La nouvelle Donne

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Il est indécent et immoral que des biens auxquels on est attachés puissent être obtenus par des gens.
Pour que cela puisse s'ancrer dans la loi des hommes, il a fallu inventer le terme de « propriété ».
Mais ce terme de la propriété est-il suffisant pour englober toute cette morale ?

Il est légitime que les apports intellectuels, artistiques ou scientifiques soient reconnus ainsi que leurs auteurs. Mais le terme de propriété est-il capable de cela ? N'est-ce pas un inconvénient majeur que d'interdire la diffusion du savoir et de la culture en raison du principe de reconnaissance ?

Soyons honnêtes, jamais le principe de propriété n'a empêché les auteurs ou inventeurs de se faire voler leur travail, au contraire ça a toujours été la principale motivation.
Et en même temps, jamais le principe de propriété n'a empêché de se faire voler des terres, des forêts, de se faire coloniser, ou déposséder de choses auxquelles on tient. Au contraire çen est la principale motivation.

L'humanité a donc un problème basique et fondamental à résoudre, et pour ce faire, il faut éjecter du débat ceux qui accordent aux mots une valeur supérieure aux principes. Le principe de propriété n'a pas la noblesse qu'on y entend le plus souvent, et n'a pas à être aussi solidement défini qu'il ne l'est aujourd'hui.

On arrive à une époque où il s'avère que le capitalisme, qui est une excroissance faramineuse du concept, jamais remis en cause, de la propriété entre en contradiction frontale avec la vie humaine, le désir de vivre, la joie de vivre, bref ce qui fait l'humanité.

Or il apparaît que ce terme se situe à cheval entre deux concepts, d'une part le droit de posséder et d'autre part le droit à être reconnu, de sorte que ces deux principes s'en trouvent bafoués.

Ce qu'il faut c'est définir les termes qui, indépendamment, respectent chacun de ces principes et une fois associés, se renforcent mutuellement au lieu de s'annuler mutuellement.

Appliquer le même principe de propriété à des faits aussi différents que le droit légitime et la morale ne pouvait que conduire à une catastrophe, ce qui précisément est en train d'arriver.

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Il se produit que les concepts une fois définis deviennent prédominants sur ce qu'ils veulent définir, et que ce qui a voulu être défini est oublié, au prétexte du respect d'un vocable auquel on confère une importance supérieure aux principes, qui eux sont trop lourds et compliqués à intégrer entièrement dans une conversation normale.

Il s'en suit que les gens se comportent comme des malades mentaux et des criminels au nom de vocables sensé recouvrir des droits légitimes et moraux.

Il est donc temps de chercher à définir Comment, dans la loi des hommes, doivent s'exprimer le droit légitime et la morale ?

Déjà, on appelle droit légitime les possessions qui ne sont pas possibles à remettre en cause, telles que la terre, l'eau, l'air, bref tout ce que la la nature produit, étant donné que l'homme est lui-même une de ses productions.

Ensuite on entend par « morale » l'association entre des causes ou des raisons apparentes et des conséquences parfois pas encore visibles.
Par exemple est-il moral de breveter le savoir, si ce savoir peut sauver la vie des gens, et que l'application de ce savoir doit d'abord obtenir l'aval de son auteur ? C'est complètement stupide et contreproductif.

Le savoir n'a rien de statique ou figé, il est en constante évolution et chacun peut y apporter sa pierre, à condition qu'il puisse y accéder librement. Un savoir restreint sous le terme de « propriété » qu'on n'aurait pas le droit d'utiliser (excusez-moi de rire tellement cela est débile mais pourtant c'est comme ça que cela marche) est un savoir dont on ne peut pas vérifier la validité et qui aura été confisqué à l'évolution. C'est un savoir promis à devenir périmé qui pourtant subsiste indépendamment de la raison. En fait on peut dire que le système des brevets est comme l'expression, dans la loi des hommes, du conformisme le plus absurde au monde.

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Cette lettre a pour objet de critiquer avec virulence les débiles mentaux qui s'approprient leurs propres idées en y apposant une interdiction de les diffuser ou de les reprendre, de les réutiliser, de les tester et de les valider.

Dans le monde de la presse web où j'officie il y a un certain nombre de débiles mentaux qui interdisent que leurs articles ne soient diffusés ailleurs que sur leur propre support, alors qu'en revanche ils incitent autant que possible à signaler l'existence de leurs articles en demandant aux gens de faire circuler l'adresse URL sur des logiciels de services sociaux tels que facetwit+1 (lol).
(Pourtant même le titre et l'URL devraient être interdits à la reproduction, si on s'en tient à leurs principes de propriété privée.)

Agissant ainsi ils peuvent se délecter de leurs histogrammes du nombre de visiteurs sur lesquels se fondent leurs tarifs publicitaires ainsi que leur propre estime d'eux-mêmes.

Un si mauvais calcul est à peine pensable, et c'est ainsi que la presse non alignée a dès le départ adopté la politique qui consiste à libérer fortement les données, encourager la copie afin de se renforcer mutuellement, ce qui a permit de nourrir les peuples d'une information véritable, possible à comparer et donc à valider, ce qui a engendré un véritable « réveil des peuples » prenant forme de manifestations révolutionnaires spontanées tout autour du globe, où littéralement on dénonce le capitalisme et on manifeste le désir de démocratie véritable, que pourtant aucun organe de presse n'a jamais pu évoquer comme constituant le moindre problème.

C'est quand même plus intéressant comme résultat que de se pavaner sur stats de son site.

Cet état d'esprit est celui qui permet de voir que potentiellement on peut tous être à la place d'un autre. Les idées qui nous viennent peuvent venir à tout le monde, elles figurent dans le Grand Livre (le champ Akashique, Dieu), et c'est quand on entre en résonance avec lui qu'on obtient son information. C'est précieux et beau mais seulement dans la mesure où on est porteur de ce message de première main. ça appartient à tout le monde, c'est pas la peine de frimer avec ça !

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Il y a donc un lien étroit entre la mise en pratique du principe de propriété, d'un côté par les défenseurs d'un vocable devenu obsolète qui se trouvent, du coup, à défendre et justifier les crimes commis par les politiciens, et de l'autre côté par le refus de ce qu'il y a de stupide dans le principe de propriété, ce qui du coup conduit les peuples à entrer en révolution contre ces mêmes politiciens criminels, et avec eux leur clergé qui porte le nom de « médias ».

En fait on peut carrément définir comme ennemi des peuples tous ceux qui ont le réflex stupide et inutile de sacraliser leurs données comme si c'étaient des biens auxquels on attache une valeur sentimentale ou « privée » et qu'on interdirait de diffuser. (ou d'y accéder)

Les articles, le savoir, la culture, et tout ce qui est susceptible de nourrir l'humanité du terreau indispensable à son évolution et à la réalisation de ses aspirations les plus nobles, se doivent de revenir à l'humanité ; par essence, elles lui appartiennent, au même titre que la terre, l'eau, l'air, la vie.

Il en va ainsi du savoir, dont la question de la propriété a pour effet, sans s'en rendre compte, d'occulter une autre question bien plus importante : la lésion provoquée par l'absence de transmission du savoir ; Plutôt que d'interdire les données et donner raison aux stupides qui veulent se les arroger, il faut se poser la question de savoir si le refus de faire circuler une information ne constitue pas un préjudice.

Selon ces termes, il apparaît que la désinformation n'est plus un mensonge mais un crime, les brevets ne sont pas une protection, mais un frein à l'évolution, et les droit d'auteurs non un système de reconnaissance mais directement un désir de nuire, ou encore, un moyen d'identifier qui est avec le peuple ou contre le peuple.

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La question de ce à quoi doit se limite le principe de propriété doit concerner uniquement l'interdiction du vol de ce qui est possédé légitimement.

Et ce savoir, transité par des cerveaux furtifs, n'a pas à être détenu et rendu privé alors pourtant qu'il lui a fallu puiser dans un monde où l'information lui était accessible le plus naturellement du monde. C'est pourquoi le principe de propriété « intellectuelle » est à mettre sur le compte d'une pathologie ou d'une débilité mentale, puisque c'est profondément illogique. Qu'espèrent-ils ? Un monde où seuls les riches pourraient accéder au savoir ?
Comment auraient-ils accédé au savoir qui leur a permit de réfléchir dans un monde où tout est interdit à la diffusion ?

Bien sûr, on l'a évoqué, il y a les objets qui ont une valeur sentimentale ou qui sont de l'ordre de « la vie privée » (pour le peu qu'une vie puisse être privée du droit légitime des Autres à y fourrer leur nez), mais de là à ce que soient concernés des biens légitimes, il y a un pas énorme à ne pas franchir.

Par exemple un objet utile peut l'être pour d'autres personnes, et la propriété d'un objet utile, inutilisé, et qui serait utile à une autre personne entre directement dans le cadre de cette fameuse « légitimité ».

La question est donc de savoir si le sacro-saint doit de propriété a le droit de primer sur l'utilité (qui souvent est une utilité publique) ?
Bien sûr que non, du point de vue moral, mais pourtant c'est toujours ce qui arrive, du point de vue de la loi (auto-imposée) des hommes.

Alors quitte à s'auto-imposer des lois, ne serait-il pas plus intelligent d'interroger les cas de figures où il est, tantôt légitime de posséder, tantôt, illégitime de déposséder ?

Ensuite de quoi forcément, on interrogera ce qui est illégitime de posséder, et ce qu'il est légitime de déposséder ! Toutes ces questions méritent des réponses autres que celles proposées par le système injuste.

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L'exaspérant dans cette affaire de propriété est lorsqu'une société multinationale utilise des lois faites pour protéger des biens individuels de façon à s'approprier des biens collectifs, telles que des terres, l'eau ou même l'air. Ou même l'ADN, privant ainsi les individus de leurs droits les plus élémentaires, c'est à dire, retournant contre eux leurs propres lois.

Et ça ne s'arrête pas là, pour empêcher les humains de jouir de leur liberté naturelle et légitime, toute une armée de lois et de règles visent à interdire la libre circulation, le droit au travail, la possibilité de s'épanouir et de vivre heureux.

A un moment il faut dire que ça suffit !
Nous avons assisté à une véritable déviance morale qui a été mise en oeuvre sur l'autorité de vocables qui étaient précisément sensés éviter ces graves méprises.

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Le plus souvent, c'est au principe de démocratie qu'on s'en prend. J'étais parmi les premiers à écrire que la démocratie telle qu'elle existait n'était qu'une parodie de la démocratie telle qu'elle devrait exister, étant donné les moyens extraordinaires mis à disposition des humains et qui se nomme l'informatique. (et j'aurais voulu que mes textes soient plus diffusés !)

On rigole ou on est estomaqués d'entendre des politiciens-criminels (ils le sont presque toujours donc c'est facile de généraliser) parler de « démocratie » pour justifier des génocides à but lucratifs, mis en oeuvre par des armées payées par les impôts des peuples pour le compte des multinationales, secouées par une crise économique que l'absurdité du système monétaire ne pouvait que générer, et que ceux-ci sont prêts à défendre jusqu'à la mort.

Plutôt que de remettre en cause quoi que ce soit dans un système d'échanges complètement absurde et aberrant de tous les points de vue, plutôt que de se mettre véritablement au travail pour refonder les moyens d'atteindre des objectifs à long terme qu'il faudrait déjà au moins fixer, ces paresseux, ces feignants et ces impotents jugent plus facile et plus efficace de provoquer des crimes monstrueux.

C'est vrai que le travail à accomplir est étendu et complexe, et qu'il faudrait s'y atteler en urgence et sur le long terme, mais de là à perdre tout espoir et préférer plonger l'humanité dans le chaos, en se disant qu'il n'y a rien d'autre à faire, et en justifiant ces crimes par des vocables nobles, c'est vraiment terrifiant !

Avec le terme de démocratie on a pu observer tranquillement, concrètement, objectivement et impartialement comment les vocables nobles pouvaient être utilisés à contre sens, défiant toute logique, toute raison et tout bon sens, sans aucune forme de doute ou de crainte de se voir contredit.

Les gens hochent la tête par reflex et donc on en profite pour leur asséner de la violence verbale.

Mais ce n'était que le sommet de l'iceberg d'un fonctionnement psychique qui en réalité s'applique à tout le langage en général, c'est comme je l'ai dit, les principes étant trop lourd à faire passer par la mémoire au moment du discours, ils sont remplacés par des alias qui sont notre vocabulaire, et ensuite ces mêmes alias servent de fondement logique à des raisons qui ne peuvent être soutenues que par ceux dont la pensée est syntaxique, ou tout du moins, désinformée, mal instruite, voire complètement vide comme une coquille.

Ainsi il va de soi que la désinformation de masse soit le principal allié des criminels (c'était évident même en théorie) et ainsi, on observe le combat acharné mené par des sbires du pouvoir, motivés uniquement par le désir de défendre leur entreprise d'une faillite qui ferait d'eux des miséreux, à entrer en conflit avec le principe né d'internet qui consiste à libérer les données de tous les droits absurdes qui découlent de ce qui n'est rien d'autre qu'une déviance systémique mortelle.

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Et ainsi, à part le principe de démocratie ramené à un fonctionnement institutionnel rétrograde et minimaliste et malgré cela, érigé comme argument principal à des guerres d'accaparement des richesses, il y a de nombreux autres principes qui eux aussi n'ont jamais été interrogés, parmi lesquels celui qui est à la base du capitalisme meurtrier, à savoir le principe de propriété.

Il faut y revenir car c'est important, c'est vital, et il faudra ensuite prolonger la réflexion : Que veut-on ? A travers le principe de propriété, que voulons-nous obtenir comme effet ? Voulons-nous être dépossédé des terres, de l'air et de l'eau, de notre propre vie et de notre raison de vivre, pour sauvegarder le principe de propriété des petits objets qu'il est mal de voler ?

N'est-il pas stupide de devoir mettre ces deux choses de chaque côté d'une même balance et ensuite de demander à choisir entre l'un ou l'autre ?

Le principe de propriété privée n'a-t-il pas lui-même été accaparé par des groupements d'intérêts qui du coup, agissent contre l'intérêt commun ?
N'exercent-ils pas une sorte de chantage affectif en disant que si on veut abandonner le principe de propriété privé, on risque de le payer très cher ?

Clairement ce qu'il faut c'est redéfinir le principe de propriété, qu'est-ce que ça veut dire, à quoi ça sert, et surtout comment mettre en oeuvre dans la loi des hommes le sentiment de justice ?

La grande question qui rejoint le principe précédemment énoncé du Crédit-droit, est celle qui place la raison comme motif fondamental de l'action à la place des vocables hérités de raisons qui sont par la suite devenues confuses.

L'histoire avec le crédit-droit c'est que l'argent étant le droit, le droit ne ferait-il pas mieux de prévaloir sur l'argent, et ainsi, la raisons d'agir ne ferait-elle pas mieux de prédominer sur la pseudo-possibilité de réaliser des transactions ?

Ici c'est la même question qui se pose, comment doit s'ancrer la raison dans la loi des hommes ?
Et question subsidiaire, n'est-il pas flagrant que le principe de propriété privée ne constitue en rien un apport positif de la raison dans les règles que les hommes se fixent eux-mêmes pour faire société ?

Il y a tant de choses dont il est illégitime de se voir dépossédé : sa vie pour commencer, c'est à dire la liberté et donc la possibilité de choisir sa vie, les ressources naturelles, tout ce qui concerne les premières nécessités, et sur le plan du long terme tout ce qui garanti aux générations futures une vie meilleure que la nôtre, fondée sur ce qu'on aura construit en pensant à eux.

Ainsi, et c'est toujours du même sujet qu'il est question que lors de l'énonciation du principe du crédit-droit, il s'agit de devenir capables de mettre en perspective des règles qui sont jusqu'ici figées en les déclassant comme n'étant que des propriétés de raisons réelles.
Les « propriétés » sont les choses qui sont « propres à » définir des fondements, au moyen de la raison, qui elle doit toujours rester possible à interroger.

Car si on ne fait pas cela, il se passe que le principe de propriété n'est plus que l'avatar de l'avarice, en conséquence de laquelle on se trouve dépossédés de tout (et c'est logique).

Dans le principe du crédit-droit on avait dessiné un réseau fonctionnel permettant de justifier ou non les transactions, reléguant l'argent à ce qu'il aurait toujours dû rester, c'est à dire l'expression d'un mécanisme, au lieu d'être ce qui avalise de facto les transactions. Dans ce réseau fonctionnel, où la raison prédomine sur les moyens, il se produit l'effet surprenant de prime abord qu'une même transaction pouvait, un coup, être autorisée, et une autre fois interdite, si le contexte, c'est à dire les paramètres étaient différents.

C'est tout le système légal dont il est question, puisqu'il s'agit de rendre relatif l'application de la loi, c'est à dire possible à mettre en rapport avec les circonstances. (c'est un peu brutal de le dire comme ça, mais il n'empêche que les règles qui font société sont extrêmement figées, ce qui produit l'effet qu'aucune évolution intelligente ne peut avoir lieu sans que tous les acteurs de la société n'adoptent simultanément les mêmes nouvelles lois).

Mais avant même d'en arriver à ces observations, on peut se contenter de chercher à définir les motifs qui justifient le principe de propriété et ceux qui ne le justifient pas.
C'est à dire que d'ores et déjà, au moins, on sait qu'il va falloir remettre en cause les lois et les règles que nous nous imposons.

Le crédit-droit
La relativité du Droit