110911 9 min

La redistribution radicale des richesses

On a vu ce terme apparaître comme revendication la plus spontanée de la révolution égyptienne, à la fin de la journée du combat sur le pont, où finalement c'est l'armée qui recula.
Puis il réapparaît dans le sillage des Indignados dont la solidification sous forme d'association capable de s'exprimer au nom des autres, parmi les revendications les plus légitimes.

L'observation faite est que les biens publics sont confiés au privé et que les dettes privées sont confiées au publique. La désir est celui d'un meilleur business en la faveur des peuples dans la mesure où des très nombreux biens doivent être inaliénables, incluant tout ce qui peut impacter sur la beauté du monde, et en même temps, que les dettes servent à faire couler ceux qui y croient encore, et de ce fait, que les richesses soient moins injustement redistribuées.

On sait depuis Jésus que ce monde souffre de l'injuste et cruelle répartition des richesses (c'est lui qui a inventé cette expression), et les solutions rendues possibles par le système existant rendent ce but impossible à atteindre avant les cinq cent prochaines années.

Ainsi il faut voir dans l'appellation de « radicale » le terme qui désigne la profondeur du changement désiré. Par profondeur il s'agit de réviser les règles globales qui ensuite rendent possibles la résolution de très nombreuses et diverses injustices.
Il s'agit aussi de signifier la non-crainte de choquer le dogme, qui coïncide avec les intérêts des firmes qui vont se voir ôté leur business.

Mais si j'étais eux je m'empresserai de légitimer ma production en lui conférant une valeur sociale, pressentant que cette valeur allait devenir monnaie.

Mais il manque encore d'approfondir le modus operandi de cette redistribution des richesses, si l'argent des firmes est posé dans un vrai panier vraiment dédié au peuple, ce que le principe d'état était sensé faire. Car la satisfaction du révolutionnaire c'est de voir son rêve à l'oeuvre, et faire advenir une nouvelle réalité.

Quel que soit le système choisi, même si sa formulation « redistribution radicale des richesses » ne suffit pas à dire toute la mécanique qui'devrait' exister, c'est pas parce qu'elle n'existe pas encore que la revendication est moins légitime.

Je veux juste fournir les voies trouvées jusqu'ici pour cela, avec leurs explications.

-

1. La société du partage

Déjà il serait souhaitable que les centres de production soient multipotents, et que chaque production industrielle soit le fruit du summum de connaissance et d'intelligence de l'époque actuelle, dans le sens où il devient stupide de faire de la concurrence.

Que l'alimentation vendue soit d'office, sans avoir à vérifier et attendre de la main invisible qu'elle fasse son oeuvre, on veut être sûr du premier coup que cette alimentation est saine, sans OGM, ne participant pas à des violations, et bénéficiant de tous les brevets et découvertes scientifique qui pourraient l'intéresser. Elle doit être un summum (et non un minimum).

C'était inutile (avant le nouveau système) d'attendre que les firmes fassent évoluer qualitativement leur productions sans y être poussées par un gain supérieur à celui obtenu en en faisant le moins possible !
Rien ne garanti la qualité de ce qui est vendu si c'est pour l'appât du gain qu'il est vendu. La société issue de cette angoisse permanente est délirante.

Quel benêt aurait de la motivation pour exercer sa créativité à rendre cette firme plus aimable, plus pratique, plus intelligente ? Et aussi, quel utilisateur leur enverrait des suggestions pour améliorer leurs produits ?
La motivation, le moteur de la créativité c'est quand même le sentiment de participer à quelque chose de beau.

Cela va même plus loin, l'esprit du logiciel libre a rendu possible l'idée que des production pouvaient être le fruit du travail collaboratif d'une grande quantité d'ingénieurs qui font ce travail dans la seule optique de participer au bien de tous.

Et quand on y pense, l'industrie du numérique, la musique le cinéma, toute la culture et les logiciels, n'arrivent pas à être traités comme des biens matériels si on considère la façon dont ils sont créés puisqu'ils sont le fruit d'une entente collective.
Et même la façon de la distribuer ne mérite pas que ces biens soient traités comme s'ils étaient matériels, puisque ce serait injuste d'en priver les pauvres alors que ça ne coûte rien.

Ceci doit faire voir que l'intérêt premier de toute production doit pouvoir s'exprimer d'une façon palpable matériellement pour les industries, et cet intérêt est celui de tous.
Toute production, en tous cas dans l'immatériel, a pour motivation et but de « servir », rendre service, apporter de la joie et du bonheur, faciliter la vie, bref être gentil.

C'est sur cet axe qu'il faut tracer les lignes d'un système non injuste.

Il est question d'impliquer le public dans ce qui est produit, émotionnellement et matériellement. Et en même temps il est question de parler de firmes sur lesquelles on peut facilement exercer un contrôle, au point d'avoir des usines multipotentes capables d'adapter leur production très rapidement aux besoins.

C'est au système de garantir que cela soit possible si c'est dans l'intérêt du bien commun. Et cela serait garanti si ces productions étaient la propriété physique et spirituelle du peuple.

-

2. La multivalence

Le deuxième axe, après l'organisationnel viennent les réglementations (qui sont pensées pour créer le contour de l'organisationnel constaté ou désiré) et dont l'objectif est de pouvoir se baser sur des nombres ayant une signification importante, car articulée, avec les autres leviers du « système ».

L'argent est la numérisation d'une somme trop confuse et disparate de choses « de valeur », des cailloux ou des vies humaines. Dès lors, sémantiquement, ces deux exemples deviennent possibles à comparer. Ah oui mais c'est mal. Mais c'est possible, ce qui prouve que ce qui est mal, c'est de les avoir rendu comparables.

Toute estimation est le fruit de mises en oppositions, et ce dont on a besoin dans une société numérique est de se référer à ces nombreuses sortes d'estimations possibles.

Quand on fait la comptabilité qui permet d'avoir une vision globale d'une production, on souhaite avoir devant soi des chiffres qui soient « purs » et très signifiants.
Le seul argent qui englobe tout occulte complètement les détails et les interactions qui sont en aval et en amont de cette production. De ce fait (devant l'impossibilité de les comptabiliser) les frimes esquivent complètement tout ce qui a trait avec l'écologie, la santé des gens ou quelque autre broutille qui lui font perdre la performance que lui confère sa comptabilité.

Si on souhaite véritablement (motivé par la recherche du bonheur de tous et l'esprit de service) prendre en compte l'intérêt de ceux qui se trouvent en amont et en aval d'une production, l'industrie devient co-responsable des conséquences néfastes provoquées au deuxième ou troisième degrés par ceux-ci, et donc aussitôt (aussitôt conscient de cette responsabilité) il va être question de pouvoir quantifier ces lésions, ces impacts, ces coûts.

(par exemple même dans le cas du fabricant d'emballages, là aussi il s'agit de nationaliser des coûts qui auraient dû revenir à des sociétés privées, ce sont elles qui les fabriquent ces déchets... on fait toujours croire que ce sont les gens qui en sont responsables, comme s'il n'avaient qu'à ne pas les acheter... mais le vrai co-responsable sont les usines qui les fabriquent.)

On s'épargnerait bien des soucis si dès le départ on intégrait dans ce qui fait la valeur d'une entreprise, d'autres évaluations éclairées par l'expérience et une irrépressible impartialité.

Il peut s'agit d'évaluer le bien-être des employés (qui dès lors deviendrait comme un produit qu'on serait prêt à acheter si on laissait faire le système actuel), divers degrés d'efficacité et d'utilité, sans compter comme on l'a vu (plus haut) l'implication des consommateurs dans la production, qui doit certainement générer une notation de type psychoaffective.
Ce genre d'évaluation peut vite obtenir une grande importance parmi les nombreux résultats qui doivent être pris en compte et mis en rapport si on veut pouvoir décider de l'avenir d'une production.

Si les décisions qui affèrent à la gestion des biens communs veulent être fondés, ils ne sauraient se passer d'une gestion informatisée de ces nombreuses sortes d'évaluations qui, mises en rapport les unes avec les autres, permet de fonder ses choix sur des chiffres tangibles.

Dans des essais précédents j'avais montré qu'il était opportun de séparer notamment les coûts matériels complètement des coûts humains, de sorte à avoir d'un côté une chaîne « sans but lucratif » (qui coûte ce qu'elle coûte, ceci étant d'une importance secondaire), et de l'autre, le travail des gens, rémunéré par des Droits (droits d'accès mesurés et dont le mérite est le fruit d'une estimation, d'ordre sociale).

La monnaie des hommes c'est le Droit, certains s'usent et d'autres sont inaliénables. Quel que soit le parcours de l'humain, il doit avoir accès aux droits qui sont les siens. Il est inutile de rappeler que ceux qui meurent de faim on « le droit » d'acheter à manger : notre discours est de dire que ce sont ces Droits qui doivent être la monnaie, le « ce qui justifie » la transaction, et le « ce qui fait société ».

Dès lors ils doivent être quantifiés, et c'est certain que l'homme ne manquera pas d'imagination pour les faire fleurir.

-

Le fait est que l'énergie humaine ne peut pas souffrir d'être comparée à une matière première parce que le langage et la technique qui permettent de l'optimiser ne sont pas du tout les mêmes ! L'humain lui, travaille d'autant mieux qu'il aime ce qu'il fait, ce qui suppose de contribuer au bien commun (à un niveau ou à un autre).

Dans ce qui régit l'activité humaine, on se concentre beaucoup je pense sur les règlementations qui devraient produire une société moins injuste, mais comme je viens de le démontrer je l'espère, il vaut mieux partir de, et commencer à penser la société humaine telle qu'elle devrait être.

Ensuite il faut observer la société en train de fonctionner pour voir ses lacunes, ce qui oblige à y penser en terme de machine, ou de belle mécanique qui tourne à la perfection.
Cela aura moins a l'avantage de pouvoir qualifier le système social de perfection possible à atteindre.