110318 15 min

Je rêvais d'un autre monde (5)

version(s)
5. Le crédit-droit

Nous introduisons ici un concept légèrement inspiré de ce qu'il est possible d'observer sur d'autres planètes habitées de note galaxie. Si si.

Pour faire un rappel des faits, notre civilisation a connu une ère industrielle fleurissante où, malgré (et grâce à) l'augmentation fantastique de la population mondiale, le niveau de vie a été extraordinairement amélioré, promettant santé et joie au plus grand nombre.

Quand on sait d'où on est partis, le bien du « plus grand nombre » c'était déjà une grande révolution.

Puis des intellectuels comme Marx ont dit « Hé les gars, ça ne pourra pas continuer comme ça, ça va forcément décrocher à un moment ou à un autre ».
« Ils faut planifier, organiser, systémiser » (en gros).

L'organisation est le maître mot d'une civilisation non primitive.
Et la planification, c'est à dire le regard porté sur le futur accordé aux moyens d'y parvenir, est la méthode la plus sûre.

A l'époque ils n'avaient même pas d'informatique mais ils pensaient déjà à le faire.
Les possédants se sont senti en danger et se sont mis à tenir un discours « au nom de tous » qui signifiait en fait dans leur tête « en mon nom surtout ! ». Et ce fut l'avènement de l'époque Orwellienne, qui est presque finie.

Mais surtout l'informatique est apparue, et malgré qu'on le leur déconseille la plupart des jeunes deviennent de bon techniciens, et pratiquent des méthodes complexes qu'il faut comprendre dans leur globalité, générant ainsi une densité neurocorticale amplement supérieure à leurs parents.
Ah mais oui, il fallait s'y attendre.

De là, la culture de la science-fiction qui fait rêver est devenue une culture de la science-tout court qui est à porté de mains. On devine, on connaît le potentiel de la technique, et on abouti à des résultats concrets et fonctionnels en produisant un effort de travail (non rémunéré) au sein d'une macro-société globale.
Aujourd'hui on est complètement certains que la science-fiction n'est rien d'autre que la vérité de demain.

Ce qui a changé, c'est l'apparition de l'idée selon laquelle tous les humains appartiennent à une même famille, unitaire et cohérente, capable de travailler ensemble (du moins potentiellement).
Ce n'est pas la peine d'attendre qu'un politicien s'en rende compte d'ici cent ou deux-cent ans, les frontières ont déjà été abolies.

Et cette vie sur cette planète peut s'interroger, quand on parle « d'un autre monde », il faut savoir qu'il doit y avoir dix milliards d'autres mondes dans notre galaxie, et c'est quasiment impossible qu'une civilisation organisée et rationnelle ait l'idée de pratiquer cette méthode absurde et improductive qu'on appelle le capitalisme.

Rien que le fait que des OVNIS apparaissent dans notre ciel n'est pas le fait d'un gouvernement d'une planète qui finance des projets dont il attend des retombées sur le plan monétaire, on peut en être certains !
Oh bien sûr ils en attendent des retombées, sur le plan scientifique et spirituel, mais c'est très prévisible qu'ils agissent de concert et ouvertement, aux yeux de tous, et en étant accompagnés dans leur coeur par leur congénères.

Bref, tout ceci pour dire,
que si on parle d'un autre monde (forcément meilleur),
à part les mondes meilleurs auxquels on a échappé à cause de nos erreurs et de notre incapacité à rivaliser avec les puissances économiques qui détruisent tout pour fabriquer de l'argent comme des FOUS,
on parle nécessairement d'un monde : mieux organisé, plus rationnel, intelligent, où il fait bon vivre et où les peuples travaillent ensemble.

Bon, ça c'était pour l'introduction.

-

Cet argent donne accès à des Droits, et sans lui, la loi stipule que le droit n'est pas.
Donc on peut dire directement que :

« La loi ordonne à un milliard d'habitants de ne pas se nourrir correctement ».

La Loi autorise monsieur le possédant à posséder d'immenses zones de terres dont il peut faire ce qu'il veut.

La Loi dit qu'il faut massacrer des peuples à coup de guerres afin d'installer des structures qui servent à recueillir les minerais, détruire le paysage et polluer les eaux sans que les habitants ne se mettent à brailler.

La Loi interdit aux malades d'accéder à des soins qui pourtant ne coûtent rien et interdit aux enfants daller à l'école.

La Loi dit que les infractions à la loi peuvent être payées sans aucun problème par ceux qui en ont les moyens.

(donc) la Loi autorise certaines personnes à ne pas respecter la loi.
(et) la Loi interdit à d'autres d'avoir accès à ce qui est donné à d'autres, sans aucun autre motif que la Loi elle-même !

C'est la loi qui autorise et interdit les pires choses de notre monde.
Cet argent qui fait croire qu'il peut être gagné honnêtement et qu'il est accessible à tous pourvu qu'on se donne la peine de le mériter, est une fait une somme de coupons pour avoir des droits.

-

C'est l'argent qui est la loi.
Donc, une fois ceci intégré, il faut réagir.
La réaction consiste à regarder le monde avec les yeux de celui qui sait que l'argent est la seule loi qui régit ce monde.

Que sont les banques ? Des gens hors la loi qui se proposent généreusement de garder votre argent alors pourtant qu'il n'existe que sous forme informatique, et qui l'utilisent dans des opérations douteuses sur lesquelles on n'a rien à dire.
Donc on peut les remplacer par une base de donnée centrale qui tient sur un serveur qui ne coûte rien. Et du coup on libère de la labeur des dizaine de milliers de gens parfaitement inutiles.

Que sont les compagnies d'assurance ? Des gens hors la loi qui promettent avec bienveillance se s'occuper de restituer les droits perdus suite à un accident imprévisible,
Donc on peut remplacer cela par un état qui fait correctement son travail qui consiste à restaurer des droits perdus injustement, sans que cela ne coûte rien à personne. Et ainsi on libère des dizaines de milliers de gens de l'harassante labeur de se charger d'un karma négatif en disant systématiquement « ah non monsieur, ça n'est pas valable dans ce cas ».

Que sont les gouvernements ? Une population immigrée d'un lointain passé ne voulant pas trop avoir de contact avec les autochtones, se bornant à s'insulter les uns les autres au sein d'une comédie fomentée avec soin alors qu'en fait ce sont tous des potes, qui donnent l'illusion que des choses se passent et que des gens travaillent dur à faire que tout aille mieux, alors qu'en fait rien ne se passe jamais et que tout va de plus en plus mal, et qu'on ne voit jamais les effets de leur travail.
Donc on peut les remplacer par des comités décisionnels qui s'interrogent sur des questions cruciales de notre époque, en consultant des scientifiques et des philosophes afin de remettre des rapports d'enquête et des suggestions qui commandent la direction évolutive qu'il faut suivre pour atteindre des buts qui sont formellement gravés dans le marbre et sur lesquels il n'y a pas à revenir, tels que la justice sociale par exemple, ou bien des buts plus modestes, tels que l'arrêt de la fabrication des CD-ROM en plastique (puisque c'est la ligne directrice - en spirale - que nous suivons ici).
A chaque fois ces comités seraient formés pour atteindre ces buts, et défaits une fois ces buts atteints.

Qu'est-ce que c'est que cette merde : « les impôts » ? C'est une tradition millénaire de l'ordre de la coutume rituelle qui consiste à formaliser le fait que les gens veulent « vivre en société » en leur prenant à chacun le maximum d'argent qu'il est possible de leur en prendre sans qu'ils ne soit trop mécontents, et regroupant ces richesses aux mains des peuples isolés de politiciens, qui l'utilisent et le font utiliser par leurs amis pour s'éclater et s'en mettre plein les fouilles, et qui rechignent toujours à devoir débourser des fractions infinitésimales de ces richesses pour assurer un semblant de fonctions sociales dont ils se targuent afin de rester au pouvoir.
Donc on n'a qu'à dire que ce qui « fait société » sont les objectifs évolutifs communs et la capacité d'unir nos compétences pour y parvenir, que l'ensemble des produits soient toujours vendus à prix-coûtant quels que soit ce prix sans avoir à négocier puisque c'est le prix coûtant, que les salaires sont garantis depuis la même source que celle qui assure le revenu « de vie banale » (donc il n'y a vraiment pas à négocier) et que cette même source soit commanditaires de biens publics et d'oeuvres sociales.

Qu'est-ce qu'une entreprise ? Non, chers non-terriens en visite, ce ne sont pas des initiatives prises par des hommes ayant une vue plus dégagée que celles de leurs concitoyens, afin de produire des résultats qui agiront positivement sur le reste de la société, ce sont des initiatives individuelles systématiquement limitées à la seule chose qu'ils savent faire, leur métier, ayant pour objectif de générer le plus de profits possible afin de se retrouver projeté à l'âge de la retraite le plus vite possible, et ayant comme conséquence involontaire de créer des emplois, dont le salaire est calculé pour être le plus bas possible, puisque c'est le seul levier sur lequel ils peuvent agir pour « faire du chiffre ».
On n'a qu'a remplacer cela par une structure unique associative ou coopérative qui permet aux gens de s'unir sous l'égide d'une structure qui leur assure les moyens dont ils ont besoin pour réaliser ce qu'ils se sentent dans le devoir de faire, pourvu que cela soit profitable au plus grand nombre, participant ainsi à ce qu'on appelle l'accomplissement de soi-même.

-

Une fois qu'on a réglé ces menus petits détails sans importance,
on peut embrasser d'un regard l'ensemble de la structure sociale qui correspond au fait de, pour rappel, « stopper la fabrication de CD-ROM en plastique ».

Si,
un gouvernement est un endroit où on décide de ce dans quoi il faut investir ;
une entreprise est un endroit où on met en pratique ce qu'on sait faire dans le cadre d'une activité qui a reçu l'aval des concitoyens et qui a été désignée comme participant positivement à la vie sur Terre ;
le crédit-droit est accordé directement à chacun en fonction, à la fois, de ses besoins et des possibilités existantes, en maximisant ces droits ;

alors

le gars qui crée de la musique chez lui ou avec ses potes, obtient le droit de créer de la musique et les moyens de le faire.
Ces moyens dépendent, nécessairement, de l'attente de son public,
son public est connu avec précision puisque à chaque fois qu'il écoute une musique il incrémente le compteur ;
celle-ci est livrée instantanément par voie informatique sans qu'il n'ait rien à payer, puisque le fait de l'écouter autorise son auteur à accéder à des droits d'une qualité supérieure, si il le désire ;

et cela n'est pas injuste dans la mesure où tout fonctionne comme cela.

-

La grande question du crédit-droit, c'est que ça consiste à accorder des droits bien distincts.
Il est clair que le millionnaire possède « le droit » d'acheter une tonne de nourriture par repas, mais que ce droit ne lui est pas utile. De même l'employé possède le « droit » de dépenser tout son argent dans une paire de chaussures en or massif et de ne plus avoir de quoi s'acheter à manger, mais ce droit ne lui est pas utile. L'artisan, aimerais bien avoir « le droit » d'utiliser des machines-outils qui ne soient pas dangereuses et plus économiques en énergie, et le malade, aimerait bien avoir « le droit » d'obtenir les soins d'un bon médecin dans la mesure où la maladie dont il soufre est rare, et que la solution existe.

Tout cela est confondu sans qu'il n'y ait d'intérêt à ce que cela soit autant confondu.
Il serait bien plus économique que « le droit » d'acquérir de la nourriture, dans des restaurants de rue qui la préparent ou dans des usines (pardon je veux dire magasins) pour la préparer soi-même, sont des droits bien distincts de celui de se soigner ou d'acquérir des machine-outil.

Il arrive souvent qu'il faille choisir entre la santé ou manger, et l'économie que cela impose n'est pas utile, et surtout au final on constate une société de surconsommation. C'est vraiment ce qui s'appelle le non-beurre et le non-argent du beurre.
Ce n'est pas une bonne économie, de ne pas avoir les « moyens » de travailler correctement en respectant des normes de sécurité qui sont strictes. Ce n'est pas une bonne économie de choisir de ne pas se soigner et d'attendre que ça dégénère encore plus.

Le système de l'argent, qui oblige à devoir choisir entre deux, le moindre mal (j'ai souvent eu à choisir entre manger et payer mon loyer, et j'aime autant dire que j'ai préféré payer mon loyer), ne produit pas une bonne économie. Comment bouger de chez soi quand on a que 1000 calories par jour pour vivre ?

Par contre ce même système, après avoir promis une économie qui n'en est pas une, permet une flagrante perte d'énergie, quand il s'agit de faire les mauvais choix, d'acheter des machines qui ne marchent pas, de se faire soigner par des charlatans, et toutes les arnaques possibles et imaginables qui font ce monde.

La proposition du crédit-droit a pour but de remédier à cela.
Comparé au « revenu de vie banale », cette solution est extraordinairement plus puissante.

A la fois, il permet d'assurer, au niveau de la loi, que les fournitures dont on a besoin pour toute activité soient donnés, gratuitement, sans contrepartie, à tous ceux qui en ont besoin.

Cela inclus l'instauration d'une législation qui dit, en mesure de l'existant, ce qui peut être accordé ou pas.

Le fait que ce peut être accordé ou pas soit limité, invite les travailleurs à s'employer à produire les biens dont il s'avère que la société à besoin.

Le fait que toute la chaîne de production jusqu'à la remise du produit fini à son utilisateur soit sans but lucratif, est permit par le fait que toutes les personnes qui y travaillent touchent leurs salaire par une autre source. Un organisme dit simplement, en fonction de quelques paramètres, « tu as travaillé tant d'heure, produit tant de choses, consacré tant d'énergie et bénéficié de telle expérience... DONC ton salaire est de Tant ». Cela, le salaire, n'a aucune raison d'être à la charge de l'entreprise, surtout dans la mesure où il faut s'assurer qu'ils soient équitables.

En passant on pourra noter, si on parlait des impôts, que plus aucune comptabilité n'a besoin d'être faite, puisque les utilisateurs sont très bien connus, puisque le fait même d'être l'utilisateur d'un produit lui confère la légitimité dont il a besoin pour obtenir les droits qui affèrent à son activité.

Le fait que le client soit nouvellement nommé un utilisateur, change quelque chose de profondément important : c'est qu'il n'en n'est pas le propriétaire. Il peut très bien avoir « le droit » d'utiliser des outils pendant un certains temps, puis ce droit arrivant à échéance, il remet cet outil, ce bien là où il l'a trouvé.

Dès lors au lieu de propriété, qui consiste à acquérir des choses qu'il est possible de ne plus avoir besoin d'utiliser, ici, dans un tel système, dans un tel monde, cet objet serait remit en circulation pour être utilisé ailleurs, peut-être dans le cadre de la formation professionnelle ou bien démonté et recyclé, au lieu de pourrir dans un grenier et finir dans une décharge. Ainsi cet objet est optimisé, et ainsi l'énergie consacrée à sa fabrication est honorée.

Tout ce que viens décrire, n'est possible qu'en introduisant le concept de crédit-droit, des droits qui sont accordés à chacun en fonction de conditions qui sont requises, sachant que la condition requise pour avoir le droit de manger et d'habiter est nulle, et que cette condition peut s'élever de manière beaucoup plus drastique quand il s'agit de polluer ou de provoquer l'entropie. (il y a forcément des moments où ça doit avoir lieu).

-

Si on veut prétendre avoir créé un « état de Droit », il faut nécessairement y inclure les moyens d'action de ses citoyens, avoir prévu ce à quoi ils peuvent accéder, et avoir établit les règles qui accordent et qui prive de ces droits.

Si on voit les choses de cette manière, énormément de problèmes peuvent être résolus.
Le paradigme est assez gigantesque, et à la fois d'une simplicité extrême (assez pour que l'idée soit percutante et facile à retenir et à comprendre), puisqu'il ne s'agit plus de donner 100 de Droits à tout le monde, ensuite minorés par un système de l'argent qui est très injustement réparti, mais directement d'accorder des droits précis à chacun des citoyens, d'énumérer tous ces droits, et d'affecter à chacun d'eux les conditions qui font qu'ils peuvent être accordés ou non.

Cela signifie, au niveau anthropologique, que l'égalité de Droits n'est plus le fait d'une stupide égalité mathématique inconséquente, qui accorde des droits illégitimes à certains alors qu'elle les confisque à d'autres, sous prétexte que ces droits doivent être les mêmes pour tous malgré que chacun est différent,
il s'agit de faire que les droits soient accordés en fonction de raisons et de motifs qui eux, sont uniques et génériques. Ensuite, le résultat de cette opération qui vérifie la validité d'un droit fait que chaque citoyen ou entreprise obtient ou se voit refuser des droits, et surtout, c'est cela le plus important, que cette décision soit motivée par des raisons qui sont tout ce qu'il y a de plus rationnelles, ou au moins collectives et ouvertes à la discussion.

Au niveau systémique on peut dire qu'on intercale un algorithme entre deux fonctions, entre la loi et l'utilisateur on place un interrupteur, qui est motivé par des raisons.
Cela fera que les lois ne seront plus écrites de la même manière, puisque le texte de loi sera nécessairement accompagné des raisons qui la motive, pour qu'ensuite on puisse établir les conditions qui la permettent.
C'est à dire que le système gagne en complexité et en précision.

De ce fait il est très facile d'imaginer les conséquences que cela pourrait avoir sur le monde, si son niveau d'organisation augmente de façon flagrante (grâce à un paradigme simple à comprendre)0, alors l'énergie humaine sera d'autant mieux canalisée pour agir positivement sur le devenir de l'humanité.