la réalité de ce monde est toujours à l'opposé de ce qui est le plus facile à croire

110530 11 min  démocratie
J'ai survolé vaguement du regard un article qui dit textuellement « c'est une parodie de démocratie  ! ».
J'ai bien envie d'écrire une lettre ouverte au gars qui a trouvé ça tout seul pour dire : « Vous n'êtes pas sans savoir, Monsieur Filoche, que votre position réputée fait que les gens vont répéter en les dégradant fortement les propos que vous tenez ».

Quand je disais les mêmes mots exactement je n'avais que faire de l'entretien de ma réputation qui est nulle ; Le fond du sujet n'était pas cette posture conférée mais la véracité de ces propos. En effet, je parlais de « démocratie scientifique », de « politique algorithmique », et du rôle de juge que tenait le peuple sur les résultats obtenus par un système qui a la liberté de muter autant qu'il veut.

Voyez comment marche la nature, et donc l'évolution : elle propose un accroissement en complexité, dont découle par dégradation les applications dans la réalité. C'est un schéma montant qui touche un noeud, qui repart en descendant.

(tu dessines un trait en diagonale, et au milieu un autre trait qui repart vers le bas)

Quand une révolution survient la réaction salutaire pour ceux qui se sentent menacés par elle est de placer ce noeud le plus tôt possible avant que l'évolution ne progresse davantage, et affirmant pour réel, vrai, véridique, approuvé, sensé, évident, que diable ne l'a-t-on point vu avant, le noeud gordien soulevé par une nouvelle prise de conscience. Et voilà fin de l'histoire.

Ainsi quand on parle de remettre en cause la démocratie il y a un danger, une voie dans laquelle il ne faut surtout pas s'aventurer avant d'avoir prolongé encore un peu l'évolution de la pensée philosophique. Le paradigme salvateur n'est pas souvent là où on le croit. En fait me suis-je aperçu ce matin au réveil, dans la réalité de ce monde, la réalité de ce monde est toujours à l'opposé de ce qui est le plus facile à croire.

Le danger, risque, échec promis c'est que la démocratie veuille être renforcée en la densifiant en quantité plutôt qu'en qualité. Que les votes s'expriment pour tout et rien, tout le temps, de façon chronique.
Ben non ! Et encore non ! Le Peuple est une entité gigantesque, peu mobile, qui n'entre en résonance qu'avec des affaires gigantesques et vitales, pas avec des affaires courantes. Appliquer des scrutins à tout-va ne va qu'augmenter le désordre, et rien remettre en cause. C'est précisément ce qui est désiré par ceux qui redoutent les révolutions.

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Pour bien illustrer ce propos revenons à la quête de posture intellectuelle conférée par une exclamation soudainement surgie de la boite crânienne d'un homme public.

(d'ailleurs il s'appliquait à un épiphénomène sans importance, en rapport avec le parti [-prit de se croire] socialiste, et non à une cause majeure)

Les mots.

Quand on dit « démocratie », les forums espagnols s'excitent : « oui alors voilà, il faut quatorze votes successifs pour élire un député-président pendant deux ans, et que ce vote soit de la base vers le haut, en autant d'étapes démocratiques que de villes, région, domaines professionnels, etc... »
(bon je brode mais c'est l'idée).

C'est bien mais il y a mieux. En science, quand il y a mieux, on l'adopte plutôt que le moins bien, et quand une solution est « pas mal », on continue quand même d'en chercher une mieux.

Mais pas en prolongeant le noeud dans lequel on s'est engouffré (si on visualise le schéma évolutif que j'ai révélé).
C'est à dire, pas en répondant aux réflexes excités par la stimulation neurale provoquée par un simple mot dans la tête d'une simple personne.

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La démocratie, est fondée sur l'état de droit, et l'état de droit est lui aussi une parodie d'état de droit, à cause de l'argent, qui décide du vrai droit dans la pratique.

La psychologie du droit conféré par l'argent a été un poison pour l'humanité, ils sont devenus si froidement rationalistes, qu'ils pourraient s'apparenter aux spartiates, pour qui la douleur n'était qu'une illusion, alors que « en vrai » rien n'empêche de courir, de se battre, et d'être précis dans ses gestes même avec des plaies béantes.

Mais voilà, quand le corps a mal, c'est pour une raison, certes illusoire, mais transcendante.

La vie est un phénomène néguentropique et ce mouvement est énergétique, et la douleur qu'on ressent quand on oublie une seconde les raisons données et faciles à construire a posteriori, et qu'on écoute seulement son coeur, est en fait la friction provoquée par le fait d'aller dans le sens opposé à celui de la Vie.
Faire abstraction de cela c'est nier l'évidence de l'erreur dans laquelle on s'enlise.

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Dans le champ de la raison, c'est le contraire, dès lors qu'on veut aller dans le sens de la vie on ne cesse de rencontrer des obstacles qui réclament sans cesse une amélioration substantielle de la qualité de la pensée, et si on fait abstraction de ces recommandations, alors aussitôt la pensée est plus facile, plus coulante de source, et semble tout justifier sans trop se faire de crampes au cerveau.

Ah mais c'est que c'est une pente montante, la Vie !

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Les mots disais-je.
On se plaint ou on montre du doigt les gens pour qui les mots sont la base logique de leur pensée. On appelle ça ceux qui ont une logique syntaxique, c'est classé dans le cadre des psychopathes. Ils sont seulement incapable de prendre en compte les signifiants et n'utilisent dans leur réflexion que les signifiés, c'est à dire ce qui leur vient à l'esprit à l'évocation d'un mot.

Sachant que les connexions sont complètement différentes d'un individu à l'autre, le risque que deux personnes se comprennent en parlant ensemble est très faible.

On peut les critiquer et les montrer du doigt, mais en fait tout le monde fait ça. Tout le langage humain est déjà à la base lui-même une gigantesque foirade.

Les sons transportent les mots, qui jugerait logique, utile ou pertinent de comparer les notes de musique des mots afin d'en extraire le sens profond ? (à part quand les politiciens raillent, crient, ou font reposer la logique de leur discours sur les intonations de leur Comedia).

Les mots évoquent des descriptions superficielles et rarement fonctionnelles, si seulement 1) les mots étaient les descriptions et 2) les mots étaient plutôt, à la place, les fonctions, peut-être qu'on s'en sortirait mieux.

Exemple : Dans la phrase « le truc du truc va dans le truc qui appartient au truc qu'on a mit dans le truc ».

De façon littérale, froidement rationnelle, cette phrase est parfaitement conforme, ne contient aucune faute syntaxique, ni d'orthographe, ni de logique, c'est une vérité scientifique indéniable, d'une pureté telle qu'on la croirait sortie de la bouche de Jésus.

Par contre cette phrase a un inconvénient, elle ne peut être entendue que par la personne à qui cette phrase est dite, et qui, elle au moins, sait de quoi ça parle.

Dès qu'on exporte cette phrase au-delà de ce pourquoi elle a été conçue, il y a comme une très forte probabilité que l'interprétation soit quelque peu faussée.

Et pourtant, les gens, les politiciens, les publicitaires, tous dans leurs langues différentes et avec presque les mêmes intonations émettent des affirmations catégoriques et pleines d'énergie pour affirmer plein de trucs.
Et si on veut savoir ce qu'ils entendent dans ce qu'ils disent, il faut opérer une traduction comme si on passait d'une langue à une autre, qu'on ne connaît que très mal.

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Je peux donner un autre exemple de drame psychopathologique : les lois de la guerre stipulent que comme Israa opère un blocus sur Gaza, alors du coup il a droit d'accoster les bateaux qui apporteraient de l'aide humanitaire. C'est à dire que les gars ils arrivent un papier qui stipule « ben quoi, on a le droit ! ».
Le papier stipule que l'aide humanitaire est considéré comme un acte de guerre du pays, ou des 86 pays qui ont commandités cette intrusion.
Personne ne se demande si le papier utilisé comme bouclier a été écrit après ou avant que les blocus n'existent. Car si c'est un constat d'habitudes, ce n'est pas un régissement, et vice-versa.

En fait ça s'est passé comme ça, et ça se passe toujours comme ça :
- d'abord il y en a un qui a l'idée de faire un truc, mais personne ne le croit.
- ensuite il en a un autre qui se dit que ce truc est super génial, étant donné qu'il est un peu utile, il l'utilise, et tout le monde fait pareil.
- ensuite un il en a un troisième que dit que ce truc devient obligatoire, et c'est de là que naît la loi.

Aucun de ces trois gars ne se connaissent et il est certain que si on présentait le troisième au premier, ils ne seraient pas du tout copains !
Le premier aurait dit « mais vous êtes fou ! Une idée utile n'est pas une chose unique universelle obligatoire omnipotente ! Il faut aussi avoir une conscience ! »

Ben là, pour la flottille humanitaire considérée comme acte de guerre, les froids rationnels font juste légèrement abstraction de mot « humanitaire » qui signifie compassion active, une des plus importantes prérogatives de toutes les religions que l'humanité ait connue. Non, rien à foutre, le papier d'abord.

Eh bien cette psychopathologie, le fait de ne pas être capable de prendre en compte la signification profonde des choses et de trouver solides et indélogeables des définitions dont on ne sait trop d'où elles sortent, n'est pas sans rapport avec les questions de démocratie qui nous occupent, en ces temps de révolution mondiale.

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Revenons à nos élans de démocratie, que l'âme collective terrestre impulse, dans un réflex de survie face à une charge négative qui risque de rivaliser avec le courant principal de la VIE.

En fait, dirait-on, les morts on bien plus d'influence sur le destin du monde que les vivants, et dans cette confrontation révolutionnaire contre les idées reçues et non filtrées par le coeur, le sens des mots de ceux qui sont morts prennent toute leur ampleur et leur véracité, tandis que le sens des mots de ceux qui s'accrochent comme des avares à la douceur de vie promise par la pente de la non remise en cause de la définition des mots connus et qui sont le fondement de leur logique et de leur psychologie, s'effrite, se désagrège, inexorablement.

Ainsi quand on parle de démocratie, est-il salvateur de voir sur quoi cela repose, puisque le discours veut rester audible et transmissible, mais il est aussi très vital de savoir dans son coeur ce que ça signifie, même si ce que cela signifie, n'a rien à voir avec ce qu'on croit, connaît ou imagine de ce mot.

C'est le même phénomène qu'avec l'argent, les gens veulent en avoir pour une raison qui est tellement tue qu'elle est devenue subconsciente. Mais la raison, c'est de vivre en paix, et si on oppose cette raison avec les moyens de le gagner, on découvre un lot incommensurable de contradictions qui n'ont jamais eu de cesse de s'accumuler au fur et à mesure de l'évolution même si on a tout fait pour ne pas les regarder en face.

La démocratie, c'est l'idée de la société idéale, où le principal du temps de vie est consacré au loisir et où tout est robotisé, l'énergie inépuisable, les forêts denses et entretenues, les gens cultivés curieux et compassionnels, les maladies mentales éradiquées comme on éradiqua les maladies physiques, et où le but de la vie, le but dans sa vie s'exprime de façon directe, claire et consciente, en public, et avec raison.

Après tout c'est peut-être ça la démocratie, le fait que les buts qu'on se fixe soient non dissimulés au public, et mieux, qu'ils soient adulés.

En fait, la démocratie 1.0, c'était l'époque où on adulait les gens qui s'enrichissaient, peu importait de savoir comment, y compris si c'est en capturant l'eau potable de villageois, en utilisant leurs enfants dans des usines, et en recrachant une pollution et une douleur morale incommensurable. Et les gens buvaient Coca-Cola en se disant que cette immense richesse et fortune avait peut-être une chance de déteindre sur eux.

Ensuite les politiciens réfractaires à l'évolution qui pourtant ne les attend pas, n'ont cessé d'utiliser les techniques publicitaires qui avaient marché pour Coca-Cola pour dire « le Démocratie » par-ci, la « Démocratie » par là, en étant quasiment sûr que ça marcherait pareillement, et que les gens boirait leur belle posture morale en espérant grappiller un peu du karma du winner.

Mais aujourd'hui, pas tant grâce à internet que grâce à l'interconnexion des idées, le bien tous, ou plutôt le fait scientifique qui dit que le bien de soi n'est qu'une fonction qui découle du bien du plus grand nombre, est le nouveau thème qui doit être adulé.

Mais c'est là que j'arrive, à contre-courant évidemment, pour dire de se méfier, car c'est toujours la même histoire qui se répète. Il y a plus grand, il y a plus beau, plus noble, plus important, plus primordial à aller chercher dans le monde des idées. Il ne faut pas se contenter de cela, il faut que la raison apprenne les techniques qui lui permettent de se faufiler dans le courant ascendant afin de justifier l'évolution, car c'est ça précisément le but de la Vie.

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