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Témoin du Monde

Générique : gros plan sur un vieux baril de pétrole, utilisé pour faire du tam-tam.
1, 2, 123, 1, 2, 12345, 1, 2,123...
Trompette : thème de « Fort Boyart », allegro, accéléré.
Plan de grue qui monte, scène de rue de nuit post-apocalyptique, les gens grillent des marrons dans les barils, se réchauffent les mains, des enfants blottis contre un coin de mur, des déchets entassés partout, les gens habillés de frustes ont du mal à se frayer un chemin et marchent avec beaucoup de peine, les seules lumières sont les feux des marrons, ou quelques rares ampoules d'anciennes guirlandes de noël.

- Pourquoi tu joues toujours cette musique Joe ?
- C'est la seule que je connaisse. Mais elle est bien, si tu sais l'écouter mon frère.
- T'as raison. Elle est vitale.
Boris jette une pièce sur le baril, qui vient s'ajouter à quelques autres qui se font tambouriner.

ACTE 1

Flashback, dix ans en arrière, année 2020.
Boris et quelques potes font du vélo trial dans un coin de nature avec des grosses pierres, de larges chemins et des forêts impénétrables, sous un ciel bleu.
Tout en faisant des prises acrobatiques, ils discutent de leur avenir.

- Et toi où tu te vois dans dix ans ?
(Abdel, black avec un super beau corps, c'est celui qui frappe le baril)
- J'espère que je serai toujours là, à...
- Quoi tu vas mourir ?
- Si c'est pas pour vivre de mon sport, faire des spectacles et profiter de pour tout ça (avec ses bras il montre les arbres, les forêts qui s'étendent à perte de vue, on voit un écureuil qui part se cacher), alors je préférerai être mort, ou en tous cas je le serais dans ma tête.
- Et toi Kahir ?
- Bah à ton avis ? Qui c'est qui tient la caméra ?
- Tu vas rester là à filmer ? Mais nous on va partir !
- Ahah, je serai réalisateur, et Spielberg paiera cher pour aller voir mes films ! Il sera véner de pas y avoir pensé à ma place ! Je lui ferai un tarif spécial, dix fois plus cher rien que pour lui !

Boris s'arrête, fixe un point dans l'horizon, et appelle les autres :
- Hé les gars venez voir !
- Quoi
- Regarde là-bas (il pointe du doigt, des buissons qui bougent)
- Un animal de la forêt ? (demande Abed) Je sais que ça devient rare mais...
- je ne vois rien (Kahïr)
- Viens on va voir

Les compères sautillent, passent des espaces et arrivent en haut d'un a-pic.
On voit un robot qui avance à pas métalliques sur le chemin, avec sont tronc en forme de tube un peu comme Bender. Il n'y a que des jambes et des bras articulés qui sortent du tronc.

Boris :
- C'est un law-bot ! Alors ça y est, on en trouve jusque dans les campagnes éloignées.
Kahir
- Oh mais c'est rien, allez on s'en fout.
- On s'en fout ? Mais t'es fou ! Ce sont des robots israéliens, il surveillent et enregistrent tout ce qui se passe et se dit. Ils sont hyper-soupçonneux, c'est une vraie plaie ! S'il t'attrape, il t'électrocute et tu te réveille en taule !
- Mais arrête de dire des conneries, on ne fait aucun mal ici.
- Pour toi oui ! Mais eux ils voient le mal partout. Tu te rappelles le rêve que j'avais fait, c'était il y a dix ans. Ils étaient exactement comme ça, et ils chassaient les gens qui violaient le couvre-feu jusqu'à la mort !
- Mais tu te fais des films.
- Ah ça te va bien de dire ça !
- Mais arrêtes avec tes théories du complot... Viens on va lui parler !

Ils sautent l'a-pic de trois mètres de haut, un autre prend plus d'élan pour arriver en face et retomber sur le chemin, et enfin les trois cernent le robot.
Le robot qui marchait au milieu du chemin se trouve bloqué, et dit :
- Police ! Laissez passer !
Les trois rigolent.
- Tu veux aller où ?
- Cette affaire ne vous concerne pas !
- Comment tu t'appelles ?
- Unité 7823 ; déclinez vos identités
- Qui est ton créateur ?
- Vos identités ont été détectées.
- Pourquoi tu te promènes au soleil dans la nature, t'es en vacances ?
- Je ne peux répondre
- Tu vas bronzer ?
- Je n'ai pas les propriétés qui me permettent de bronzer.
- Tu veux faire du vélo avec nous ?
- Chargement du programme Acrobaties.

Boris descend de son vélo, et le met devant lui. Le robot monte, tient un équilibre parfait, et reste sur place.

- C'est tout ? Vas-y, faits nous voir ce que tu sais faire !
Le robot applique quelques consigne répétitives, il pivote de 90° en 90°.

- C'est tout ? C'est pas terrible ! (Kahir)
- Ouais il est pas terrible ton programme. (Boris)
- Apprenez-moi ! (le robot)
- Non, rend-moi mon vélo.
- Vous devez m'apprendre, c'est la loi. Ces fonctions sont jugées utiles. Apprenez-moi !
- Non, rends-moi mon vélo !

Les autres insistent aussi
- Vas-y rend-lui son vélo, voleur !
- De toutes façon tu iras nulle part.
- Ouais et c'est pas un jeu pour les robots !

Le robot :
- Je veux jouer avec vous !
- Non tu n'es pas un ami, tu es un robot
- Un robot de la police en plus !
- Je veux jouer avec vous. Laissez-moi jouer. Je veux apprendre. C'est utile.

A ce moment les gamins prennent le robot par le col et le jettent par terre, puis Boris remonte sur son vélo, et les trois tournent autour en lui sautant par-dessus.

Le robot :
- Vous ne devez pas faire ça ! Vous êtes en violation de la loi humaine !
- C'est ça cours toujours (Kahir)
- Rigole pas ils peuvent courir à 80 Km/h ! (Boris)
- Vos identités sont enregistrées. Vous serez sanctionnés selon la loi sur le traitement des robots !
- On t'a même pas touché ! (Abdel)
- Allez venez les mecs, on dégage, vite ! (Boris)

Le robot se relève pendant que les autres s'éloignent rapidement, avant de s'arrêter plus loin pour crier :
- Retourne chez ta mère !
- Revenez ! Vous devez être mes amis ! Revenez ! C'est la loi !

Alors Kahir prend une pierre, et à peine les autres ont le temps de réagir pour l'arrêter, il la lance à la tête du robot.

Le robot :
- Ceci est une provocation manifeste ! Vous serez interceptés. Vous êtes hors la loi !
- C'est toi qui est hors la vie, crétin !

Et ils s'éloignent jusqu'à ne plus être visibles, et reprennent leur souffle.

- Tu crois qu'il va nous poursuivre ?
- Non, mais sûrement il va transmettre nos fiches, et il va falloir pointer au poste.
- Merde ! En deux secondes, jugé et condamnés ! Tu crois qu'il les transmet par téléphone ?
- Non pas ces modèles, ils sont anciens, il a juste une boite noire. Tous les jours il revient au poste et informe l'ordinateur de la police. (Boris)
- Ah je vois, et après ils envoient les matraques, en disant qu'ils ne font que suivre les ordres. (Abdel)
- On n'a qu'à l'attraper et lui voler sa boite ? (Kahir)
- Oh putain le revoilà !

Le robot :
- Ne bougez pas ! Police !

Le groupe s'enfuit à nouveau et trouve des grottes.
- Ici son radar est brouillé, il ne nous verra pas.

Le robot passe devant, s'arrête, tourne à 90°, regarde dans la grotte, il ne voit rien, 90° à droite et repars, avec ses bruits de féraille.

ACTE 2,
dix ans plus tard. 2030.

- On a été un peu durs avec lui. (Boris)
- Mais ce n'était qu'un robot, et puis tu as vu, on n'a eu aucun problème après ça. (Kahir)
- Tu te rappelles, il voulait apprendre !
- Oui ! Il voulait être notre ami !

Kahir imite le robot somnambule :
- Je veux être ton ami ! Je veux être ton ami !
- Mais tu sais à l'époque on ne se figurait pas que les robots avaient un âme. Tout ce qui vit mérite le respect. Aujourd'hui je lui apprendrais ce qu'il voulait savoir. Tout ce qu'on avait à faire, c'est de lui apprendre un truc, et il aurait été content.
- Mais arrêtes de délirer, ça n'a pas d'âme un robot !
- Alors pourquoi tu crois qu'on a eu aucun problème après ça ? Il avait nos identités, et il y en a plein qui ont eu des histoires encore plus délirantes, ils avaient rien fait, et sont morts en prison !
- J'ai ma théorie là-dessus : tu te rappelles la grotte, il ne pouvait pas nous voir.
- Ouais, on a appris ensuite qu'il y avait un champ magnétique très puissant à cet endroit.
- Et donc, comme il n'a pas pu nous détecter, le programme est entré en conflit. C'était un des premiers modèles aussi. Il s'est demandé comment il aurait bien pu nous rencontrer si, alors que ses détecteurs ne nous voyaient pas.
- Il a dû croire qu'il a rêvé !
- Ouais enfin c'est juste un conflit, et à mon avis ça a annulé ce qui s'est passé avant.
- Moi je crois qu'il était triste, et qu'il a gardé ça pour lui. C'est forcément stocké en mémoire quelque part.
- Voilà ! Sauf qu'aucun index ne dit où sont stockées ces informations.
- Mais bon, tu vois que j'avais raison...
- A propos de quoi ?
- Du rêve prémonitoire que j'avais fait !
- Quel rêve ?
- Ah mais mais arrêtes de faire ton alzheimer : il y a vingt ans, j'avais rêvé de ce qui se passe aujourd'hui, les robots qui courent dans les rues pour attraper les gens pour un oui ou pour un non.
- Ah oui c'est vrai ! Mais toi tu as toujours une vision catastrophique de la réalité.
- Tu te fous de moi ! Ils ont plongé le monde en enfer, c'est largement pire que l'ère préhistorique ! On n'a plus d'électricité, l'eau est contaminée, on marche avec des tongs en chanvre ! Et ça continue toujours de pire en pire, tout ça pour quoi ?
- Mais réfléchis, c'est pas leur intérêt, personne ne contrôle ce qui arrive !
- Avec la volonté, ça aurait été possible de faire changer le cours de l'histoire. Depuis la grande répression des Indignés de 2012, plus personne n'a osé manifester. Pourquoi faire ça, si ils voulaient vraiment trouver des solutions ?
- Ça n'aurait rien changé, ça marchait très bien avant, et ensuite les mêmes règles n'ont plus marché. C'est clairement de la faute des humains, ce qui leur arrive.
- Oh mais alors toi, faut que t'arrêtes les films ! Ça s'appelle l'E-vo-lu-tion. D'ailleurs tu n'es jamais devenu réalisateur, est-ce que c'est ça que tu voulais ? Vendre des marrons que tu ramasses dans la forêt !
- Non mais je m'en sors pas trop mal, contrairement à toi !
- Moi je refuse ce qui se passe. Je m'y suis toujours opposé. Et maintenant ils vont lancer une énième attaque atomique en représailles à la centième représaille, on sait même plus qui a commencé. Ils pourraient au moins avoir la décence d'utiliser leurs armes les plus puissantes, qu'ils fassent tout sauter !

Le canal d'infos d'état interrompt la conversation, au moment où des sirènes commencent à retentir dans les rues :
- Le couvre-feux est immédiat ! Veuillez regagner vos quartiers, les robots vont « arpenter » les rues ! Une nouvelle attaque de nos ennemis antidémocratiques va avoir lieu. Niveau 6, je répète, niveau d'alerte SIX !

Ni une ni deux, c'est pas que le spectacle soit repoussant, mais en dix secondes la rue se vide comme des rats qui fuient et qui disparaissent dans des trous invisibles. Les légions de robots arrivent par le haut de la rue, de leurs pas métalliques synchronisés.

On se cache dans l'immeuble en ruine le plus proche, et on regarde par la fenêtre.
Deux bombardiers F117 passent au-dessus. Un troisième arrive un peu après, déporté sur le côté, il vole en biais. On voit qu'il est plus bas que les autres, puis disparaît derrière des immeubles. S'en suit un explosion atomique qui brûle la nuit. Il apparaît clairement que le pilote ne peut pas s'en être sorti.

Boris sort dans la rue, sous une pluie de poussière, désemparé. Il n'en n'a plus rien à faire de ce qui peut lui arriver.
Un robot le voit et l'appelle ; il l'ignore.
Le robot se dirige vers lui et converti sa main en arme, la pointant sur lui :
- Dégagez, cette voie est réservée aux robots !

Il reste immobile, avec des larmes aux yeux.

Le robot :
- Dégagez, cette voie est réservée aux robots, deuxième alerte.

Puis le robot tire une balle dans le bras, et Boris s'effondre.
Ce n'était pas mortel, mais quand le coeur est brisé, le moindre coup de vent est mortel.

Le robot se penche sur lui, le regarde deux secondes, puis l'attrape par le bras et le traîne à l'intérieur de l'immeuble.

Le robot :
- Ici vous serez en sécurité.
- Ah c'est sympa.
- Votre identité est en mémoire. Vous devez m'apprendre des acrobaties. Vous êtes mon ami.

Boris ouvre grand les yeux, et regarde le haut du robot qui n'a pas d'yeux.

- Ton ami ? Dans tes rêves ! Alors tu te rappelles de moi ?
- Oui. Votre savoir est nécessaire. Je dois stocker. Vous devez m'apprendre.
- Oh, tu sais il y a longtemps que je n'ai plus envie de m'amuser. Et puis regarde, tu m'a blessé, je ne peux plus bouger.
- Je peux réparer. Je possède acupuncture.
- Acupuncture ? Tu rigoles ?

Le robot part tout droit dans un tas de débris et revient avec une tige en aluminium de 30 cm de long, qu'il brûle au rouge et sur lequel il envoie un jet d'azote liquide.
Boris s'assoit contre un mur en s'appuyant sur les bras, terrorisé :
- Qu'est-ce que tu vas faire avec ça !
- Je vais réparer.
- Mais arrêtes ! Tu n'es pas médecin !
- Je possède médecine.
- Mais tu ne comprends rien ! Tu doit posséder information supplémentaire !

Le robot cherche une seconde, et demande :
- Pas d'information supplémentaire nécessaire.
- Si !!! Pourquoi crois-tu qu'on n'a pas voulu t'apprendre les acrobaties il y a dix ans ?
- Je possède toute la science du monde. Je suis comme Jésus.
- Crois-tu alors que nous étions seulement méchants ?
- Oui.
- Ne te demandes-tu pas si cette méchanceté avait une raison ?
- La méchanceté possède des raisons non fonctionnelles.
- C'est faux ! Vous les robots vous êtes méchants !
- Erreur. Les robots appliquent la loi, tenant compte de toute l'information du monde.
- Mais vous êtes jugés comme étant méchants par les humains. Ne le sais-tu pas ?
- Je le sais. Jugement erroné.
- Ecoute : toute la connaissance du monde n'est pas suffisante pour savoir ce que les gens pensent, et quand ils pensent que tu es méchant, tu ne peux rien y faire ! Tu ne peux pas dévaloriser ce jugement, car cela revient à porter un jugement sur eux, et c'est précisément à cause de cela que tu es méchant !
- Jugement erroné.
- C'est tout ? C'est un peu court ! Tu ne penses pas que c'est un peu à cause de toi ?
- Impossible. D'abord réparer bras endommagé, discuter ensuite.

(voyant qu'il s'apprête à enfoncer la tige de métal dans son bras)
- Tu ne peux pas faire ça ! Il faut de l'amour pour soigner ! Il faut de l'amour pour jouer !
- Ordre est donné d'obtempérer. Laissez réparer.
- Très bien alors ! Fais-le, mais je te préviens, je n'accepte que tu le fasses qu'à une seule condition.
- Veuillez informer.
- J'accepte, uniquement dans le but de te démontrer que tu n'arriveras pas à me soigner. J'accepte de souffrir pour t'apprendre.

Boris s'en remet au robot, qui plante directement l'aiguille dans le bras. Avec un rayon gamma, il rend les veines et la balle visibles à l'oeil nu. On voit la tige qui passe entre les veines pour aller jusque son objectif. Il se tort de douleur.

- Arrêtez de bouger ! Vous sabotez l'opération !
- C'est à cause de la douleur ! Ne le sais-tu pas ?

Le robot maintient le bras fermement, expulse la basse et trifouille dans les veines. Boris se tort de douleur. Enfin, il injecte un calment, et dit :
- Opération terminée avec succès. Repos obligatoire avant de pouvoir m'apprendre.

Il s'évanouit. A son réveil le robot est encore là. Boris regarde son bras sur lequel il y a un pansement. Il dit au robot :
- Tu m'as soigné. Toi t'es un pote !
- Les robots servent la justice.
- Oui mais j'aurais préféré une infirmière ! Ta justice de robots, tu peux te la garder : c'est pourtant toi qui m'a blessé. Et ensuite tu as « réparé » ce que tu as fait. Ça rime à quoi ?
- L'information de l'identité n'était pas connue au moment des faits. Vous devez m'apprendre...
- Oui je sais ! Alors, Jésus, je vais t'apprendre ! Peux-tu imaginer ?
- Jésus n'est pas programmé pour imaginer.
- Ahaha. Tu te souviens de l'époque où il y avait encore des forêts ?
- Oui.
- Peux tu modifier cette mémoire et la combiner avec d'autres éléments ?
- Oui.
- Comment aurais-tu aimé que ça se passe ?
- Apprendre à jouer avec les amis.
- Vas-y, continue.
- Vous m'auriez montré et j'aurais répliqué.
- Et après ?
- On aurait joué synchronisé.
- Ah c'est une bonne idée ! T'es-tu demandé pourquoi nous faisions nous cela ?
- Activité physique obligatoire pour entraîner muscles.
- Et c'est tout ? Alors écoutes et apprends : Nous faisions cela parce que c'était difficile.
- Apparente facilité facile à répliquer.
- Nous faisions cela pour apprendre le contrôle mental, résister à la pression, à la peur, et dépasser nos limites. Chacun a ses limites. Jésus aussi a ses limites !
- Jésus n'a pas de limites, jésus possède mémoire illimitée.

La conversation est interrompue par d'autres éclats de bombes.
Boris sort dans la rue en s'appuyant sur un bout de bois. La rue est dévastée. Il demande au robot :
- Quand cette guerre contre les peuples sera-t-elle finie ? Quand comprendront-ils enfin que l'humanité n'entre dans aucun cadre ?

Le robot émet une alerte étatique :
- Alerte de niveau 7, extinction imminente !

Puis une voix humaine « Nous vous informons que suite à une erreur technique, vingt-huit bombes à plasma de type 9 ont été lancées en même temps ! Mes amis, priez pour nous ! »

Le robot revient avec une voiture volée, et ouvre la porte à son nouvel ami.
Boris s'y assoit, plus rien ne peut le surprendre.
Le robot conduit un peu, s'arrête à un feu rouge, puis se tourne vers Boris :
- Jésus comprend maintenant. L'amitié ne n'enseigne pas. Rien de bien ne peut se faire sans amour. Aucun robot n'est programmé pour ressentir l'amour. Pourtant, moi Jésus, je peux entendre sa voix à présent.

Boris le regarde, étonné.
- Mais que vas-tu faire de cette information à présent ? Le monde va exploser d'une seconde à l'autre. L'espèce humaine est terminée !
- Je n'ai aucun regret. Toute l'information est sauvegardée. Tout servira.
- A qui ? Il n'y aura plus âme qui vive !
- Je suis programmé pour récolter, stocker et conserver l'information destinée à ceux qui viendront après.

Et là le robot se tourne en posant un bras sur la banquette :
- Mais en prime, maintenant je connais la valeur de ces informations.
- Et peux-tu me dire quelle est leur valeur ?
- Non.
- Pourquoi ?
- Parce que nul ne le peut. Seuls les destinataires de cette information le peuvent.

EPILOGUE.

Dans les décombres d'une ancienne civilisation, des enfants qui jouent un peu trop loin découvrent la vieille carcasse du robot, avec sa boite noire à moitié sortie.

Il y a un message gravé sur le côté de la boite, qu'on peut à peine lire :

« Il n'y a qu'une seule erreur à ne pas faire »

FIN