110604 4 min

Psaume 110604 : les anciennes croyances

Israa doit pardonner

Cette fois c'est la chanson des Simple Minds « Mandela Day » qui est venue me réveiller ce matin.
Les paroles sont à peu près « AAOA Mandela Day » suivi de notes très hautes qui résonnent comme les cloches qui sonnent dans un village.
Le « AAOA » est un de ces moments où le temps qui a lieu ne supporte aucun mot, un moment de gloire qui ne peut que être chanté.
Il entre en résonance avec tous les moments de gloire de la galaxie et s'affranchit de la taille ou la dimension dans laquelle cette victoire a vu la lumière.

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J'appelle Israa l'entité psychique décrite par cet enfant qui pointe du doigt les avions en criant « Israa Israa », terrorisé par le souvenir d'avoir compris que c'était « ça » qui avait fait tomber des bombes sur sa maison.

D'autres, puis-je lire, considèrent Israa comme leur paradis, l'endroit où ils peuvent exercer leur vengeance de façon inassouvie, et reprendre ce qui leur est dû d'après la sainte morale.

Expliquer à Israa que cette sainte morale n'avait pas forcément à se matérialiser de cette manière n'a pas d'effet sur Israa ; rien de ce qu'on lui dira ou démontrera ne pourra la faire changer.

C'est à elle-même de commettre l'opération mentale qui lui permettra de trouver la vraie paix, et pour se faire elle n'a qu'une seule formule magique a prononcer, une seule pensée à avoir.

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Quels chemins sinueux prend la marche du monde. Quand les gens viennent du futur pour visiter ces époques d'aujourd'hui ils sont stupéfaits par la force et la dureté avec laquelle ceux qui y sont embarqués s'accrochent à leurs anciennes croyances, quitte à enfreindre allègrement toute la morale dont ils ne cessent de se croire les porte-paroles et les défenseurs ; avec d'autant plus de vigueur qu'ils s'en éloignent en vérité.

C'est tellement triste et nostalgique à la fois de voir comme ces croyances incongrues vont finir en tas de poussière qu'on aura placées soigneusement dans des urnes sur lesquelles on aura placé des étiquettes : « ci-gisent les anciennes croyances », « il n'y accrochèrent jusqu'à la mort », « surtout celles des autres avant la leur ».

L'humanité avait-elle besoin d'expérimenter la démence pour pardonner la démence ? Est-ce plus facile ainsi ? Fallait-il vraiment toute cette folie pour briser et racler ces anciennes croyances si puissamment ancrées ? N'est-ce pas la compassion qui s'est immiscée et infiltrée dans les plus petits interstices pour ébrécher les anciennes croyances ? N'est-ce pas l'oeuvre des hommes et non celle du temps qui a transformé les denses blocs d'anciennes croyances en poussière disparate ?

N'étaient-ce non pas ces croyances-là mais le seul fait qu'elles soient inamovibles qui était la cause de tout leur malheur ?

L'évolution logicielle invoque le principe selon lequel toute chose doit être soulevée de terre en n'en devenant plus que le résultat d'un paramètre, c'est à dire un choix libre et conscient.
C'est ce que dit l'arbre.

Toutes ces actions menées à bien par des non-choix ne peuvent aucunement être jugées comme d'autres qui auraient été l'objet de choix libres et conscients.

Si l'enfant combine l'avion et la destruction de sa maison, son traumatisme durera aussi longtemps qu'il n'aura pas su rendre possible à articuler les conditions par lesquelles « cela est vrai » et celles par lesquelles « cela est faux ».
Si le nazi ou le sioniste fait la même chose, si leur esprit n'est aucunement articulé et si leurs choix sont en fait déterministes, alors il est possible et même souhaitable de les pardonner, car ainsi, ce à quoi on va s'en prendre, ce ne seront plus ces victimes d'anciennes croyances ou même ces anciennes croyances elle-mêmes, mais le fait qu'elles se soient greffées et développées comme un cancer de cellules dégénérées, ôtant toute liberté, imposant des schémas comportementaux déterministes.

Et ainsi eux-même regarderont leur fort intérieur et y verront leurs actuelles croyances comme les seuls vrais corps étrangers que la médecine leur incombe d'éliminer.
Et pour ce faire il suffit d'une seule pichenette à l'endroit sur lequel tout ceci s'appuie : on crée des personnages imaginaires symboliquement rattachés à ce qu'on veut éliminer et à l'arme qui va le faire – le bon et le méchant – et on commet le branchement non pas sur des gens innocents (tel que ces anciennes croyances obligent à le faire), mais sur la cause, la source et l'origine directe de ces croyances improductives.

Et maintenant Israa doit dire « je pardonne les nazis », car au fond ils étaient comme nous, embrigadés dans leur époque, ils n'avaient pratiquement pas le choix, se rebeller contre « ça » était suicidaire de leur point de vue, et pourtant s'ils l'avaient fait, la seule victime aurait été ce lourd bloc de croyances aussitôt devenues obsolètes par le simple fait de pouvoir s'en détacher à volonté ».

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