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Quand l'indignation s'ajoute à l'indignation

En avant-propos, voici ce qui était prévu de longue date, en gros :
- Economie : Le système capitaliste est une construction aussi absurde que aberrante, qui se terminera en un fiasco de l'ampleur d'une catastrophe naturelle à l'échelle mondiale ; récemment on a trouvé le terme de cataclysme économique. Ce n'est pas à négocier, c'est à savoir ;
- Environnement : Le niveau d'organisation est trop faible pour garantir à une population croissante son train de vie sans occasionner une destruction de l'environnement qui ne fera qu'accélérer sa perte. Et on vient juste de découvrir que les trente centimètre de terre cultivable sur la surface de la terre n'étaient pas « renouvelables », finalement. Seuls les Mayas avaient inventé une terre avec des champignons autorenouvelable, mais elle a été décimée.
- Evolution : une nouvelle génération bénéficiera d'une nouvelle structure cérébrale permettant d'accéder sans entrave à des notions qui échappent complètement à la plupart.

L'enfant cache ses yeux derrière sa main pour croire qu'il disparaît des yeux de ceux qui le regardent. Ce réflex primitif subsiste toute la vie, de sorte que la honte s'exprime par le hochement.
Ou de sorte que la cécité mentale préserve la santé d'un cerveau incapable de gérer une trop grande quantité d'informations, car c'est un muscle, ça s'entraîne.

Bon.
C'est marrant.
On y est maintenant.

Au début, un jeune informaticien privé d'avenir se suicide suite à une répression policière alors qu'il vendais des légumes pour survivre. Scandalisé de voir que l'avenir n'est plus ce qu'il était, le peuple se soulève et met fin au règne de la soumission. C'est le printemps arabe, et l'automne de l'occident dira-t-on.
Puis en Espagne les Indignados réclament une démocratie réelle maintenant !
Puis Wall Street cible la finance comme cause immédiate des souffrances des peuples.
Certains en passant se demandent ce que veulent ces gens.
En réponse cette vidéo philum.info annonce les contours du problème, tout en laissant la porte ouverte aux autres « solutions » que le génie humain pourra trouver. C'est un peu ce que font les Droits de l'Homme, ils laissent une porte ouverte pour dire en gros, qu'il y a encore beaucoup à dire, et que ces droits sont le ciment de toute société. Sans eux, la colle perd de plus en plus de son adhérence, et des petits morceau tombent. Toute société ne répondant pas à ses prérogatives possède le droit de se voir dissoute.
Cela non plus, n'est pas à négocier.

L'indignation vient avec l'information et évidemment cette information n'a pu devenir suffisante, pour que les humains puissent obtenir la totalité de leur fonctions humaines, pas grâce à la télé mais grâce à internet.

On constate quand même un progrès entre les quatre personnes normales qui alertaient 5 milliards de fous qu'ils creusaient leurs tombent, et aujourd'hui toute une masse de gens dans les principales capitales du monde, dont la seule présence est la conséquence directe de leur conscience. Est-ce sensé faire réfléchir, est-ce sensé parler, à des gens du présent, à des gens du futur, ce n'est pas parce qu'on n'a pas la réponse qu'il n'y a pas de réponse.

Et la répression policière, de quoi est-elle la preuve ? D'après les informations connues il n'y a aucune raison pour cette répression, est-ce que cela va à l'encontre d'un projet, d'un objectif stratégique, d'un business ? Ah oui sûrement.

Si vous avez les reins bien serrés c'est le moment d'aller chercher les commentaires des non indignés, qui sont imperméables aux nombreuses revendications avec lesquelles tous les manifestants sont d'accord, sans aucune hésitation ou forme de retenue.

Lire les commentaires des « faibles », ceux qui sont à la traîne, ou qui n'ont pas les moyens de comprendre, est très instructif. On ne se demandera plus pourquoi on brûlait des sorcières ou pourquoi il était impossible de convaincre que « la terre est suspendue dans l'air ». Ils auraient demandé des preuves et on n'aurait pas pu leur en donner, on leur aurait dit qu'il suffit de réfléchir ils auraient crié « au diable ! ».

Voici ceux pour qui nous sommes des hérétiques :

bobhead
alors comme ça on va droit dans le mur! ça pour une nouvelle c'est une nouvelle!
la crise des dette pudiquement appelé souveraine n'est ni plus ni moins qu'une crise du socialisme.
les socialisants qui croyaient que l'état pouvait tout pour eux veulent maintenant nous faire croire que nous avons une crise du capitalisme.
les INDIGNES,(nouveau mot journalistique pour qualifier les anciens gauchistes revendicatif) s'indigne de quoi sinon de ne pas pouvoir continuer a vivre sur le dos de cette fiction qui est l'état.

En gros, l'étendue de la capacité de se projeter dans autrui ne peut pas faire autrement que de souffrir de l'incapacité du gars à trouver « intéressant » autre chose que ce qu'il peut posséder.
Et donc pour lui les autres sont autant que lui des appropriateurs. Et donc du coup il ne comprend pas ce qu'il veulent s'approprier, puisque la fête est finie, le socialisme est vaincu, et il est content de cela.

Roum1
Ecrivain perdu, informaticien dans le logiciel libre, webmaster, travailleur indépendant dans le online... on voit le profil... des intermittents qui n'ont que ça a foutre, toujours dispos pour des tours de France de l'indignation...
Ca fait 4 mois que tous les 10 jours ils essayent d'envahir des places et autres lieux publics... Pourquoi les médias en font-ils des tonnes?

(ce n'est pas de moi qu'il parle, sinon aurait carrément été vert de rage)
4 mois, dix jours... donc à peu près douze fois qu'il entend parler de ce truc depuis quatre mois... sans trop savoir d'où ça venait. Le 15M c'était il y a 6 mois, et chaque mouvement né dans chaque ville du monde a toujours subsisté, venant s'ajouter aux autres. Déjà on voit que l'information n'arrive pas à être disposée sur des plans différents, afin d'être ensuite juxtaposés, comparés, et l'info structurée.
On voit aussi l'irritation parce que le cerveau essaye à chaque fois de comprendre, et souffre de ne point y parvenir, ce qui est stressant.
Par le « que ça à foutre » on a le fait d'avoir mit sur un même plan lui et les indignés, ne sachant pas pourquoi il irait, il préfère rester où il est, car il n'y a pas de raison d'y aller, à moins d'avoir envie de se promener. Ce manque d'information est constaté d'abord chez autrui, ce qui a l'avantage de tout rendre logique, malgré ce que les yeux voient.

lena 06
pauvre france l'heure n'est pas à l'indignation, cela ne veut rien dire...l'heure est à la solidarité face à la crise, tout le monde ensemble à faire l'EFFORT c'est tout, ces gens se démarquent, rien à foutre....où on est tous ensemble ou alors on plonge...faut cesser de s'indigner, faut cesser de pleurnicher, de réclamer, de manifester...faut parler tus d'une même voix seuk un front uni nous fera sortir de ce souci...l'effort doit être commun du petit au plus grand...la vache n'a plus de graisse mais il y en a encore qui veulent rogner les os....je ne cautionne pas ce mouvement de débiles....qui ne veut rien dire du tout

Entraîneur de foot, ou manager-opprimant d'une équipe de cuistos de McDo qui doivent bien déguster, le paradigme de la loi du marché, du travail-récompense, de l'inutilité du socialisme si tout le monde travaille, est très profondément ancré et inculqué depuis la naissance à tous ces gens. On ne peut pas les blâmer, c'est le même effet qu'une maltraitance, elle est douloureuse, et y échapper au lieu de l'affronter est considéré comme de la lâcheté.
C'est drôle parce que comme souvent on trouve les mêmes gens sur les deux bords de la rive, mais leur point de vue étant opposés, avec les mêmes mots ils ne parlent pas du tout des mêmes choses.
Monsieur, avec un meilleur levier, un moindre effort produira de meilleurs résultats.

(c'est douloureux à lire ces trucs)

Jacques schurmfeld
Passant hier à la Défense, j'au vu une vingtaine de gens frigorifiés et quelques fourgons de la gendarmerie; l'un des manifestants a maugréé contre les CRS, puis d'autres ont dit "non, c'est la gendarmerie"; quelques gendarmes discutaient avec des " indignés " pour passer le temps. Mais à la Défense, les gens regardent surtout les bicoques de Noël qui sont édifiées à quelques mètres de là sur le parvis. Normalement des gens qui dorment sur des dalles ont un message fort, mais après avoir lu les maigres pancartes avec des slogans sur l'amour ou sur la mauvaise finance, je préfère encore le bistrot du coin avec des brèves de comptoir, c'est plus chaud et plus passionnant.

Qu'y avait-il à voir qui n'était pas visible en pensée ?
Méfiant de sa pensée il est allé regarder mais n'a rien trouvé.
Quel intérêt de regarder les étoiles si on peut utiliser une ampoule ?
Bientôt même les brèves de comptoir ne seront plus un refuge à la réalité.

Dominique003001
Les "acquis obtenus par nos ancêtres" (et non "enceitres" !) sont depuis 30 ans financés à crédit. Vient un moment où il faut payer la note, comme n'importe quel particulier qui s'endette. On y est. Vilipender les "financiers et la spéculation" ne fait pas avancer le schmilblick !

Cela est non possible à croire, normalement, mais il s'en trouvent quand même qui, essayant d'assembler les bribes de connaissances éparses, arrivent à tisser des raisons qui piétinent allègrement la vérité.
Je ne connaissais pas cette « raison », je la découvre, et elle semble connue dans le camp de la vieille école. Cela ne les aurait pas dérangé de marcher au milieu des familles étalées sur les trottoirs, et cela ne les dérangera pas davantage, au contraire ils seront contents de retrouver un semblant de normalité, de leur point de vue.
Le schimlblick c'est une allusion à un gag d'il y a trente ans. C'est sensé être un truc inconnu.
C'est sûr que vilipender n'a jamais servi à rien, les gars ne vont pas renoncer à des milliards de profits en raison de la honte, c'est leur métier ils sont éduqués pour ça.

Ici, une des nombreuses réponses à ces cris stridents d'ignorance :

yaplukafersa
Il est effarant de lire toujours les mêmes posts haineux sur les forums du Figaro en ligne, avec encore et encore, le même diagnostic délivré du haut de leur soit-disante expérience "...foutent rien..", "...fainéants...", "...socialos...", avec du "...moi je..." par-ci, par-là.
Je trouve cela finalement assez symbolique de l'individualisme généralisé.

En effet, et c'est même plus grave, puisque toute une mentalité a été bâtie scientifiquement puis propagée méthodiquement avec de contaminer les esprits et opérer ainsi la dissolution du contact avec la réalité. Remarquer comme la forme interro-négative s'est propagée, on pouvait entendre les mêmes tournures dans tous les pays du monde, c'était presque surnaturel. En prenant appui sur des réflexes préhistoriques tels des ressorts la stratégie a consisté à ancrer des paradigmes qui ensuite prennent leur autonomie, en apportant une satisfaction de courte durée aux choses irrésolues. C'est ce même « à court terme » qui s'est ancré dans les esprits, la violence des propos et souvent des actes n'est que le fait d'une réponse à court terme à des douleurs ou névralgies, sciemment entreposées par ailleurs. Selon toute évidence, les fondements logiques et inconscients du principe du commerce se sont ancrés dans la psyché collective jusqu'à devenir visibles de façon palpable, alors que ce n'étaient que des sous-jacences seulement visibles par les penseurs. Et évidemment, le dogmatisme a fait son oeuvre, rendant consciente l'activité de pénétration du dogme dans les esprits.

jacques touchard
En tout cas vous n'êtes pas productifs.

Là encore, on le sait par l'âme, le gars ne parle pas en tant qu'indigné !
Un seul mot d'une seule phrase réussi l'exploit de placer la productivité, en terme d'argent ou de biens, et de façon palpable immédiatement sans rien avoir à discuter, au sommet de l'échelle des priorités. Mais si c'était productif à long terme, cela lui paraîtrait un grossier mensonge puisque rien n'apparaît à ses yeux.

christian782
Ok, je respecte la passion qui semble animer les Indignés. Je me demande qui les coordonne et donc les manipule, voir les finance? A priori tout se passe via Internet.

Amusante hypothèse d'un jeune stagiaire de chez TF1, qui nous téléphone depuis son monde douillet et tranquille. Ayant prit note que la télé n'avait jamais fait de pub pour les indignés, il en conclu que ça doit être le fait d'une obscure secte sur internet où il faut se loguer et avoir un mot de passe spécial qu'on ne donne pas à n'importe qui.
Tous les cris et hurlement, toute la lumière et l'énergie ne sont qu'un lointain murmure, qui n'a rien de menaçant.
Même es politiciens ont une meilleure oreille.

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Bon j'arrête mon entraînement à trouver des réponses adéquates dans le feu de l'instant.