vous avez rêvé. Un nouvel horizon est devant nous. C'est maintenant qu'il faut faire de nos rêves une réalité."

*

1. "incarne le changement."

2. "fait renaître l'espoir".

3. "comprend vos inquiétudes."

4. "comprend notre erreur."

5. "Courage de voir les choses en face."

7. "la peur est due à l'absence d'alternative prédite."

8. "Les français sont désarmés en raison de l'absence d'un dominateur."

9. "Ce qui exaspère les Français, c'est ce fatalisme."

10. "Un changement de conception de la politique va vous faire vous y intéresser.

11. "Les français veulent qu'on leur redonne confiance sur le plan politique et individuel." "On en a pour cent ans il faut commencer maintenant".

12. "Les jugements de valeur sont une tradition française".

13. "Les ambitions n'ont pour raison d'être que la récompense".

14. "Ceux qui ne travaillent pas ne font rien de leur vie"

15. "La vie est faite de douleur. La justice permet de forcer, sans quoi ce serait la jungle."

16. "Ne pas être "ouverts" comme nous c'est être replié stérilement sur soi-même."

17. "Il faut redonner le goût de la réussite, ne voyez aucun vice caché dans la formulation".

18. "Nous devons incarner/bâtir un nouveau modèle de réussite français qui inspire les autres."

19. "Mais on ne pourra pas y arriver à cause des chômeurs, qui n'ont pas compris que ce qui compte dans la vie c'est d'essayer de faire en sorte qu'à la fin de sa vie, lorsqu'on se retourne sur son parcours, on puisse se dire "j'ai fait quelque chose de mon existence"".

20. "La France qui travaille, n'est ni encouragée, ni récompensée, ni remerciée, ni montrée en exemple mais elle doit l'être."

21. "La France ne pourra pas relever "tous ces défis" sans l'UMP, "

22. "J'appelle à nous rejoindre, ceux qui ne veulent pas "subir"."

23. "Il y a de la place pour tout le monde."

24. "Nous réalisons vos rêves."

*

1. "Je suis prêt, parce qu'au plus profond de moi-même, je sais que la France ne redoute plus le changement, et qu'elle l'attend, et ce changement, c'est nous qui allons l'incarner."

=> "Je suis prêt" concerne la présidentielle,

"parce qu'au fond de moi-même", n'est qu'un faible indice sur la précédente proposition, qui porte sur une notion dite "profonde" ou voulue dire "du coeur".

"la France ne redoute plus le changement" : l'objet de la phrase ne porte pas de notion personnelle ou intime en rapport avec la notion de "au fond de moi-même".

Dans ce cas précis, le sens de la phrase peut être résumée ainsi : "c'est la situation actuelle qui motive mon choix (au plus profond de moi-même)".

=> Or les changements attendus font tendre l'électorat vers la gauche malgré sa lividité, d'après les élections régionales et le non aux européennes.

Le changement "voulu" ira dans le sens commun, de l'amélioration.

Seules les empêchements à l'évolution normale sont rejetés.

Les changements alors, concernent les iniquités.

Une phrase qui mérite autant de réflexion ne peut se conclure si rapidement.

2. "Je sais qu'il faut faire renaître l'espoir parce que dans la société française les peurs sont innombrables".

=> "il faut faire renaître l'espoir" indique qu'il serait actuellement ternit.

C'est une base de l'autoritarisme que de baser son discours sur la peur et de proposer ensuite d'en sortir. Se référer au syndrome de Stockholmes.

=> "faire renaître" = choix d'une parabole religieuse

=> L'"espoir" peut être résumé par, en gros, le dynamisme économique.

=> "les peurs sont innombrables" ainsi les énumérer serait fastidieux n'est-ce pas ?

Les peurs peuvent être la régression, l'accroissement de la pauvreté. Que perdure le système injuste actuel.

=> "parce que" : inexact, l'espoir ne naît pas de la peur ou de la conscience de la peur, en revanche la raison de faire "renaître un espoir" ne peut être que le fait de l'affranchissement de la peur.

=> En conclusion et compte tenu des confusions de langage observées, le message parallèle est "grâce à moi vous n'aurez plus peur".

Notons ici la contradiction entre ces deux premières phrases, dans la première "la France ne redoute plus" et dans la seconde "les peurs sont innombrables".

3. "Je sais qu'un nouveau monde se dessine, qui fait naître chez beaucoup d'entre vous bien des inquiétudes."

=> L'affirmation "un nouveau monde se dessine" est justement une affirmation d'un sentiment "très profond" que ressent la société.

Le sens dans lequel elle se dessine, tend justement à confusion, puisque les intérêts économiques sont précisément ceux qui sont à l'origine des pollutions, mensonges, déplacements de population, appauvrissement, désertification etc... et ceci n'était pas forcément prévisible. Donc j'estime qu'il y a ambiguïté sur "le dessin".

=> troisième phrase et troisième rapport à "la peur".

=> sens global : "le nouveau monde qui se dessine fait naître bien des inquiétudes" ; ceci est porteur de l'idée de la légitimité de l'inquiétude ;

j'en viens à pense que le sens littéral est oublié pour l'effet ; c'est en quoi cette étude de la sous-jacence du discours est porteuse de sens.

4. "En voulant se rassurer à bon compte, on fait que renforcer les peurs des Français."

=> écoute psychologique : le principe cité est une manoeuvre psychique connue sous le nom de "refoulement". Le refoulement consiste à attribuer de fausses-excuses à une douleur afin de l'apaiser. En l'oubliant elle n'en est pas moins toujours active en tant que processus psychique. et par la suite depuis différents niveaux de "craquement" apparaît le "retour du refoulé", qui va du lapsus à la manipulation subconsciente destinée à forcer une apparition nécessaire à ce psychisme.

C'est donc très intéressant.

=> écoute théorique ou littérale (peut être perçue comme mauvaise langue) : "se rassurer à bon compte" ne fait que renforcer la peur" ;

on peut entendre aussi : "une mauvaise manipulation engendre la peur chez les français".

=> écoute plongée dans le contexte : ça doit concerner l'actualité récente à mon avis, mais je ne peux comprendre ce qui a voulu être dit précisément, du moins ce sur quoi cette déclaration se base, pour que ça donne envie de le dire.

=> analyse logique = le début du discours porte sur "les peurs des français", un éventuel surpassement, et aussitôt ensuite, est déclaré que la méthode qui consiste à "se rassurer à bon compte" ne fait que renforcer la peur, sans qu'on ne puisse affirmer la moindre contradiction.

5. "Alors Oui, il faut dire la vérité, il faut avoir le courage de garder les yeux ouverts, pour garder, regarder les problème de notre pays en face."

=> la confusion ne m'échappe pas. Elle est neurologique, incapacité distinctive. Je ne pense pas que le facteur "stress" ou "le traque" en soit à l'origine.

=> "On peut dire la vérité" = est sensé signaler un changement.

=> il faut avoir le courage de garder les yeux ouverts" = là aussi réclame un changement, c'est à dire que "actuellement" ce n'est point le cas.

Préférer "ne pas regarder" dans l'absolu, n'est qu'une des nombreuses réponses possibles, mais ici on la qualifie de "pleutre".

=> "regarder les problèmes de notre pays en face" = "de notre pays" n'offre aucune spécificité par rapport à un autre, cette distinction est politicienne mais non fonctionnelle. "les problèmes" (qu'on n'ose regarder en face" peuvent concerner deux dimensions de "problèmes", il y a ceux qu'on voit, et ceux qui sont nos démons. le discours porte ici sur "la paille dans l'oeil du voisin".

6. "Le monde (s)change ; la France ne peut, la France ne doit pas rester immobile".

=> ici le discours porte sur la fait que le candidat est conscient d'une réalité, c'est son fond de commerce, mais tout à la fois on peut supposer, transposé au contexte électoral et promotionnel, qu'il se propose d'être celui qui empêchera cette crainte de se réaliser.

7. "Ce qui (des)fait peur aux Français, ce n'est pas le changement, c'est l'absence d'alternative prédite."

=> "des" vient de la phrase suivante.

=> en disant autant de vérité on ne peut qu'être élu, aimé. D'ailleurs (analyse textuelle) c'est précisément le contraire qui a été dit à la phrase 3 : "Je sais qu'un nouveau monde se dessine, qui fait naître chez beaucoup d'entre vous bien des inquiétudes" ;

mais on avait déjà oublié à cause du brouillard logique et de la confusion du discours.

=> nous sommes donc au coeur d'une affirmation, suivie d'une autre affirmation venant la remplacer, en la rendant caduque.

Encore une fois ceci est un phénomène d'un jeu de tortionnaire, où "la raison" est toujours changeante, mais jamais possible à remettre en cause.

=> analyse littérale : "les plus intelligents des français savent que c'est l'absence d'alternative prédite qui est la source des "peurs" ; car (logique) "les plus intelligents" est en fait le contre-balancement à "beaucoup d'entre vous" dans la phrase 3, "Je sais qu'un nouveau monde se dessine, qui fait naître chez beaucoup d'entre vous bien des inquiétudes".

Donc le discours est cohérent ici, le contrebalencement à "le plus grand nombre d'entre vous" est "les plus intelligents", c'est à dire ceux qui n'ont pas peur.

=> La raison de la non peur est le fait de savoir que le problème est l'absence d'alternative prédite.

=> "alternative prédite" : coeur technique autour duquel est fondé l'ensemble du discours. Son absence a en effet été détectée.

J'arrête là.

8. "Ce qui désarme les Français, ce n'est pas la force des nouveautés, c'est l'impression que plus personne n'est en mesure de dominer, et encore moins, de maîtriser ces évolutions."

=> La phrase n'a aucun sens à mon avis. Comme détecté auparavant, le but c'est l'opération psychique provoquée chez l'auditeur dans son subconscient. Seule une idée globale approximative peut retranscrire fidèlement le sens de cette phrase.

En effet "l'évolution" ne peut être dominée par personne. L'important est le ton (le ton est haut et fort) et une fois combiné ceci avec "dominer", dans "personne n'est en mesure de dominer", signifie tout aussi bien, d'un c^té légitime, que c'est vrai et qu'on ne peut rien y faire (donc inutile de le dire) ou d'un côté éléctoraliste "oui mais moi".

=> "encore moins" signale une distinction très nettement établie entre "la toute puissance" et "la puissance normale".

9. "Ce qui exaspère les Français, c'est ce fatalisme qui s'est abattu sur tant de responsables politiques."

=> Encore une fois la légitimité rend ce discours parfaitement cohérent.

Mais qu'est-ce qui empêche donc l'orateur de se sentir concerné par ce qu'il dit ?

10. "Ce n'est pas la politique qui ne passionne plus, c'est la façon dont nous la concevons qui n'intéresse plus ! Voila pourquoi il faut changer."(clairon)

=> Incroyable. "la façon dont nous la concevons" => "concevoir" signifie "agencer mentalement", c'est une notion de "conception des choses".

=> Littéralement "la façon dont les politiciens conçoivent la politique n'intéresse plus les Français", ce qui est présenté comme une bien meilleur compréhension que le phénomène qui eût pu faire dire "la politique n passionne plus".

=> simulation de réflexion intellectuelle débouchant sur un non-sens.

=> le scandale de la phrase est situé dans le fait que "nous la concevons" et "ça a une influence sur votre perception". C'est presque un aveu.

=> sens logique : si la politique ne passionne plus, c'est soit - bon signe car tout va bien et il n'y a rien à dire, soit une façon allégée de positionner et donc d'inclure les mécontents "de la politique en général", là où si dégoût il y a, il sera certainement dû à la comparaison entre les paroles et les actes.

=> le lien de cause à effet dans "voilà pourquoi" est surtout pour la transition à l'oral.

11. "Je sais que les français attendent de nous un projet mobilisateur, qui leur redonne confiance, à la fois sur le plan politique, et sur le plan individuel.

Un grand dessin, pour la France du 21ième siècle, pour Tous les Français, voilà la première mission.

=> le projet, est une chose concernant l'avenir. Il n'est pas encore écrit.

Tout ce qu'on sait c'est qu'il sera mobilisateur, que les gens vont être super motivés en apprenant la nouvelle.

Il redonnera la confiance, autant pour apporter une réponse aux atteintes à l'individu présentes juste avant dans le discours, que pour résoudre la raison des cris concernant le désintérêt de la politique.

(monde et merveilles bureaucratiques, incessantes attentes, incessant inassouvissement, etc...).

12. "La France est une république, qui croit depuis l'origine qu'on ne peut pas `Vivre sans règles, sans valeurs, et d'une certaine façon, sans Morale.

=> Ici on voit bien comment est construite la phrase-message, peut importe le sens littéral, premièrement on plonge dans l'ancienne époque, on y colle le segment "démocratique" lourd de sens et intimement rattaché aux Droits d l'Homme (je dis ça en passant) pour ensuite en extraire "la raison solide", qu'est la justification de la rigueur et de la morale.

Car sans elles "on ne peut pas vivre".

Encore une fois il faut isoler ceci du contexte pour ne pas y voir comme je l'ai dit, une "justification" (illégitime selon moi) à "la rigueur" ;

Pour note psychologique, "la rigueur" (règles+vigueur) apparaît comme "discipline" quand on est "appliqué" et "attentionné", mais souvent c'est récupéré pour justifier la "dureté" et ensuite la "méchanceté" et donc "l'illégitimité dissimulée derrière la rigueur" ; derrière des règles infranchissables et une vigueur = véhémence.

C'est un lot commun et usuel, on peut observer "la déviance" du sens originel "règle, vigueur" vers "rigueur, autoritarisme, discipline imposée".

Or Monsieur, non je dis, la discipline ne s'auto-qu'impose.

=> "d'une certaine façon" : est précisément "un tir" entre "sans valeur et sans vigueur" qui semble amener à conclure "sans morale". Ainsi la ménagère qui est habituée à ce processus psychique de "tir sur la comète", conclusion hâtive peu réfléchie et manichéenne, est confortée. Il s'agit ni plus ni moins d'un "jugement de valeur" dans toute sa splendeur !

13. "Oui ! nous croyons au mérite, qui seul légitime les ambitions".

=> oui, enfin non, les ambitions ne sont pas récompensées par le mérite, le simple fait de "l'ambition" est totalement galvaudé.

L'ambition d'un Humain pensant et Libre, c'est de s'affirmer.

L'espoir d'un Français est de ne pas se retrouver un jour à la rue, ce n'est pas pareil, l'ambition du coup, c'est le désir de réussite au sein du modèle économique.

=> Derrière ce plan une vaste entente collective et donc propagande, est menée "contre" les fainéants, qui sont (hypocritement) pointés du doigt comme coresponsables de la dette de la France (qui est un pays très endetté) ou de ce qui l'empêche d'évoluer.

C'est en "droite ligne" avec le phénomène de "discrimination positive", en tant que linguiste je le demande, quelle discrimination est une bonne chose ?

Ceci doit être sensé justifier un futur durcissement des conditions de vie, et donc comme prédit par beaucoup, la chute du système économique.

=> analyse textuelle : "les ambitions seront récompensées

14. "Nous croyons au travail, sans lequel on fait rien, de sa vie"

=> ici c'est excessif. Le travail c'est la santé, d'ailleurs le travail intellectuel fréquent et la méditation dissipent les maladies mentales (sont désaliénantes). En revanche la tournure que ça prend selon les capacités de chacun est propre à chacun, et ne peut s'affilier à un "modèle". C'est anti-éthique, ou ignorant de la sociologie, que de sous-tendre dans une proposition qu'il n'y a "qu'une" seule méthode, pour (qui plus est) ne pas "rater sa vie".

C'est foutrement fataliste, et évinçant les "non travailleurs", que sont les intellectuels , penseurs, scientifiques, "en puissance" et qui ne le seront jamais en raison de la nécessité de "travailler", et du manque d'intérêt pour le développement de leurs compétences. Ceux-là même qui, bien que non immigrés ni rien, ne trouvent pas de travail non plus dans ce qui les "motive" vraiment...

Alors la notion de "rater sa vie" est très répandue. Ici, elle est voulue être récupérée aussi.

15. "Nous croyons à l'effort, qui donne du sens à l'existence.

Nous croyons à la justice, qui permet de respecter un ordre, sans lequel il n'y aurait que la loi de la jungle !"

=> note "à la justice" au lieu de "en la".

=> "la justice permet de respecter un ordre" => Incroyable, ça devient sa principale attribution ! ici une abstraction absolue et complète est faite de la plus évidente des lois démocratiques, discuter raisonnablement les fondements d'une loi. Ici, le maximum de force est "rendue" à la capacité d'"imposer", de "faire respecter".

Tout ce qui est à craindre est ce qui peut, dans le futur, se fonder sur cela.

=> "sans lequel il n'y aurait que la jungle !" = absolutisme, dogmatisme exacerbé.

16. "Nous croyons en l'ouverture, et la tolérance, sans laquelle nos sociétés sont mortelles, car repliées stérilement sur elles-mêmes."

=> "l'ouverture et la tolérance" : non mais bon Dieu quel soucis que de devoir créer cette démarcation ? Le fait que cela même soit "à préciser" est pour le moins inquiétant quand même !

=> "sans laquelle nos sociétés sont mortelles" : encore une fois, un seul argument mit en évidence permet d'effacer tous les autres. C'est un principe révélateur de la pratique habituée à manichéaniser, afin d'oublier (refouler) les "rivalités" du point de vue logique.

=> "stérilement sur elles-mêmes" : opinion de l'orateur sur sa société.

Néanmoins présenté comme explication en disant "car".

(une opinion en guise d'explication, c'est d'un - vraiment - très bas niveau intellectuel)

17. "Au fond, ce qu'il nous faut maintenant, c'est de redonner à la France et aux français le goût de réussir, le goût de la réussite. Ce ne sont pas des mots suspects, ce ne sont pas des mots coupables.

Vous avez le droit de réussir, pour vous et vos enfants".

=> par contre commencer une proposition par la distinction d'avec "son inverse" (dans l'esprit de l'orateur), ce que les choses "ne sont pas", c'est vouloir s'en défendre.

Encore une fois ditto s'il s'agit d'écarter un obscur indéfini du revers de la main, c'est une procédure typique chez les tortionnaires.

18. "Nous devons inventer et incarner un nouveau modèle de réussite français, qui ne s'inspirera d'aucun autre modèle, mais qui aura vocation à inspirer les Autres."

=> Nous espérons que cela sera le cas, de par la surprise de type révolutionnaire dont la France est capable (avis personnel)

19. "Nous ne parviendront pas à bâtir un nouveau modèle de réussite, si nous ne réhabilitons pas le travail, parce que qui compte dans la vie, ce n'est pas d'échouer ou de réussir, c'est d'essayer de se mesurer et de faire en sorte qu'à la fin de sa vie, lorsqu'on se retourne sur son parcours, on puisse se dire "j'ai fait quelque chose de mon existence".

=> Premièrement, le "modèle de réussite", n'est pas familier de "un nouveau projet" dans "un projet mobilisateur au niveau individuel etc..." (phrase 11) celui dont il est dit "que les français attendent de nous". Car en effet, celui-là "ne parviendra [à être bâti]" seulement après que nous "[réhabilitions] le travail".

Je l'avais bien dit, raisons changeantes, promesses repoussées éternellement, etc...

=> accroche des moins bouddhistes et reconnaissance de la sagesse du king-fu, selon laquelle en gros "l'important c'est de participer" ; éloquence destinée à mettre en avant la vertu désintéressée de l'orateur.

=> "réhabiliter le travail" : ça aussi c'est inquiétant, car ça suppose un changement dans le sens du durcissement, de la même manière qu'un professeur le dirait à ses élèves. Encore une fois c'est désigner un responsable de "ce qui empêche désormais" "un nouveau modèle de survenir". Similaire à "dans le futur les travailleurs seront plus sérieux, plus consciencieux et mieux formés".

Il feront peut-être moins de grèves.

(idem pour les politiques)

20. "La France qui travaille, doit être encouragée, doit être récompensée, doit être remerciée, doit être montrée en exemple." (la phrase apparaît à l'écran textuellement)

=> ce soutient oral + écrit peut-il permettre la discussion ? c'est justement cet espace de liberté laissé après l'affirmation qui devrait définir la crédibilité d'un candidat. Ici, c'est du "surtitrage", dans la catégorie "bourrage de crâne".

Alors je me dis discutons-en.

=> "La France qui travaille", cher monsieur, n'a pas trop de problème encore.

Par contre c'est un large électorat.

En fait, toute la Terre va mal, sauf pour ceux qui habitent en France et qui ont un travail. Moi je considère cette opération comme un travail de sape de la conscience planétaire écologique, dont la principale force est la générosité et (justement) l'"ouverture", et qui tend (précisément) à contrecarrer les décisions que la politique économique trouve rationnelles.

21. "Pour relever tous ces défis, la France a besoin d'un grand mouvement populaire, qui réconcilie durablement les français avec la politique, "

=> "tous ces défis" : il en a cité deux qui d'ailleurs se "retournent sur eux-mêmes".

=> du point de vue historique, ça fera drôle d'entendre "réconcilier avec la politique" en sachant ce sur quoi se base cette légitime (et saine) méfiance.

22. "J'appelle à nous rejoindre, toutes celles et tous ceux, qui pensent qu'il n'y a pas de fatalité, qu'il y a toujours des marges de manoeuvre, pour celui qui refuse de subir."

=> "ceux qui pensent qu'il n'y a pas de fatalité" sont ceux qui ont connu cette sensation ou qui en sortent, les dépressifs, les déprimés, ceux dont l'intérêt se dissipe.

=> "qu'il y a toujours une marge de manoeuvre" : avec le peu qui est présent dans le discours, cet argument est de la catégorie "conseil en communication", un travail qu'on peut faire soi-même si on sait repérer les bonnes phrases et les replacer à peu près. Il s'agit toujours, quoi qu'on dise, de se défaire d'une idée néfaste qu'il est bon et moral de "savoir" écarter.

23. "Nous avons besoin de tout le monde ! Et nous sommes prêts, à faire une place à chacun."

=> catégorie promesse électorale, plus il y a de monde qui vote, logiquement moins il y a de chance qu'il y ait une place pour chacun.

en fait cette phrase innocente place le parti comme "une maison dans la maison", une société (ou la promesse d'une société) dans laquelle "chacun a sa place".

Etant donné le taux de confusion en général, le renflement de sens en direction de "chacun à sa place" (sens autoritaire) n'est pas loin non plus.

24. "Nous allons développer le nouveau parti populaire dont vous avez rêvé. Un nouvel horizon est devant nous. C'est maintenant qu'il faut faire de nos rêves une réalité."

=> "dont vous avez rêvé" : l'orateur félicite le publique pour la beauté de son discours. Alors qu'il est l'auteur des idées et perceptions qu'il avance et dont il se sert, il en déporte la propriété au public, dans un élan de générosité qui n'a d'égal que l'ouverture des bras nécessaire à l'énonciation de "une place à chacun" (délivre un sentiment accueillant).

Symboliquement les bras sont ouverts dans les deux sens.

=> "nous réalisons vos rêves" pourra aussi s'entendre de façon composite avec la phrase 10 "c'est à cause de la façon dont nous concevons la politique que les français ne s'y intéressent plus" ; du coup "réaliser" et "concevoir" sont mixtes "mental" et "réel", il y a si peu d'espace en vérité que la "conception" de ces "rêves" pourrait très bien être, mais vraiment dans le pire des cas, le fait même du discours.

Dans son ensemble il se synthétiserait alors en "nous fabriquons vos rêves".

Avec une analyse moins amère, on dirait "nous faisons des études précises sur vos aspirations" ; auquel cas la critique ne concernerait que la légèreté de ce sur quoi se fonde le discours.