111210 23 min démocratie

Modus operandi démocratique : du hasard à la raison

version rééditée 111211

Au départ de cette analyse il s'agit d'élucider pourquoi l'idée de tirage au sort me révulsait, ensuite de quoi nous aboutissons tout naturellement à l'idée de démocratie scientifique, avec toutes les réserves que cela implique (en tant que scientifique).

J'ai suivi avec une grande considération l'exposé de Etienne Chouard sur le tirage au sort : dailymotion.com

Je n'ai jamais accordé le moindre intérêt à ces questions auparavant, et rien que le thème de tirage au sort me rebutait, pour des raisons inconscientes, en lesquelles j'ai assez confiance parce ce que je suis plutôt discipliné en général. (En général les gens mal structurés ont une confiance aveugle en leurs instincts, ce qui est une grave source d'erreurs). Mais si on veut étudier la question il faut être capable de mettre cela au placard le temps de découvrir, notamment, un certain nombre de motifs qui sont indubitables, comme le fait que du coup, chacun puisse se sentir connecté à la possibilité de devenir un jour celui qui participera à l'amélioration de la société, ce qui peut être désiré par tout le monde.

Il faut donc que le modus operandi, quoi qu'il soit, intègre cette possibilité.

Je n'ai pas beaucoup d'articles faisant référence au tirage au sort dans ma bibliothèque, un premier de octobre 2006 dit « C'est la démocratie casino », bref le gars, démocrate et socialiste, s'y oppose.
Il est surtout question de chercher des méthodes pour rendre réelle l'idée de « démocratie directe », ou pour savoir si on est correctement représentés.

Tous ces qualificatifs que je trouve ne sont que des confusions, totalement habituelles, entre la méthode, le but et les moyens, sans compter les névralgies, et sans remettre en cause ce qui est injuste.

Etienne Chouard confère un cadre opérationnel au principe de tirage au sort, le faisant reposer sur le volontariat, et limitant son application aux élections à grande échelle.

Je veux juste risquer d'apporter quelques points de vues qui sont plutôt de nature philosophiques, quitte à compliquer encore l'étude de cette question. Mais bon, il y a une énorme différence entre employer des simplifications abusivement, et s'extraire de la complexité par la force du travail afin d'aboutir à une saine simplicité (en général les premiers sont de droite !).

En premier lieu il y a une raison possible à exprimer venant de mon tréfonds récalcitrant, qui est celle de la créativité. Quand on cherche une solution intelligente à un problème on ne s'en sort que par la créativité, qu'elle s'exprime par une nouvelle mise en relation de choses existantes ou par la création de nouveaux dispositifs et nouvelles méthodes.

Si c'est intelligent de d'abord regarder si dans l'histoire on n'a pas déjà trouvé des solutions adéquates à côté desquelles on pourrait passer, ça n'est pas moins instructif de chercher par soi-même à tout repenser.

Mais surtout je suis gêné par une question jamais abordée, qui pourtant est indispensable pour éviter de tomber dans le piège des mots creux. « Démocratie » est vraiment un mot-piège qui peuvent faire se chamailler deux personnes parfaitement d'accord, ou mettre d'accord des personnes qui pensent chacune à autre chose.

L'activité démocratique

1. Dans Le message des Voix-unies de la rue du Mur j'ai pu faire le distinguo entre les procédures dites démocratiques, et leur parfait opposé tant dans la pratique que dans la morale, qui est le fait que des gens puissent unir leur voix à propos d'une cause injuste.

Cette seconde acception, quand les gens manifestent, est complètement balayée par toutes les procédures dites démocratiques. On semble leur répondre « oui mais vous, vous n'êtes pas la majorité, c'est normal qu'il y ait toujours des mécontents », alors que précisément c'est quand les gens unissent leur voix qu'on assiste avec le plus de solennité à une effervescence démocratique, voulue par des gens qui sont réellement concernés par une cause, personnellement ou par empathie.

Evidemment ils sont moins nombreux que la masse globale, mais ils sont intéressés, impliqués, et possèdent un désir de justice, ce qui est largement suffisant pour justifier qu'ils soient écoutés.

C'est de ces mouvements volontaires, spontanés, non prévus par un calendrier qu'émerge véritablement le mouvement démocratique.

Ce sont ces cris du peuple qui devraient avoir l'effet d'une nouvelle élection présidentielle, en dictant les nouveaux objectifs auxquels le système politique doit apporter des réponses. Ces requêtes devraient être écrites, ces buts poursuivis, et les résultats imputés aux politiciens qui se sont occupés de ces questions.

La méthode démocratique

Aucune procédure démocratique existante n'accorde le moindre intérêt à cette activité citoyenne, pas plus le système de tirage au sort que n'importe quel autre.
Au contraire ces procédures prennent pour acquit qu'il doit y avoir un chef, qu'il doit trancher, ou qu'il faille régler les problèmes les uns après les autres.

Quand on a un minimum de culture informatique (ce qui est la base de tout) on remarque immédiatement l'immense stupidité de vouloir résoudre des problèmes les uns après les autres, alors que le plus souvent, avec plus de réflexion, en étant capable de tenir compte de nombreux problèmes simultanément et en cherchant le dénominateur commun à tous ces problèmes, un moindre effort produit de nettement meilleurs résultats.

Ce qui préside

L'obsession par la racine latine, demo = peuple, cratie (kratos) = gouverner (autorité, pouvoir), n'arrive même pas le plus souvent à savoir mettre ceci dans un contexte qui le rende fonctionnel.

Pourquoi faire « gouverner » ? Qu'est-ce que cela veut dire, et qu'est-ce que cela est sensé produire ?

C'est simple pourtant « ce qui dirige », ou « ce qui préside à » l'intérêt commun, ce sont les facteurs qui ont une influence déterminante. Par exemple ce qui préside au fait de jouer au foot, c'est d'avoir un terrain plat, un ballon, des marques au sol, des buts, des joueurs, qui suivent des règles. On peut très bien jouer au foot sur un parking avec une balle de tennis, sans renier les règles habituelles. On peut aussi changer les règles du jeu, mais la question est « pourquoi faire » ? et pis pourquoi jouer au foot ? Le principal avantage à jouer au foot c'est que les règles sont déjà connues et qu'on n'a pas à s'expliquer avant, et l'intérêt, c'est de faire un sport d'équipe, et ce qui est amusant, c'est de fabriquer de beaux moments.

Il faut nommer et identifier tous ces tenants et aboutissants de la démocratie avant d'aller débattre sur l'intérêt ou non de telle ou telle méthode, sans quoi le débat va se faire absorber par ses propres contradictions.

Le but de la démocratie

Depuis « Democrcia Real Ya ! » la question de la méthode démocratique a été remise à l'étude, faisant apparaître de nombreuses distinctions, qui ont toutes l'avantage de mettre en évidence les carences et insuffisances de la méthode usuelle, répétée par mimétisme et jamais évaluée par aucun autre contexte, ne se trouvant opposée qu'à la dictature, au communisme, ou à d'autres choses énervantes (par le manichéisme professionnel des politiciens).

Je veux bien parler de démocratie directe, participative, par tirage au sort ou même chronique et électronique comme j'en ai lancé l'idée de mon côté (avec un parlement numérique, auquel tout le monde peut assister, faire des propositions, les argumenter et les voter), c'est toutefois plus intéressant de d'abord élucider ce qui est recherché à travers tout cela.

L'état de Droit est le socle de la démocratie, on estime que les gens ont des droits, comme si sans ça ils n'en avaient pas, bon... Les droits sont dus par l'état à ses citoyens, et parmi eux il y a celui de l'égalité, qui est un autre tenant de la démocratie, qui promet qu'aucune discrimination non fonctionnelle empêcherait les gens d'exprimer leur opinion sur la politique adoptée, pour peu que cette opinion puisse avoir une influence.

Disons pour faire simple que dans une société, il y a des choses qui sont interdites, pour les raisons les plus élémentaires du fait de vivre en société. A partir de là on fait des lois, et en faisant ces lois on s'imagine que progressivement cela va améliorer la société. Mais rien ne le prouve.

Il y a aussi le terme de république (le bien du peuple) qui est libre d'adopter toutes les méthodes qu'elle veut, incluant la démocratie, pourvu qu'elle poursuive cet objectif.

A partir de cette étymologie on peut s'imaginer qu'aux états-unis, qui se divise en démocrates et en républicains, fait de ces derniers de gens qui confient l'obtention du bien du peuple à la main invisible du marché, rendant superflue la démocratie, dont pourtant ils ont besoin pour exister, vu que la main invisible, personne ne l'a jamais vue.

En effet le marché possède dans son essence une idée de démocratie, puisque selon le libéralisme, si chacun propose de vendre des trucs qui intéressent les gens, en toute logique, seules les choses les plus intéressantes vont subsister, grâce à la loi du plus fort, le plus fort étant le plus bon, comme si ces deux caractères étaient les deux faces d'une même pièce. Enfin c'est ce qu'il est possible de croire, quand la beauté théorique reste hermétique à la réalité des faits.

Ce qui veut être obtenu quand on parle de démocratie, c'est simplement le bien de tous, c'est ce que j'appelle à de nombreuses reprises le phénomène de justice, la sensation selon laquelle la condition de chacun est "juste", au regard de la morale et de l'éthique, elle-même contenue dans le cadre de ce qui a été rendu possible.

Savoir se projeter

Dans l'informatique, on aime bien faire de tests sur des cas pratiques.
J'avais envie de dire, face à l'incroyable mouvance des « droits d'auteur » (qui sont un abus de langage) qui vont bientôt interdire aux gens de chanter dans la rue, que se passera-t-il si par mégarde, dans le cadre d'un chef tiré au sort, cette décision revenait à la mauvaise personne ? Ou si, par mégarde, les gens élus par hasard étaient faciles à corrompre, dans la mesure où ils n'auraient à s'intéresser qu'à des questions qui ne les intéressent pas ? Ou si, comme par hasard, les questions qui intéressaient les gens élus par hasard étaient systématiquement repoussées à plus tard ? (car dans le système du Random, on ne peut être élu qu'une fois).
Est-ce qu'à chaque fois qu'on assistera à une anomalie on dira « ah ben c'est la faute à pas de chance » ?

L'échelle des questions

Il y a une autre notion d'une très grande importance qui n'a jamais été mise en exergue, et qui est l'échelle des répercussions des questions débattues.

Au début de mon intérêt pour la politique j'assistais à tous les débats de l'assemblée nationale, je prenais des notes, j'étais abonné à la liste et participais (timidement) aux débats, mais ce n'est que bien plus tard que j'ai réalisé que la tendance générale avait fait de cet enclos l'endroit où se jouent confusément des questions qui ont des portées très variables, et en général leur portée semblait diminuer de plus en plus, au point que cet enclos s'est totalement détaché de sa capacité à se questionner et débattre sur des sujets de grande importance, et encore moins sur les thèmes dits systémiques.

Pourtant, en parlant de démocratie, de structure politiques, d'état de droit, de lois, de république, on s'imagine toujours que grâce à l'action combinée des hommes il est possible d'améliorer le monde, et de combattre les injustices, faire cesser les guerres, trouver des solutions humaines, intelligentes, etc... Cette idée imaginaire est carrément opposée à ce que la pratique révèle.

L'habitude de placer tous les débats dans une catégorie unique a permit de faire en sorte que la portée de ces débats aille en diminuant, et que ceux qui sont vraiment importants, qui englobent un grand nombre de sous-débats, soient considérés comme trop fantastiques, ou hérétiques, parce que ce n'est plus dans l'usage de ces assemblées de gens discutant que de s'intéresser à ce type de questions.

Comment ne débattre de rien

Il y a une dernière chose qui avait terminé de me dégoûter de la politique parlementaire, quand je prenais des notes, c'était parce que les questions étaient tellement longues qu'on ne s'en souvenait même plus à la fin, et une fois la réponse donnée, même si elle n'avait aucun rapport avec la question, il devenait interdit de prendre à nouveau la parole pour dire « votre réponse n'a rien à voir avec ma question ! ». Et pendant ce temps-là, le président de l'assemblée, après quelques verres de vins et en pleine digestion, n'écoutait plus rien de ce qui se disait, et se contentait de jouer les tapeur de marteau pour faire taire les gens, donnant raison aux mauvais et faisant taire ceux qui avaient des choses à dire.

L'état d'esprit dans lequel ils évoluent est celui d'une interdiction massive et bétonnée de parler, au sein de laquelle, on a chacun droit à une question, une réponse, et puis c'est terminé.

Comment, dans ce cadre d'asile d'aliénés, ne pas s'attendre de façon certaine à ce que la politique n'ait plus d'autre effet que d'ajouter de nouveaux problèmes à ceux existants ?

Le cheminement démocratique

A un moment E. Chouard dénigre l'idée opposable selon laquelle « oui mais si les décisions sont prises par des intervenants hasardeux, le chemin suivi le sera tout autant », en utilisant une analogie qui m'est chère, celle selon laquelle la nature aussi, fait comme ça, et qu'au fond, ça n'empêchera pas les choses d'évoluer. Quand on pense que c'est aussi ça l'adage du capitalisme, il y a de quoi ne pas être satisfait par cette réponse.

La nature n'est pas du hasard, les cours d'eau, s'ils détestent les bords en béton et permettent à la vie de mieux s'installer avec des contours fractals (il y a un gars qui a élucidé les contours idéaux des cours d'eau), possède l'extraordinaire pouvoir de faire des coups compte double, compte triple, quadruple, et ainsi de suite au fur et à mesure qu'on étend l'échelle et le cadre d'analyse de ses choix.

Par exemple, avec cette idée, parmi les gratifications (salaires) qu'on peut donner à une personne, on pourrait comptabiliser l'intérêt de son travail en fonction de nombreuses sortes d'échelles différentes, justifiant ainsi qu'un scientifique ayant mis une seconde à découvrir un système de production d'énergie illimitée soit gratifié autant que s'il avait travaillé toute une vie, ou qu'un musicien reste rémunéré alors que sa musique est d'accès gratuite.

De même en politique on peut estimer la portée d'une décision en fonction de différentes échelles de son application. Mais surtout ce qui compte, si on veut vraiment parler de « politique », c'est de savoir ce qui guide les pas de cette politique (la politique de la politique). Vers quoi on veut aller, quels sont les objectifs communs à long termes, auxquels devraient concourir tous les pays ? Comment poser, pas à pas, les jalons d'une société moins injuste ?
Si on se fie à la main invisible, autant dire qu'on est foutus.

Les buts et les méthodes

Ce qui est désiré à travers l'idée de démocratie, c'est finalement que l'intérêt commun soit honoré au travers des choix politiques qui guident l'évolution de la société vers l'adoption de règles sociales capables de produire, quand elles fonctionnent ensemble, le sentiment de justice.

Confier ce travail au peuple lui-même n'est pas la garantie d'obtenir ce résultat, avec la mentalité capitaliste qui est très imprégnée j'ai plutôt tendance à croire que les gens en profiteront pour faire leur petits autocrates et faire ce qui les arrange, sans se soucier des autres, conforté par l'idée que si chacun fait ça, son acte est parfaitement justifié.

Si ce qu'on désire est d'obtenir un monde moins injuste, qui aille dans l'intérêt de l'humain, l'intérêt de tous (et pas seulement du plus grand nombre), confier ce job aux gens eux-mêmes est-il une garantie que cela va contrecarrer la tendance naturelle qu'on les civilisations à plonger vers la dictature ? Car en effet, cette tendance est comme la gravitation, elle est indéniable, et ce qui rivalise avec cette tendance, c'est de pouvoir s'extraire de la torpeur dans laquelle toute méthode politique finit par sombrer.

Et le fait-même de désirer cela, de quelle crainte est-ce parlant ? Le spectacle des politiciens actuels qui marinent dans leur confort qu'ils font perdurer, donne envie de faire nous-mêmes leur boulot, c'est naturel, mais qu'est-ce qui les motiverait, eux, à poursuivre le bien de tous ?
Cette question repose sur des vecteurs très puissants, qui sont de l'ordre du système social, et de ce que la recherche du profit privée puisse être remplacée par la recherche du bien public, déjà à la base, dans toutes les strates de la société.

Le politicien-zombie

Obtenir ce résultat, cette vivacité, passe sûrement par une capacité à se renouveler, mais pas uniquement renouveler les gens, voire même à une très haute rotation, mais surtout renouveler les idées, les motivations, opérer des prises de consciences qui ont une influence déterminante, s'autoriser des réformes d'envergure, prendre des risques calculés, etc... bref tout ce qui différencie une vie trépidante d'une vie mortellement ennuyante.

Ce dont le besoin de démocratie est parlant

Non seulement il n'y a rien d'obligatoire à ce que les citoyens aient à s'inquiéter de la politique, mais j'irais même jusqu'à dire qu'un système non-injuste aurait pour principal effet que cet intérêt pour la politique n'atteigne que ceux qui pensent en avoir la vocation, et les autres, pourraient vivre en paix.

Il faut bien intégrer que dans notre subconscient, nous savons que nous vivons dans une société de l'arnaque, et que la confiance envers les gens (surtout les politiciens) est très affaiblie.
Ce désir de faire que le peuple ait un contrôle sur les déroulements politiques est surtout la réponse automatique (pas forcément appropriée, car enfermée dans un contexte restreint) au fait que déjà à la base, les peuples aient eu à devenir sans cesse plus méfiants, fermés, verrouillés et sclérosés pour pouvoir préserver une part de sentiment de liberté, étant donné qu'elle est sans cesse attaquée, abusée, ou utilisée à mauvais escient.

Or pourtant dans une société normale (pensez-y !) on ne devrait même pas avoir de serrures à nos portes, on devrait pouvoir consommer n'importe quoi en toute confiance, on devrait sans cesse pouvoir profiter de l'addition fantastique de savoir accumulé par l'ensemble des citoyens du monde. Au lieu de cela, chacun est isolé, désinformé, et s'il n'a pas les moyens de se défendre contre une arnaque, la loi du libéralisme stipule que c'est de sa seule faute.

Cette psychologie sociale est le tréfonds d'une volonté de prendre le contrôle soi-même du politique, là où, au contraire, des gens spécialistes, cultivés, savants, et bien intentionnés devraient s'occuper plus spécifiquement de ce job.

Ce n'est pas parce que tous les aliments sont contaminés, ou l'eau radioactive, qu'il faut, en réponse, confier la production alimentaire et le traitement des eaux usées au peuple lui-même.
Non, la bonne réponse, c'est de réformer le système de sorte que la motivation d'agir, en politique ou dans n'importe quel domaine professionnel, puisse coïncider avec l'intérêt commun.

Après tout quand des voix s'unissent pour dénoncer une injustice, ils se moquent de savoir comment le problème sera réglé, s'il y a des tenants et aboutissants nombreux et si ça demande énormément de travail ou pas, leur requête est légitime, et le politicien lui, est dans le devoir d'y apporter des réponses satisfaisantes à la fois pour les citoyens et à la fois au regard des nombreuses contraintes que son professionnalisme lui impose, parmi lesquelles notamment toute une dimension philosophique, qu'il convient de ne pas heurter, et dont les citoyens eux, se moquent...

Le renouvellement spirituel des politiciens

Dans un épisode des Simpsons Homer doit concevoir la voiture de ses rêves, et il fait comme tout non-artiste, il ajoute sans cesses des dizaines de gadgets inutiles, jusqu'à produire une laideur extraordinaire ! Même si le comique de la situation dit qu'un non-Homer aurait peut-être produit de meilleurs résultats qu'un professionnel jugé sclérosé et formaté, c'est quand même parlant de l'intérêt qu'il y a de s'inquiéter de la compétence.

Le fait est que dans la démocratie actuelle ou dans n'importe quelle autre il faut d'abord élucider la compétence, la qualité, l'empathie et l'intérêt pour le bien commun au détriment du sien propre.
L'idée de tirage au sort sert finalement à demander à ce que personne parmi les citoyens ne soit écarté du pouvoir, dans la mesure où il aura toujours une chance d'y intervenir.

Un parlement où il est possible de débattre en vrai, sur internet, par milliers

Mais ce résultat peut être obtenu simplement en ouvrant les portes des parlements au public, ce qui n'est possible que par internet, puisqu'il risque d'y avoir des milliers des personnes parlant en même temps, et des centaines de sujets délibérés quotidiennement. Quand même avouez que ça accélérerait un peu les choses. Sans compte que c'est l'endroit idéal pour acquérir de la respectabilité, pour voir si les prédictions étaient correctes, et constater la qualité des intervenants.

Mais d'un autre côté si on confie à la respectabilité acquise le soin de diriger, cela reste insuffisant pour justifier qu'une décision est rationnelle.

Ni le notable, ni le gars posé là par hasard, ne peuvent à eux seuls prendre les décisions d'une qualité approchant celle dictée par la science.

Méthode scientifique

Quelle que soit la question qui veut être résolue, c'est à une démarche scientifique qu'il faut confier « ce qui préside aux choix ». Dans le cadre d'une démarche scientifique, on n'a plus besoin par exemple d'évaluer ensuite la qualité des résultats et des les faire reporter la responsabilité à leurs auteurs, on a seulement besoin de continuer à travailler sur ces mêmes questions, que ce soit avec les mêmes ou des nouveaux, peu importe.

Comparé à cela, confier des responsabilités de différentes natures et importances, à des gens choisis aléatoirement est stupide. La façon de résoudre des problèmes doit suivre avant toutes choses une démarche scientifique, pour ce qui préside à ces choix soit la logique et la raison, dans leur forme la plus tangible possible, appuyée sur des expériences et des théories, et terminée par des évaluations qui peuvent reconduire la résolution du problème.

Une démocratie scientifique, est une idée séduisante.
Le fait que les décisions n'aient pas à être confiée à des gens, mais à des automatismes, qu'ils soient déterministes, obtenus par déduction grâce au travail de la logique et de l'expérimentation, confère une fiabilité nettement supérieure à la politique que celle conférée par des institutions dites démocratiques, sous prétexte que cent personnes parlent, une fois chacun leur tour.

Scientifiquement, faut-il créer des lois qui permettent aux auteurs d'être rémunérés en réprimant la copie, la reproduction, la reprise d'idées ? Si on sous-pèse l'intérêt des industries et l'intérêt culturel, qu'est-ce qui est le plus intéressant, et deuxièmement, qu'est-ce qui est le plus intéressant dans le cadre des objectifs à long terme ?

Est-ce que scientifiquement on aurait interdit les femmes de se draper de nappes sur la tête ?
Est-ce que scientifiquement il aurait été recevable de raser la Libye sachant tous les profits qui en étaient attendus, et dont on avait tant besoin ?

Méthode holistique

En même temps que l'idée d'une démocratie scientifique est en train de naître, comme souvent d'ailleurs en politique, le courant spirituel mondial commence tout juste à s'écarter de la pensée scientifique, rationaliste, atomiste du monde, qui a engendré à peut près tout ce qui peut être qualifié d'inhumain dans le monde.

Les médecins prodiguent des soins-automatiques aveuglément, des vaccins sont fabriqués en masse car c'est plus économique que de les adapter individuellement en faisant une étude précise, l'éducation est standardisée car c'est la méthode la plus économique pour occuper les enfants pendant leur jeunesse au lieu de leur proposer des activités plus enrichissantes, les usines de fabrication considèrent l'humain comme des machines qui font des actes répétitifs aliénants parce que c'est plus facile à gérer, et tant de choses dans ce monde, sont des folies issues d'une démarche dite scientifique, sans que jamais n'aient pu s'y opposer les raisons humaines, du coeur, ou en tous cas des raisons non visibles immédiatement mais indubitables finalement.

Et bien souvent pourtant, les solutions n'étaient pas loin juste à côté, mais quand même avant cela il a fallu inventer l'informatique.

Cela dit, il vaut quand même beaucoup mieux avoir foi en un esprit et une méthode scientifique, capables de s'améliorer, qu'en des personnes à qui on demande de s'intéresser à des sujets qui les dépassent. Le seul fait d'être à la recherche de ce qui est le plus juste autorise (devrait normalement autoriser) de réviser, améliorer, innover des méthodes, ce que le dogmatisme, qu'il soit patronal ou scientifique à l'ancienne mode, n'arrivent pas à faire.

Car la vraie méthode scientifique, au moins, laisse entrevoir que tous ceux qui veulent travailler sur la résolution d'un problème sont les bienvenus, pourvu que leur apport soit intéressant à prendre en compte. C'est pour cela qu'on peut parler de méthode, enfin plutôt d'école holistique, dans la mesure où il s'agit de mettre les questions en relation les unes avec les autres au moyen des très nombreuses capacités qu'à la langue française (en particulier) à faire ces rapports, de façon à subjuguer la méthode scientifique en lui suggérant de nouvelles voies vers lesquelles étendre ses questionnements.

Si il est d'usage de voir les scientifiques comme les pires sclérosés, qui n'évoluent jamais, et qui renient ce qu'ils ne peuvent pas expliquer sans férocité, il n'en reste pas moins que la méthode et la démarche scientifique, qui consiste à ne jamais se contenter d'un résultat et à être capable de tout remettre en cause, est l'esprit dans lequel la politique devrait être menée.

L'esprit scientifique est au moins capable de faire advenir la conclusion selon laquelle, la démocratie, c'est quand les orientations politiques sont décidées par le peuple, tandis que le travail politique, doit être fait avec le plus de professionnalisme possible, afin de garantir que le bien de tous ne soit pas rogné à cause de mauvaises solutions, qui souvent d'ailleurs, sont apportées à des problèmes trop mal énoncés, ou carrément à des berlues...

La science a elle-même besoin de retrouver de la beauté et de l'humanité dans sa démarche, c'est pourquoi ça fait peur de parler de démocratie scientifique, en même temps que cela semble combler une grave lacune, pour ce qui est de la rigueur et de l'honnêteté intellectuelle.

C'est cela que l'école holistique peut apporter à la méthode scientifique, qui elle-même peut apporter du professionnalisme à la démocratie, qui elle-même est sensée apporter les réponses les plus intelligentes aux appels des voix qui s'unissent.

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Quand j'entends se plaindre que les gouvernements agissent sans en référer au peuple, le mot "se référer" plie sous le poids qu'on lui met dessus.
Il faut d'abord, avant cela, élucider l'intérêt des politiciens, qui doivent être des citoyens, qui doivent accéder à cette fonction par leur seule volonté, à rechercher le bien commun, puis ensuite, à s'inquiéter des questions qu'ils se posent, puis des réponses qu'ils trouvent, et enfin, de la nature de la connexion entre chacune de ces étapes et l'écoute attentive qui est faite des aspirations des foules.

Si l'équivalent de nos élections démocratiques est remplacé par les appels populaires, et si les méthodes pour résoudre ces problèmes sont scientifiques, sans limite de temps et d'énergie mise à l'oeuvre pour y parvenir, je pense que cela aura une chance d'obtenir le qualificatif méritoire de "démocratie".