Justice pour Tous

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Soyons honnêtes, 80% de la population est inapte à décider du sort du plus grand nombre.
Dans toute population, seuls 20% des gens sont assez intelligents, et seuls 10% ont un esprit assez logique et structuré pour se poser ces questions.

Le seul fait que les français aient voté pour Sarkozy le guerrier de l'égoïsme aux précédentes élections est révélateur de l'énorme incompétence du système démocratique.

Le problème tient à la définition des mots et à ce qu'on y voit : tant que le mot démocratie est synonyme de liberté et de modernisme, 80% des gens sont immédiatement irrités dès qu'on le remet en cause ainsi que, en même temps, la façon dont elle fonctionne, sans même se demander si elle pourrait fonctionner autrement. (et si la seconde question apparaît, la première est oubliée).

Mais il ne faut pas se voiler la face, la démocratie, qu'elle soit appliquée de façon extrêmement ponctuelle lors d'élections qui ont tout d'insuffisant, ou qu'elle soit améliorée, n'est possible que si les dénivellations culturelles, scientifiques et spirituelles entre les gens sont minimes.

Mais le principe qui a été désiré lorsque la démocratie a été inventée, ça c'est tout autre chose.
Il s'agissait, simplement, de constater que les dirigeants de se monde se moquent totalement du bien être du plus grand nombre, et d'exprimer le refus de cet état de fait.

Eh bien, c'est de là qu'il faut partir, quitte à bannir le mot « démocratie » qui a été usé jusqu'à la corde au point de ne plus rien vouloir dire.
A la place il faut parler directement du bien du plus grand nombre, et même aller plus loin, de « Justice pour Tous ».

En effet, lors de l'explosion de l'ère industrielle, grâce à ses penseurs et ses scientifiques, qui représentent une part infime de la population et qui la plupart du temps vivent dans la misère et sont si férocement maltraités par leurs congénères, l'humanité est devenue capable de se fixer l'objectif d'obtenir le bien-être pour la majorité des gens.

Le système capitaliste a permit cela, et ce fut un grand pas en avant, ce dont on le remercie, mais ce n'est pas pour autant qu'on va laisser les acéphales en faire un dogme religieux représenté par des totems auxquels on doit dédier une prière quotidienne pour qu'il vive éternellement.

Aujourd'hui la question est, en observant que la minorité de ceux qui ne peuvent pas « vivre bien » est si approximative qu'elle se permet de gonfler exponentiellement chaque jour, de savoir comment obtenir une vraie égalité des droits, une juste répartition des richesses, une organisation efficace de l'énergie humaine, et une planification à long terme des ressources naturelles, bref comment obtenir la justice pour Tous, absolument tous, sans exception, sans faille, sans discussion et sans excuses.

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Le problème du capitalisme n'est pas un problème mineur : ce qui fait une société humaine est la foi en ce que nos congénères soient bien attentionnés, qu'ils aient tous des compétences complémentaires les unes aux autres, et qu'on puisse leur faire confiance pratiquement les yeux fermés (pas de manière décérébrée non plus).

Dans la société de l'arnaque telle qu'elle existe aujourd'hui, toute personne qu'on rencontre par hasard, tout commerce avec qui on négocie un échange, toute annonce publicitaire ou discours politique, toute profession de foi ne peut que être soupçonné d'être mal intentionné au premier abord.

Ce serait vraiment être débile mental que de croire en ces choses les yeux fermés,
puisque le but individuel de chacun est d'accaparer l'argent des autres par tous les moyens, pourvu qu'ils ne soient pas encore illégaux.

Tout est argent, la politique, les contrats juteux, les génocides, les mensonges criminels, toute l'injustice a pour motif l'argent. Les vrai bons vieux criminels qui exerçaient cet art pour la joie d'être méchants sont extrêmement minoritaires !!

Comment voulez-vous que j'accepte un travail si je le prend à la place d'une personne qui a une famille à charge alors que je n'en ai pas ?
Comment puis-je remporter un contrat si c'est au dépend d'autres sociétés qui sont en train de faire faillite ?
Comment irai-je négocier des prix si je n'ai aucune information sur la façon dont ils sont composés ?
Comment puis-je boycotter des produits que je n'achète de toutes façon jamais, ou qui sont des composants invisibles de ce qui suis obligé d'acheter ?
(etc...)

Dans tous ces cas de figure, il n'y a qu'une solution pour s'en sortir : c'est chacun sa merde, tant pis pour les autres, rien à foutre de l'éthique.

Dans les temps anciens ces questions ne se posaient même pas parce que la conscience collective était à un stade beaucoup plus primitif qu'aujourd'hui ; on n'était même pas conscients du mal généré par nos actes, puisque c'était impossible d'avoir une vue d'ensemble du « système » généré par ces actes.

C'est surtout cette cécité mentale qui a permit à l'ère industrielle de produire cette formidable avancée technologique donnée à des peuples dont le niveau d'intelligence sociale en était encore à l'ère préhistorique.

Mais puisque tout se paye, maintenant il faut passer à la caisse : il faut réfléchir ! Et cela, ne relève pas, et ça n'a même pas à relever des 80% de la population.

Il n'est même pas question de leur demander leur avis, puisque seuls les résultats obtenus doivent être parlants, et les peuples, témoins de ce que ces résultats soient obtenus.

C'est seulement quand ces résultats ne sont pas obtenus que les peuples, logiquement et humainement, se soulèvent (et encore, pas en majorité), et à ce moment-là, on doit déjà savoir ce qu'il faut faire, et même on peut se reprocher de ne pas l'avoir fait avant, et même on peut remplacer ces gens qui n'auront rien vu venir.

(le lecteur peut avoir envie de critiquer ce point de vue anti-démocratique, alors que finalement dans le monde actuel ce ne sont pas 10% d'esprits logiques qui dirigent le monde, mais 0,1% de riches propriétaires)

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La technologie du crédit-droit part du constat que l'argent donne des droits et que cela est injuste, alors que ces droits devraient être le fruit de calculs faits dans l'optique de l'intérêt général.

Il me semble inutile de préciser qu'il va falloir beaucoup de travail pour écrire tous les algorithmes qui permettent de générer ou justifier des droits de chacun dans chaque circonstance, cependant on peut commencer doucement avec quelques exemples.

D'abord il faut comprendre qu'un algorithme n'est rien d'autre que l'écriture logique de la représentation d'une réalité : la plupart du temps on peut très bien s'en passer, mais savoir comment s'écrit la mathématique sur laquelle se fonde nos propos ne peut pas faire de mal ; c'est ce que j'ai appelé : la différence entre ceux qui savent lire et écrire (le code) et les illettrés.

Eux seuls permettent les automatismes qui permettent de gagner du rendement, en réduisant le nombre de tâches à accomplir pour obtenir un même résultat.

Quasiment tout est possible à retranscrire sous forme logico-mathématique, du moins pour ce qui concerne les tâches routinières comme le circuit alimentaire, qui permet de nourrir tout le monde.

Il suffit d'observer l'existant et de le rédiger en un langage logique, rien de plus.
Et ensuite (normalement cela va sans dire) il faut confier au raisonnement humain les choix propres à sa liberté, en se félicitant toutefois d'avoir de bons outils pour comprendre la réalité du monde.

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Il y a un angle mort à l'altermondialisme qui n'a jamais été exploré et qui justifie qu'il soit considéré par la masse des esprits non logiques comme complètement subalterne, annexe, utopique voire même inopérant ou sans avenir : c'est le monde des entreprises.

Seuls les capitalistes libéraux s'adressent aux entrepreneurs en leur parlant un langage qu'ils connaissent, tandis que les altermondialistes profèrent de vagues aspirations qui ne trouvent aucun ancrage dans la réalité pour y prendre racine, même avec le temps.

J'ai bien pensé à prendre contact avec des gens nobles comme ceux du CADTM pour leur demander le plus délicatement possible de bien vouloir produire autre chose que du vent* mais (allez savoir pourquoi !) les théoriciens de l'alermondialisme sont considérés par ceux-là comme les altermondialistes sont considéré par les masses incultes : inopérant, déconnecté de la réalité, doux rêveur isolé, etc...

(*Produire du vent et tendre une voile sont deux choses très différentes (bon c'est un peu méchant, que ça n'enlève rien à mon admiration !) ;
Enfin les gars sont dévoués à annuler les dettes illégitimes, afin que quoi ? Qu'on en contracte d'autres, qu'on continue à se battre, que les banquiers puissent jouir d'une bonne image de marque ? Qu'on puisse continuer à importer des bananes et des oranges de l'autre bout du monde qui sont emplies d'OGM et dont les multinationales sont des mafias ?)

Je m'en était aussi pris aux stupides écologistes, qui voudraient imposer de l'éthique dans un jeux de Monopoly sans même imaginer qu'ils avaient le droit d'en changer les règles.

A quoi cela mène-t-il, d'aussi poliment suggérer aux propriétaires du monde de bien vouloir devenir sympathiques ? Cela a-t-il plus de valeur qu'une prière ? Combien de siècles faudra-t-il, à ce rythme, pour que les hommes puissent vivre libre et égaux ? A-t-on tout le temps qu'on veut devant nous ?

N'est-il pas question de parler d'efficacité, de rendement, d'intelligence organisationnelle ? Ces notions vont-elle apparaître comme selon l'adage de la main invisible, en y travaillant parties infimes après parties infimes au fur et à mesure des millénaires ? N'est-il pas possible d'y penser sérieusement ?

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Pour subsister en temps qu'esprit agissant au moyen de pantins décérébrés qui sont dévoués à sa cause, le capitalisme doit produire des guerres afin de vendre du matériel et de générer des chiffres.
C'est son seul soucis et sa seule fonction. Elle est aussi hautement intelligente que le système est complexe. En somme il agit comme un organisme unicellulaire qui répond de façon déterministe à des réflexes. Sa complexité ne dépasse pas ce stade, ce n'est même pas encore un végétal.

Sa philosophie est très amusante, tout détruire pour tout reconstruire de façon éternelle.
Il y a même des gens qui pensent sérieusement à réduire la population mondiale afin de préserver le système injuste qu'ils aiment tant, et ainsi s'épargner de réfléchir.

C'est un peu comme les relents d'un psychopathe qui par ses manoeuvres ne fait rien d'autre que d'avouer ce dont il a besoin, précisément, qu'on le détruise et qu'on reconstruise autre chose.

C'est uniquement par un soucis d'un humanisme poussé au maximum qu'on peut avoir envie de convertir les serviteurs du capitalisme à une cause plus noble, en les priant modestement de bien vouloir se soucier du bien-être de 99% de la population (c'est à dire tous sauf eux-mêmes).

Mais bon,
on peut procéder autrement aussi.

Pourvu qu'on puisse s'en dégoter les moyens, et les bonnes personnes, il est possible de créer une société qui soit régie par les règles du crédit-droit, et ensuite, uniquement à la vue des résultats obtenus, provoquer la jalousie de tous ceux qui vivent dans la misère, qui se demanderaient « pourquoi on ne ferait pas ça, nous aussi ? ».

On n'a pas besoin des politiciens (puisque cela ne les intéresse pas), pas besoin de l'argent (puisqu'il est créé en fonction des Droits), on a seulement besoin des entrepreneurs, de gens qui veulent produire des richesses pour le bien commun et en vivre dignement.

Dans une de mes toutes premières réflexions il y a de nombreuses années, je proposais que si toutes les nouvelles entreprises créées l'étaient sous l'égide d'une coopérative capable de régir les droits de façon équitable, en dix ans on aurait sauvé le monde (et je suis toujours d'accord avec cela dix ans après).

Précisément, ces entreprises qui produisent des richesses et qui ne sont pas concernées par les discours altermondialistes étant donnés qu'elles sont enfermées dans un système qui les oblige à suivre des règles qui les conduisent inéluctablement à se comporter comme des prédateurs n'ayant aucune considération pour le bien commun, étant donné qu'ils n'ont aucune possibilité d'avoir le moindre impact à cette échelle, doivent devenir le point de départ de l'altermondialisme.

Le monde des entreprises est rattaché injustement à celui des multinationales, et dès qu'on parle de capitalisme et libéralisme, du malheur que ça provoque, on se trouve en face de tous les entrepreneurs du monde, ceux qui réalisent leurs rêves et créent parfois des emplois. Cette corrélation est injuste, les petites entreprises sont dignes et belles, c'est quand on parle des multinationales qu'on sent l'odeur de la dictature. Ce sont celles-là qui devraient automatiquement, en signe de succès, devenir contrôlées par le public.

Il est question, après tout, de simplifier de manière fantastique toute une somme de paperasserie, de l'embauche des employés aux impôts en passant par la comptabilité, tout cela serait, respectivement : simplifié, inutile et complètement automatisé.

Le seul soucis d'une entreprise doit et ne peut qu'être que la satisfaction de ses clients, alliée au respect de normes relatives à l'impact à grande échelle. Ces facteurs déterminent l'intérêt qu'a la société humaine à faire perdurer telle ou telle activité, suite à quoi elle obtient « le droit », et donc tous les moyens utiles, pour concrétiser son savoir-faire.

Le client lui, obtient des droits par de nombreux biais, certains sont automatiques et inexpugnables, d'autres sont relatifs à la participation au bien-être collectif, c'est à dire le travail fait.

De fait dans un tel système, le simple fait de travailler pour une entreprise qui a reçu l'aval de la « société civile » qui déclare que son activité participe au bonheur et au bien-être, signifie implicitement que ses employés oeuvrent à cet intérêt collectif.

C'est quand même autre chose que de se retrouver directeur des ventes chez une marque de voiture qui répand et gaspille le pétrole, qui finance des médias menteurs avec leurs publicités, de façon à ce que l'argent retourne à l'état pour qu'il puisse faire des guerres d'accaparement de richesses.

Comment voulez-vous obtenir la Justice pour Tous dans ces conditions ?