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Terminus impromptu du bus

Les médias peuvent aussi servir l'étatique d'une manière déplaisante pour eux : en servant de bouc-émissaire de la stimulation des révoltes urbaines. Et soudain la vérité apparaît, les médias sont pas leurs copains, mais leurs esclaves.

Bruce à la télé déclare Ah mais alors un coup Nous [les médias] sommes accusés de jouer le jeu des politiciens et un coup [bus qui brûle] nous sommes accusés de foutre le feu.

Jolie justification médiatique de bonne foi à ne pas mettre en cause.
C'est vrai que la plupart du temps les médias sont non conscients de participer à la propagande anti-logique qui sévit en ces temps de quatrième guerre mondiale contre personne en particulier, et tout le monde en général.

Des hommes cagoulés et aucun témoin, même la police reste dans le flou.
Si c'étaient des connards ils auraient laissé des preuves, des canettes ou des mégos de oinj, mais là, rien.
Ils étaient bien cagoulés.
Ils ont dû bien rigoler.

Mais voila seuls "les médias" n'ont aucun autre choix que de dire ce qui a été, alors que la conversation humaine, elle, contrairement à la dépêche glaciale, transporte un sentiment.

C'est dans le sentiment transporté que les médias et les gens normaux se distinguent.
Les médias transportent le sentiment qu'une réponse pourraît être apportée pour que cela n'ai pas lieu car c'est regrettable. Voilà le fondement de la réflexion : c'est regrettable. Pas plus. De là, direction sécuritaire, le réflex primaire animal depuis l'époque où la terre n'était peuplée encore que d'escargots.
C'est resté à la mode.

Mais quand on parle on entend comme un feed-back qui susurre : "il est évident que ces fouteurs de merde sont des professionnels".
Moi je me rappelle des Chrysler neuves noires vitres noires qui rôdaient à l'époque déjà. On sait tout que ce sont des stimulations d'origine étatique dans le but d'en tirer parti d'une manière forcément immorale.

Si l'occasion se présente autant faire passer les médias pour les fondateurs d'une mauvaise impulsion.

Et donc tout d'un coup apparaît une autre facette de l'alliance pouvoir-média, en fait les médias sont à la botte des pouvoirs, pas leurs copains.
Ils sont utilisés eux aussi comme les masses colériques sont utilisées à des fins électorales et surtout lucratives.

En fait quand on y pense la stimulation pour vouloir avoir du pouvoir c'est surtout la tune que ça peut rapporter ; ceux qui votent Sarkozy l'encouragent presque à être un exemple pour eux dans ce domaine. Une autorisation morale pour posséder le plus possible.

Et les médias, qui possèdent un réel pouvoir, sont quand même obligés de lire les dépêches rédigées minutieusement par des professionnels de la propagande, une autre branche de la même organisation qui envoient des casseurs pour justifier une politique.

Bien sûr c'est tellement évident : "pourquoi ferions-nous cela" ?
- demandent les médias, dépassés et incrédules.
- demande le pouvoir, orné de bonnes intentions et de sacrifices pour la joie de son peuple.

Bin tout simplement parce que c'est cohérent seulement pour ceux qui ne se contentent pas de l'information étatique diffusée par les médias, si on prend un point de vue global, le délire paranoïaque déteint depuis son pôle, les états-unis, vers ceux qui lui sont le plus proche.
C'est presque une dérive pyromaniaque, suicidaire.
Ça aussi, ça dépasse les entendements, c'est indéfinissable, mais ça agit puissamment sur le destin du monde.

Même ici dans la rue c'est palpable, le coup du bus qui crame, le lendemain je prenais la même ligne exactement, 3 rebeus arrêtent le bus au démarrage pour se faire prendre, entrent, désinvoltes, sans biper ce qui est normal quand même (en effet c'est pas normal d'avoir à payer le bus), mais voilà malgré tout, on est connectés à l'esprit de l'angoisse.
Il faisait pas froid donc ils étaient pas cagoulés.

Et donc dans ce cadre que les agissements soient immoraux est prédictible.
Argent et Pouvoir sont encore trop confondus l'un dans l'autre pour assurer la pleine honnêteté du discours et des projets du Système.

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Questions à résoudre :

- Est-ce les médias qui stimulent les révoltes ?
Question complexe, toute chose peut stimuler ce qui est bouillonnant.
Il faut se demander d'abord pourquoi ce bus-là a-t-il été assez symptomatique pour qu'on s'en scandalise brutalement, et pas les centaines de véhicules brûlés annuels, dont on a apprit qu'ils n'étaient pas couverts pas les assurances (fallait s'en douter).
Bien sûr il y avait une victime, la pauvre, une martyr.
Mais les causes qui conduisent des jeunes gens à faire des casses, elles, ne semblent scandaliser personne. Voilà qui est un autre facteur d'énervement.

- Pourquoi automatiquement dès qu'il y aurait une rébellion la répression serait-elle la solution ?
Oui je soupçonne d'avoir déclenché les émeutes pour durcir les lois dans le cadre d'un dessein économique. Moi ça me paraît évident.

Mais même sans ça, le seul fait de dire "voyous ? Donc répression" est tellement laconique et possède une si grande portée que le rapport entre ces deux valeurs (le temps de réflexion et la gravité enclenchée) fait froid dans le dos.

Alors oui la pauvreté est à l'origine de ça, mais la pauvreté à son tour procède de tout un système inégalitaire. Le plus grave c'est que même les mentalités (de droite) sont imprégnées d'acceptation des inégalités. Alors ils essaient de trouver des solutions, avec autant de succès qu'un esclavagiste se préoccuperait du confort de ses esclaves.

Et enfin, sur cela conduit au craquage final, celui où plus rien n'a d'importance.
Autant chez le casseur que chez le cassé (le Système ainsi critiqué) plus grand chose d'autre n'a d'importance que cette histoire-là, qu'il faut résoudre.

C'est comme ça que naissent les guerres, il ne manque plus qu'un stade, celui où la vengeance et la rancoeur deviennent les nouveaux moteurs des actes de guerre.
Cela peut provenir de l'un (l'oppresseur qui minimise) ou de l'autre (l'opprimé qui se révolte).

Bon en tous cas, avec cet acte, toute une effervescence médiatique peut avoir lieu.
C'est du combustible pour les industries.
On pourrait tout aussi bien soupçonner, à la place de l'état, des commanditaires liés aux médias dans ce but de faire de la tune. Le rapport entre l'investissement et le bénéfice rend l'opération probable.
Mais bon c'est moins probable quand même.

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