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Les Alliages

Prudent, j'ai postulé que le premier objectif d'un système social alternatif devait être de pouvoir reproduire à l'identique la situation actuelle. Et tant qu'on y est on peut aussi préconiser qu'il sera exclut de faire empirer la situation actuelle même à court terme. Ce terme très important signifie que la mise en oeuvre d'un nouveau système social doit absolument être comme une de ces anciennes fusées Ariane, un lancement qui a l'obligation d'être réussi.

Et cet exemple de la Nasa n'est pas pour décorer, c'est pour comparer la façon dont travaillent les gens sérieux et les politiciens.

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Ce qu'on voudrait c'est obtenir le résultat qu'on a actuellement pour « la classe moyenne » des pays riches, soit identique pour tout le monde.

Dans ce monde du commerce et de l'argent il y a des gens à qui n'ont pas envie de « donner » un niveau de vie équivalent au leur à des pauvres.

Il faut dire que tout le système du commerce repose sur ces pauvres, qui, selon une fine analyse que j'ai vus dans un feuilleton "Shameless", sont même capables de pousser les misérables à vendre clandestinement leurs produits, ce qui n'est rien d'autre que la forme moderne de l'esclavage.

Sans compter sur la dimension psychologique, où toute une civilisation s'aperçoit soudainement que gagner de l'argent, c'est le prendre à un plus faible, pour le rediriger à un plus fort, dans l'espoir d'en retirer un pourcentage.

Mais ni quand il est entre les mains des puissants, pas plus que lorsqu'il est dans les mains de ceux qui s'associent aux puissants et qui sont au pouvoir, cet argent n'a la garantie de servir des causes nobles, utiles, pensées à long terme, et notoirement contradictoires avec les intérêts financiers de ces firmes puissantes.

Déjà, avant même de savoir quel système alternatif sera efficace à la place de celui du commerce et de l'argent, on sait déjà que le premier pas sera de rediriger tous les bénéfices de toutes les entreprises du monde vers une caisse commune dont les dépenses sont directement, au moins, entre les mains des peuples qui cochent des cases sur internet.

Et déjà en passant on peut remarquer que les multinationales qui devraient être « nationalisées » ne peuvent pas l'être en raison du fait qu'il n'existe pas de nation mondiale.

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Il y a de nombreux freins avant de passer d'un système à l'autre, autant de blocages qu'il faut résoudre parce que ça vaut le coup de les résoudre.

C'est sûr que toute la Terre aimerait pouvoir vivre sur le mode occidental, cependant la pensée orientale est la plus à-même d'envisager des peuples qui vivent en paix, heureux, sans animosité ou jalousie, généreux de leur personne, et capables d'oeuvrer pour le long terme.

Et c'est certain aussi que la psychologie sociale est très fortement imprégnée par les soubassements moraux du système social. Ces soubassements on les a vus, sont ce qui met les gens en permanente situation de survie, d'accaparement des richesses de l'autre, et d'un autisme mental qui ne peut que s'accompagner d'une grande déficience psychoaffective.

En clair le système du commerce et de l'argent, est impropre. Cela on en est sûr parce qu'on voit le résultat (inutile de s'étendre ou d'insister) et cela est certain aussi sur le plan moral, en témoigne le comportement des états, ces divisions territoriales, se comportent comme le meilleur des citoyens possible, au sein de ce système : avec l'abnégation des mafieux.

On peut s'amuser à observer que le dit impérialisme trouve ses fondements et sa motivation dans la volonté de faire du mode de pensée occidental celui du monde, qui place le capitalisme (l'avalisation de l'existant par des motifs de profit à court terme en terme d'argent) comme une évidence.

Mais surtout on peut noter à quel point le système social déteint sur la psychologie sociale, et c'est en ayant cela à l'esprit qu'il convient d'analyser avec le plus de finesse possible ce que sont ses soubassements moraux.

La question revient donc à savoir par quoi remplacer le commerce et l'argent et donc, puisqu'on veut que tout reste à l'identique pour ceux qui ont déjà une vie « normale » (maison, salaire, famille), comment chambouler le moins de choses possible.

On sait aussi que ce qui doit être sous-tendu par chacune des actions des citoyens doit pouvoir être mesuré avec une unité de mesure dont le haut de l'échelle est un monde en paix, prolifique, créatif, et donc on s'en doute en toute logique, super bien organisé.

Avant que les états ne soient super bien organisés, il aura fallu que les entreprises, les relations interhumaines soient elles aussi super bien organisées.

Une des préconisation les plus élémentaires (et qui pourtant disqualifie certains pays prétendument démocratiques) est que chacun des citoyens soit requit aux fonctions professionnelles qui sont les siennes uniquement en raison de sa compétence.

Cela n'a l'air de rien comme préconisation, mais c'est dans les Droits de l'Homme et c'est fondamental. La question qui apparaît alors est de savoir estimer la compétence.

Ça devient intéressant parce que la compétence au sein d'une grande firme accapareuse d'argent (les entreprises ont pour seul but d'attirer l'argent, avec une complète indifférence sur les moyens d'obtenir ce résultat) n'est pas la même que la compétence politique de celui qui se soucie du bien du plus grand nombre, et qui puise en cela l'énergie qui le pousse à optimiser aux mieux la façon dont les choses sont organisées.

De là on peut se risquer à dire que le facteur humain est 90% de la réussite du lancement d'un système alternatif, que sans lui ça ne se fera pas !
Cela semble évident, mais pourtant quand il s'agira d'établir ces règles il faudra qu'elles aient été passées au crible de l'intérêt collectif, et que cet intérêt ainsi que les méthodes et la motivation employée pour y parvenir soient partagés par le public.

Mais ce n'est pas infranchissable, ça peut être motivant, amusant, et complémentaire au système actuel.

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L'idée est que la création monétaire se fasse directement sur le compte des gens en fonction des paramètres entrés dans la machine, et que le seul bénéficiaire de toutes les sommes d'argent récoltée soit ce même compte, cette même base de données, qui est l'endroit où les règles sont appliquées, et forgées en mesure du désir incessant de justice.

Cet "argent" doit simplement devenir une modalité numéraire qui justifie des Droits ; et "le commerce", qui n'est rien d'autre dans l'histoire que la conséquence de l'impossibilité de rester sédentaire en raison du manque d'organisation sociale, doit céder la place à une autre considération bien plus importante, qui est la qualité de la quantité de la production de biens et services dont les humains ont besoin.

Rien qu'en pensant en ces termes on trace directement le projet de systèmes de production dont le savoir-faire est systématiquement et aussitôt partagé et mise en oeuvre par les autres.

Et rien qu'en pensant en terme de Droits au lieu d'argent, la solution la plus logique (celle qui aurait dû séduire les rationalistes si il n'y avait pas autant de distance dans leur tête entre ce qui est possible et ce qui est désirable) est de conférer au droit la même souplesse que celle conférée à l'argent, comme une valeur qui peut croître et décroître, de façon consensuelle (ce qui fait système), et bien évidemment de façon informatique, qui permet de ne plus avoir peur de la complexité.

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L'alliage entre le mode de vie occidental et l'état d'esprit oriental ne se fait qu'en utilisant des techniques éprouvées à des motivations humanistes.

et non pas des techniques brutales pour répondre à des motivations criminelles (j'ai pas pu m'empêcher)

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C'est assez extraordinaire d'expérimenter de son vivant des situations dont l'existence n'ont pu être révélées que par l'histoire, après qu'on ait prit suffisamment de recul pour pouvoir résumer en un court synopsis des révolutions, des siècles et des époques.

Le comique ne nous sauve qu'à peine en mettant en scène un roi capricieux et aberrant se justifier et se défendre de la plus élémentaire des logiques, car ça l'est beaucoup moins quand on le constate.

Les dirigeants du monde actuel n'agissent qu'en conséquence des règles du monde actuel, quitte à enfreindre sans scrupule les plus basiques des lois morales.

Il n'est pas possible d'émettre l'hypothèse de ce qui se passerait si ils agissaient avec la meilleure volonté du monde, puisque avec les règles actuelles ils ne peuvent qu'agir comme ils le font : abattre les plus faibles, nourrir les plus forts.

Toute la structure sociale bâtie sur le principe du commerce et de l'argent mène inexorablement à cela, alors pourtant que c'était parfaitement valable et suffisant pour des petites civilisations distantes. Mais pour une civilisation unifiée, c'est devenu impropre et inadéquat, mettant mal à l'aise, que de vouloir « gagner de l'argent ». Car quoi qu'on fasse, ça ne consiste jamais qu'à faire perdurer un système injuste qui cause le malheur du monde.

La motivation doit être nécessaire pour pouvoir abandonner d'anciennes procédures et façon de penser, et cette motivation ne peut pas provenir de la pression qu'on mettrait sur nos dirigeants.

Mais ça aussi c'est facile à débloquer, le retournage de veste étant un sport très pratiqué, aussitôt qu'une procédure aura prouvé son efficacité ils vont tous s'en réclamer les premiers à y avoir pensé.

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La secret de l'invention est que la fusion, la mise en rapport de notions qui sont trop injustement distantes, si elle a pour effet de guérir les dislocations mentales souvent hurlantes, n'est rien d'autre qu'une propriété de la loi de l'évolution.

Si vous pensez en terme de propriété, dites-vous simplement que c'est elle, la loi de l'évolution, qui nous possède tous.

Là aussi il y a un recollage à faire, si "partage" remplace "propriété" pour la simple raison que le désir de posséder, si irrépressible et bienfaiteur, pourrait contenter plus de monde si les "propriétés" étaient partagées. C'est quand même plus sympa de se balader dans la nature en disant "tout ça m'appartient !".

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Dans le développement logiciel il y a des moments où il faut unifier deux fourches évolutives, l'une ancienne à laquelle on a appliqué des règles qui ont prouvé leur utilité, et une qui a bénéficié des développements techniques les plus récents. Le job consiste alors à appliquer les nouvelles procédures aux manoeuvres suggérées par l'évolution qu'on veut intégrer. C'est parfois même souvent le moment de dégoter de nouvelles techniques.

Ce travail est la fusion, ça consiste à s'inspirer positivement de ce dont on est le plus fier pour l'appliquer à ce qu'on aimerait y intégrer, ce qui produit un bond évolutif qui est très satisfaisant, et participe pleinement à l'idéologie de l'informatique, qu'est l'amélioration incrémentielle.

En fait on va passer de la civilisation de l'addition à celle de la multiplication !