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La « main invisible », la plus grande escroquerie du capitalisme

Le titre est très banal, tout le monde le sait déjà, mais il y a mieux : une preuve indécollable de l'inanité du système qui ne donne le droit de vivre qu'à ceux qui rapportent de l'argent aux actionnaires du monde.

Quand on y regarde de plus près, si on remplace « argent » par « fruits » et « donner le droit de vivre » par « avaliser », on obtient le monde utopique et fantaisiste, complètement incroyable pour la plupart, et totalement bucolique où le système « consiste à n'avaliser toute oeuvre humaine qu'en conséquence de ses fruits » !

Ce qui en soi relève d'une certaine impossibilité logique, qui toutefois est parfaitement reconnue par les systématiciens comme étant précisément l'endroit où commencent les grandes choses.
(Voir « Les Systèmes de Boot, » dans « La logique du langage » dans
« Initiation à la politique algorithmique » w41k.info)

Donc déjà, c'est certain, le système du Crédit-Droit que j'ai exposé dit parfaitement comment obtenir ce monde bucolique. D'un côté on s'assure que le refus d'adhérer à une cause voulue par la société ne soit pas « mortel », ce qui implique la gratuité universelle des biens et services de première nécessité, et de l'autre, on s'assure que ces fameuses causes voulues par la société coïncident avec, pour une part (qui tend à diminuer) la subsistance des humains, et pour l'autre part, (qui tend à augmenter) qui poursuit des buts collectifs à long terme. C'est à dire qu'on fait en sorte que ces causes aient automatiquement l'adhésion populaire. C'est quand même autre chose que la bête démocratie ! (elle, elle va dans l'autre sens, de la volonté populaire vers le réalisé, alors que nous on souhaite que le réalisé soit motivant pour la cause populaire).

Dans ce système il est question de faire fonctionner ensemble des mécanismes qui se déroulent à différentes échelles simultanément, sans se piétiner l'une-l'autre. Il n'y a qu'à l'issue d'une longue période d'avarice ou de gourmandise qu'on se retrouve confronté à des choix cornéliens entre ce qui est bon à court terme et ce qui est bon à long terme. Pour concilier les deux il faut que l'action réponde positivement aux lois de la systémique (je m'empêche de dire « les lois de la topologie des systèmes »).

Quand on a une connaissance même rudimentaire de ces lois on sait par exemple quel énorme gouffre il y a entre une échelle et une autre. En général et jusqu'à il y a peu la neurocorticale humaine semblait incapable de distinguer les nuances entre les dimensions (lol). Même notre langage est capable de mettre dans une même phrase des considérations qui appartiennent à des dimensions incompatibles, de sorte, par exemple, à dire comme dans les pubs « Marre de vous faire arnaquer ? Alors achetez cette voiture ! »
Souvent dans les discours on tombe sur des perles qui mériteraient plusieurs vies de philosophie pour en venir à bout et qui sont dites avec un aplomb et un absolutisme qui font froid dans le dos.

La capacité à faire le distinguo et le manier s'appelle le sophisme, mais dans la plupart des cas les sophismes modernes sont le fait de la seule incapacité à faire le distinguo entre les différentes dimensions auxquelles appartiennent les arguments (des politiciens). Bien souvent pour compenser leur étroitesse d'esprit ils décorent leur discours avec des notions topologiques de la loi des systèmes, afin que ça pèse sur une argumentation qui était (évidemment) insuffisante sans cela. Et bien souvent ces « grandes lois » finissent par s'imprégner dans le subconscient des gens qui en prennent connaissance au point qu'une part d'entre eux en tire un profit personnel, tandis que d'autres, ça les rend fous.

Et ainsi naquit la loi de la main invisible.
La loi topologique dit textuellement, et c'est une vérité universelle, que l'action combinée des composants d'un système produit un effet dont l'ampleur est carrément impossible à prévoir du moins tant que notre point de vue se situe dans la dimension des composants.
Ça dit que lorsqu'on est à petite échelle, les mouvements et événements auxquels on assiste ne sont aucunement parlant de ce à quoi cela participe ou participera à grande échelle ou dans le futur.
Ça dit aussi qu'on n'a aucun moyen de savoir, à notre échelle, quelle sera la conséquence de nos actes et pensées, mais que pourtant, ces conséquences existe d'ores et déjà.
(Ainsi vécurent bon nombre de milliardaires présidents de république en sachant parfaitement que le temps que les gens réagissent, ils auraient passé une vie dans le luxe.)

Et donc les marchands les premiers au courant de cette précieuse information à propos de la réalité du monde on répété à leurs clients que la main invisible du marché allait faire que, par la grâce de la grande et puissante déesse « homéostasie naturelle », les gens allaient nécessairement n'acheter que ce qui est bon pour eux, et donc bon pour tout le monde, et que les mauvaises choses allaient perdre leur clients et faire faillite comme des couillons.

Et que donc, il n'y avait plus aucun soucis à se faire, plus aucune réflexion à avoir, z'inquiétez pas mdame, y'a aucun problème avec ce produit, il est fiable.
Avec un système comme celui-là on n'a même plus besoin de démocratie ma ptite dame. Plus vous achetez et mieux c'est !

Avouez que présenté comme ça, on en achetait bien encore un pot, et qu'il faudrait vraiment être tordu dans sa tête pour aller s'imaginer un truc aussi fantaisiste qu'un monde où les possédants interdisent tout ce qui peut nuire à leurs intérêts ! La ptite dame elle n'ose même pas faire la remarque au gentil monsieur qui parle tout le temps.

Mais évidemment, c'était une arnaque, et comme toutes les arnaques, seuls les vrais héros savent les déjouer avant de les avoir expérimentées.

Car

Entre le moment où les gens commettent des échanges à petite échelle, et le moment où tout le monde peut faire tous les échanges qui lui semblent intelligents, la marche à franchir est aussi grande que celle qui met de la distance entre l'agitation des molécules d'air enfermées dans un bol et la température et la pression globale de cette masse d'air (pour reprendre un exemple connu).

A grande échelle, en partant de mouvements atomiques qui sont parfaitement imprévisibles, et qui nécessiteraient des masses fantastiques de calculs prédictifs, on obtient des valeurs que les instruments appropriés n'ont aucune difficulté à mesurer, telles que la température et la pression.

Et à cette échelle, on se moque complètement de l'agitation électrique qui déstabilise complètement certaines portions d'atomes.

Figurez-vous, que possesseurs de ce savoir mais incapables de le situer dans l'arbre de la connaissance, sans aucun repère, les hommes se sont dits qu'ils étaient quand même capables, en administrant ce qui appartient à une petite échelle, d'avoir un impact à grande échelle et inversement (une fois l'idée bien imprégnée dans le subconscient) que les inconvénients à petite échelle (appelés dégâts collatéraux) n'avaient aucune raison d'influencer les grandes manoeuvre à leur grande échelle dans leur grande posture de grands actionnaires agissants.

Et les gars se sont plantés.

Car eux aussi font partie de la petite échelle, et que ce qui est vraiment clairement mesurable, c'est l'impact sur l'écologie, la pauvreté et le mental dans lequel les humains de toute la Terre sont plongés.

On voit clairement les effets résultant, les « fruits » de l'activité humaine gérée par la loi auto-imposée qui consiste à ne confier les grands chantiers de l'humanité à des entreprises à but lucratif, et qui consiste à n'autoriser à exister que ce qui rapporte de l'argent à court terme.

Il y a une profonde réflexion à faire faire aux gens qui décident pour les autres, à propos de l'inanité de leur fondement psychologique.

Pour qu'il y ait une communication entre deux échelles il faut dégager le chemin de ce qui encombre le passage. Il faut que la conscience repose sur des faits scientifiques, et par incidence logiquement, que chaque action menée soit critiquée de façon dépassionnée, et qu'on sache, et surtout qu'on ait le droit d'en tirer les leçons si on s'est plantés, plutôt que de persister parce qu'on n'arrive pas à croire qu'on s'est plantés.

L'égo en prend un coup pour ceux qui ont parfaitement bien assimilé les leçons de leurs grandes écoles super chères du commerce, à qui on a apprit comment s'y prendre pour générer des masses de tunes : rien de ce qu'ils croient n'est fondé scientifiquement, tandis que tous les torts causés à « petite échelle » sensés être sans importance, finalement c'est à eux-mêmes qu'ils se les infligent.

Les lois de la nature elles, sont invariantes. Elles s'appliquent aux différentes échelles de mesure, prennent parfois des noms différents, mais ne sont aucunement influençables, puisqu'elles résultent précisément de l'action collective de tous les composants du Cosmos.

C'est donc normal et logique qu'il faille s'y fier, et en même temps, c'est un constat de primitivité mentale que d'observer les erreurs légitimes qui peuvent être commises quand ces lois sont comprises au pied de la lettre et utilisées à des fins égoïstes. Quand ces lois sont victimes de l'étroitesse d'esprit dans laquelle elles sont appliquées, elles se rebellent et font apparaître une myriade de sous-lois qui doivent être combinées pour pouvoir vraiment bien comprendre la première.

Le système économique mondial, où le « droit » est conféré ou non par la possibilité (par l'argent), où certains n'ont pas le « droit » de manger tandis que d'autres ont celui de leur envoyer des bombes avant qu'ils ne se rendent compte qu'ils marchent sur un gisement gazier et qu'eux aussi, se mettent à en profiter, n'a rien fait d'autre que de substituer des termes de la topologie des systèmes par des termes du langage courant, et de continuer à appliquer ces lois à des choses qui auraient mieux fait de se trouver évaluées par une vraie conscience humaine.

Alors Oui (avant que les gens, dégoûtés, ne disent « Non ») la main invisible existe, c'est une loi incontournable de la nature, mais ce à quoi elle s'applique de la façon la plus visible, c'est quand on constate les effets d'un système qu'ainsi on peut diagnostiquer comme étant défaillant, mais Non, l'action libre et indéterminée de chaque individu ne participe pas au bonheur de l'ensemble de la société, car cette proposition ne peut être vraie qu'au sein d'un système social qui aura déjà prouvé son efficacité et sa capacité à produire des fruits supérieurs aux coûts.

Je continue :

Pour qu'un composant puisse avoir une action déterminante sur le système auquel il participe, il faut que cela soit requit exclusivement par le système. Il y a donc une espèce de contrôle sur les événements, comme par exemple quand on constate que les grandes villes du monde sont inversement proportionnellement aussi denses que la distance qui les séparent (référence au "Global Scaling").

Dans le cadre général, les composants d'un système (les molécules dans un bol d'air) ne peuvent avoir une influence notable à grande échelle que dans le cas exceptionnel où, par un curieux hasard, toutes les variations de température de chacune des molécules entraient en syzygie ; c'est à dire si toutes les molécules se mettent à monter en température en même temps, on observerait une infime mais nette variation soudaine de la température de la masse d'air. Et à ce moment-là, on ne comprendra pas pourquoi cela a eu lieu.

Ce cas de figure s'appelle la saturation hypothétique, quand toutes les possibilités individuelles s'activent au même moment, et quand la probabilité d'un événement atteint les 100. Cela se passe par exemple pour savoir quand un volcan va entrer en irruption, plus on s'approche de ce moment, plus on peut prévoir précisément quand il aura lieu (ce qui est assez logique somme toutes !).

Dans le cas du système capitaliste, il faudrait vraiment un de ces moments où, de toutes les possibilités d'états dans lesquels peuvent se trouver un individu un seul soit choisi, et que tous les individus choisissent ce même état, au même moment, pour que ça ait un impact non négligeable sur le destin du monde.

Cela veut dire qu'à ceux qui prétendent qu'il suffit de changer ceci ou cela dans le capitalisme existant pour qu'il puisse vraiment fonctionner tel qu'il le devrait dans l'imaginaire inculte de ses fondateurs préhistoriques, la science répond que le seul moyen que ça ait lieu serait une situation parfaitement exceptionnelle et unique où absolument 100 des composants agiraient de façon concertée et volontaire.

D'une part, ce n'est qu'à cette condition que le principe de « la main invisible » peut vraiment devenir visible (comme quoi ce n'était pas une arnaque, mais un mensonge grossier car hautement improbable),
Et d'autre part, nous à notre niveau quantique, on connaît bien nos raisons et de nombreuses lois qui agitent nous mouvements et nos événements, et on sait tous que c'est précisément cela qui définit le terme de « Révolution ».

Au jour où les peuples se lèveront comme un seul homme, lui même se levant comme un vrai humain.