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La relativité du Droit

L'idée du système du crédit-droit a en commun avec l'idée de la table spi-périodique des éléments chimiques et atomiques le fait de, simplement, considérer comme point de départ d'un cycle ce qui est jusqu'ici considéré comme un intermédiaire entre deux concepts considérés comme points de référence (que sont le noyau et l'atome).

Dans l'atome on découvre une quantité illimitée de sous-couronnes électroniques, et dans le noyau une infinité de sous-particules. Même la couronne électronique, dans les schémas habituels est représentée de façon fausse car elle combine sur une même orbite différentes sous-couches, qu'il ne semble pas utile à distinguer. Le nombre de ces sous-couronnes et de ces sous-particules du noyau est égal au nombre d'angles possibles dans un cercle. (ils ne finiront jamais d'en découvrir, vainement). Alors que si on considère les sous-couronnes comme l'alpha et l'oméga de la matière, on s'aperçoit qu'elles coïncident avec, à une échelle supérieure, la chimie des éléments, et même, ai-je vu, avec la façon dont cette matière a été créée dans les étoiles. La mathématique que ça montre permet d'entrer dans ce qu'on nomme la réelle nature de la matière (une nature mathématique).

Dans le cas du système social, on considère comme points de référence, d'une part, la loi, qui est quasiment inamovible, et d'autre part, l'argent, qui autorisent le Droit tout comme les tickets de rationnements dans l'ancien communisme, où si on avait l'argent, il fallait ces tickets pour avoir le droit de le dépenser. Et là c'est pareil, si on a ces droits, il faut quand même avoir l'argent pour y accéder.

L'humanité a le droit de faire stopper les industries polluantes, de stimuler la science, de produire une énergie gratuite et illimitée, de robotiser à outrance les chaînes de production pour se défaire des travaux pénibles, mais à cause du système de l'argent, sur lequel s'aligne la loi, c'est impensable de faire bouger les choses.

En effet le seul leitmotiv sera toujours de gagner de l'argent, et même si on crée l'infinité de lois nécessaires pour interdire de gagner de l'argent de façon immorale, (ce que fait le capitalisme vert) il restera toujours des failles que les petits malins s'empresseront d'exploiter.

Le Crédit-Droit se trouve à mi-chemin entre la loi et l'argent, c'est un droit auquel on accède pour des raisons tangibles, qui sont étudiées par des comités dont l'objectif est d'optimiser l'énergie humaine pour qu'elle soit la plus profitable au plus grand nombre, en tenant compte d'un nombre infini de paramètres, qui sont tous sous-pesés les uns par rapport aux autres.

C'est cela qui rend logique de produire des biens numériques, de stopper la fabrication de CD-ROM en plastique, d'encourager la production de logiciels libres et de musique dont le but est d'être écoutée par le plus grand nombre, la culture, l'information, bref tout ce qu'un système capitaliste fondé sur les biens matériels n'est plus capable de gérer.

Mais surtout ce que cela appelle, c'est la relativité du droit.

Bien sûr il y a des droits qui sont inamovibles comme de circuler librement, de se nourrir de se loger de s'éduquer et d'accéder à la médecines, à l'information et à la culture.
Sauf dans de rares cas de crimes, ces droits doivent être assurés pour tous de façon équitable, et cet objectif commun, doit être le socle de ce qui autorise à qualifier l'organisation humaine de « société ».

Mais la plupart des droits doivent être accordés pour pouvoir les consommer ; En fait, dans ce que je propose, les droits se consomment.
Dès lors qu'ont voit cela on s'aperçoit qu'il y a tout un dégradé de « consommabilité » des droits, situant en haut de l'échelle le droit illimité de se nourrir (sauf si la gestion devient difficile auquel cas la répartition oblige à une limite légitime) et en bas de l'échelle, les droits exceptionnels et accordés d'après un nombre de plus en plus sévère d'autorisations et de vérifications.
Entre les deux, on a les droits conventionnels, qui sont accordés de façon automatique et habituelle, dans des conditions qui sont (seront devenues) standardisées.

Donc déjà au moins il est question de considérer le droit comme quelque chose de non illimité ; Eh oui, si on veut mettre en application la toute dernière découverte de l'humanité selon laquelle les ressources ne sont pas illimitées, il faut logiquement créer la notion de droits consommables.

Par exemple un travailleur veut s'offrir un voyage et des vacances, la société civile a mis au point des protocoles qui déterminent s'il peut consommer ces droits et dans quelles limites, et si c'est le cas, il ne s'en prive pas. Dès lors, on ne parle plus d'argent, mais seulement de droits.
Il peut aussi conserver ces droits et les cumuler avec d'autres pour acquérir plus tard une maison en bord de mer, et dans ce cas, on aura assisté à une migration de la valeur des droits, et à l'opération fantastique et admirable des algorithmes capables de mettre en rapport des valeurs et des droits, tous deux très hétérogènes.

Et d'autre part il est question d'observer aussi que les droits sont flexibles, adaptatifs. Pour prendre un exemple, la vitesse limite sur autoroute est définie en fonction de paramètres qui peuvent occasionnellement accorder des droits exceptionnels, à une ambulance, à une escorte ou à une femme qui va accoucher accompagnée de motards de la police. Ce qu'il y a d'important à noter dans ce faible exemple, est l'adaptabilité du droit aux circonstances, de sorte qu'on ne puisse pas se cacher derrière une rhétorique d'égalité pour accomplir des crimes commerciaux, comme quand les entreprises abattent des écosystèmes pour extraire le bois en disant « j'ai le droit, car ce droit est uniforme, si on m'enlève ce droit, on enlève aussi le vôtre de tailler les haies de votre jardin ».

C'est là qu'on entre dans le vif du sujet et le réel intérêt du concept du crédit-droit, le fond du paradigme que ça constitue : dans la société, les liens entre les gens et les entreprises sont figés, les liens entre ces composants et la lois sont figés, et les liens entre la loi et le droit sont déterministes eux aussi. Dans notre société tout est figé, rien ne peut bouger, si on touche à quoi que ce soit, tout s'effondre, et les puissantes multinationales font tout ce qui est en leur pouvoir pour empêcher cela, étant donner qu'il est clair que leur objectif vital serait remis en cause, toute la raison d'être de ces chercheurs d'argents, ces acheteurs d'argents en échange de produits périssables, serait remis en cause. Ils se sentent en danger, pour eux c'est la guerre. Leur vie n'a été qu'une misère mentale et ils ne veulent pas voir ça en face.

Une illustration de ce que ce système est figé s'exprime par la distance qui veut être mise entre les peuples et le système de l'argent, quand on voit des hauts-fonctionnaires ou grand-patrons devenir presque intouchables par la loi, qui n'ont à se justifier auprès de personne, ou des pays qui s'autorisent à commettre des crimes aussi innommables qu'innombrables sans avoir à rendre de compte à quiconque, et de l'autre côté, eux-même considèrent le système de l'argent couplé à la loi comme quelque chose d'aussi intouchable et inamovible qu'eux-mêmes se présentent au monde. En un sens, ils rejouent de façon simiesque l'inamovibilité du système social, ils sont l'expression la plus froide, cruelle et fiable de cette réalité.
Et si on leur demande, on verra qu'ils en sont conscients, qu'en tous état de cause, « c'est ça le business ».

La question est donc de rendre flexible et donc adaptatif les droits, et autour de cela, en amont, la loi qui doit être écrite de façon logicielle, et en aval, l'argent qui n'a à être que l'expression de ces droits.

Écrire la loi de façon logicielle est quasiment ce que l'évolution a fini par faire naturellement, c'est à dire de prévoir des exceptions, des conditions d'application, une jurisprudence, etc...
A ceci près que si on intègre cette flexibilité dès le départ (et si on opère réellement de façon logicielle) on va vite s'apercevoir qu'il existe des blocs de conditions et d'exceptions qui peuvent être applicables à de nombreuses sortes de lois. C'est à dire, comme en programmation, on va commencer à incorporer l'existence de sub-systèmes de la loi, et ces textes y feront référence.
Et c'est là que va apparaître la relativité. La loi sera nivelée en couches allant du noyau (dur) aux couches plus facilement modifiables.

Par exemple toucher à un sub-système législatif aura un impact immédiat sur toutes les lois quo font appel à ce sub-système, et de cette manière, on pourra administrer les lois de façon dynamique, elles seront plus facilement maléables.

La loi donne toujours des chiffres un peu arbitraires, comme dans ces antiques lois où on disait « une tête coupée, 50 sous, une tête tranchée mais pas coupée, 40 sous d'amende, une main coupée, 20 sous », etc... et après ça devenait n'importe quoi. « une femme violée 5 sous ; tu as les moyens ? ok alors vas-y ».

Ah ça on comprend qu'il y en ait plein qui souhaitent que ce monde reste ainsi, mais par bonheur, il n'est pas viable.

S'il est légitime de niveler les crimes, il faut que cela le soit en fonction de barèmes fondés sur ce qui est tangible, et d'autre part, la façon dont s'appliquent ces barèmes est prédétermine quelle que soit la valeur qu'on lui applique ensuite. Ainsi on dirait « considérant la mort donnée à 1, la main coupée a valeur de 0,25 ». Et cela irait s'appliquer, soit à des amendes, soit à des peines de prison, pour ce qui est de ce faible exemple.

De la même manière, on dirait « une forêt dévastée », « un cours d'eau contaminé », on le mettrait en mesure avec le temps et l'énergie nécessaire pour sa réparation sans pour autant se prononcer sur la loi. Ce qui compte, c'est d'avoir des données fiables de nivellement. En les combinant les unes avec les autres, on doit pouvoir obtenir un réseau cohérent. En surtout ensuite, cela irait s'appliquer de façon conforme, soit aux infractions, soit aux dangers encourus dans une opération industrielle, et surtout, ça irait s'appliquer à ce qui permet d'accorder ou non, à une entreprise, le droit de continuer son exploitation, et la valeur à accorder à ce qu'elle produit.

Il y a aussi une notion élémentaire à connaître à propos des nivellements, c'est qu'ils sont logarithmiques. La main peut peser des grammes ou des dizaines de kilos, au moyen de capteurs (la peau, la tension musculaire) qui se relaient. La vue, l'ouïe sont logarithmiques, en raison de leur fonctionnement qui doit être optimal. On doit pouvoir faire le même genre de différence entre un vol et un crime, qu'entre une dévastation écologique et un génocide. Chacun de ces quatre cas doivent être reliés entre eux, avec des « capteurs » qui se relaient.
(Le lecteur aura noté qu'on enferme un pirate électronique à deux ans de prison et des centaines de milliers de dollars d'amende, tandis qu'Obama ordonne l'exécution de mineurs par drônes tranquillement dans son bureau. Et il ne sera jamais inquiété pour ses crimes puisque c'est sa fonction qui les lui imposent, c'est à dire en somme, « le Système ».)

Ainsi, avec la croissance en complexité et en justice des sub-systèmes de la loi, où on ne cesse d'ajouter de nouvelles découvertes, de nouvelles analyses, (comme c'est amusant) on pourra dire quelles sont les « valeurs montantes » de l'industrie, et celles dont la côte ira à la baisse.

C'est très intéressant à une époque où les consommateurs commencent à se soucier de ce qu'ils achètent et de pour qui ils travaillent, observant que le simple fait de vivre sans conscience est un facteur d'accroissement du malheur qui ne peut s'empêcher de leur retomber dessus un jour ou l'autre, et où il n'y a rien de plus motivant pour un travailleur que de savoir qu'il participe à quelque chose de « plus grand »... si tout un corpus logiciel qui prend en compte l'intérêt supérieur collectif dans la valorisation ou la dévalorisation des droits accordés pour une action précise, qui reste toujours la même.

Cela, c'est l'effet de la multivalence, un même objet n'a pour valeur que le fruit d'un calcul prenant en compte un nombre infini de paramètres, qui ne cesse de grandir. C'est en quoi le concept du crédit-droit est un concept de multivalence. Et c'est en quoi les liens entre les gens, les sociétés, et la loi ne cessent d'être réactivés en fonction des nouvelles données obtenues par l'expérience, le savoir et la science. C'est aussi en quoi, enfin, s'exprime le principe de « révolution permanente ».

En fait pour le dire simplement il s'agit d'une sorte de loi « orientée objet ».
Le but et l'intérêt de cela est d'organiser, classifier, simplifier et rendre cohérents les systèmes d'affectation des droits.

Il doit paraître logique à tout le monde que si la loi est écrite et qu'on y applique les paramètres qui sont variables, on obtienne des droits qui soient variables, c'est à dire, adaptées aux situations qui sont infinies.

C'est toute la mentalité occidentale de l'ère pré-informatique qui est imprégnée du reflex de dogmatiser, généraliser, élever au plus haut rang de l'inamovible ce qui en réalité, comme toutes choses dans l'univers n'est qu'éphémère. Même l'éducation a énormément de mal à se défaire de son usage qui consiste à mettre tous les élèves d'un même âge dans une même classe et de leur enseigner de façon monotone et industrielle des banalités dont ils n'ont que faire.
Même les gens sont rarement capables d'adapter leur langage à l'intellect de leur interlocuteur, ou alors si ils le font, c'est avec un de ces sentiments de supériorité propre aux occidentaux.
Quand la presse ou la télé cherchent à contenter le maximum de clients, on voit bien qu'ils sont aussitôt conduits à devenir aussi puérils et futiles qu'inutiles voire nuisibles.

C'est toute cette mentalité de figérisme (tendance à vouloir figer, normaliser, standardiser) qui doit « dégager ».
le « dégagement » en psychologie est ce qui permet d'accéder à la résolution d'un problème, c'est l'art qui consiste à prendre comme repère et comme point d'appui un lieu qui se trouve dans une dimension qui n'est affectée par aucun des composants du problème.
Il n'y a que par un tel « dégagement » qu'on pourra, de façon de plus en plus ample, obtenir l'effet de liberté et de justice qui est propre à une société humaine convenablement organisée.