Par quoi remplacer le principe du commerce

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Un article fondamental est paru sur le site Owni : Le prix de la production intellectuelle (owni.fr) provenant du site mutinerie.org

(regardez aussi celui-là : La semaine de quatre jours, solution à la crise ?
bastamag.net où l'on voit le long chemin qui prend la direction de ce qu'on tente de définir)

Il met en évidence la complexité du réseau qui amène à créer n'importe quel produit « de consommation », fut-il matériel ou immatériel. Si on devait rémunérer tous les acteurs qui ont rendu ce produit possible, on dessinerait un réseau d'une complexité exponentielle au fur et à mesure qu'on pose récursivement la question « oui mais cela, qu'est-ce qui lui a permit d'exister ? » (appelés « contributeurs »)... remontant ainsi à la maîtresse d'école qui apprenait à écrire.

Il est aussi question de l'équivalence des échanges et de l'impossibilité d'appliquer ce concept (absurde) aux biens numériques.

Si certains se disent prêts à payer une modique somme pour accéder à des biens immatériels, il n'en va pas de même des 1 milliard de personnes qui meurent de faim et qui sont totalement exclues de la partie. Ce genre de « petites » failles, sont si nombreuses et importantes qu'elles représentent quasiment la définition du système du commerce.

Pourquoi s'entêter à faire du commerce avec tout ? N'est-il pas évident que ce cadre étroit oblige à créer des milliers et des milliers d'exceptions, d'arrangements, et d'usages inconséquents ?
Ne vaut-il pas mieux briser ce principe préhistorique et incompatible avec le fait même de vouloir obtenir un système qui fonctionne correctement ?

De plus, si on arrive à la conclusion que les biens immatériels doivent être régis par un système de licence globale, un peu ce que les impôts auraient dû faire, en prenant un peu à tous et en le redistribuant équitablement en fonction du nombre de clics, de la popularité ou de l'estime, ne faut-il pas quand même créer ces fameux algorithmes destinés conférer une valeur à ces biens ? (ces biens publics)

Une fois ceci posé, la solution n'est plus très loin.

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La « solution », le truc qui résout des problèmes, en définitive, doit générer un sentiment de justice.

Et si on possède un moyen de restituer leur gratuité originelle à des choses qui ont la même valeur que des paroles, des poèmes, des articles, ces chansons qu'on chantonne, en quoi devrait-il en être autrement pour l'éducation, la santé, l'habitation, l'alimentation et les transports ? Après tout, eux aussi sont l'héritage du travail et du génie humain, ils n'y a aucune raison pour que ce génie ne soit réservé qu'à ceux qui « acceptent » de participer à leur financement.
Et enfin, quelle serait la mentalité d'un inventeur ou d'un ingénieur, s'il devait travailler non pas pour le bien commun, mais uniquement pour son bien propre, c'est à dire en faisant un travail de moins bonne qualité pourvu que ça plaise à une minorité de personnes ? Quelle est la qualité de ce qu'il produit si il ne le fait pas en pensant le rendre universel, pratique, réutilisable, améliorable, compatible, et si le but n'est pas de contribuer positivement au bonheur des autres ? Financement qui se fait d'ailleurs à posteriori, pour compenser l'injustice du système.

Et enfin, comme je le disais dans le dernier épisode, si les ressources naturelles sont elles aussi des marchandises, n'est-il pas « normal » que cette injustice engendre les guerres d'accaparement des richesses qu'on connaît, qui sont financées par les impôts des états au profit des industriels, dont le job est tout sauf à caractère social ?

Il n'y a aucun moyen de s'en sortir en traînant derrière soi les casseroles tonitruantes du principe du commerce, et sont cortège invraisemblable de lois, règles, et coutumes dont les failles sont toujours possibles à trouver pour qui est motivé.

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Certains endroits dans le monde comme à Mayotte pensent sérieusement à couper les ponts avec le monde de l'arnaque, en créant leur propre système, fonctionnement et règles. Après tout, (à part des biens inutiles rendus désirables en excitant la jalousie) on vivait très bien de la terre pendant des milliers d'années avant que le principe du commerce ne devienne lui-même « le système », supplantant ainsi l'organisation sociale tribale, qui était régie par le sentiment de justice.

(je l'ai toujours affirmé) Il suffirait d'un simple logiciel sur un simple PC pour administrer la vie de la société, en rétribuant les citoyens avec des droits (conventionnels, additionnels et exceptionnels) à condition que les producteurs soient contents de participer à un tel système.

(C'est ce qui commence à être fait en Grèce : « Les grecs ont déjà arrêté d'utiliser l'euro pour le Tem. « Si le printemps n'arrive pas, invente-le » - El Correo philum.info)

Quand, plus tard, observant que ça fonctionne, que la dépendance diminue et que les industries fleurissent, que le niveau de vie augmente (puisque tout le travail humain y participe graduellement) d'autres voudraient faire pareil, et alors arriverait le moment d'étendre le principe entre les pays. Mais les pays ne sont que des frontières imaginaires, si le logiciel est le même à différents endroits, et si il est rendu acceptable (par la pratique) qu'il vaut mieux partager au lieu de vendre, alors c'est bon, on est sauvés !

(je veux vraiment voir ces mafieux politiciens assis sur leurs gros tas de billets dont plus personne ne voudra, et à qui on accordera des droits en fonction de ce qu'ils ont été utiles au monde, c'est à dire le minimum possible !)

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Plus sérieusement,

On sait déjà qu'on va bientôt obtenir une source d'énergie quasiment illimitée et gratuite, permettant des prouesses aussi extraordinaires que la création ex-nihilo d'eau, de protéines, sans compter les légions de robots parfaitement capables de remplir les tâches ingrates, le nettoyage, le transport et le recyclage des déchets, la plantation de graines et la récolte, puis le conditionnement et le transport des marchandises. Tout cela sera complètement automatisé, il n'y a aucun doute à avoir là-dessus.

Et même, je suis presque certain que cela pourrait déjà pu être la cas aujourd'hui si on était pas enfermés dans un monde du commerce qui oblige, contraint les gens à souffrir pour survivre.

En tous cas la probabilité que cela arrive un jour est de 100%, sans aucune hésitation.
Mais le monde du commerce empêche cela, car ce n'est pas compatible avec ses prérogatives. Il n'y a aucun moyen d'assurer la transition entre le monde du commerce et le monde de la liberté, consacré à l'épanouissement de l'âme et la recherche du bonheur au travers d'un travail dévoué à des causes formidables et fantastiques.

Si tout est gratuit et fonctionne automatiquement, comment payer les gens pour qu'ils « achètent » ces biens, pourtant légués par des générations de travailleurs acharnés ?

Cette question devrait être le point de départ de toutes les formes de théories destinée à réagencer le monde de sorte à le rendre moins injuste ; et le fait d'avoir trouvé une solution s'exprime par le fait d'avoir rendu caduque cette question.
Vous pouvez croire un ingénieurs en systèmes compliqués : aucune bonne solution n'est possible à obtenir à l'intérieur du cadre où les problèmes apparaissent !

Tiens je la redis une deuxième fois pour être sûr :

Aucune solution n'est possible à trouver à l'intérieur du cadre où les problèmes se posent.

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La révolution est due au besoin de définir plus intelligemment les mots que nous utilisons afin d'éviter qu'ils ne deviennent des pièges linguistiques, générateurs de conflits accablants de bêtise (quiprocoquociens, dirait-on).

Le commerce, c'est le fait que le fruit de son travail soit utile à soi-même, tout en étant utile aux autres. Pour obtenir cela, il suffit de tisser un lien entre l'utilité publique et l'utilité privée, de sorte que la seconde découle mécaniquement de la première. Dès lors, il est impropre de parler de « commerce », et on est très curieux de découvrir ce mécanisme. (où les Droits supplantent les moyens)

L'argent, c'est la somme des droits acquis. Il confère le droit, ou pas, de vivre. Mais comment un pays comme la France, qui en chinois se dit avec un mot qui se traduit par « le pays des gens qui sont pointilleux avec la loi », n'a-t-on pas envie d'exprimer ces droits, d'une façon aussi simple que radicale ?

Et surtout, quand on parle de « système », afin d'évoquer les causes-conséquences inévitables de chacun de nos actes (où en fait on ne peut rien faire sans se faire posséder, et surtout, où rien ne peut évoluer indépendamment du reste), n'est-ce pas l'expression de cette inertie engendrée par des rituels, coutumes, usages et habitudes dont il est principalement constitué ?

Les gens disent « le problème est systémique », mais non ! Le problème est que le système est une entité psychique culturelle, le vrai problème est l'absence d'un réel système, fonctionnel, dont la plus basique des caractéristiques serait sa capacité à créer un équilibre, et donc une viabilité, au moins en théorie.

Tout système s'exprime par ces principes de base :
1 des définitions arbitraires, tout à la base. Elles sont rénovées à chaque fois que c'est utile.
2 un subsystème de « boot », qui est une miniature du système global, avec ses définitions et le reste qui va suivre, qui choisi ce qui va être activé ou non.
3 des paramètres par défaut très vite supplantés par les paramètres issus des premières approximations, et qui ensuite seront affinés au fur et à mesure du fonctionnement, car il est itératif. Après le boot, c'est ici qu'on a le « point de départ ».
4 l'exécution des algorithmes, qui génèrent des résultats et des paramètres à réinjecter.
5 la compilation des données brutes obtenues, qui est parfois très compliqué ;
6 la mise en forme de ces résultats, on peut aussi dire la mise en oeuvre.

C'est à dire qu'on a :
1 un socle de droits humains inaliénables, et la manière dont ils s'expriment.
2 la définition les conditions qui constituent le cadre d'application de ce qui veut être obtenu ;
3 des routines conventionnelles (noyau dur) et d'autres complémentaires pour les cas périphériques ;
4 l'application stricte (déterministe) des paramètres volatiles à des routines qui sont définitives : les mêmes conditions produisent les mêmes effets, c'est ce qui produit le sentiment de justice.
5 les résultats sont rendus, évalués mentalement pour voir si rien ne cloche et si ça sonne juste,
6 et ensuite ils sont mis en oeuvre, dans la pratique il s'agit d'affecter des Droits.

Il y a autant de différence entre un système qui fonctionne et ce qu'on nomme « système » en étant effrayés de se trouver en fait dans une ornière fatale... qu'entre un esprit structuré qui a bien ancré ses souvenirs dans des endroits bien rangés afin de laisser de la place aux opérations mentales, et un esprit où rien n'est rangé correctement et où il n'y a aucune mémoire disponible pour pouvoir réfléchir paisiblement.

Ainsi la question « par quoi remplacer le principe du commerce » s'exprime par la solution :
1 sortir du cadre d'analyse de ce qui oblige à poser cette question ;
2 utiliser des méthodes qui rendent automatiques, de sorte que personne n'ait à s'en occuper, ce qui pourtant accable et préoccupe les esprits, ainsi enchaînés, de la plupart des humain.

Bref il faut remplacer un principe par un Système,
car après tout, le monde est aussi peut contrôlable qu'un principe, tandis qu'un système est pilotable au millimètre.