L'ère des robots

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Un système social compatible avec cette nouvelle époque

En observant les progrès faits en robotique il est d'ores et déjà largement faisable, uniquement avec les techniques d'aujourd'hui, de remplacer à vue de nez 30% des emplois humains dans le monde (en mettant l'accent sur l'emploi des enfants).
Jamais les 100% ne seront atteints (comme jamais le « plein-emploi » ne pouvait être atteint, même en théorie, à part dans les bouches de Louis de Funès puis ensuite de Sarkozy), du moins pas avant d'avoir élucidé comment générer des structures logicielles (une vraie IA), qui est confiée jusqu'ici à la créativité des développeurs, et qui est nécessaire pour découvrir chaque jour des méthodes plus efficaces, mais quand même on va vouloir essayer !

Peut-être même que certains boulangers continueront de malaxer leur pâte à pain à la main avec amour, les cuisiniers aussi feront la fine bouche, et c'est bien légitime, mais même à ceux qui refuseraient de confier leur travail à des robots parce qu'ils Aiment leur job, c'est certain qu'ils seront contents que quelques uns viennent quand même se loger dans les endroits difficiles ou rébarbatifs, comme de nettoyer le congélateur.

Tous les domaines professionnels peuvent être affectés, des métiers de la voirie et de la construction, de la semence, récolte, transport et conditionnement de la nourriture, recyclage des matières premières, systèmes de transport (aujourd'hui déjà les avions ne sont accompagnés de pilotes que pour répondre aux cas exceptionnels), toutes les usines, de voitures, d'électronique, de chimie, l'entretien de matériel, des surfaces, enfin bon voilà, la liste me paraît infinie.

Ce serait plus rapide d'énumérer les jobs qui ne peuvent que être l'apanage des humains, et en fait leur dénominateur commun c'est la dimension artistique, le fait de savoir s'adapter à des circonstances guidées par une fine intuition, l'expérience, le savoir-faire, le sens de l'adaptation, rechercher des solutions loin dans le subconscient, ou encore le fait de convaincre, discourir, enseigner, informer, et évidemment écrire tous ces logiciels, inaugurer les socles de ressources partagées, etc...

C'est quand on voit les robots qui vont faire les opérations chirurgicales qu'on se dit qu'il vaudrait mieux qu'une telle avancée doit légalement légitimement moralement et normalement bénéficier à tout le monde sans condition. Sinon toute la beauté du progrès se perd.

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Forcément tout ceci conduit à obtenir un système de gestion centralisé, par exemple pour piloter les véhicules, gérer les flux, approvisionner en flux-tendu avec zéro perte, assurer la fluidité de la circulation des marchandises, jusqu'à, à la limite, permettre de commander une pizza et la recevoir toute prête cinq minutes après, livrée par un robot avec une casquette bleue et jaune.

Oh oui ça va être une époque magnifique.
Et tous les problèmes de pollution et d'énergie seront résolus.
En fait toute la technologie permettant cela existe déjà, ce n'est même pas la peine d'attendre un futur hypothétique et parfois même hypothéqué.

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Déjà j'ai expliqué de la manière la plus élémentaire possible, je veux dire que c'est vraiment impossible à contredire à moins de buter sur des blocages psychologiques (ce qui arrive 100% du temps) comment il était, en outre, possible de réduire à néant toute l'activité de la finance, les banques, les assurances, la bourse, et même toute la comptabilité qu'on demande de faire à chaque entreprise sur toute la planète, ce qui consomme une énergie invraisemblable, passée à se prendre la tête sur des trucs qui rendent bargeot. Mais vraiment ! Ça s'appelle la démence, les gars sont aliénés. Sans parler de ceux qui font des mouvements répétitifs dans leur boulot, jusqu'à s'en rompre les os et perdre l'usage du langage.

Simplement (j'essaie de rendre l'idée palpable le plus facilement possible mais ça reste accessible dans son entièreté seulement à celui qui se pose ces questions) l'idée a consisté à confier le système social à un supercalculateur (au moins il faut que ceux qui existent servent à quelque chose de productif) qui soit capable d'affecter des crédits sur les comptes de chaque individus, en fonction de règles qui sont établies, un peu comme vous voulez selon l'époque.

Après j'ai écris ces règles pour faire en sorte d'obtenir l'homogénéité du niveau de vie sur toute la terre et obtenir le maximum de sentiment de justice, y compris en élucidant certaines iniquités auxquelles personne n'avait pensé, comme le fait que les inactifs soient indépendants des actifs, et que chacun n'obtienne rien d'autre que les droits qu'ils « méritent » (ce terme étant l'objet de processus scientifiques très approximatifs, mais qui cernent quand même mieux la réalité que le hasard produit par la loi du plus fort).

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A partir de là on a établi que la quantité de travail humain peut être allègrement divisée par deux en un an (bon ok, dix ans parce que les gens sont lents) et que dès lors, le système capitaliste est rendu obsolète, sans effet, ou au moins restreint aux domaines qui s'accrochent au passé, si c'est possible.

Avouez que ce serait dommage de ne pas faire profiter tout le monde des progrès significatifs en informatique, et réciproquement, ce serait dommage d'empêcher cette évolution merveilleuse de se produire en fondant sa raison sur des us et coutumes d'une autre époque, telles que le principe du commerce, l'équivalence entre ce qui est donné et ce qui est prit, et le concept aberrant de l'argent.

De toutes façons vous n'aurez pas le choix, on va être obligés de mettre ceci sur pieds.

L'humanité consacrera son Temps à ce qui les définit vraiment dans toute sa divinité, non extériorisée, et trouvera le bonheur dans le sentiment de progresser individuellement et collectivement.

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Le seul truc qui ne va pas dans cette histoire (ah oui on aurait pu rester sur une note optimistique) c'est comment assurer la transition entre le système injuste et le système non-injuste.
Il faut bien que ça parte de quelque part, que des gens coordonnent leur effort pour travailler avec une nouvelle monnaie locale, créant une bulle avec une valve (la valve ne laisse passer le courant que dans un sens). C'est à dire que les crédits-droits pourront être convertis en argent mais pas l'inverse, cependant, l'attrait pour les premiers devra devenir supérieur en un bref lapse de temps ; et les deux systèmes pourront cohabiter, mais pas longtemps, c'est pour ça qu'il faut que ça aille vite, avant de se faire torpiller, comme l'exige la coutume acquise par les éberlués du pouvoir...

Pour que cet attrait soit supérieur, il faut que l'ensemble des acteurs du (nouveau) réseau social aient accepté de « donner » leur marchandise aux personnes qui auront reçu les droits équivalents, ça revient donc au principe de la confiance sur laquelle repose toute monnaie. Mais la différence, peut-être est-ce dû à cette nouvelle époque, c'est que la confiance est désormais quelque chose qui s'acquiert par une évaluation objective des résultats.
Ainsi déjà on a même pu entrevoir que dans ce futur système, cette indicateur que j'appelle le NDV (niveau de vie) en fera partie intégrante, et sera l'indicateur de la confiance en un système.

On peut même entrevoir par avance que la mise en place d'un tel système, ayant entraîné ce principe de "valve" de façon native, autorise ensuite de pouvoir tester à nouveau toutes les sortes d'autres « systèmes » dont on peut avoir besoin. Mais cela sera facile, puisqu'on aura déjà au moins créé l'ordinateur qui permettra de faire tourner le logiciel du système de justification des échanges.

Ce n'est pas une utopie, c'est ce qu'on rate !