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L'époque des serrures

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Les puissants du monde, mus par la peur de la perte préconisent au peuple de se méfier d'autrui et de s'en remettre au dieu Sécurité.
De l'autre côté, des tentatives réformatrices primitives tentent de trouver des palliatifs à la désagrégation du système injuste.

Si le chemin vers l'harmonie requiert une plus intense connaissance de soi et de la nature intime du cosmos (qui est émotionnelle), il est clair que l'amélioration du système qui régit la vie des hommes ne pourra progresser qu'en mesure des prises de consciences successives qu'il convient d'avoir faites.

A ce jour personne n'a osé mettre le doigt sur le fond du problème. Ce problème renvoie directement à un vocable qui stimule un réflex défensif : celui de la propriété privée.

Tous les mouvements de refus des injustices, quel que soit le domaine où on tend l'oreille, proposent tous des solutions qui sont convergentes seulement dans la mesure où elles amorcent les différentes prises de conscience de choses qu'il faut prendre en compte si on veut obtenir un système non injuste.
Et dans l'autre sens, un système non injuste apportera à ces chercheurs de justice des larmes de joies dont ils n'osent même pas soupçonner la puissance.

Le système est dit injuste car il est aberrant, rien ne justifie qu'untel puisse vivre heureux et l'autre non, qu'un abruti soit PDG d'une grosse boîte, génère du malheur dans la société et soit remercié avec des salaires mirobolants. Rien ne justifie l'existence des banques et des assurances, si ce ne sont les disposition légales qui forcent les gens, ainsi que la destruction du principe fondamental d'état-providence.

Rien ne justifie les guerres impériales prédatrices, si ce n'est pour dire aux peuples blancs qu'ils peuvent dormir tranquilles jusqu'à la prochaine crise.

Tout cela ne mènera nulle part, comme les solutions proposées pour éviter ou amoindrir les injustices constatées.

On devrait traiter la criminalité étatique comme la criminalité citoyenne, en gardant les proportions.
Ces gouvernements ne sont responsables que sur le court terme de leur performance, dès lors ils se moquent de la destruction du principe de « ce qui fait société », et finalement de la destruction du monde.

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Les solutions ne pourront être génériques et donc fonctionnelles que si elles prennent en compte les plus récentes prises de consciences à propos des routines habituelles répétées sans avoir su en saisir toute la portée philosophique et spirituelle.

La réalité de ce monde est que le principe du commerce, s'il rend service en addition à la possibilité de vivre nu dans la nature sans rien demander à personne, devient obsolète dès les étapes suivantes de son évolution.

En effet qu'est-ce que ça veut dire, de vendre quelque chose ? Qu'on en n'a plus besoin, qu'on veut rendre service, que la mauvaise humeur provoquée par la perte d'un objet doit être compensée par une équivalente réjouissance ?

Acheter quoi que ce soit ne sous-tend-il pas que tout le monde peut acheter tout ce qu'il veut, et qu'ainsi choisissant, l'humain existe ? Est-ce légitime d'acheter quoi que ce soit si un autre juste à côté ne le peut pas et en a plus besoin que vous ? Cela ne lui permettrait-il pas de manger si vous refusiez d'acheter des biens qui ne sont pas disponibles pour tout le monde ?

Quand des foules sortent des hypermarchés, ont-elles fait un acte de civisme en faisant tourner le commerce, ont-ils été résignés et forcés à acheter, ou ont-ils simplement rendu un peu de leur salaire comme pour payer un impôt sur la nourriture ?

N'est-il pas possible de grouper les acheteurs et que ces groupements obtiennent des prix coûtants et répartissent ces denrées de façon équitable, tout en faisant faire des économies aux autres ?
Quelle provocation ce serait, ça voudrait dire que tout le capitalisme est inopérant. Comme si c'était la réalité. Alors que c'est la réalité.

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Regardez les objets qu'on est obligés d'acheter et choses qu'on est obligés de faire uniquement pour subvenir aux besoins du système, comme si on était des gouttes de pétrole et que 90% d'entre nous étaient utilisés pour déplacer le véhicule qui déplace son passager – le « puissant » - qui vaque en klaxonnant les filles.

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Si on est sûrs que la criminalité dans le monde sera réduite de 90% immédiatement après l'instauration d'un système non-injuste, (alors que ceux qui cherchent à réduire la criminalité se contentent de résultats quasiment symboliques tant qu'il leur est interdit de « toucher » au système) on est aussi sûr que toute une gamme de biens existants n'auront plus lieu d'être dans un monde où le travail et les revenus sont garantis.
Et c'est là qu'on se rend compte des centaines de millions de serrures qui bloquent tout, parfois même ce sont des serrures symboliques traditionnelles comme les « checkpoint » en Palestine, ne servent à rien. Elles ne sont que l'émanation d'un système injuste, qui provoque des problèmes et du malheur, et contre lequel on pousse les consommateurs à se protéger.
On ne pourra jamais sonder toute l'ampleur de l'absurdité de ce système injuste.

Tout le travail et toute l'énergie humaine sont concentrés, aspirés, matérialisés par l'argent, entre les mains de gosses incultes s'auto-congratulent de leur propre posture mentale qui consiste à se croire au-dessus de tout.
Quoi qu'on fasse on participe à ce système qui est fondé sur un esprit d'abondance surnaturelle dans laquelle on peut divaguer sans limites.

Si on veut faire stopper le système, comme on assèche les barrages tous les dix ans pour les nettoyer, rien que cette manoeuvre imposera des préparatifs à long terme et à grande échelle qu'aucun gouvernement, prit individuellement, n'oserait proposer aux autres. (ils répondront qu'ils ne seront pas en poste assez longtemps, que ça ne les concerne pas, qu'ils n'ont pas envie de se présenter comme « sauveur du monde »).

Pourtant ce refus de se préparer à cette éventualité d'un arrêt cardiaque du capitalisme ne va pas empêcher qu'il se produise, c'est simplement que cette mesure serait l'ultime recours du système injuste pour perdurer.

Volontairement ou non, c'est à dire en ayant des réserve pour survivre le temps de la transition, ou ou qu'on en n'ait pas, il m'apparaît clairement que l'issue consistera à stopper tout travail, réduire massivement tous les achats, ce qui va concentrer les firmes mais surtout pousser à la faillite une grande somme de commerces parmi ceux qui participent le plus activement à l'injustice dans le monde.

En somme, si (d'abord) on a établit ce qui est nuisible et constaté à quel point c'est répandu, et ensuite, si on veut faire stopper ces activités, ça reviendra à faire ce genre de saignées destinées à « purger le mal », comme le faisaient avec un air doctoral les anciens médecins : faire faillite à tout le monde, les bons comme les mauvais, pour que seuls les bons repartent.

C'est vraiment pas la meilleure idée mais c'est de toutes manières ce qui va arriver ; Reste seulement à savoir si les gens préfèrent souffrir ou s'organiser.